La
Convention sur les zones humides
Le Manuel de Ramsar, 3e édition (2004)
Le Manuel de la Convention de Ramsar
Guide
de la Convention sur les zones humides
(Ramsar, Iran, 1971)
3e édition

Secrétariat de la Convention de Ramsar - 2004
Le Manuel de la Convention de Ramsar : Guide de la Convention sur les
zones humides (Ramsar, Iran, 1971), 3e éd. Gland, Suisse : Secrétariat
de la Convention de Ramsar, 2004
Copyright © Secrétariat de la Convention de Ramsar, 2004
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Citation : Secrétariat de la Convention de Ramsar, 2004. Le Manuel de la Convention de Ramsar : Guide de la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971), 3e éd. Secrétariat de la Convention de Ramsar, Gland, Suisse.
2
février - Journée mondiale des zones humides
Avec la communauté mondiale Ramsar, célébrez l'anniversaire
de la Convention.
Table des matières
1. La Convention de Ramsar
1.1 Qu'est-ce que la Convention de Ramsar sur les zones humides?
1.2 La définition des zones humides
1.3 Pourquoi conserver les zones humides?
1.4 Pourquoi une convention intergouvernementale sur les zones humides?
1.5 Pourquoi adhérer à la Convention de Ramsar ?
1.6 Qui peut adhérer à la Convention de Ramsar?
1.7 Quelles sont les obligations des Parties qui adhèrent à la Convention de Ramsar?
1.8 Nouvelle interprétation des obligations
1.9 Établissement de rapports
1.10 La Convention de Ramsar aujourd'hui
1.11 Le Plan stratégique Ramsar 2003-2008 et les " trois piliers " de la Convention
1.12 Synergies avec d'autres conventions relatives à l'environnement
2. Bref historique de la Convention de Ramsar
2.1 Le contexte
2.2 Le Protocole de Paris et les Amendements de Regina
2.3 Chronologie Ramsar - dates charnières
2.4 Autres lectures
3. Comment fonctionne la Convention de Ramsar ?
3.1 La Conférence des Parties contractantes
3.2 Le Comité permanent
3.3 Le Secrétariat
3.4 Les autorités administratives et les notes diplomatiques
3.5 Le Groupe d'évaluation scientifique et technique
3.6 Le budget de la Convention de Ramsar
3.7 Les régions Ramsar
3.8 Les Comités nationaux Ramsar
3.9 Coopération avec d'autres organisations
4. Aider les Parties contractantes
4.1 Sites inscrits
4.1.1 Critères d'identification des zones humides d'importance internationale
4.1.2 La Fiche descriptive sur les zones humides Ramsar
4.1.3 La Banque de données des sites Ramsar
4.1.4 Système de classification des types de zones humides
4.1.5 Le Registre de Montreux
4.1.6 Missions consultatives Ramsar
4.1.7 L'Article 3.2
4.2 Le concept d'utilisation rationnelle de Ramsar
4.2.1 Mise en place de politiques nationales pour les zones humides
4.2.2 Connaissance des zones humides et de leurs valeurs
4.2.3 Mesures prises dans des zones humides particulières
4.2.4 Le projet sur l'utilisation rationnelle
4.3 Réserves et formation
4.3.1 Réserves
4.3.2 Formation
4.4 Coopération internationale
4.4.1 Coopération avec et entre les Parties contractantes
4.4.2 Conservation des zones humides transfrontières
4.4.3 Conservation des espèces transfrontières
4.4.4 Jumelage de sites Ramsar
4.4.5 Coopération régionale dans le cadre de Ramsar: l'Initiative MedWet
4.4.6 Programmes d'assistance à de petits projets
4.4.7 Appui aux projets et bailleurs de fonds
4.5 Diffuser le message de Ramsar
4.5.1 Le Programme de communication, d'éducation et de sensibilisation du public (CESP)
4.5.2 Ramsar et Internet
4.5.3 Journée mondiale des zones humides et matériel pour la JMZ
4.5.4 Les prix pour la conservation des zones humides
4.5.5 Le Centre de ressources sur l'utilisation rationnelle
4.5.6 Les vidéos Ramsar
4.5.7 Publications
4.5.8 Signalisation dans les sites Ramsar5. Comment adhérer à la Convention de Ramsar
5.1 Les instruments d'adhésion
5.2 Inscription de zones humides sur la Liste de Ramsar
5.3 Ce qu'il en coûte d'adhérer à la ConventionAnnexes
1 Texte de la Convention de Ramsar
2 Résolutions et Recommandations de la Conférence des Parties contractantes
3 Références
4 La 'boîte à outils' Ramsar : Sommaire de la collection de Manuels
5 Glossaire d'acronymes, d'abréviations et de terminologie Ramsar
La 1ère édition du Manuel Ramsar, compilée par T. J. Davis et publiée en 1994, a été reçue avec enthousiasme comme un vade-mecum essentiel pour un voyage à travers le monde parfois déroutant des Résolutions, des lignes directrices et de la terminologie Ramsar. Mais il s'est rapidement démodé, en particulier parce que la Conférence des Parties contractantes, à sa 6e Session, à Brisbane, Australie, en 1996, a ajouté une pléthore de nouveaux outils à la panoplie de la Convention.
En conséquence, une 2e édition a été publiée en 1997 qui contenait tous les changements institutionnels survenus depuis 1994 et, dans ses annexes, les principaux documents en rapport avec la Convention.
Après la COP7, à San José, Costa Rica, en 1999, il a semblé que le matériel Ramsar avait pris trop de volume pour pouvoir être inclus dans les annexes du Manuel et que le site Web de Ramsar étant de plus en plus utilisé, le texte descriptif du Manuel était moins nécessaire. Le Manuel Ramsar fut donc mis de côté et rapidement épuisé tandis que la "Boîte à outils" Ramsar en neuf volumes (les Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides) était publiée séparément en janvier 2000, afin de mettre à disposition les principales orientations adoptées par la Conférence des Parties.
Les Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides se sont révélés très précieux et une 2e édition, enrichie avec les documents d'orientation qui ont émergé de la COP8, à Valence, Espagne, en 2002, sera disponible sur CD-ROM en 2004. Toutefois, il s'est avéré que le texte descriptif du Manuel avait été trop rapidement enterré : nombreux sont ceux qui estiment en effet nécessaire de disposer d'une introduction brève et imprimée à la Convention et à ses processus.
En conséquence, cette 3e édition contient une mise à jour approfondie de la 2e, et tient compte de tout ce qui a changé depuis 1997. En lieu et place des 17 annexes documentaires de la 2e édition, toutefois, nous nous sommes contentés d'introduire une simple liste de référence aux adresses Web de tous les documents mentionnés dans le texte et une liste du sommaire de la prochaine collection de Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides en 14 volumes. À l'annexe 3, on trouvera les liens des documents et ressources Ramsar mentionnés sans référence dans le texte.
Nous serions heureux de recevoir des compléments d'information ou des propositions d'amélioration pour le présent Manuel et son éventuelle 4e édition.
Note: Certaines parties du texte qui suit font référence à d'autres sections du texte qui sont indiquées par le symbole § renvoyant au numéro de paragraphe.
Mars 2004
1.1 Qu'est-ce que la Convention de Ramsar sur les zones humides?
La Convention sur les zones humides est un traité intergouvernemental qui a été adopté le 2 février 1971 dans la ville iranienne de Ramsar, sur les berges méridionales de la mer Caspienne. Ceci explique pourquoi, bien que l'on écrive aujourd'hui généralement : "Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971)", celle-ci est plus connue du public sous le nom de "Convention de Ramsar". Il s'agit du premier traité intergouvernemental moderne, d'envergure mondiale, sur la conservation et l'utilisation durable des ressources naturelles mais, si on compare son texte avec celui d'instruments plus récents, on constate que ses dispositions sont relativement simples et générales. Au fil des ans, la Conférence des Parties contractantes a élaboré et interprété les principes de base du texte du traité, réussissant ainsi à maintenir les travaux de la Convention en résonance avec l'évolution des perceptions, priorités et tendances mondiales de la pensée de l'environnement.
