ramsarnewEPA.jpg (12642 bytes) La Convention sur les zones humides

Le Programme de CESP de la Convention

Orientations complémentaires pour la réalisation d’une étude et d’un plan d’action CESP

Le document peut être obtenu sous forme imprimée, sur demande au Secrétariat de Ramsar (ramsar@ramsar.org)

Ausssi disponible en format

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Orientations complémentaires pour la réalisation d’une étude et d’un plan d’action en matière de communication, d’éducation et de sensibilisation du public aux zones humides (CESP)


Assistance aux Parties contractantes pour la mise en oeuvre de la Résolution VIII.31, le Programme de CESP de la Convention, 2003-2008

2ème édition

Secrétariat de Ramsar, 2004


Tables des matières

Remerciements
Résumé
Termes et acronymes
Chapitre 1: Les orientations complémentaires en quelques mots
1.1 Quel est leur but?
1.2 Comment ont-elles été conçues?
1.3 À qui s’adressent-elles?
1.4 Comment sont-elles présentées?
Chapitre 2 : Le rôle de la CESP-zones humides dans la mise en œuvre de la Convention de Ramsar
2.1 Introduction
2.2 En quoi la CESP peut-elle être utile?
2.3 Application de la CESP aux zones humides
2.4 Cadres conceptuels
Chapitre 3 : Qui doit participer à l’étude et au plan d’action de CESP?
3.1 Introduction
3.2 Que disent les lignes directrices sur la CESP?
3.3 Dispositions administratives
3.4 Attribution des rôles et responsabilités pour l’étude et le plan d’action
3.5 Correspondants nationaux chargés de la CESP
3.6 Groupe d’étude CESP
3.7 Autres participants
Chapitre 4 : Étude des activités de CESP-zones humides
4.1 Introduction
4.2 Pourquoi mener une étude de CESP?
4.3 Déroulement de l’étude
4.4 Calendrier et durée
Chapitre 5 : Élaboration et mise en œuvre d’un plan d’action de CESP-zones humides
5.1 Introduction
5.2 Pourquoi élaborer un plan d’action?
5.3 Que faut-il y inclure?
5.4 Stratégie
5.5 Calendrier et durée
Chapitre 6 : Outils pratiques
6.1 Introduction
6.2 Outils pratiques
Outil 1 Cercle des conséquences
Outil 2 Chaîne sensibilisation-action
Outil 3 Cible
Outil 4 Matrice
Outil 5 Analyse FFPM
Outil 6 Visualisation
Outil 7 Analyse décisionnelle pour les acteurs
Outil 8 Exemple de méthode et de calendrier pour la réalisation d’une étude et d’un plan d’action
Références
Glossaire

Remerciements

Le Secrétariat de Ramsar rend hommage au travail professionnel et sérieux de Jane Claricoates qui a rédigé le document de référence dont est issue la 1ère édition du présent document. Mme Claricoates avait été chargée d'aider les Parties contractantes à mettre en œuvre un volet important de la Résolution VII.9 sur le Programme d'information de la Convention : l'étude des activités actuelles de CESP et l'élaboration d'un plan d'action national pour orienter les activités futures de CESP. Bien que la Résolution VIII.31, adoptée à la 8e Conférence des Parties contractantes (COP8) en 2002 annule la Résolution VII.9, la tâche importante que représente une étude et un plan d'action CESP-zones humides demeure une pierre angulaire des lignes directrices. Nous formons le vœu que ces orientations complémentaires soient source de progrès dans ce domaine d'action de la Convention.

Remerciements par Jane Claricoates : de nombreuses personnes représentant de nombreux pays et des secteurs variés, directement ou indirectement liées au réseau Ramsar, m’ont aidé à exposer les perspectives et les méthodes que l’on trouve dans ce document. Je souhaite, en particulier, remercier les personnes suivantes pour les informations, les idées et la réflexion qu’elles ont apportées avec tant d’ardeur, souvent dans des délais très brefs mais toujours avec un enthousiasme et une générosité formidables. Je tiens à leur témoigner personnellement ma gratitude car elles m’ont non seulement beaucoup facilité la tâche mais, en réalité, elles l’ont rendu possible. Je veux aussi les remercier au nom de tous les acteurs Ramsar qui bénéficieront de leur expérience. Merci à tous.

