La
Convention sur les zones humides
Journée mondiale des zones humides -- France
Agence France Presse: vendredi 1 février 2002, 13h37
Grenouilles et tritons à l'honneur pour la journée mondiale des zones humides
PARIS (AFP) - Les bottes
seront de rigueur samedi pour les centaines de volontaires attendus sur les
chantiers et visites d'observations organisés en France à l'occasion
de la Journée mondiale des zones humides.
Mares et marais, tourbières,
lacs, étangs, mangroves, prairies inondables: autant d'espaces autrefois
tenus pour malsains et aujourd'hui reconnus pour leur rôle dans la protection
de l'environnement.
De Fontainebleau à
la vallée de Chevreuse, du parc naturel de Lorraine à la Sologne
et la Carmague, des volontaires vont élaguer la végétation,
rendre les mares à la lumière, enlever les détritus, guetter
oiseaux et batraciens, pourquoi pas une loutre dans certains espaces préservés.
Sorties et expositions
vont tenter de redresser l'image traditionnelle des zones humides: des lieux
infestés de moustiques et sources de maladies, quand on ne s'y noyait
point... Toutes raisons qui ont contribué à leur assèchement,
sous la pression du développement de l'agriculture.
Jusqu'à 90% des
zones humides ont été asséchées aux Pays-Bas et
au Danemark. La moitié ont disparu au cours des 30 dernières années
en France, où elles ne représentent plus que 3% du territoire.
Les zones humides sont
pourtant un des premiers réservoirs de "biodiversité",
faune et flore: 30% des espèces végétales remarquables
et menacées vivent dans les zones humides, la moitié des espèces
d'oiseaux dépendent d'elles, les deux tiers des poissons s'y reproduisent
ou s'y développent.
Mais au delà de
leur intérêt écologique, elles rendent à l'homme
des services précieux: pêche, régulation en période
de crue, recharge des nappes phréatiques.
Une convention internationale
protège depuis 1971 les zones humides d'importance internationale: la
convention de Ramsar, qui porte le nom de la ville iranienne où elle
a été signée.
1.133 sites remarquables
de 130 pays sont aujourd'hui inscrits sur la "liste de Ramsar". Mais
cette liste est basée sur la bonne volonté des Etats. "J'ai
écrit au président irakien pour attirer son attention sur l'état
désastreux de la zone humide de Mésopotamie, j'espère une
réponse", a indiqué vendredi le secrétaire général
de la Convention de Ramsar Delmar Blasco, de passage à Paris à
l'occasion de cette Journée mondiale.
C'est dans les pays développés
que la Convention a le plus de succès: l'Espagne a lancé un programme
ambitieux de restauration de la zone de Donana, dans le delta du Guadalquivir.
Les Etats-Unis investissent plusieurs milliards de dollars dans la restauration
des Everglades, en Floride.
Les pays pauvres peuvent
inscrire des sites particulièrement menacés sur une "liste
des sites en danger", ce qui donne accès à l'expertise et
l'aide de la Convention.
La France a rejoint en
1986 la Convention de Ramsar, et a inscrit à ce jour 18 sites couvrant
880.000 hectares des marais du Cotentin à la baie du Mont Saint Michel,
le Golfe du Morbihan ou la Camargue.
Mais le Marais Poitevin,
dont les ressources en eau sont peu à peu asséchées par
l'agriculture intensive, n'y figure pas: son inscription engagerait la France
dans la restauration du marais.
Le dernier site français
inscrit, la baie de Somme, inaugure samedi en présence de Delmar Blasco
une "maison Ramsar", station scientifique au coeur de la baie, second
lieu de passage des migrateurs d'Europe.
(Liste des sorties: www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/zones-humides/
Pour
tout renseignement, contactez: Bureau de la Convention de Ramsar,
Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999 0170, fax +41 22 999
0169, e-mail ramsar@ramsar.org
). Publié le 5 février 2002, Dwight Peck, Ramsar.