Le nom officiel du traité, Convention sur les zones humides d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau, traduit l'accent mis, à l'origine, sur la conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides avant tout dans leur fonction d'habitats pour les oiseaux d'eau. Avec le temps, toutefois, la Convention a élargi son champ d'action pour couvrir tous les aspects de la conservation et de l'utilisation rationnelle des zones humides, reconnaissant celles-ci comme des écosystèmes extrêmement importants pour la conservation de la biodiversité et le bien-être des sociétés humaines. L'usage de plus en plus répandu de la forme raccourcie du titre du traité, "Convention sur les zones humides", est donc totalement pertinent (pour changer le nom du traité, il faudrait amender le texte de la Convention lui-même, un processus lourd que les Parties contractantes ne souhaitent pas entreprendre pour le moment.)
La Convention est entrée en vigueur en 1975 et compte aujourd'hui (février 2004) 138 Parties contractantes, ou États membres, partout dans le monde. Bien que le message central porté par Ramsar soit la nécessité de recourir à l'utilisation durable des zones humides, l'"étendard" de la Convention est la Liste des zones humides d'importance internationale (ou Liste de Ramsar). Actuellement, les Parties ont inscrit plus de 1370 zones humides (ou sites Ramsar) sur cette Liste : elles couvrent 120 millions d'hectares (1,2 million de kilomètres carrés) : plus que la superficie de la France, de l'Allemagne et de la Suisse mises ensemble.
| Le Dépositaire reçoit, examine et accepte les instruments d'adhésion de chaque pays qui devient membre du traité, conserve le texte officiel de la Convention dans les six langues officielles et fournit des interprétations juridiques du texte, le cas échéant. Le Dépositaire ne joue aucun rôle dans l'administration et/ou l'application du traité. |
L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) est le Dépositaire de la Convention, mais la Convention de Ramsar ne fait pas partie du système de conventions et d'accords sur l'environnement des Nations Unies et de l'UNESCO. C'est la Conférence des Parties contractantes (COP) qui a la responsabilité d'appliquer la Convention dont l'administration quotidienne est confiée au Secrétariat, placé sous l'autorité du Comité permanent élu par la COP. Le Secrétariat Ramsar partage des locaux avec l'UICN-Union mondiale pour la nature à Gland, en Suisse.
La mission de la Convention de Ramsar, définie par les Parties en 1999 et affinée en 2002, est la suivante: "La conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier."
1.2 La définition
des zones humides
Les zones humides sont des régions où l'eau est le principal facteur
déterminant l'environnement et la vie végétale et animale
associée. On les trouve là où la nappe phréatique
affleure ou est proche de la surface du sol, ou encore là où la
terre est recouverte par des eaux peu profondes.
La Convention de Ramsar adopte une optique large pour définir les zones
humides placées sous son égide. Selon le texte de la Convention
(Article 1.1), les zones humides sont des:
"étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d'eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse n'excède pas six mètres"
En outre, dans le but de s'assurer de la cohérence des sites, l'Article 2.1, détermine que les zones humides à inscrire sur la Liste de Ramsar des zones humides d'importance internationale peuvent:
"inclure des zones de rives ou de côtes adjacentes à la zone humide et des îles ou des étendues d'eau marine d'une profondeur supérieure à six mètres à marée basse, entourées par la zone humide".
On reconnaît, en général, cinq types principaux de zones humides:
Il y a, en outre, des zones
humides artificielles telles que des étangs d'aquaculture (à
poissons et à crevettes), des étangs agricoles, des terres agricoles
irriguées, des sites d'exploitation du sel, des zones de stockage de
l'eau, des gravières, des sites de traitement des eaux usées et
des canaux. La Convention de Ramsar a adopté une Classification des types
de zones humides qui comprend 42 types groupés en trois catégories:
zones humides marines et côtières, zones humides continentales
et zones humides artificielles.
Selon le texte de la Convention, les zones humides marines sont des zones humides
dont la profondeur ne dépasse pas six mètres à marée
basse (on pense que ce chiffre correspond à la profondeur maximale à
laquelle les canards marins peuvent plonger pour se nourrir), mais le traité
prévoit aussi que des eaux dont la profondeur dépasse six mètres,
ainsi que des îles, peuvent être incluses dans les limites de zones
humides protégées. Il convient aussi de noter que les lacs et
cours d'eau sont censés être couverts par la définition
Ramsar des zones humides, dans leur intégralité, quelle que soit
leur profondeur.
Les zones humides sont omniprésentes, de la toundra aux régions
tropicales. Nous ne savons cependant pas avec exactitude quelle superficie de
la Terre se compose actuellement de zones humides. Le Centre mondial de surveillance
continue de la conservation de la nature du PNUE (WCMC-PNUE) propose une estimation
d'environ 570 millions d'hectares (5,7 millions km2) - soit, en gros, 6% de
la superficie émergée de la planète - dont 2% sont des
lacs, 30% des tourbières, 26% des fagnes, 20% des marécages et
15% des plaines d'inondation. Mitsch et Gosselink, dans leur ouvrage de référence
Wetlands, 3e éd. (2000), proposent 4% à 6% de la superficie émergée
de la Terre. Les mangroves couvrent environ 240 000 km2 de zones côtières
et il resterait, dans le monde, 600 000 km2 de récifs coralliens. Toutefois,
une étude globale des ressources en zones humides soumise à la
COP7 de Ramsar en 1999, tout en affirmant: "il n'est pas possible de fournir
un chiffre acceptable de la superficie des zones humides à l'échelle
mondiale", donnait une estimation mondiale minimale de 748 à 778
millions d'hectares. Le même rapport indiquait qu'en tenant compte d'autres
sources d'information on peut porter ce "minimum" à un total
de 999 à 4462 millions d'hectares.
1.3 Pourquoi conserver les zones humides?
Les zones humides sont parmi les milieux les plus productifs du monde. Elles
sont le berceau de la diversité biologique et fournissent l'eau et la
productivité primaire dont un nombre incalculable d'espèces de
plantes et d'animaux dépendent pour leur survie. Elles entretiennent
de fortes concentrations d'oiseaux, de mammifères, de reptiles, d'amphibiens,
de poissons et d'invertébrés et sont aussi des greniers importants
de matériel génétique végétal. Le riz, par
exemple, qui est une plante commune des zones humides, est à la base
de l'alimentation de plus de la moitié de l'humanité.
Depuis quelques années, nous avons acquis une meilleure connaissance
des différents rôles des écosystèmes des zones humides
et de leurs valeurs pour l'humanité et nous les avons aussi beaucoup
mieux décrits. En conséquence, nous avons beaucoup dépensé
pour restaurer les fonctions hydrologiques et biologiques perdues ou dégradées
des zones humides. Mais cela ne suffit pas. Ce sont les pratiques qu'il faut
améliorer à très grande échelle car, aujourd'hui,
les dirigeants de ce monde s'efforcent de résoudre la crise de l'eau
de plus en plus aiguë et de faire face aux effets des changements climatiques.
Pendant ce temps, il est probable qu'il y aura 70 millions d'habitants de plus
chaque année, pendant les 20 prochaines années.
La consommation mondiale d'eau douce a été multipliée par six entre 1900 et 1995 - plus du double du taux de croissance démographique. Un tiers de la population mondiale vit aujourd'hui dans des pays qui connaissent déjà un stress de l'eau modéré à élevé et, d'ici 2025, deux humains sur trois pourraient vivre dans des conditions de stress hydrique.
Lorsque les effets des
changements climatiques se feront pleinement sentir sur nos écosystèmes,
la capacité des zones humides de s'adapter à l'évolution
des conditions ainsi qu'au rythme accéléré des changements
sera cruciale, partout, pour les sociétés humaines et pour les
espèces sauvages. Il n'est donc guère surprenant que l'attention
mondiale se porte sur les zones humides et sur les services qu'elles nous rendent.
Fréquemment, les décisions de développement s'appuient
sur de simples calculs des avantages et des inconvénients monétaires
des projets - l'importance des zones humides pour l'environnement et pour les
sociétés humaines a toujours été sous-évaluée
dans ces calculs pour la simple raison qu'il est difficile d'assigner une valeur
monétaire aux propriétés et avantages, aux biens et services
des écosystèmes des zones humides. Des économistes et des
scientifiques de plus en plus nombreux travaillent désormais dans le
domaine en expansion de l'évaluation des services des écosystèmes.
La tâche est difficile mais si l'on veut mettre à la disposition
des décideurs l'information correcte sur les valeurs monétaires
comparables d'une zone humide en bonne santé, les pertes économiques
occasionnées par la disparition ou la dégradation des zones humides,
il faut absolument progresser dans ce sens. Certaines études récentes
indiquent que les services fournis chaque année par les écosystèmes
valent au moins USD 33 000 milliards, dont environ USD 4900 milliards pour les
seules zones humides.