Mark Bacon, Correspondant pour la Convention d’Aarhus, gouvernement du Royaume-Uni
Bishnu Bhandari, Institute for Global Environmental Strategies, Japon
András Böhm, Correspondant CESP, gouvernement de Hongrie
Angela Brady, NGO Focal Point Consortium, Australian Wetlands Alliance
Robert Chambers, Institute of Development Studies, Royaume-Uni
Judy Clark, University College, Londres, Royaume-Uni
Kevin Collins, University College, Londres, Royaume-Uni
Geoff Cowan, gouvernement d’Afrique du Sud
Kate Gowland, Correspondant gouvernemental CESP, Environment Australia
Biksham Gujja, WWF International
Chris Hails, WWF International
Doug Hulyer, Correspondant CESP, WWT, Royaume-Uni
Laurie Hunter, US Fish and Wildlife Service, États-Unis d’Amérique
David Lindley, Rennies Wetlands Project, Afrique du Sud
Paul Mafabi, gouvernement de l’Ouganda
Peter Martin, WWF Royaume-Uni
Kimberly McClurg, Correspondante gouvernementale CESP, États-Unis d’Amérique
Marlynn Mendoza, PAWB, Philippines
Mmokomo Moloto, gouvernement d’Afrique du Sud
Naoko Nakajima, Agence pour l’environnement, Japon
Reiko Nakamura, Ramsar Center, Japon
Jonathan Newberry, Ambactus Management, Royaume-Uni
Samuel Kofi Nyame, Ghana Wildlife Society
Reuven Ortal, gouvernement d’Israël
Gonzalo Oviedo, WWF International
Christine Prietto, NGO Focal Point Consortium, The Wetlands Centre, Australia
David Pritchard, RSPB, Royaume-Uni
Margaret Rowe, Groupe d’étude CESP, Environment Australia
Ellen Shek, WWF Hong-kong
David Stroud, Comité national Ramsar; Joint Nature Conservation Committee, Royaume-Uni
George Subotsky, University of the Western Cape, Afrique du Sud
Koji Tagi, Wetlands International, Japon
Hatem Ben Mohamed Zamouri, gouvernement de la Tunisie

Les étudiants et le personnel du cours de maîtrise en éducation à l’environnement et au développement de l’Université South Bank, au Royaume-Uni, ont également apporté des commentaires utiles.


Résumé

Ces orientations complémentaires pour les Parties contractantes présentent une diversité de concepts, de lignes directrices et d'outils pratiques dont l'objet est de contribuer à une étude ou à l'élaboration d'un plan d'action en matière de communication, éducation et sensibilisation du public aux zones humides (CESP). Bien que la 1ère édition ait été publiée en réponse au paragraphe 9 de la Résolution VII.9, qui demandait la formulation de des plans d'action nationaux en matière de CESP-zones humides, cette 2e édition reflète la Résolution VIII.31, paragraphe 20, dont la seule différence est qu'elle encourage la formulation de plan d'action à divers niveaux, tant sous-nationaux que nationaux, priant instamment chaque Partie contractante,

". . . d'entreprendre une étude des besoins, capacités et possibilités dans le domaine de la CESP-zones humides et, d'après cette étude, de formuler un plan d'action de CESP-zones humides (au niveau national, au niveau sous-national, au niveau du bassin versant ou au niveau local) contenant des activités prioritaires qui répondent aux besoins aux niveaux international, régional, national et local".

Elles s’adressent à tous ceux qui participent à des études et à l’élaboration de plans d’action, y compris les représentants de gouvernements et d’ONG qui œuvrent dans différents secteurs, aux niveaux national, régional et local. Après un exposé de l’objet et des buts du document, les orientations s’intéressent à l’identification des problèmes des zones humides sur lesquels porteront les activités de CESP et aux moyens de leur appliquer la CESP. Pour aider le lecteur à étudier les méthodes actuelles de CESP, le document aborde l’identification des buts et objectifs, les principes méthodologiques, l’établissement du calendrier et passe en revue un choix de méthodes stratégiques. Considérant ensuite pas à pas l’élaboration d’un plan d’action de CESP, le document discute des stratégies et méthodes possibles ainsi que du contenu du plan d’action et du calendrier suggéré pour sa réalisation.

