La
Convention sur les zones humides
Cadre stratégique et lignes directrices pour orienter lévolution de la Liste . . .
"Lhomme
et les zones humides: un lien vital"
7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la
Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971)
San José, Costa Rica, 10 au 18 mai 1999
Cadre stratégique et lignes directrices pour orienter lévolution de la Liste des zones humides dimportance internationale de la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971)
(Annexe à la Résolution VII.11)
Sommaire
III. Les zones humides dimportance internationale et le principe Ramsar dutilisation rationnelle
Groupe A: Sites contenant des types de zones humides représentatifs, rares ou uniques
Critère 1: Critère relatif à des types de zones humides représentatifs, rares ou uniques
Groupe B Sites importants pour la conservation de la diversité biologique mondiale
Critères 2, 3, 4: Critères tenant compte despèces ou de communautés écologiques
Critères 5, 6: Critères spécifiques tenant compte des oiseaux deau
Critères 7, 8: Critères spécifiques tenant compte des poissons
Annexe B: Lexique des termes utilisés dans le Cadre stratégique
Annexe C: Fiche descriptive Ramsar pour linscription de sites (version 2002)
[Les Lignes directrices pour lidentification et linscription de systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains sur la Liste de Ramsar des zones humides dimportance internationale (annexe à la Résolution VII.13) ont été également intégrées au Cadre stratégique, conformément aux instructions de la Résolution VII.13.]
Rappel
1. Au moment de signer la Convention ou de déposer leurs instruments de ratification ou dadhésion à la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971), les États souverains ont lobligation, daprès lArticle 2.4, de désigner au moins une zone humide dimportance internationale. Par la suite, comme le prescrit lArticle 2.1, chaque «Partie contractante devra désigner les zones humides appropriées de son territoire à inclure dans la Liste des zones humides dimportance internationale».
2. Linterprétation du mot clé «appropriées» utilisé au sens de lArticle 2.1 mentionné ci-dessus est facilitée, dans une certaine mesure, par lArticle 2.2: «le choix des zones humides à inscrire sur la Liste devrait être fondé sur leur importance internationale au point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique. Devraient être inscrites, en premier lieu, les zones humides ayant une importance internationale pour les oiseaux en quelque saison que ce soit.»
3. Tout au long de son évolution, la Convention sur les zones humides a affiné les Critères dinscription des zones humides dimportance internationale (sites Ramsar) qui ont été constamment révisés. Elle les a régulièrement complétés par des Lignes directrices mises à jour pour aider les Parties contractantes à interpréter et appliquer les Critères et refléter ainsi les progrès de la science de la conservation.
4. La direction stratégique donnée à lévolution de la Liste des zones humides dimportance internationale a jusquici été plutôt limitée. Tout au plus, la 6e Session de la Conférence des Parties contractantes (COP) a demandé aux Parties, dans le Plan stratégique de la Convention 1997-2002 daccroître «la superficie globale des zones humides inscrites sur la Liste des zones humides d'importance internationale, et accroître en particulier la superficie totale des sites appartenant à un type sous-représenté, que ce soit au niveau mondial ou national» (Objectif opérationnel 6.2).
But
5. Au moment où se réunit la COP7, et où le nombre de sites inscrits approche de 1000, la Convention sur les zones humides adopte le présent Cadre stratégique et lignes directrices pour orienter lévolution de la Liste des zones humides d'importance internationale (Liste de Ramsar). Le but est dapporter une optique plus claire ou «vision» des objectifs ou résultats à long terme que recherche la Convention par lintermédiaire de la Liste de Ramsar. Des orientations sont également données pour aider les Parties contractantes à adopter une méthode systématique didentification de leurs priorités pour désigner des sites, en vue de créer des réseaux nationaux complets de sites Ramsar qui, considérés dans une optique mondiale, rempliront la vision voulue pour la Liste de Ramsar (voir Section II).
