Les marais du Sudd : deuxième site Ramsar du Soudan

Les marais du Sudd : deuxième site Ramsar du Soudan

11 juillet 2006
Soudan

Le Secrétariat Ramsar est heureux de faire savoir que, lors de cérémonies qui se sont déroulées à Khartoum le 5 juin 2006, Journée mondiale de l'environnement, le ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire du Soudan, M. Ahmed Babikar Nehar, a annoncé l'inscription des marais du Sudd comme deuxième zone humide d'importance internationale du pays, après le Parc national de Dinder qui est à la fois un site Ramsar et une Réserve de biosphère de l'UNESCO.

Selon le résumé rédigé par Lucia Scodanibbio de Ramsar, d'après la Fiche descriptive Ramsar qui accompagnait l'inscription, le Sudd (5 700 000 hectares, 07°34'N - 30°39'E) est une des plus vastes zones humides tropicales du monde, située dans le sud du Soudan, sur le cours inférieur de Bahr el Jebel, nom que porte le Nil blanc lorsqu'il remonte vers le nord. Du point de vue écologique, la zone humide du Sudd se compose de différents écosystèmes : eaux libres et végétation submergée, végétation flottante le long des berges et zones boisées saisonnièrement inondées, prairies alimentées par les pluies et par le fleuve et zones arbustives de la plaine d'inondation. C'est un lieu d'hivernage pour des oiseaux importants pour la conservation aux niveaux international et régional tels que Pelecanus onocrotalus, Balearica pavonina, Ciconia ciconia et Chlidonias nigra ; c'est aussi l'habitat de certaines espèces endémiques de poissons, d'oiseaux, de mammifères et de plantes ainsi que de la gazelle de Mongalla (Vulnérable), de l’éléphant d’Afrique et du bec-en-sabot du Nil. Les mammifères migrateurs dépendent de la zone humide pour leur subsistance en saison sèche.

Sur le plan hydrologique la zone humide du Sudd est considérée comme un filtre géant qui contrôle et normalise la qualité de l'eau et comme une éponge géante qui stabilise les flux. C'est une source d'eau capitale pour les besoins domestiques, ainsi que pour les troupeaux et la faune sauvage et c'est une source de poissons importante. Dans le Sudd et la région alentour vivent presque exclusivement des Dinka, des Nuer et des Shilluk. Les activités socio-économiques et culturelles de ces peuples du Nil sont totalement tributaires de la zone humide du Sudd ainsi que de ses crues et de ses pluies annuelles qui régénèrent les herbages de la plaine d'inondation pour le bétail. Au début de la saison sèche, ces populations quittent leurs établissements permanents sur les hauts plateaux pour les terres intermédiaires (toich) qui servent au pâturage de saison sèche puis retournent vers les hauts plateaux en mai-juin, lorsque commence la saison des pluies. Le site est notamment menacé par la prospection pétrolière – le Sudd possède les plus grandes réserves de pétrole du Soudan – et le projet de canal de Jonglei, actuellement à l'arrêt mais qui réduirait les flux de saison humide et sèche de 20 et 10 % respectivement, avec des conséquences pour l'écologie des zones humides et, du même coup, pour les populations locales. Il y a trois aires protégées dans le Sudd, mais ni mesure de protection spéciale ni plan de gestion ne sont en place.

Il y a quelques photos du site à l'adresse http://ramsar.org/wn/w.n.sudan_sudd.htm.

…et des photos de la cérémonie de la Journée mondiale de l'environnement ainsi que le texte du discours prononcé par Denis Landenbergue du WWF International au nom du Conseiller principal de Ramsar pour l'Afrique, Abou Bamba, à l'adresse http://ramsar.org/wn/w.n.sudan_sudd_wed.htm.

 


-- photos courtesy of Sudan's Higher Council for Environment and Natural Resources