Le document s’intéresse à ceux qui participeront à l’étude et à l’élaboration du plan d’action et propose des rôles et responsabilités pour les correspondants désignés en matière de CESP et pour les groupes d’étude. Il comprend aussi une sélection d’outils pratiques, choisis pour leur simplicité et leur efficacité, qui aideront à réaliser certaines des tâches communes qui se présenteront durant l’étude et l’exercice de planification des activités de CESP. Tout au long du document, on trouvera des références à d’autres sources d’information et d’aide, en plus d’une liste complète de références de tous les documents mentionnés dans le texte.

Nous espérons que ces orientations complémentaires contribueront aux efforts d’étude et d’élaboration de plans d’action en matière de CESP-zones humides dans tous les pays qui ont adhéré à la Convention de Ramsar et que, grâce à elles, les activités de CESP seront améliorées et organisées de façon stratégique pour promouvoir la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides.


Termes et acronymes

Secrétariat Ramsar

Secrétariat de la Convention de Ramsar.

CESP Communication, éducation et sensibilisation du public.
COP6 6e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar.
COP7 7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar.
COP8 8e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar.
Organisme(s) Tout au long du document, le terme «organisme» est utilisé, au singulier et au pluriel, dans un sens général, pour désigner un vaste ensemble de personnes qui participent à un processus ou à une activité. Cet ensemble comprend, indifféremment, des individus, des communautés, des organisations à but non lucratif, des organisations commerciales, des ministères ou des agences gouvernementales, des organisations et des organismes internationaux.
La Convention La Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971), également appelée Convention de Ramsar.
Lignes directrices sur la CESP Lignes directrices annexées à la Résolution VIII.31, (incorporées dans le volume 6 des Manuels Ramsar pour l’utilisation rationnelle des zones humides : CESP-zones humides. 2ème ed.) À commander en version imprimée au Secrétariat de Ramsar ou à télécharger du site Web du Secrétariat : http://ramsar.org/key_res_viii.31_f.htm.
Lignes directrices sur la participation Lignes directrices annexées à la Résolution VII.8, (incorporées dans le volume 5 des Manuels Ramsar pour l’utilisation rationnelle des zones humides : Gestion participative. 2ème ed). À commander en version imprimée au Secrétariat de Ramsar ou à télécharger du site Web du Secrétariat: http://ramsar.org/key_res_vii08f.htm.

Chapitre 1 Les orientations complémentaires en quelques mots

1.1 Quel est leur but?

1. Depuis les premiers jours de la Convention de Ramsar, le rôle important que l'éducation et les domaines connexes peuvent jouer dans la conservation de l'environnement est reconnu. La Convention de Ramsar l'a officiellement proclamé en adoptant la Résolution VII.9 et ses lignes directrices, à l'occasion de la COP7 qui s'est tenue au Costa Rica, en mai 1999. La Résolution VII.9 est désormais remplacée par la Résolution VIII.31 et ses annexes, adoptée à la COP8 à Valence, en 2002. La Résolution et ses lignes directrices (ci-après appelées "lignes directrices sur la CESP") sont désormais intégrées dans la 2e édition du Manuel 6 des Manuels de la Convention de Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides (Secrétariat de la Convention de Ramsar, 2004c), disponible sur demande auprès du Secrétariat de Ramsar.

2. La Résolution et ses lignes directrices soulignent qu’un nombre impressionnant d’activités ont été mises en place, dans le monde entier, dans le domaine de la communication, de l’éducation et de la sensibilisation du public (CESP) aux zones humides, tout en admettant qu’elles n’ont pas encore atteint leur plein potentiel. La Résolution et ses lignes directrices marquent donc le renouveau des efforts de la Convention en faveur de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides par l’intermédiaire de la communication, de l’éducation et de la sensibilisation du public.

3. Les orientations complémentaires ont pour objet d’aider les Parties contractantes à mettre en œuvre la Résolution et, notamment, à préparer :

  1. une étude des besoins, capacités et options nationaux dans le domaine de la communication, de l’éducation et de la sensibilisation du public relatives aux zones humides (paragraphe 20 de la Résolution ); et
  2. un plan d’action national en matière de CESP- zones humides sur la base des conclusions de l’étude (paragraphe 20 de la Résolution).