En outre, les zones humides sont importantes, et parfois vitales pour la santé,
le bien-être et la sécurité des populations qui vivent dans
leurs limites ou à proximité parce qu'elles sont parmi les milieux
les plus productifs du monde, sources de biens et services multiples et variés.
(a) Fonctions
Les interactions entre les éléments physiques, biologiques et
chimiques tels que les sols, l'eau, les plantes et les animaux, permettent à
une zone humide de remplir de nombreuses fonctions vitales, notamment:
(b) Valeurs
Les zones humides fournissent fréquemment des avantages économiques considérables, par exemple:
En outre, les zones humides
ont des caractéristiques particulières dues à leur place
dans le patrimoine culturel de l'humanité: elles sont étroitement
liées à des croyances religieuses et cosmologiques et rattachées
à des valeurs spirituelles, contiennent des vestiges archéologiques
qui sont de précieux témoins de notre lointain passé, sont
des sanctuaires pour les espèces sauvages et sont à la base d'importantes
traditions sociales, économiques et culturelles locales.
Ces fonctions, valeurs et caractéristiques particulières ne peuvent
se perpétuer que si les processus écologiques à l'uvre
dans les zones humides se déroulent normalement. Malheureusement, et
malgré les grands progrès accomplis depuis quelques dizaines d'années,
les zones humides restent parmi les écosystèmes les plus menacés
du monde, par le drainage, l'assèchement, la pollution et la surexploitation
de leurs ressources.
Les dossiers information de la Convention consacrés aux "Valeurs
et fonctions des zones humides" (en 11 fiches) et au " Patrimoine
culturel des zones humides " (en 10 fiches) peuvent être obtenus
auprès du Secrétariat Ramsar ou téléchargés
du site Web de Ramsar.
1.4 Pourquoi une convention intergouvernementale sur les zones humides?
La Convention de Ramsar sur les zones humides a été conçue
comme un moyen d'attirer l'attention internationale sur le rythme de la disparition
des habitats des zones humides, disparition due, en partie, à la méconnaissance
de leurs importantes fonctions et valeurs et des biens et services précieux
qu'elles fournissent. Les gouvernements qui adhèrent à la Convention
expriment ainsi leur volonté de contribuer activement à inverser
la tendance historique à la perte et à la dégradation des
zones humides.
De nombreuses zones humides sont des systèmes internationaux qui s'étendent
de part et d'autre des frontières de deux États, voire plus, ou
qui font partie de bassins hydrographiques drainant plus d'un État. La
santé de ces zones humides, entre autres, dépend de la quantité
et de la qualité des eaux transfrontières apportées par
les rivières, les cours d'eau, les lacs ou les aquifères souterrains.
Or, les pays situés de part et d'autre de ces frontières peuvent
voir leurs meilleures intentions déçues en l'absence de cadre
international pour le débat et la coopération dans l'intérêt
de tous.
Les incidences anthropiques - de la pollution agricole, industrielle ou domestique,
par exemple - sur les sources d'eau sont souvent le résultat d'activités
fort éloignées des zones humides, et souvent même des frontières
des États concernés. Les habitats des zones humides peuvent être
dégradés ou même détruits, ce qui met en péril
la santé et les moyens d'existence des populations locales.
Bien des espèces de la faune des zones humides, par exemple certains
poissons, de nombreux oiseaux d'eau, des insectes tels que les papillons et
les libellules et des mammifères tels que les loutres sont des espèces
migratrices dont la conservation et la gestion appellent une coopération
internationale.
Les zones humides sont une ressource de grande valeur économique, culturelle,
scientifique et récréative pour l'homme : en définitive,
l'homme et les zones humides sont interdépendants. Il est donc capital
de mettre fin au grignotage et à la disparition des zones humides et
de prendre des mesures pour conserver leurs ressources et en faire une utilisation
rationnelle. Pour y parvenir, à l'échelle planétaire, il
faut une action intergouvernementale concertée. La Convention de Ramsar
sur les zones humides fournit le cadre de cette action internationale mais aussi
de l'action nationale et locale.
1.5 Pourquoi adhérer à la Convention de Ramsar ?
Adhérer à la Convention de Ramsar:
À la lecture des Rapports nationaux soumis par les Parties contractantes, on s'aperçoit que la Convention a souvent joué un rôle crucial en permettant de mettre un terme à des activités de développement qui auraient affecté des zones humides ou en les prévenant. Voici quelques exemples:
De nombreuses Parties contractantes ont noté que leurs efforts de conservation avaient été fortement encouragés par l'inscription d'une zone humide au Registre de Montreux des sites Ramsar nécessitant une attention prioritaire (§4.1.5), par exemple:
1.6 Qui peut adhérer
à la Convention de Ramsar?
Selon l'Article 9.2 de la Convention sur les zones humides, "Tout membre
de l'Organisation des Nations Unies, de l'une de ses institutions spécialisées,
ou de l'Agence internationale de l'énergie atomique, ou toute Partie
au statut de la Cour internationale de Justice peut devenir Partie contractante
à cette Convention". Malheureusement, les organes supranationaux
tels que la Communauté européenne ne sont pas autorisés
à adhérer à la Convention. Ils peuvent cependant conclure
des accords de travail bilatéraux avec le Secrétariat de la Convention.
Aucun État n'est trop petit pour adhérer à condition qu'il
puisse inscrire une zone humide satisfaisant à l'un ou l'autre des Critères
d'identification des zones humides d'importance internationale (§4.1.1)
adoptés par la Conférence des Parties contractantes à la
Convention.
1.7 Quelles sont les obligations des Parties qui adhèrent à
la Convention de Ramsar?
Les zones humides sont importantes à plus d'un titre : elles assurent
la pérennité des processus écologiques fondamentaux, entretiennent
une faune et une flore très riches et procurent des avantages aux communautés
locales et à la société humaine en général.
Les objectifs généraux de la Convention consistent, en conséquence,
à garantir leur conservation et leur utilisation rationnelle. Les États
qui adhèrent à la Convention acceptent quatre obligations principales:
1.7.1 Sites inscrits (Article 2 de la Convention. Voir annexe 1)
La première obligation découlant de la Convention consiste, pour
une Partie, à inscrire, au moment de son adhésion, une zone humide
au moins sur la Liste des zones humides d'importance internationale ("Liste
de Ramsar") (Article 2.4) et à promouvoir sa conservation puis,
à continuer de " désigner les zones humides appropriées
de son territoire " pour inscription sur la Liste (Article 2.1). Le choix
du site à inscrire sur la Liste de Ramsar dépend de l'importance
de la zone humide du point de vue écologique, botanique, zoologique,
limnologique ou hydrologique. Les Parties contractantes ont adopté des
critères et des lignes directrices spécifiques pour identifier
les sites méritant d'être inscrits.
Selon l'Article 3.2 (§4.1.7), chaque Partie contractante "prend les
dispositions nécessaires pour être informée dès que
possible des modifications des caractéristiques écologiques des
zones humides situées sur son territoire et inscrites sur la Liste, qui
se sont produites, ou sont en train ou susceptibles de se produire, par suite
d'évolutions technologiques, de pollution ou d'une autre intervention
humaine. Les informations sur de telles modifications seront transmises sans
délai" au Secrétariat Ramsar.
1.7.2 Utilisation rationnelle (Article 3 de la Convention)
En vertu de la Convention, les Parties contractantes ont l'obligation générale
de tenir compte de la conservation des zones humides dans leurs plans d'aménagement
nationaux. Elles doivent formuler et appliquer ces plans de manière à
favoriser, dans la mesure du possible, "l'utilisation rationnelle des
zones humides de leur territoire" (Article 3.1).
La Conférence des Parties contractantes a approuvé des lignes
directrices et des orientations complémentaires sur les moyens de parvenir
à "l'utilisation rationnelle", interprétée comme
synonyme d'"utilisation durable" (§4.2). La COP a aussi adopté
des orientations précises sur l'élaboration de politiques nationales
pour les zones humides et sur les plans de gestion de sites particuliers.
