Les trois nouveaux Sites Ramsar du Sénégal

Les trois nouveaux Sites Ramsar du Sénégal

1 février 2018
Sénégal

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Kalissaye

Le Sénégal a inscrit trois zones côtières exceptionnelles sur la Liste de Ramsar des zones humides d’importance internationale à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides. Ces nouveaux Sites Ramsar possèdent de riches écosystèmes et fournissent des avantages essentiels aux communautés locales.

Kalissaye (Site Ramsar n° 2326) se compose de forêts-galeries, de peuplements de mangroves (Avicennia et Rhizophora), de bolongs (canaux d’eau salée) et de rivières d’eau douce. Ce pourrait être le dernier refuge de nombreuses espèces en danger et l’on peut y observer cinq des sept espèces de tortues marines présentes dans les eaux d’Afrique de l’Ouest, notamment la tortue luth, la tortue olivâtre, la tortue imbriquée et la tortue verte. Parmi les espèces d’oiseaux, on peut citer le bécasseau minute, la barge à queue noire, le bécasseau sanderling, la barge rousse, le courlis cendré, le courlis corlieu, le bécasseau maubèche et la grande aigrette. Kalissaye est aussi un site de nourrissage pour les dauphins à bosse de l’Atlantique et le lamantin d’Afrique.

Aux environs des zones humides de Kalissaye, les activités de fumage du poisson ont des répercussions sur les ressources du site et sa dynamique tandis que l’exploitation des riches habitats menace la biodiversité qui en dépend. Les menaces les plus spécifiques comprennent le ramassage des œufs de sternes et de tortues marines.

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Réserve Naturelle d'Intérêt Communautaire de la Somone

La Réserve Naturelle d’Intérêt Communautaire de la Somone (Site Ramsar n° 2327) a été créé en 1999 grâce à l’initiative locale de femmes qui avaient remarqué la dégradation de l’écosystème de mangroves dont elles dépendaient et décidé de le restaurer en plantant des centaines de milliers de propagules.

Le site est une lagune avec son lit et ses canaux remplis d’eau de manière permanente, une zone de mangroves dominée par des palétuviers Rhizophora inondés à marée haute, l’estran sableux, des zones de tanne (étendues salées dénudées et arbustives) au bord de la mangrove, et la zone de transition entre l’estuaire et l’intérieur des terres, avec une plage-barrière. Les espèces de la mangrove comprennent Avicennia, Rhizophora mangle et Conocarpus erectus.

La faune de l’estuaire est diverse et abondante, avec des oiseaux tels que le faucon pèlerin (rare et menacé au Sénégal), le goéland railleur, le cormoran africain et l’anhinga d’Afrique, le bécasseau sanderling, l’aigrette garzette et l’aigrette des récifs, la mouette rieuse, le héron cendré et le héron garde-bœufs. L’empiétement par les installations touristiques et les carrières qui se trouvent en amont sont des menaces potentielles.

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Réserve Naturelle Communautaire de Palmarin

La Réserve Naturelle Communautaire de Palmarin (Site Ramsar n° 2328) compte plusieurs espaces aquatiques (l’océan Atlantique, l’embouchure du Saloum, la rivière Ndangane, les bolongs et les mares temporaires), des vasières intermarées, des étendues sableuses et salées, des marécages à mangroves, des îles et des savanes boisées, arbustives et herbacées.

Ces zones humides sont des aires de nourrissage et de repos pour des oiseaux d’eau tels que le flamant rose, le jabiru d’Afrique, les pélicans gris et blanc, l’ibis sacré, l’avocette élégante et différentes espèces de la famille Ardeidae notamment le héron goliath et l’aigrette dimorphe. On y trouve aussi la tortue verte Chelonia mydas en danger.

La Réserve a un patrimoine culturel remarquable : elle possède notamment plusieurs forêts sacrées dont les gardiens sont des femmes. Ces forêts ont des caractéristiques culturelles historiques importantes et jouent un rôle majeur dans la préservation des ressources naturelles et la promotion de l’écotourisme. Le site a un plan de gestion et des mesures de conservation sont en vigueur comprenant des mesures d’éducation pour les communautés locales, y compris celles qui cultivent des parcelles dans la Réserve.