4. Les orientations déterminent et analysent les facteurs clés qui émaneront des discussions durant le processus de planification et de mise en œuvre de l’étude de CESP et de préparation du plan d’action. Elles seront un support pratique pour les Parties contractantes, entre autres, dans leurs activités de CESP, et les aideront à tirer le meilleur parti des nouvelles possibilités offertes par l’intégration plus formelle d’un élément de CESP dans le cadre de la Convention.

1.2 Comment ont-elles été conçues?

5. Les orientations s’inspirent des textes officiels de la Convention et de documents connexes, de textes théoriques sur la communication, l’éducation et la sensibilisation du public, d’études de cas, de réponses à un questionnaire conçu pour ce projet et de discussions avec des experts en CESP de plusieurs pays Parties contractantes à la Convention de Ramsar. Les correspondants nationaux chargés de la CESP ont été invités à contribuer au processus. Les membres des comités nationaux Ramsar et des groupes d’étude sur la CESP ont également participé. Les orientations s’appuient donc sur les écrits et l’expérience pratique de nombreuses personnes, de différents pays et régions Ramsar, qui représentent un mélange intéressant de contextes environnementaux, culturels, sociaux, économiques et techniques.

6. Les orientations ne prétendent pas être exhaustives car les problèmes qui se posent sont pratiquement illimités et les meilleures solutions devront être adaptées à chaque situation. Elles devraient, toutefois, aider à identifier plus facilement les meilleures solutions. Le but n’est pas non plus de fournir une source complète de techniques de CESP, mais d’aider ceux qui entreprendront une étude et un plan d’action à trouver les bonnes méthodes et l’expertise nécessaire ainsi que d’autres ressources, le cas échéant, pour permettre une planification et une mise en œuvre plus approfondies.

1.3 À qui s’adressent-elles?

7. Les orientations ont été établies à l’intention des Parties contractantes à la Convention de Ramsar et de toute personne participant à la planification et à la mise en œuvre d’une étude ou d’un plan d’action CESP-zones humides, à quelque niveau que ce soit (national, régional ou local). En pratique, pour appliquer les dispositions de la Convention, les Parties contractantes (à savoir les Autorités administratives Ramsar et leurs gouvernements respectifs) font appel à de nombreuses personnes qui représentent une gamme étendue de responsabilités gouvernementales, travaillent avec différents organismes internes ou extérieurs au gouvernement, avec différentes organisations, à divers niveaux et dans des secteurs variés. Ce document a été conçu pour aider tous ceux qui, tant au gouvernement qu’en dehors du gouvernement, mettent en œuvre la Convention au moyen de programmes et d’activités de CESP pertinents, au niveau international, national, régional ou local. Parce que le document s’adresse à un public si divers et qu’il porte sur un sujet si vaste, certaines de ses parties sont nécessairement traitées de façon superficielle. Le lecteur est invité à travailler avec des praticiens expérimentés et à se référer aux sources indiquées.

1.4 Comment sont-elle présentées?

8. Compte tenu de la diversité du domaine d’activité et de la nécessité de répondre aux besoins d’un groupe d’usagers extrêmement vaste, l’accent a été mis sur des principes plutôt que sur des solutions normatives aux questions discutées. Le présent document ne fournit pas de réponses péremptoires - de « recettes » - aux nombreuses questions qui se poseront. Il cherche plutôt à apporter des orientations et un soutien. Il pourrait donc être utile aux discussions préliminaires ou à la préparation des ateliers.

9. Les orientations se divisent en six chapitres :

10. Des sources de référence supplémentaires sont mentionnées à travers tout le document qui contient aussi un glossaire de termes utilisés couramment en CESP. Les principales notions pouvant poser des difficultés sont expliquées.


Chapitre 2 Le rôle de la CESP-zones humides dans la mise en œuvre de la Convention de Ramsar

2.1 Introduction

11. L’étape préliminaire et essentielle d’une étude ou d’un plan d’action de CESP consiste à déterminer le but précis et le potentiel des activités de CESP. Ce chapitre examine le rôle que peut jouer la CESP pour aider à traiter les problèmes relatifs aux zones humides, dans le contexte de la Convention de Ramsar, et comment elle peut s’y appliquer.

12. Pour que l’étude ou le plan d’action de CESP soit efficace, il faut associer un grand nombre d’acteurs au processus, ce qui n’est pas une mince affaire étant donné la grande diversité des compétences de ces acteurs et la non moins grande diversité de leurs avis sur les buts d’un programme de CESP. Cette question est traitée dans le présent chapitre qui présente certains cadres conceptuels utiles pour ceux qui participeront à l’étude et au plan d’action.