1.7.3 Réserves et formation (Article 4 de la Convention)
Les Parties contractantes s'engagent aussi à établir des réserves
naturelles dans les zones humides que celles-ci soient ou non inscrites sur
la Liste de Ramsar et sont tenues de promouvoir la formation dans les domaines
de la recherche sur les zones humides, la gestion et la surveillance.
1.7.4 Coopération internationale (Article 5 de la Convention)
Les Parties contractantes conviennent de se consulter sur l'application de la
Convention, notamment dans le cas de zones humides transfrontières, de
systèmes hydrologiques et d'espèces partagées.
1.7.5 Respect des engagements
La Convention de Ramsar
n'est pas un régime régulateur et n'applique aucune sanction punitive
pour des violations ou le non-respect des engagements découlant du traité.
Cependant, c'est un traité solennel et, à ce titre, contraignant
en droit international. L'édifice tout entier repose sur la conviction
que la responsabilité est partagée d'une manière transparente
et équitable. Décevoir cette attente pourrait causer un malaise
politique et diplomatique dans les forums internationaux prestigieux et empêcher
toute Partie concernée de profiter pleinement d'un système d'équilibre
des pouvoirs par ailleurs solide et cohérent ainsi que de cadres d'appui
mutuel. Ne pas remplir les engagements du traité peut aussi entraver
la réussite d'autres entreprises, par exemple des efforts déployés
pour obtenir un financement international pour la conservation des zones humides.
Certaines juridictions nationales ont aujourd'hui inscrit des obligations internationales
découlant de Ramsar dans les lois et/ou politiques nationales, ce qui
a des effets directs au niveau de leurs tribunaux.
1.8 Nouvelle interprétation des obligations
Au fil des ans, la Conférence des Parties contractantes a interprété
et affiné les quatre obligations majeures inscrites dans le texte du
traité et rédigé des lignes directrices pour aider les
Parties à les appliquer. Ces lignes directrices sont publiées
dans la collection des Manuels Ramsar et sur le site Web de Ramsar.
Bien que les résolutions n'aient pas la même force juridique que
les engagements inscrits dans le texte de la Convention lui-même, les
Parties contractantes ont souhaité exprimer leur interprétation
de leurs responsabilités dans la Résolution 5.1 (1993) de la 5e
Session de la Conférence des Parties contractantes ("Cadre d'application
de la Convention de Ramsar"), à savoir:
(a) Conservation des zones humides
(b) Encourager la coopération internationale en matière de conservation des zones humides
(c) Encourager la communication relative à la conservation des zones humides
(d) Soutenir les travaux de la Convention
1.9 Établissement
de rapports
Une des grandes responsabilités des Parties contractantes, suggérée
dans le texte de la Convention puis confirmée dans les décisions
de la COP, concerne l'établissement de rapports sur l'application de
la Convention sur le territoire de chaque Partie. Les Parties contractantes
font rapport sur les progrès d'application de leurs engagements au titre
de la Convention en remettant des Rapports nationaux triennaux (§3.1) à
la Conférence des Parties contractantes. Les Rapports nationaux sont
préparés selon le modèle adopté par les Parties
et annexé au Plan stratégique de la Convention. Les Rapports nationaux
deviennent des documents publics. Par ailleurs, selon l'Article 3.2 du Traité
(§4.1.7), les Parties sont tenues de signaler au Secrétariat tout
changement ou menace pour les caractéristiques écologiques des
zones humides inscrites sur la Liste de Ramsar et de répondre aux questions
du Secrétariat lorsque de tels rapports émanent de tierces parties.
1.10 La Convention de Ramsar aujourd'hui
Aujourd'hui (avril 2004), la Convention a 138 Parties contractantes, ou États
membres, dans le monde entier. Plus de 1370 zones humides ont été
inscrites sur la Liste des zones humides d'importance internationale et couvrent
120 millions d'hectares (1,2 million de kilomètres carrés), plus
que la superficie de la France, de l'Allemagne et de la Suisse mises ensemble.
Les représentants des Parties contractantes se réunissent tous
les trois ans au moins en sessions de la "Conférence des Parties
contractantes" ou COP (§3.1) afin de discuter de l'application de
la Convention et de son évolution, de prendre connaissance de l'expérience
au niveau national, d'examiner l'état des sites inscrits sur la Liste
des zones humides d'importance internationale, d'adopter des orientations politiques
et techniques pour les Parties sur les questions relatives aux zones humides
de leur territoire, de promouvoir des activités en coopération,
de recevoir les rapports d'organisations internationales et d'adopter le budget
du Secrétariat de la Convention pour les trois années qui suivent.
La Convention est administrée par le Secrétariat (§3.3),
un organe indépendant qui partage des locaux avec l'UICN-Union mondiale
pour la nature, et qui est placé sous l'égide du Comité
permanent Ramsar. Son siège est à Gland, en Suisse.
1.11 Le Plan stratégique Ramsar 2003-2008 et les " trois piliers
" de la Convention
En 1996, la Conférence des Parties contractantes, réunie pour
sa 6e Session (COP6) à Brisbane, en Australie, a adopté un Plan
stratégique novateur pour la période de 1997 à 2002 qui
est devenu un modèle de planification pour d'autres conventions. Forte
du succès de ce plan, la COP8, à Valence, en Espagne, en 2002,
a conclu trois années de consultations et de rédaction en adoptant
le Plan Stratégique 2003-2008, non seulement pour prolonger l'impulsion
donnée par le premier plan mais aussi parce qu'il était devenu
nécessaire d'élargir encore l'approche de la conservation des
zones humides et du développement durable. Il fallait notamment tenir
compte de l'éradication de la pauvreté et de la sécurité
de l'eau et de l'alimentation, des approches intégrées de la gestion
de l'eau, des changements climatiques et de leurs effets prévus, de la
mondialisation accélérée du commerce et de l'abaissement
des barrières au commerce, du rôle accru du secteur privé
et de l'influence croissante des banques de développement et des organismes
internationaux d'aide au développement.
Dans le deuxième Plan stratégique, les Parties contractantes s'efforcent
de remplir leurs engagements envers la conservation et l'utilisation rationnelle
des zones humides par une action reposant sur " trois piliers " :
a) uvrer à l'utilisation rationnelle de leurs zones humides au moyen d'actions et de processus divers contribuant au bien-être de l'homme (y compris par l'allégement de la pauvreté et la sécurité de l'eau et de l'alimentation) par le biais de la gestion durable des zones humides, de la répartition de l'eau et des bassins hydrographiques, notamment par la mise en place de politiques et de plans nationaux pour les zones humides; l'examen et l'harmonisation des cadres législatifs et des instruments de financement touchant les zones humides; l'inventaire et l'évaluation; l'intégration des zones humides dans le processus du développement durable; la participation du public à la gestion des zones humides et le maintien des valeurs culturelles des communautés locales et des populations autochtones; la promotion de la communication, de l'éducation et de la sensibilisation du public; la participation accrue du secteur privé; et la mise en uvre harmonisée de la Convention de Ramsar et d'autres accords multilatéraux sur l'environnement;
b) accorder une attention particulière à l'identification, l'inscription et la gestion d'un ensemble cohérent et exhaustif de sites pour compléter la Liste des zones humides d'importance internationale (Liste de Ramsar) en tant que contribution à la mise en place d'un réseau écologique mondial; et veiller au suivi et à la gestion des sites inscrits sur la Liste;
c) coopérer à l'échelon international pour réaliser la conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides par la gestion des ressources d'eau et des zones humides transfrontières ainsi que des espèces partagées dépendant des zones humides, par la collaboration avec d'autres conventions et organisations internationales, l'échange d'informations et d'expertise et l'accroissement du flux des ressources financières et des technologies pertinentes à destination des pays en développement et des pays en transition économique.
