La Tunisie inscrit deux autres zones humides sur la Liste de Ramsar

La Tunisie inscrit deux autres zones humides sur la Liste de Ramsar

28 août 2012
Tunisie

À l’occasion de la Journée mondiale pour les zones humides 2012, la Tunisie avait inscrit 15 nouvelles zones humides d’importance internationale. Les formalités d’inscription de deux autres sites importants sont maintenant terminées. Dans son résumé, Mme Ako Charlotte Eyong, Conseillère assistante pour l’Afrique au Secrétariat Ramsar, indique que le Barrage Mlaabi (98 hectares, 36°49’44”N-10°59’07”E) est une zone de stockage de l’eau douce sur la péninsule du Cap Bon construite essentiellement à des fins de recharge de la nappe souterraine et qui sert aujourd’hui à l’irrigation, en été. Le site accueille plusieurs populations d’oiseaux d’eau migrant entre leurs zones d’hivernage d’Afrique et leurs zones de nidification d’Eurasie ainsi que des espèces nord-africaines telles que l’érismature à tête blanche (Oxyura leucocephala, 32 spécimens) et la sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris) inscrites sur la Liste rouge de l’UICN. Les principaux habitats sont des eaux lacustres peu profondes où poussent des plantes aquatiques, en particulier des populations denses de Ruppia cirrhosa et Zannichellia palustris. Les terres servent principalement à l’agriculture (surtout des cultures céréalières en amont, de l’élevage sur le flanc des montagnes et des cultures de légumes, de fruits et de tabac en aval).

Le deuxième nouveau site, le Complexe des zones humides des Chott el Guetayate et Sebkhet Dhreia et Oueds Akarit, Rekhama et Meleh (4845 hectares, 34°06’59”N-10°01’47”E), se trouve plus loin, sur la côte, et se compose de marais intertidaux dans un milieu côtier estuarien comprenant des plages et falaises, traversé par plusieurs vallées qui s’étendent jusqu’au golfe de Gabes. Le site abrite plusieurs espèces d’oiseaux d’eau, notamment le courlis cendré (Numenius arquata), le canard souchet (Anas clypeata) et  le bécasseau variable (Calidris alpina). On y trouve plusieurs espèces de poissons, y compris des espèces migratrices comme l’anguille européenne catadrome (Anguilla anguilla) inscrite sur la Liste rouge de l’UICN, des poissons d’estuaire comme l’aphanius de Corse (Aphanius fasciatus), et des bivalves marins. La diversité des habitats favorise la présence d’une grande diversité de plantes, notamment des halophytes, des plantes pérennes et annuelles, ainsi que des forêts denses de tamaris. Parmi les principales valeurs hydrologiques, on peut citer la recharge des eaux souterraines, la rétention d’eau et la maîtrise des crues. Les terres sont principalement utilisées pour l’agriculture et la pêche. Il s’agit aussi d’un site archéologique et culturel important jouissant d’un grand intérêt historique..

Mme Eyong se trouve actuellement en Tunisie en vue de remettre les certificats de Sites Ramsar pour les deux nouvelles additions à la Liste et d’assister à un atelier sur l’application de la Convention dans ce pays et plus précisément sur une étude d’évaluation du retrait potentiel du Site Ramsar de l’Ichkeul du Registre de Montreux.
 
Les Fiches descriptives complètes et cartes de ces sites seront bientôt mises à disposition par le Service d’information sur les Sites Ramsar (http://ramsar.wetlands.org). L’Oued Akarit se trouve sur le Critical Site Network Tool (http://dev.unep-wcmc.org/csn/default.html) mis au point par Wetlands International, BirdLife International et le PNUE-WCMC dans le cadre du projet Wings Over Wetlands (WOW).