2.2 En quoi la CESP peut-elle être utile?

13. La Convention de Ramsar repose sur la conviction que les zones humides fournissent des biens et des services qui ont permis à l’humanité de subsister au fil du temps. Les zones humides contribuent aussi, de manière significative, au maintien de la diversité biologique mondiale. La dégradation et la disparition des zones humides sapent ces fonctions et ont des incidences négatives sur la santé et le bien-être de l’homme.

14. Les deux rôles fondamentaux de la CESP vis-à-vis de la mise en œuvre de la Convention sont les suivants :

i) sensibiliser, à tous les niveaux de la société, aux fonctions et valeurs des zones humides pour tous, ainsi qu’au coût social de la dégradation et de la disparition des zones humides;

ii) utiliser des techniques de CESP pour résoudre les problèmes qui entraînent la dégradation et la disparition de sites Ramsar et d’autres zones humides.

15. Les paragraphes suivants et les tableaux 1 et 2 illustrent comment traiter les problèmes relatifs aux zones humides à l’aide de la CESP et présentent un exemple de résolution de problème à l’aide de techniques de CESP. L’exemple montre que la communication d’un message sur les zones humides dans le cadre d’activités de CESP peut être très efficace même s’il s’agit d’un processus complexe impliquant de nombreux acteurs et solutions de CESP. Il démontre également que des activités de CESP mal conçues mènent à l’échec. L’exemple est axé sur la résolution d’un problème relatif aux zones humides par des activités de CESP, plutôt que sur la communication efficace d’un message positif sur les fonctions et les valeurs des zones humides mais, dans les deux cas, le message est le même.

Tableau 1 Identifier les problèmes tels qu’ils sont perçus
PROBLÈME : pompage excessif de l’eau : le niveau d’eau et la quantité d’eau disponible sont extrêmement bas et inacceptables
Acteurs Enjeu Perception du problème Type de solution
Gestionnaire du site Responsable du maintien des populations d’espèces légalement protégées Les espèces protégées des zones humides sont menacées Écologique
Population locale – groupe a Dépend directement de l’eau pour l’usage domestique Perte d’une ressource essentielle Social
Population locale – groupe b Ne dépend pas des zones humides pour son approvisionnement en eau Ne perçoit pas de problème Non applicable
Artisans locaux Dépendent des plantes des zones humides pour leur artisanat Leur revenu est menacé Économique et social
Exploitants d’entreprises touristiques Leurs entreprises dépendent de la qualité du paysage, de la faune et de la flore des zones humides Leurs moyens de subsistance sont menacés Économique et social
Travailleurs communautaires S’intéressent à la santé et au bien-être des populations locales La diminution ou la perte de revenu ainsi que la baisse de la qualité de l’eau auront des répercussions sur la santé et le bien-être des populations locales Social
Gouvernement local Responsable du bien-être de la communauté Le coût de toute solution sera élevé Économique et politique

 

Tableau 2 Identifier les solutions
PROBLÈME : pompage excessif de l’eau : le niveau d’eau et la quantité d’eau disponible sont extrêmement bas et inacceptables
Acteurs Raisonnement menant à la (aux) solution(s) Solution(s) Type de solution
Gestionnaire du site Bas niveau d’eau augmentation de la concentration des agents polluants menace pour les espèces de poissons protégées Prendre des mesures pour protéger les espèces, par exemple :
  • entreprendre des travaux scientifiques sur le terrain
  • démarrer un programme de sensibilisation du public
  • élaborer et mettre en œuvre un plan de gestion du niveau de l’eau dans le site
Écologique ou social
Exploitants d’entreprises touristiques Bas niveau d’eau paysage inesthétique et appauvrissement de la faune et de la flore sauvages Déplacer les activités touristiques vers un autre site Économique et social
Gouvernement local Bas niveau d’eau l’environnement devient inesthétique et les ressources s’appauvrissent : il est donc moins intéressant pour la population locale Trouver des solutions pour que la communauté reste sur le site, par exemple :
  • corriger le niveau d’eau dans le site
  • s’attaquer aux causes du faible niveau d’eau à l’échelon local ou à une plus vaste échelle
  • rendre son aspect esthétique au site
  • agir directement pour enrayer le déclin du tourisme
  • répondre aux besoins des artisans
Économique et politique