À chacun des " trois piliers " correspond un Objectif général du Plan stratégique. Deux autres Objectifs généraux proposent les moyens d'entreprendre une mise en uvre réelle des objectifs liés aux trois piliers de la Convention. Les cinq Objectifs généraux servent de structure pour les 21 Objectifs opérationnels, relatifs aux domaines d'activités suivants:
1. Inventaire et évaluation
2. Politiques et législation, y compris étude d'impact et évaluation
3. Intégration de l'utilisation rationnelle des zones humides dans le développement durable
4. Restauration et remise en état
5. Espèces exotiques envahissantes
6. Communautés locales, populations autochtones et valeurs culturelles
7. Participation du secteur privé
8. Incitations
9. Communication, éducation et sensibilisation du public (CESP)
10. Inscription de sites Ramsar
11. Plans de gestion et surveillance des sites Ramsar
12. Gestion des ressources d'eau, des zones humides et des espèces des zones humides partagées
13. Collaboration avec d'autres institutions
14. Échange de l'expertise et de l'information
15. Financement de la conservation et de l'utilisation rationnelle des zones humides
16. Financement de la Convention
17. Mécanismes institutionnels de la Convention
18. Capacités institutionnelles des Parties contractantes
19. Organisations internationales partenaires et autres
20. Formation
21. Adhésion à la Convention
Le Plan stratégique
2003-2008 est disponible en français, anglais et espagnol sur le site
Web de Ramsar et peut être commandé en copie imprimée ou
CD-ROM au Secrétariat Ramsar.
1.12 Synergies avec d'autres conventions relatives à l'environnement
Il est désormais clair que la coopération et la coordination entre
les conventions et organisations internationales dont la mission est proche
et, parfois, coïncide, présentent des avantages considérables.
Le Secrétariat Ramsar a déployé et déploie encore
des efforts considérables pour améliorer la synergie avec d'autres
instruments juridiques du domaine de l'environnement. Dans certains cas, l'analyse
des progrès tangibles réalisés à cet égard
a démontré que toutes les parties à ces initiatives étaient
gagnantes. Le Secrétariat Ramsar a pris des mesures vigoureuses pour
encourager les "autorités administratives" de la Convention
(les correspondants nationaux, §3.4) à instaurer des liens de travail
étroits avec leurs homologues pour d'autres conventions, au niveau national.
(Les synergies avec d'autres organisations et institutions sont décrites
au §3.9.)
La Convention sur la diversité biologique (CDB)
En janvier 1996, le Secrétariat Ramsar et le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique ont signé un Protocole de coopération et en novembre 1996, la CDB, à sa 3e réunion, a invité Ramsar à coopérer "en qualité de chef de file" à la mise en uvre des activités de la CDB relatives aux zones humides. En conséquence, un Plan de travail conjoint pour 1998-1999 a été élaboré et appliqué par les deux conventions puis un deuxième Plan de travail conjoint a été appliqué avec succès en 2000-2001. Actuellement, un troisième Plan de travail conjoint pour la période 2002-2006, approuvé par la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique à sa 6e réunion, en avril 2002 et par la COP8 de Ramsar (Résolution VIII.5), en novembre 2002, offre un cadre à la coopération mutuelle entre les secrétariats. La COP de Ramsar et celle de la CDB ont aussi appelé à renforcer la communication et la coopération entre les organes subsidiaires scientifiques des deux conventions - l'Organe subsidiaire de la CDB chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (SBSTTA) et le Groupe d'évaluation scientifique et technique (GEST, §3.5) de Ramsar. Les membres de chaque organe participent régulièrement aux travaux et réunions de l'autre organe.
La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS)
Le Secrétariat Ramsar
et le Secrétariat de la CMS ont signé un Protocole d'accord en
février 1997. Ce dernier vise à établir la coopération
entre les deux secrétariats dans les domaines de promotion conjointe
des deux conventions: mesures pour la conservation à appliquer de concert;
collecte, stockage et analyse de données; et nouveaux accords sur les
espèces migratrices, notamment celles qui sont en danger critique d'extinction
et celles dont l'état de conservation est inquiétant. Cette relation
a déjà porté des fruits, surtout en ce qui concerne le
travail conjoint de Ramsar et de l'Accord sur les oiseaux migrateurs d'Afrique-Eurasie
(AEWA) de la CMS. Un Plan de travail tripartite entre les secrétariats
de la CMS, de l'AEWA et de la Convention de Ramsar a été signé
en avril 2004.
La Convention du patrimoine mondial de l'UNESCO
En mai 1999, le Secrétariat Ramsar et le Centre du patrimoine mondial ont signé un Mémorandum d'accord. Le Secrétariat Ramsar et le responsable chargé des biens naturels du patrimoine mondial entretiennent une relation de travail étroite dans le but :
En particulier, le patrimoine
mondial et Ramsar ont travaillé de manière extrêmement étroite
dans le cadre de missions expertes et consultatives menées conjointement,
en 2000 et 2001, sur les sites de l'Ichkeul en Tunisie, du Djoudj et du Diawling
au Sénégal et en Mauritanie ainsi que du lac Srebarna, en Bulgarie.
La Convention sur la lutte contre la désertification (CLD)
Les zones humides sont d'importance vitale partout mais dans les régions
arides, elles le sont peut-être plus que n'importe où ailleurs.
C'est la raison pour laquelle le Secrétariat Ramsar était représenté
à la première Conférence des Parties à la CLD (octobre
1997), où il a distribué aux délégués un
document d'information sur les "Zones humides des régions arides".
En décembre 1998, à l'occasion de la deuxième Conférence
des Parties à la CLD, à Dakar, le Secrétaire général
de la Convention de Ramsar et le Secrétaire exécutif de la CLD
ont signé un Protocole de coopération dans le but de renforcer
la communication entre les deux conventions, de coordonner les activités
et d'éviter le dédoublement de celles-ci. Cependant, la coopération
pratique entre les secrétariats ne se met en place que lentement.
La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC)
En préparation de la cinquième session de la CCNUCC, le Secrétariat
Ramsar a commandé à l'UICN un document technique intitulé
"Les zones humides et les changements climatiques: Explorer les avenues
de la collaboration entre la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran,
1971) et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques".
Le document a été traduit dans les six langues officielles de
l'ONU et distribué à l'Organe subsidiaire de conseil scientifique
et technologique (SBSTA) et aux délégués à la COP5.
Le SBSTA a demandé au secrétariat de la CCNUCC "d'assurer
la liaison avec le secrétariat de la Convention sur les zones humides
à propos des domaines spécifiques que le représentant de
ce secrétariat a mis en évidence dans son rapport oral, afin de
déterminer comment renforcer la coopération entre les deux conventions.
Le SBSTA a demandé au secrétariat de lui présenter un rapport
sur la question à sa douzième session." Le Secrétariat
Ramsar collabore avec le Secrétariat de la CCNUCC à la rédaction
d'un document officiel qui sera soumis au SBSTA, ainsi qu'à une prochaine
session de la Conférence des Parties à la CCNUCC. Dans la Résolution
VIII.3 (2002), la Conférence des Parties contractantes a demandé
au GEST d'approfondir, avec la CCNUCC et le Groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat (GIEC), les relations entre les zones humides
et les changements climatiques.
Les Conventions régionales et commissions de bassins hydrographiques
Le Secrétariat Ramsar a signé des protocoles de coopération
: en mai 2000 avec la Convention pour la protection et la mise en valeur
du milieu marin dans la région des Caraïbes (Convention de Cartagena)
et en février 2001 avec l'Unité de coordination du Plan d'action
pour la Méditerranée (PAM) de la Convention sur la protection
du milieu marin et du littoral de la Méditerranée (Convention
de Barcelone). Le Programme régional océanien de l'environnement
(PROE) est partenaire de la Convention de Ramsar dans le cadre d'un plan
de travail conjoint qui couvre la période 2002-2003 et la Commission
internationale pour la protection du Danube coopère dans le cadre
d'un accord signé en novembre 2000. En outre, la Convention de Ramsar
et le Programme "Eaux vivantes" du WWF participent étroitement
aux travaux de la Commission du bassin du lac Tchad et de l'Autorité
du bassin du Niger avec lesquelles la Convention a signé un mémorandum
de coopération en novembre 2002.
Coordination entre conventions
Le Secrétariat Ramsar participe aux réunions de coordination des
conventions organisées par le Programme des Nations Unies pour l'environnement
(PNUE) et se félicite de la tendance de ces réunions à
se concentrer moins sur des questions purement administratives que sur des questions
de coordination réelle. Le Secrétariat Ramsar donne du temps de
son personnel et des ressources financières pour les groupes de travail
conjoints et les études qui visent à harmoniser les besoins des
conventions relatives à la biodiversité, par exemple l'étude
menée par le Centre mondial de surveillance continue de la conservation
de la nature du PNUE (WCMC-PNUE) sur la possibilité d'harmoniser les
obligations d'établissement de rapports au titre des différents
instruments et a participé au groupe de gestion de l'environnement du
PNUE.
