Le Niger désigne trois nouveaux sites Ramsar

Le Niger désigne trois nouveaux sites Ramsar

15 June 2001
Niger

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À l'occasion de cérémonies qui auront lieu le dimanche 17 juin à Albarkaïzé, près de Gaya, dans le département de Dosso (sud-est de Niamey), le gouvernement du Niger annoncera l'inscription de trois nouveaux sites Ramsar très importants qui couvrent, ensemble, près d'un demi-million d'hectares (environ 5000 km2). Les efforts énergiques déployés par le Niger, en collaboration avec les autres pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad, dans le but de conserver et de gérer de manière durable les ressources de zones humides essentielles mais menacées de la région sont très louables et ont bénéficié d'une aide considérable de la Campagne « Eaux vivantes » du WWF. Denis Landenbergue du WWF sera présent aux cérémonies du 17 juin.

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Le Complexe Kokorou-Namga. 17/06/01. Tillaberi. 66 829 hectares. 14°12'N 0°55'E. Il fait partie d'une zone humide transfrontière, partagée avec le Burkina Faso et le Mali, et comprend une suite de quatre marais et étangs permanents et semi-permanents, sur un ancien affluent du fleuve Niger. D'importance internationale pour plusieurs raisons, le site est particulièrement précieux pour les oiseaux d'eau qu'il accueille, avec près de 50 000 représentants de 56 espèces comptés en 2000. Trois groupes ethniques habitent la région. Ce sont surtout des musulmans aux riches traditions culturelles - certains vénèrent un serpent qui serait un esprit protecteur de Kokorou et des populations humaines qui y vivent. Parmi les menaces pesant sur le site, il y aurait le déboisement et la désertification. Le site est inclus dans un projet de démonstration relevant de l'Accord sur les oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique et d'Eurasie (AEWA) financé par le FEM. Site Ramsar n° 1071.

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Le lac Tchad. 17/06/01. Diffa. 340 423 ha. 14°15'N, 13°20'E. Le lac Tchad dont la superficie a beaucoup diminué depuis quelques années est encore le quatrième grand lac d'Afrique (après les lacs Victoria, Tanganyika et Nyassa) et, apparemment, le troisième grand lac endoréique du monde (après les mers d'Aral et Caspienne). Le secteur nigérien de ce lac peu profond présente une diversité biologique extrêmement riche, représentée notamment par les oiseaux migrateurs mais aussi par 120 espèces de poissons. Dans ce milieu aride et semi-aride où les précipitations sont très faibles, l'apport d'eau est tributaire des fluctuations des pluies dans le bassin versant tout entier qui ont été déficitaires ces dernières années. La diminution marquée de la production halieutique depuis quelques décennies reste inquiétante malgré quelques signes encourageants constatés récemment. Les pratiques d'élevage nomade traditionnel favorisent la désertification et il serait bon d'en améliorer la gestion. Site Ramsar n° 1072.

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La Zone humide du moyen Niger. 17/06/01. Dosso. 88 050 ha. 12°4'N, 3°13'E. Cette zone humide transfrontière (partagée avec le Bénin et le Nigéria) sur la rive gauche du fleuve Niger, à environ 55 km à l'ouest de Gaya et au sud-est de Niamey, comprend le fleuve et ses plaines d'inondation avec leurs étangs et cours d'eau permanents et saisonniers. L'importance internationale du site est déterminée par le critère de représentativité ainsi que par quatre critères concernant les oiseaux et les poissons. Il sert de refuge à plusieurs espèces de poissons qui ont disparu d'autres secteurs du fleuve. L'inondation du site dure quatre à cinq mois : elle commence en août avec les pluies et se poursuit jusqu'à l'arrivée des crues d'amont en novembre. En conséquence, le site joue un rôle clé dans le cycle hydrologique de la région. La végétation est dominée par Echinochloa stagnina qui sert de fourrage au bétail des communautés locales. Ces dernières pratiquent aussi une agriculture diversifiée et la pêche. Le tourisme en est à ses débuts et la population locale a mis en place des mécanismes d'interdiction de la chasse pour favoriser l'observation des oiseaux. Les terres appartiennent au domaine public mais la population locale jouit de droits d'usufruit très anciens. Le Bénin, le Burkina Faso et le Niger ont entamé un processus d'élaboration d'un plan d'aménagement des parcs et réserves de la région. Site Ramsar n° 1073.