16. La simple analyse d’un problème relatif aux zones humides met en lumière un certain nombre de points importants, utiles aux activités de CESP. La plupart ont la même utilité pour la communication d’un message positif sur les valeurs et les fonctions des zones humides :

2.3 Application de la CESP aux zones humides

17. À quel moment un programme de CESP entre-t-il dans le tableau complexe décrit dans les paragraphes précédents, et dans quel but ? Dans le prochain paragraphe et dans le tableau 3, le même scénario sera utilisé pour élaborer une perspective de CESP sur ces questions et voir où la CESP doit intervenir utilement.

18. Le tableau 3 résume quelques réponses possibles de la CESP aux différents problèmes perçus et aux solutions identifiées dans les tableaux 1 et 2. On peut faire plusieurs remarques générales sur l’application de la CESP aux zones humides :

Tableau 3 Identifier les solutions de CESP
PROBLÈME : pompage excessif de l’eau : le niveau d’eau et la quantité d’eau disponible sont extrêmement bas et inacceptables
  Solution CESP Résultat Observations

Gestionnaire de site

.

1 Affiches, matériel audiovisuel, programmes radio. Diffusé dans les lieux fréquentés par la population locale, le matériel décrit les espèces de poissons protégées, exlique les problèmes et propose des changements simples dans les pratiques quotidiennes de la population locale. Pas de changement remarqué dans les pratiques locales. Le gestionnaire essaie la solution 2.
  • La population locale comprend bien les préoccupations, n’utilise que la quantité d’eau nécessaire – À quoi lui servent les informations ?
2 Comme ci-dessus, mais l’accent est mis, dans les informations, sur la protection juridique et l’importance internationale des espèces protégées. Pas de changement. Le programme de sensibilisation du public a échoué.
  • Comme ci-dessus.
3 Lancer une nouvelle campagne de sensibilisation du public pour expliquer les résultats de la recherche (les poissons ont besoin d’une eau plus fraîche pour que leurs œufs puissent se développer). Proposer des solutions pratiques, par exemple, planter des arbres ou limiter le pâturage pour augmenter l’ombre. Les informations sont diffusées localement. Cette méthode a eu de bons résultats ailleurs mais dans le cas présent, la réaction du public est insuffisante. Trois mois plus tard, le gestionnaire essaie la solution 4.
  • Moment mal choisi – en cette période de l’année la population locale n’a pas de temps libre.
  • La couleur du papier d’impression est inacceptable du point de vue culturel ; les informations sont donc inaccessibles.
4 Le gestionnaire réimprime les informations puis il les diffuse de nouveau. Plus de personnes participent, la situation s’améliore, même si beaucoup d’arbres plantés n’appartiennent pas aux espèces suggérées.
  • La couleur du papier d’impression est acceptable du point de vue culturel.
  • Les informations sont diffusées à un moment où le calendrier de la population locale n’est pas chargé.

Gouvernement local

5 Fait connaître publiquement le nouvel aspect (amélioré) du site et les possibilités offertes aux touristes. Le tourisme augmente pendant un temps, puis diminue de nouveau. Les pressions se sont accentuées sur le site.
  • La CESP n’est pas assez généralisée.
  • La communication est nécessaire entre les exploitants d’entreprises touristiques et le gouvernement local pour sensibiliser et obtenir des changements de comportement de groupe et pour éviter la détérioration du site à long terme.

Travailleurs communautaires

6 Ils constatent l’amélioration de la santé et du bien-être de la communauté locale, et lancent une campagne pour porter certaines études de cas à l’attention du gouvernement local. Le gouvernement local modifie la politique et permet ainsi la mise en place de meilleurs équipements sanitaires.
  • Les travailleurs communautaires ont catalysé l’action et établi la communication entre les populations locales et le gouvernement.
  • Les travailleurs communautaires ont aidé le gouvernement à agir plus efficacement.
  • Le gouvernement a usé de son autorité et apporté des ressources pour résoudre un problème qui dépassait les capacités des travailleurs communautaires.