Par décision de décembre 2002, la COP8 de la CCNUCC a invité
la Convention de Ramsar à participer aux travaux du Groupe de liaison
conjoint de la CCNUCC, de la CDB et de la CLD. En outre, les cinq conventions
relatives à la biodiversité - CDB, CITES, CMS, Ramsar et Convention
du patrimoine mondial - ont, depuis mars 1999, un site Web commun hébergé
par le Secrétariat de la CDB.
2. Bref
historique de la Convention de Ramsar
2.1 Le contexte
Le premier appel à rédiger une convention internationale sur les
zones humides date de 1962 et fut lancé à l'occasion d'une conférence
liée au projet MAR (pour "MARécages", "MARshes",
"MARismas"), né en 1960 de l'inquiétude suscitée
par l'assèchement rapide - en d'autres termes la destruction - de vastes
étendues de marécages et de zones humides en Europe et par le
déclin numérique des oiseaux d'eau qui en résultait.
La Conférence MAR avait été organisée par M. Luc
Hoffmann, avec la participation de l'Union internationale pour la conservation
de la nature et de ses ressources (aujourd'hui UICN-Union mondiale pour la nature),
du Bureau international de recherches sur les oiseaux d'eau et les zones humides,
BIROE (aujourd'hui Wetlands International) et du Conseil international pour
la protection des oiseaux, CIPO (aujourd'hui BirdLife International) aux Saintes-Maries-de-la-Mer
en Camargue, France, du 12 au 16 novembre 1962.
Durant les huit années qui suivirent, un texte fut élaboré
au cours de plusieurs réunions techniques internationales (St. Andrews,
1963; Noordwijk, 1966; Leningrad, 1968; Morges, 1968; Vienne, 1969; Moscou,
1969; Espoo, 1970), organisées essentiellement sous les auspices du BIROE,
et avec les conseils du professeur G.V.T. Matthews et sous l'impulsion du gouvernement
des Pays-Bas. À l'origine, le projet de convention concernait spécifiquement
la conservation des oiseaux d'eau par la création d'un réseau
de refuges mais au fil de son évolution, et grâce en particulier
aux avis experts de M. Cyrille de Klemm, Conseiller juridique, la conservation
des habitats des zones humides (plutôt que celle des espèces) prit
une place prépondérante.
Enfin, c'est dans la station balnéaire de Ramsar, sur les rives de la
mer Caspienne, en Iran, que le texte de la Convention fut adopté, lors
d'une réunion internationale organisée par M. Eskander Firouz,
Directeur du Département iranien de la chasse et de la pêche, le
2 février 1971. Le lendemain, il fut signé par les délégués
de 18 pays.
La Convention est entrée en vigueur en décembre 1975, après
réception par l'UNESCO, dépositaire de la Convention, du septième
instrument d'adhésion ou de ratification, déposé par la
Grèce. La Convention a célébré son 30e anniversaire
en 2001 et compte aujourd'hui des Parties contractantes dans le monde entier.
Depuis son adoption, la Convention de Ramsar a été modifiée
en deux occasions: par un protocole (un nouveau traité qui modifie le
texte original) en décembre 1982; et par une série d'amendements
au texte original qui portent le nom d'"Amendements de Regina", en
1987.
2.2 Le Protocole de Paris et les Amendements de Regina
Le Protocole de Paris a été adopté lors d'une Session
extraordinaire de la Conférence des Parties contractantes, organisée
au siège de l'UNESCO à Paris, en décembre 1982. Le Protocole,
entré en vigueur en 1986, établit une procédure d'amendement
de la Convention (Article 10 bis) et adopte les versions officielles du traité
en allemand, en anglais, en arabe, en espagnol, en français et en russe.
Presque toutes les Parties contractantes ont désormais adopté
le Protocole de Paris et, normalement, les nouvelles Parties contractantes adhèrent
à la Convention de Ramsar amendée par le Protocole de Paris et
les Amendements de Regina (voir annexe 1).
Les Amendements de Regina sont des amendements aux Articles 6 et 7 qui
ont été acceptés lors d'une Session extraordinaire de la
Conférence des Parties contractantes (§3.1) qui a eu lieu à
Regina, au Canada, en 1987. Ces amendements ne modifient pas les principes fondamentaux
de la Convention mais concernent son fonctionnement - en bref, ils définissent
les pouvoirs de la Conférence des Parties, instaurent un Comité
permanent intersessions et établissent un bureau permanent ou secrétariat
et un budget de la Convention. Les amendements sont entrés en vigueur
le 1er mai 1994 mais les Parties, dans l'esprit de la Résolution 3.4
de la 3e Session, en 1987, ont appliqué volontairement les dispositions
des amendements durant la période intérimaire.
2.3 Chronologie Ramsar - dates charnières
2 février 1971
Adoption de la Convention relative aux zones humides d'importance internationale,
particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau par les délégués
de 18 pays réunis dans la ville iranienne de Ramsar, et signature du
traité le lendemain.
Janvier 1974
L'Australie est le premier pays à déposer son instrument d'adhésion
à la Convention.
Décembre 1974
Une Conférence internationale sur la conservation des zones humides et
des oiseaux d'eau, réunie à Heiligenhafen, en Allemagne, adopte
les premiers "Critères à utiliser pour identifier les zones
humides d'importance internationale" sous forme de recommandation; cette
conférence aurait dû être la première Session de la
Conférence des Parties contractantes mais la Convention n'avait pas été
ratifiée par suffisamment de pays et n'était donc pas entrée
en vigueur à l'époque.
Décembre 1975
La Convention de Ramsar entre en vigueur quatre mois après que le septième
pays, la Grèce, eût déposé son instrument d'adhésion.
(Les six premiers étaient, l'Australie, la Finlande, la Norvège,
la Suède, l'Afrique du Sud et l'Iran.)
Août 1979
Les Parties contractantes sont invitées à préparer leur
premier Rapport national sur l'application de la Convention sur leur territoire
pour le présenter à la Première Session de la Conférence
des Parties contractantes.
Novembre 1980
La Première Session de la Conférence des Parties contractantes,
à Cagliari, en Italie:
Décembre 1982
Une Session extraordinaire de la Conférence des Parties contractantes,
au siège de l'UNESCO, à Paris, adopte un protocole modifiant le
texte original de la Convention de Ramsar.
Mai 1984
La Deuxième Session de la Conférence des Parties contractantes
à Groningue, Pays-Bas:
Octobre 1986
Le Protocole de Paris entre en vigueur (après adoption par les deux tiers
des pays qui étaient Parties contractantes en 1982).
Mai-juin 1987
Une session extraordinaire de la Conférence des Parties contractantes
adopte les Amendements de Regina aux Articles 6 et 7 de la Convention.
La Troisième Session (ordinaire) de la Conférence des Parties
contractantes à Regina, Canada:
Janvier 1988
Le Secrétariat Ramsar (appelé "Bureau") est officiellement
établi en tant que secrétariat permanent de la Convention et M.
Dan Navid (États-Unis) devient son premier Secrétaire général.
Le Comité permanent Ramsar, à sa quatrième réunion,
au Costa Rica, établit la Mission consultative Ramsar (qui porte alors
le nom de "Procédure de surveillance continue" et deviendra
ensuite la "Procédure d'orientation sur la gestion").
1989
Adoption du premier emblème Ramsar (un oiseau bleu d'une espèce
indéterminée qui s'élève dans le ciel, avec dans
son sillage des traînées de bleu pastel et de vert).
Janvier 1989
Avec l'adhésion du Viet Nam, les Parties contractantes sont désormais
au nombre de 50.
Août 1989
Ramsar publie son premier ouvrage, A Legal Analysis of the Adoption and Implementation
of the Convention in Denmark, par Veit Koester (dans la collection Environmental
Policy and Law Papers de l'UICN).
Juillet 1990
La Quatrième Session de la Conférence des Parties contractantes
à Montreux, Suisse:
Décembre 1991
La première réunion régionale Ramsar (Asie) a lieu à
Karachi, Pakistan.
Juin 1993
La cinquième Session de la Conférence des Parties contractantes
à Kushiro, Japon:
Juin 1993
Publication de The Ramsar Convention on Wetlands: Its History and Development,
par G.V.T. Matthews.
Octobre 1993
Publication de Towards the Wise Use of Wetlands, rapport du Projet sur
l'utilisation rationnelle.
