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Journée mondiale des zones humides - Message du Secrétaire général

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2 février 1999

Journée mondiale des zones humides

L’Homme et les Zones humides – Un Lien vital

D. BlascoVingt-huit ans après avoir signé la Convention sur les zones humides dans la ville iranienne de Ramsar, le 2 février 1971, nous célébrons les zones humides pour les liens spéciaux qui les unissent aux êtres humains: aux communautés qui vivent à l’intérieur ou à proximité des zones humides et qui profitent directement de leurs ressources, certes, mais aussi aux sociétés humaines, au sens le plus large.

Les zones humides sont partout: sur les berges des cours d’eau et des lacs, dans les oasis et les oueds du désert, dans les plaines d’inondation des régions tropicales, les tourbières, les systèmes karstiques et autres systèmes d’eaux souterraines, dans les zones côtières marines, les forêts de mangroves, les vasières et les lagunes salines. Ce ne sont là que quelques-uns des types de zones humides que les pères fondateurs du traité de Ramsar avaient en tête lorsque, dans les années 1960, ils eurent la sagesse de promouvoir l’action internationale en faveur de la conservation et de ce qu’ils appelèrent "l’utilisation rationnelle" de ces habitats riches et précieux.

Le lien existe parce que nous vivons tous au bord ou près d’une zone humide, quelle qu’elle soit car nous vivons tous, inévitablement, près d’une source d’eau. Oui, le lien vital existe bel et bien, même si nous n’y avons jamais pensé ou pire encore, si nous l’avons délibérément négligé pour tolérer que les zones humides soient drainées et transformées, qu’elles servent de dépotoirs, qu’elles soient noyées à jamais par la construction de barrages, envasées, polluées par des substances agrochimiques trop nombreuses - pour ne donner que quelques exemples.

Au fil des siècles, les zones humides ont été bien maltraitées. Beaucoup ont disparu, précisément parce que la plupart des sociétés humaines n’avaient pas conscience de ce lien vital.

Heureusement, les choses ont changé, à tel point qu’il existe aujourd’hui un traité international auquel ont adhéré 113 pays de tous les continents qui participent activement à la conservation et à la promotion de l’utilisation rationnelle des zones humides. Mais il y a encore beaucoup à faire, partout, pour que les peuples perçoivent les zones humides comme des atouts essentiels du capital naturel de leurs pays. Capital qui, s’il est bien géré, rapporte énormément en services et biens pour le développement et le bien-être de l’humanité. Tel est l’enjeu : faire en sorte que les zones humides occupent une place centrale dans l’esprit de la population et dans les pratiques des gouvernements. Ainsi, elles ne seront plus la préoccupation des seuls spécialistes et amoureux de la nature mais celle de la société tout entière.

En mai prochain, au Costa Rica, la Convention sur les zones humides tiendra sa session triennale qui réunit les pays membres, des organisations communautaires, des représentants de populations autochtones et des experts des zones humides. Quelque 1500 personnes sont attendues pour débattre du lien vital qui unit l’homme aux zones humides et pour adopter les moyens d’action en gestation depuis la dernière session, en 1996, et qui seront appliqués au siècle prochain.

Entre-temps, à l’occasion de cette Journée mondiale des zones humides, je vous invite à partir à la découverte de ces zones humides proches de chez vous. Vous verrez qu’il ne sera pas nécessaire d’aller très loin pour les trouver. Et si vous n’y avez jamais pensé, essayez , s’il vous plaît, de découvrir ce lien vital entre votre vie quotidienne et ces zones humides: c’est peut-être l’eau que vous buvez, la recharge de la nappe phréatique où vous pompez l’eau qui irrigue vos champs ou votre petit jardin; c’est peut-être l’atténuation des crues de la rivière à la saison des pluies, le poisson dont vous vous régalez, le bois de feu que vous coupez ou les substances médicinales tirées des plantes des zones humides. Il existe tant de liens possibles entre vous et les zones humides ! C’est peut-être, tout simplement, la beauté du paysage qui a enchanté votre promenade, l’autre matin. Et soudain, dans le silence, l’envolée de milliers d’oiseaux dans le ciel, en partance vers une destination inconnue, vers une autre zone humide de cette planète, à des milliers de kilomètres de là peut-être, où d’autres être humains seront aussi surpris de leur arrivée spectaculaire que vous l’avez été de leur départ inopiné.

Delmar Blasco
Secrétaire général
Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971)


write.gif (533 bytes)Pour tout renseignement, contactez: Bureau de la Convention de Ramsar, Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999 0170, fax +41 22 999 0169, e-mail ramsar@ramsar.org ). Traduit de l'anglais par Danièle Devitre. Publié le 24 janvier 1999, Dwight Peck, Ramsar.

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