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La
Convention sur les zones humides
Le
Libéria inscrit quatre nouveaux sites Ramsar
 

Le
Libéria inscrit quatre nouveaux sites Ramsar
Le Secrétariat
Ramsar est heureux d'annoncer que le Libéria a inscrit quatre nouvelles
zones humides d'importance internationale, ce qui porte à cinq
le total de sites inscrits par ce pays. Qu'il s'agisse d'un petit site
dominé par les rizières, d'une vaste forêt de mangroves
longeant trois cours d'eau ou d'une autre zone de mangrove importante
associée à la capitale, Monrovia, chacun de ces sites apporte
une diversité intéressante à la Liste de Ramsar et
tous sont importants pour la faune sauvage qu'ils abritent et les services
qu'ils fournissent à la population du Libéria. Une contribution
du Fonds Ramsar de petites subventions a permis de préparer les
données nécessaires aux inscriptions qui ont pris effet
le 24 août 2006, jour de la fête nationale du Libéria.
Lucia Scodanibbio, du Secrétariat
Ramsar, a préparé les descriptions suivantes des nouveaux
sites d'après les Fiches descriptives Ramsar.
Les
zones humides de Gbedin (25 hectares, 07°16'N 08°48'O)
sont situés dans le pays Nimba, au nord du Libéria -il s'agit
essentiellement d'un marais mais le site comprend aussi une zone humide
artificielle avec un système d'irrigation formé de canaux,
de fossés, de barrages et de zones de drainage. Les rizières
offrent une bonne zone de nourrissage à de nombreux oiseaux, y
compris des migrateurs du Paléarctique et du Néarctique
et des oiseaux nicheurs résidents tels que le pluvier petit-gravelot
Charadrius dubius, la barge rousse Limosa lapponica et le
pluvier de Forbes C. forbesi. On trouve aussi dans la région
le potamogale endémique Micropotamogale lamottei. Laspect
durable de la culture du riz dans le marais a incité le gouvernement,
en 1960, à solliciter une aide technique pour introduire des méthodes
agricoles modernes afin que les riziculteurs locaux abandonnent la culture
itinérante. Le Projet rizicole du marais de Gbedin a employé
un très grand nombre de personnes, au niveau local, jusqu'au début
de la guerre civile, en 1990. Actuellement, le site est utilisé
pour l'agriculture de subsistance (riz), la chasse et la pêche tandis
que dans les alentours, on exploite le bois et les ressources minières
et lon pratique la polyculture. L'application d'engrais et de pesticides
est une menace possible. En novembre 2005, le Correspondant Ramsar pour
la CESP a demandé à des écoliers de décrire
le concept d'utilisation rationnelle par des moyens artistiques. Site
Ramsar no. 1628.
Les
zones humides de Kpatawee (835 hectares, 07°07'N 09°38'O)
se trouvent dans le pays Bong - la chute de Kpatawee est située
dans la zone de forêts ombrophiles du Libéria, sur un bras
du fleuve St. John, un des six cours d'eau principaux du pays. En amont,
le fleuve érode la vallée mais en aval il accumule sable
et gravier, découvrant des zones entières le long de son
cours et fournissant ainsi des terrains d'hivernage pour de très
nombreux chevaliers guignettes et des espèces migratrices du Paléarctique
telles que le pluvier petit-gravelot et le chevalier aboyeur. On trouve
aussi dans le site le pangolin à écailles tricuspides en
danger et le chevrotain aquatique. La région est prisée
par les villageois qui viennent y pique-niquer et y organiser des réunions,
des ateliers et des retraites. On y pratique aussi la production de vin
de palme, la chasse, la pêche, la vannerie et l'on s'y baigne. Dans
le site, les gouvernements du Libéria et de la Chine ont lancé
le Projet rizicole de Kpatawee dans le but d'enseigner des méthodes
agricoles modernes aux agriculteurs pour les décourager de pratiquer
l'agriculture itinérante. Parmi les menaces pesant sur le site,
il y a un éventuel projet hydroélectrique. C'est une réserve
naturelle idéale en mesure d'attirer les touristes mais elle n'est
pas officiellement reconnue comme telle. Site Ramsar no. 1629.
Les
zones humides Marshall (12 168 hectares, 06°08'N 10°22'O),
dans le comté de Margibi, comprennent trois petits cours d'eau
aux berges sablonneuses et rocheuses ; vers l'intérieur, on trouve
des forêts secondaires et une savane boisée. La zone humide
se présente essentiellement sous forme de mangrove avec des arbres
adultes qui atteignent 30 mètres de haut. Outre le colobe bai,
plusieurs espèces d'oiseaux inscrites aux annexes de la Convention
sur les espèces migratrices sont présentes dans la région,
notamment libis falcinelle, le faucon crécerellette et la
glaréole à collier. Le site sert de tampon contre les inondations
et assure la recharge de la nappe phréatique ; il fonctionne, en
outre, comme trappe à sédiments. Les très vastes
mangroves, la population de poissons et les autres espèces sauvages
sont des ressources précieuses pour les habitants de la région.
Les trois cours d'eau sont navigables et servent au transport d'un village
à l'autre. L'exploitation sauvage de la forêt de mangroves
et la pêche à la dynamite pratiquée par la population
locale sont de graves menaces pour les caractéristiques écologiques
du site, tout comme la pollution provenant d'une usine de caoutchouc en
amont. De plus, la présence de Chromolaena odorata, une espèce
exotique envahissante qui est l'hôte d'insectes nuisibles pour l'agriculture
telle que le criquet Zonocerus variegatus, pose un grave problème
aux agriculteurs. Dans le site, on mène aussi des travaux de recherche
sur les chimpanzés en vue de la production de vaccins contre les
hépatites A, B et C, après quoi les animaux sont en relâchés
sur des îlots, dans les mangroves. Site Ramsar no. 1630.
Les
zones humides de Mesurado (6 760 hectares, 06°18'N 10°45'O)
se trouvent dans la capitale, Monrovia, et dans le comté de Montserrado
(la plus grande région administrative du pays, avec un million
d'habitants). Le site est tout particulièrement important pour
la protection de trois espèces des mangroves (Rhizophora harrisonii,
R. mangle et Avicennia africana) qui sont menacées par
une production intense de charbon de bois et le ramassage de bois pour
le feu. C'est un habitat et site de nourrissage propice à de nombreuses
espèces d'oiseaux dont la spatule Platalea alba, la glaréole
à collier Glareola nuchaltis et le courlis cendré
Numenius arquata. On y trouve aussi le crocodile nain d'Afrique
vulnérable, le crocodile du Nil et le crocodile africain à
museau pointu. Le site joue un rôle important pour la stabilisation
des berges et le piégeage des sédiments. Actuellement on
y ramasse le bois de feu et il sert de dépôt d'ordures, de
lieu où l'on lave les voitures, ainsi que pour la pêche.
Les poissons et les crustacés sont vendus à la population
de Monrovia. La pêche non réglementée constitue une
autre menace, tout comme la pollution industrielle provenant d'une fabrique
de peinture et dune raffinerie de pétrole. Il n'y a pas actuellement
de plan de gestion mais il est prévu d'intégrer le site
dans un réseau d'aires protégées gérées
dès son inscription sur la Liste de Ramsar. Site Ramsar no. 1631.
Pour
tout renseignement, contactez: Secrétariat de la Convention
de Ramsar, Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41
22 999 0170, fax +41 22 999 0169, e-mail ).
Publié le 24 août 2006, Dwight Peck, Ramsar.
 
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