Travailleurs communautaires et gestionnaires de site

7 Entament un programme de réunions dans diverses communautés affectées par le bas niveau d’eau pour connaître les inquiétudes qu’elles partagent au sujet de la mauvaise qualité de l’eau. Ils constatent que les problèmes sont les mêmes pour de nombreuses communautés et passent à la solution 8.
  • La compréhension des problèmes dans un contexte plus vaste, intersectoriel, a permis de trouver des solutions mutuellement bénéfiques.
8 Entament un programme d’information, destiné aux gouvernements local et national, sur les incidences des bas niveaux d’eau et de la mauvaise qualité de l’eau sur les espèces protégées et les communautés locales. Le gouvernement entreprend des changements d’ordre politique : la législation est modifiée. Le gouvernement local passe à la solution 9.
  • Il est essentiel que la population locale, le gestionnaire du site, les travailleurs communautaires et trois ministères travaillent ensemble pour effectuer ce changement. Cela prend de nombreux mois.

Gouvernement local

9 Lance une campagne destinée à la population locale qui explique les changements législatifs requis pour obtenir des changements dans les pratiques locales et les avantages. La population locale respecte les changements ; la qualité de l’eau s’améliore.
  • Le temps et les ressources investis dans la campagne sont considérablement réduits parce que ceux qui appliqueront, à l’avenir, les changements ont participé à l’identification des problèmes et à la recherche des solutions. Par conséquent, lors de la mise en œuvre, les problèmes et la portée des changements de politiques pour chaque individu ont été compris.

2.4 Cadres conceptuels
19. Pour que l’étude et l’élaboration du plan d’action de CESP-zones humides soient efficaces, il faut veiller à la participation d’acteurs venant d’horizons très divers - ONG, gouvernement local et national, différents ministères, secteur des affaires, éducation et formation, par exemple. Leur interprétation du programme de CESP sera inévitablement très différente de sorte qu’il importera de déterminer le sens que chaque participant donne au concept de « CESP ». Les paragraphes qui suivent faciliteront les discussions.

Idéologies

20. Les objectifs, processus et composantes de toute activité de CESP reflèteront les convictions intimes des concepteurs. Il importe, par conséquent, que les personnes qui participeront à l’étude (l’évaluation) ou à la planification d’activités de CESP aient une vision claire de leur propre idéologie et de celles de leurs collègues. Les idéologies environnementales et pédagogiques sont particulièrement importantes dans ce cas. Cette section dessine un cadre pour chacune d’elles.

Idéologies environnementales
21. Il existe une division marquée entre les idéologies dites «technocentriques» et les idéologies dites «écocentriques». Le tableau 4 propose une comparaison des principales idées de chaque catégorie.

Tableau 4 Cadre des idéologies environnementales
Technocentriques Écocentriques
  • Les êtres humains et le monde naturel sont deux choses séparées
  • Les êtres humains font partie du monde naturel
  • La nature a une valeur utilitaire pour les êtres humains
  • Les êtres humains ont un devoir de protection de l’environnement
  • Les êtres humains finissent par maîtriser l’environnement
  • Les êtres humains finissent par se soumettre aux lois de la nature
  • Les êtres humains ont des aptitudes exceptionnelles qui leur permettent de trouver de nouvelles réponses
.
p. ex. Les populations qui vivent au bord de la mer conçoivent une usine de dessalement pour se procurer de l’eau douce p. ex. l’homme ne peut survivre là où il n’y a pas d’eau douce et ne devrait donc pas s’y installer

22. Les deux idéologies environnementales du tableau 4 décrivent des points de vue extrêmes et il est peu probable qu’un individu adhère entièrement à l’un ou à l’autre. La force de ces convictions différentes peut apparaître dans les discussions sur les buts et les messages pertinents d’un programme de CESP. Par exemple : dans quelle mesure nos messages devraient-ils accepter que la pollution de l’eau est inéluctable et admettre qu’une solution technologique est aceptable ? Faut-il inclure des sujets technologiques dans un programme, ou faut-il plutôt chercher à convaincre les gens que recourir à la technologie revient essentiellement à accepter la pollution et ses causes profondes et dans nos programmes, remplacer la technologie par le changement social ? Comprendre ces différences fondamentales peut être particulièrement utile quand on travaille à un niveau intersectoriel ou interculturel.