Décembre 1993
La Lituanie devient la 80e Partie contractante à la Convention.
Janvier 1994
La première réunion du Groupe d'évaluation scientifique
et technique (GEST) a lieu parallèlement à l'Assemblée
générale de l'UICN à Buenos Aires, en Argentine.
Mai 1994
Les Amendements de Regina aux Articles 6 et 7 de la Convention entrent en vigueur.
Décembre 1994
M. James McCuaig, détaché par Environnement Canada, occupe pendant
six mois le poste de Secrétaire général par intérim,
en remplacement de M. Dan Navid.
Août 1995
M. Delmar Blasco (Argentine) devient le deuxième Secrétaire général
de la Convention.
Janvier 1996
Les secrétariats de la Convention de Ramsar et de la Convention sur la
diversité biologique signent un Mémorandum de coopération,
premier de nombreux documents de ce type signés entre Ramsar et d'autres
AME. Les années suivantes, des plans de travail conjoints seront élaborés
afin de renforcer les synergies entre les deux conventions.
Février 1996
Le site Web de la Convention de Ramsar est inauguré.
Mars 1996
La 6e Session de la Conférence des Parties contractantes à Brisbane,
Australie:
Octobre 1996
Le Comité permanent fait officiellement du 2 février la Journée
mondiale des zones humides.
Le Comité pour les zones humides méditerranéennes (MedWet/Com)
est établi à l'occasion du premier accord régional signé
au titre de la Convention.
Février 1997
Les Bahamas et la Géorgie adhèrent à la Convention le 7
février et deviennent ainsi les 99e et 100e Parties contractantes.
2 février 1997
La première Journée mondiale des zones humides est célébrée
dans environ 50 pays et devient un événement annuel.
Mai 1997
Le Forum Ramsar, un groupe de discussion public par courriel pour les questions
relatives à Ramsar est établi par le Secrétariat.
Le Programme de stagiaires du Secrétariat Ramsar est inauguré
avec l'arrivée du premier groupe de quatre assistants pour les coordonnateurs
régionaux.
Ramsar publie Évaluation économique des zones humides,
en français, anglais et espagnol.
Octobre 1997
La première étape de trois ans de l'initiative Wetlands for the
Future est lancée par un accord signé entre le Secrétariat
Ramsar, le Département d'état des États-Unis d'Amérique
et le Fish and Wildlife Service des États-Unis d'Amérique; l'initiative
a par la suite été renouvelée.
Décembre 1997
Wetlands, Biodiversity and the Ramsar Convention: the role of the Convention
on Wetlands in the conservation and wise use of wetlands, par A.J. Hails,
est publié par le Secrétariat Ramsar.
Janvier 1998
Le Projet d'Évian, pour contribuer aux activités de communication
et de formation de la Convention, voit le jour par un accord signé entre
le Secrétariat Ramsar, le Groupe Danone (entité du secteur privé),
le FEM-France et le gouvernement de la France.
Octobre 1998
Le Comité permanent adopte le nouvel emblème Ramsar (le mot Ramsar
sur fond bleu-vert avec deux lignes blanches évoquant des vagues).
Mai 1999
La 7e Session de la Conférence des Parties contractantes à San
José, Costa Rica:
Juillet 1999
Le Honduras inscrit le Sistema de Humedales de la Zona Sur de Honduras, 1000e
site Ramsar.
Septembre 1999
La Society of Wetland Scientists inaugure un programme annuel de subventions,
le Cadre d'appui à Ramsar.
Mai 2000
La "Boîte à outils" Ramsar (les Manuels Ramsar pour l'utilisation
rationnelle des zones humides) est publiée en neuf volumes, dans un coffret.
La version en CD-ROM est publiée par l'Université des Nations
Unies, en septembre 2002.
Février 2001
Inauguration d'un site Web conjoint entre Ramsar et le Programme de l'UNESCO
sur l'homme et la biosphère. Un programme de travail conjoint est conclu
entre les deux secrétariats en mars 2002.
Novembre 2001
L'Unité de coordination MedWet est ouverte à Athènes, en
Grèce, en tant que branche hors siège du Secrétariat Ramsar
composée de cinq membres, placée sous la direction du nouveau
Coordonnateur MedWet, Spyros Kouvelis et financée par le gouvernement
de la Grèce.
Juin 2002
La superficie mondiale des zones humides d'importance internationale dépasse
100 millions d'hectares avec l'inscription, par le Pérou, d'Abanica del
río Pastazo.
Novembre 2002
La 8e Session de la Conférence des Parties contractantes à Valence,
en Espagne:
Août 2003
Monsieur Peter Bridgewater (Australie) succède à M. Delmar Blasco
et devient le troisième Secrétaire général de la
Convention.
2.4 Autres lectures
Deux publications Ramsar (§4.5.7) relatent en détail l'histoire
et l'évolution juridique de la Convention jusqu'en 1993:
The Ramsar Convention on Wetlands: Its History and Development, par G.V.T.
Matthews, 1993; et
L'évolution juridique de la Convention relative aux zones humides
d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux
d'eau (2 février 1971), par C. de Klemm et I. Créteaux, 1993.
Autres références :
Clare Shine et Cyrille de Klemm, Wetlands, Water and the Law: using the law
to advance wetland conservation and wise use. Gland: UICN et Bonn: Centre
UICN du droit de l'environnement, 1999.
Michael Bowman, "The Ramsar Convention on Wetlands: Has it Made a Difference?",
in Yearbook of International Co-operation on Environment and Development
2002/2003 (Londres: Earthscan), 61.8. [réimpression http://ramsar.org/key_law_bowman2.htm]
3.
Comment fonctionne la Convention de Ramsar?
L'application de la Convention de Ramsar est le fruit d'un partenariat entre
les Parties contractantes, le Comité permanent et le Secrétariat
de la Convention qui bénéficient des avis d'un organe subsidiaire
spécialisé, le Groupe d'évaluation scientifique et technique
(GEST) et de l'appui d'Organisations internationales partenaires (OIP). Tous
les trois ans, les délégués des Parties contractantes se
réunissent en Conférence des Parties contractantes, organe suprême
de la Convention qui adopte des décisions (résolutions et recommandations)
en vue d'administrer les travaux de la Convention et d'améliorer la manière
dont les Parties appliquent ses objectifs.
Le "Cadre d'application de la Convention de Ramsar", adopté
pour la première fois par la Conférence des Parties en 1984 (Recommandation
2.3), établit à la fois les obligations à long terme et
les priorités des Parties contractantes - les sessions suivantes ont
mis à jour le cadre, à la lumière des décisions
de la COP et, dans ce contexte, des objectifs prioritaires ont été
fixés pour les Parties, le Comité permanent et le Secrétariat,
pour chaque période triennale. Depuis 1996, c'est le Plan stratégique
et le Plan de travail associé qui établissent, dans le contexte
des objectifs prioritaires, les actions que l'on attend ou que l'on demande
aux Parties, au Comité permanent, au Secrétariat, au GEST, aux
OIP et à d'autres collaborateurs. Actuellement, la Convention agit dans
le cadre de son deuxième Plan stratégique adopté pour la
période de 2003 à 2008.
3.1 La Conférence des Parties contractantes
La Conférence des Parties contractantes (COP) est l'organe directeur
de la Convention. Les délégués de chacune des Parties contractantes
se réunissent tous les trois ans pour recevoir et examiner les rapports
nationaux sur la période triennale précédente, approuver
le programme de travail et les dispositions budgétaires pour les trois
années suivantes et examiner les orientations adressées aux Parties
sur toute une gamme de questions environnementales, actuelles et émergentes.
(Les Articles 6 et 7 de la Convention décrivent les fonctions de la Conférence
des Parties (voir annexe 1).
Les représentants de pays qui ne sont pas membres, d'institutions intergouvernementales
et d'organisations nationales et internationales non gouvernementales (ONG)
peuvent participer à ces sessions en tant qu'observateurs sans droit
de vote. La procédure de vote applicable aux Parties est décrite
dans le traité et dans le "Règlement intérieur".
En vérité, il n'y a pas encore eu de vote sur les décisions
de fond et toutes les décisions ont finalement toujours été
prises par consensus.