Idéologies pédagogiques

23. La question à poser ici est la suivante : «quel est le but de l’éducation?». Dans ce sens le terme «éducation» regroupe toutes les activités de CESP. On peut imaginer, par exemple, les trois points de vue suivants :

  1. le but de l’éducation est de préparer l’individu pour le marché du travail;
  2. le but de l’éducation est de préparer l’individu pour la vie;
  3. le but de l’éducation est de contribuer au changement social pour favoriser l’avènement de sociétés plus justes et plus équitables.

(Kemmis, Cole & Suggett, 1983, cit. Fien, 1993)

24. Ces points de vue s’appliquent au contexte présent lorsqu’il s’agit de convenir des buts d’une activité de CESP ou d’inclure certaines valeurs. Par exemple, que faudrait-il inclure dans les programmes pédagogiques institutionnalisées? Selon le point de vue i), il faudrait inclure des thèmes classiques qui portent sur les technologies et les systèmes modernes d’exploitation des ressources. Le point de vue iii) laisse entendre que les systèmes sociaux actuels échouent parce qu’ils créent et perpétuent des injustices (par exemple, le manque d’accès à de l’eau salubre). Nombreux sont ceux qui établissent clairement le lien entre la pauvreté et l’état de l’environnement et c’est une constatation que l’on retrouve dans de nombreux textes. Ce troisième point de vue sur l’éducation nous inciterait à inclure le thème du changement social dans le programme.

Quatre tendances en matière d’éducation

25. Le cadre décrit dans le tableau 5 (élaboré à l’origine pour les programmes universitaires) peut aider à préciser les buts à long terme (la vision) d’un programme ou à évaluer les activités actuelles de CESP.

Tableau 5 Quatre tendances en matière d’éducation 
L’éducation est coupée de la réalité Integrated with life
n’est pas conçue pour changer l’environnement socioculturel et politico-économique TENDANCE 1

Institutionnalisée

 

TENDANCE 2

Formation

est conçue pour changer l’environnement socioculturel et politico-économique TENDANCE 3

Formation professionnelle

TENDANCE 4

Responsabilisation

La CESP de Tendance 1 accepterait et se déroulerait dans le contexte socioculturel et politico-économique. Elle ne serait pas en prise directe avec le monde dans lequel vivent les étudiants.
La CESP de Tendance 2 préparerait les étudiants à s’intégrer dans l’environnement socioculturel et politico-économique actuel.
Les Tendances 3 et 4 partagent des objectifs plus radicaux : elles prépareraient les individus à devenir les acteurs du changement de la situation socioculturelle et politico-économique existante.
La CESP de Tendance 3 formerait des professionnels à devenir des acteurs du changement experts, qui aideraient à apporter des changements au contexte socioculturel et politico-économique d’autres populations.
La CESP de Tendance 4 permettrait aux étudiants de devenir des acteurs du changement dans leur propre contexte.
(Extrait de Mayo, 1997)

L’éducation à, par, et pour l’environnement

26. Pour l’éducation à l’environnement, le cadre suivant a été élaboré et adopté pour de nombreux contextes différents. Il peut servir à évaluer les buts et les méthodes des programmes actuels ou prévus de CESP.

L’éducation sur et pour le développement et comme vecteur du développement

27. Les points de vue sur le développement varient énormément, pas seulement selon les différentes régions du monde, mais également dans les pays. En conséquence, il peut être difficile de trouver un consensus sur le contenu et le but d’un programme de CESP. Il peut être utile d’éclaircir les objectifs et les méthodes d’un programme de CESP-zones humides du point de vue de l’éducation en matière de développement à l’aide du cadre suivant qui comprend trois parties :

28. Outre les ambiguïtés conceptuelles, de nombreux termes utilisés couramment pour parler de la CESP-zones humides sont ambigus. Le sens exact d’un terme est moins important que la clarté, ou que le fait qu’il y ait eu accord sur le sens et que le terme ait été différencié par rapport aux autres. Il importe également de s’interroger sur le sens lorsque d’autres personnes utilisent le terme. Le glossaire propose quelques interprétations pour un choix de termes importants et utilisés fréquemment.


Chapitres 3, 4 and 5


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Pour tout renseignement, contactez: Bureau de la Convention de Ramsar, Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999 0170, fax +41 22 999 0169, e-mail ramsar@ramsar.org ). Publié le 7 mai 2001, Sandra Hails, Ramsar.

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