Le programme de chaque session de la COP comprend un ensemble de séances
techniques qui analysent les questions actuelles et émergentes importantes
dans le domaine de la conservation et de l'utilisation rationnelle des zones
humides, y compris toute nouvelle interprétation ou évolution
des concepts fondamentaux de la Convention et des orientations adressées
aux Parties sur des domaines d'application stratégiques. Les séances
techniques soumettent des rapports à la séance plénière,
ce qui conduit, normalement à l'adoption de résolutions et de
recommandations. Les sessions de la COP de Ramsar se sont taillé une
réputation de grande efficacité, et permettent une participation
active de la communauté non gouvernementale et scientifique.
Après chaque session de la Conférence des Parties contractantes,
le Secrétariat de la Convention publie les procès-verbaux, depuis
peu sur CD-ROM. Habituellement, les procès-verbaux contiennent:
Les procès-verbaux
de toutes les sessions de la Conférence des Parties sont également
publiés sur le site Web de Ramsar avec, pour les sessions les plus récentes,
des documents supplémentaires et des photographies.
Les Rapports nationaux et "l'Instrument de planification nationale"
La Recommandation 2.1 (1984) de la Conférence des Parties contractantes
prie les Parties de soumettre des Rapports nationaux détaillés
au Secrétariat, six mois au moins avant chaque session ordinaire de la
Conférence et nul n'a encore dérogé à cette tradition.
Parmi toutes les conventions relatives à l'environnement, la Convention
de Ramsar peut se targuer, de loin, du plus haut pourcentage de Rapports nationaux
reçus - sur les 113 Parties qu'il y avait au moment de la COP7 en 1999,
107 avaient communiqué leur Rapport et trois nouvelles Parties en étaient
exemptées; sur les 133 Parties qu'il y avait au moment de la COP8 en
2002, 119 avaient communiqué leur Rapport et 8 Parties ayant récemment
adhéré en étaient exemptées.
Les Rapports nationaux sont présentés dans l'une des trois langues
officielles et deviennent des documents publics. Ils sont étudiés
et résumés par le Secrétariat Ramsar sous forme de synthèses
régionales qui sont ensuite présentées à la COP
parmi les documents de travail officiels. Les textes des Rapports nationaux
eux-mêmes sont publiés sur le site Web de Ramsar et le contenu
est analysé dans la Base de données du Secrétariat qui
permet la production de rapports statistiques sur l'application de la Convention
en fonction de très nombreuses variables.
Les Rapports nationaux constituent:
Les Rapports nationaux sur l'application de la Convention sont structurés sur le modèle du Plan stratégique en vigueur et donnent des informations sur les progrès accomplis par chaque Partie en ce qui concerne d'une part, les Objectifs opérationnels et d'autre part, les actions qui leur sont demandées dans ce Plan. À chaque période triennale, le Comité permanent adopte un "instrument de planification nationale/modèle de Rapport national" qui est distribué aux Parties longtemps avant la session suivante de la COP - le but est non seulement de faciliter l'établissement d'un rapport sur les réalisations passées mais surtout d'aider les Parties à structurer leurs activités dans le cadre du Plan stratégique. Lorsque l'Instrument de planification nationale est utilisé comme le prévoit la COP, l'établissement des Rapports nationaux de chaque période triennale est beaucoup moins lourd pour les Parties car il ne nécessite qu'un "instantané" du travail en cours.
Sessions ordinaires de la Conférence des Parties contractantes
1. Cagliari, Italie, 1980
2. Groningue, Pays-Bas, 1984
3. Regina, Canada, 1987
4. Montreux, Suisse, 1990
5. Kushiro, Japon, 1993
6. Brisbane, Australie, 1996
7. San José, Costa Rica, 1999
8. Valence, Espagne, 2002
9. Kampala, Ouganda (prévue pour 2005)Réunions extraordinaires de la Conférence des Parties contractantes
1. Paris, France, 1982
2. Regina, Canada, 1987
3.2 Le Comité
permanent
Le Comité permanent de la Convention de Ramsar est un organe exécutif
intersessions qui représente la COP dans la période triennale
qui sépare deux sessions, dans le cadre des décisions prises par
la COP. Les Parties contractantes qui sont membres du Comité permanent
sont élues à chaque session de la COP pour un mandat de trois
ans, jusqu'à la COP suivante. Le Comité permanent a été
créé par la Résolution 3.3 de la Conférence des
Parties contractantes, en 1987. Ses tâches ont, à l'origine, été
énoncées dans le "Cadre d'application de la Convention de
Ramsar" (Résolution 5.1, 1993), mais elles sont actuellement définies
par la Résolution VII.1 (1999):
"Les Parties contractantes qui ont accepté d'être élues
en qualité de représentants régionaux au Comité
permanent ont les tâches suivantes:
Le Comité permanent
se réunit habituellement une fois par an, traditionnellement dans les
locaux du Secrétariat en Suisse - en outre, il se réunit juste
avant chaque session de la Conférence des Parties contractantes, moment
où il se transforme en Comité de la Conférence pour la
durée de la COP; il se réunit ensuite le dernier jour de la COP
lorsque les membres élus choisissent leur président et leur vice-président
et fixent la date de leur première réunion plénière.
Il y a, actuellement, 14 membres régionaux et deux membres de droit du
Comité permanent, choisis à la proportionnelle dans les régions
Ramsar:
a) un représentant pour les groupes régionaux comprenant 1 à 12 Parties contractantes,
b) deux représentants pour les groupes régionaux composés de 13 à 24 Parties contractantes,
c) trois représentants pour les groupes régionaux composés de 25 à 36 Parties contractantes,
d) quatre représentants pour les groupes régionaux composés de 37 à 48 Parties contractantes,
e) cinq représentants pour les groupes régionaux composés de 49 à 60 Parties contractantes.
Outre les représentants
régionaux, les pays hôtes de la session la plus récente
et de la session prochaine de la COP sont membres à part entière
et les pays hôtes du Secrétariat Ramsar et de Wetlands International,
ainsi que les quatre Organisations internationales partenaires siègent
en tant qu'observateurs permanents. Toutes les autres Parties contractantes
sont toujours invitées à participer aux réunions du Comité
permanent et aux groupes de travail en qualité d'observateurs; d'autres
pays et organisations non gouvernementales peuvent aussi participer en qualité
d'observateurs s'il n'y a pas d'objection.
La composition du Comité permanent pour 2003-2005 est la suivante:
Afrique: Botswana, Ghana, Maroc
Amérique du Nord: Canada
Asie: Indonésie, Japon, République islamique d'Iran
Europe: Arménie, Autriche, Roumanie, Slovénie
Océanie: Papouasie-Nouvelle-Guinée
Région néotropicale: Argentine, Nicaragua. (Les Bahamas se joindront à ce groupe dès que la Convention entrera en vigueur pour la 25e Partie de cette région.)
Hôte de la COP8: Espagne
Hôte de la COP9: Ouganda
Observateurs permanents: Pays-Bas, Suisse, BirdLife International, Fonds mondial pour la nature, UICN-Union mondiale pour la nature, Wetlands International.
La Présidente et
le Vice-président du Comité permanent pour 2003-2005 sont Mme
Gordana Beltram (Slovénie) et M. Javad Amin Mansour (République
islamique d'Iran).
Le budget administratif de la Convention comprend des dispositions pour aider
les représentants régionaux de pays en développement et
de pays en transition économique à assister aux réunions
du Comité permanent.
3.3 Le Secrétariat
Le Secrétariat de la Convention de Ramsar est chargé de
coordonner les activités quotidiennes de la Convention. Il est situé
dans les locaux du siège de l'UICN-Union mondiale pour la nature, à
Gland, Suisse et le personnel du Secrétariat est considéré,
juridiquement, comme employé de l'UICN.
Le Secrétariat est dirigé par un Secrétaire général
qui est responsable devant le Comité permanent et supervise le travail
d'un petit groupe d'employés (actuellement 15) politiques/techniques,
de communication et administratifs, de quatre stagiaires et des cinq membres
de l'Unité de coordination MedWet basée à Athènes,
en Grèce. Le personnel politique et technique du Secrétariat comprend
le Secrétaire général et le Secrétaire général
adjoint, et quatre Conseillers principaux régionaux chargés d'aider
les Parties (Afrique, Asie-Pacifique, Europe et Amériques); les stagiaires
sont des conseillers assistants pour les régions, membres de "services
consultatifs régionaux" formés de deux personnes. L'équipe
de communication est chargée de promouvoir la Convention et les activités
du personnel et des partenaires du Secrétariat au moyen de commun