II. Vision, objectifs et but à court terme pour la Liste des zones humides d'importance internationale (Liste de Ramsar)
Vision pour la Liste de Ramsar
6. La Convention sur les zones humides adopte la vision suivante pour la Liste des zones humides d'importance internationale.
Élaborer et maintenir un réseau international de zones humides importantes, en raison des fonctions écologiques et hydrologiques quelles remplissent, pour la conservation de la diversité biologique mondiale et la pérennité de la vie humaine.
7. Un tel réseau international de zones humides sera construit à partir des réseaux cohérents et complets des zones humides dimportance internationale, établis sur le territoire de chaque Partie contractante à la Convention.
Objectifs
8. Pour que se concrétise la vision de la Liste de Ramsar décrite ci-dessus, les Parties contractantes, les Organisations internationales partenaires de la Convention, les acteurs locaux et le Bureau Ramsar travailleront de façon concertée à la réalisation des quatre objectifs suivants (pas nécessairement par ordre de priorité).
Objectif 1. Établir, sur le territoire de chaque Partie contractante, des réseaux nationaux de sites Ramsar totalement représentatifs de la diversité des zones humides et de leurs fonctions écologiques et hydrologiques essentielles.
9. 1.1) Inscrire sur la Liste de Ramsar au moins un exemple représentatif (cest-à-dire dimportance internationale) de chaque type de zone humide naturelle ou quasi naturelle (voir les types de zones humides à lAnnexe A) présent dans chaque région biogéographique (voir définition de région biogéographique à lAnnexe B). Ces régions biogéographiques sont définies au niveau mondial, supranational/régional ou national, et cette définition est appliquée par chaque Partie contractante sous la forme qui lui convient.
10. 1.2) Donner la priorité, dans le choix de sites en fonction du type de zone humide, aux zones humides qui jouent un rôle écologique ou hydrologique important dans le fonctionnement naturel dun grand bassin hydrographique, système lacustre ou écosystème côtier.
Objectif 2. Contribuer au maintien de la diversité biologique mondiale par linscription et la gestion de zones humides appropriées.
11. 2.1) Examiner lévolution de la Liste de Ramsar et affiner encore, au besoin, les Critères didentification et de choix des sites Ramsar pour mieux promouvoir la conservation de la diversité biologique et lutilisation rationnelle des zones humides aux niveaux local, sous-national, national, supranational/régional et international.
12. 2.2) Inscrire sur la Liste de Ramsar des zones humides qui contiennent des communautés écologiques menacées ou qui sont fondamentales pour la survie despèces endémiques jugées vulnérables, menacées dextinction ou gravement menacées dextinction selon les législations/programmes nationaux sur les espèces menacées ou les catégories internationales établies telles que les Listes rouges de lUICN et les annexes à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées dextinction (CITES) et à la Convention sur les espèces migratrices (CMS ou Convention de Bonn).
13. 2.3) Inscrire sur la Liste de Ramsar des zones humides qui jouent un rôle fondamental pour la conservation de la diversité biologique dans chaque région biogéographique (voir lexique pour définition).
14 2.4) Inscrire sur la Liste de Ramsar des zones humides sont un habitat important pour des espèces végétales et animales se trouvant à des stades critiques de leur cycle de vie ou lorsque les conditions sont difficiles.
15. 2.5) Inscrire sur la Liste de Ramsar des zones humides qui ont une importance directe pour les oiseaux deau et les espèces ou stocks de poissons visés par les critères de choix pertinents des sites Ramsar (voir Section V).
Objectif 3. Encourager la coopération entre les Parties contractantes, les Organisations internationales partenaires de la Convention et les acteurs locaux lors du choix, de linscription et de la gestion des sites Ramsar.
16. 3.1) Rechercher des occasions de conclure des accords de jumelage avec dautres Parties contractantes, pour des sites Ramsar situés le long des voies de migration des espèces, de part et dautre de frontières internationales ou possédant des types ou espèces des zones humides semblables (Résolution VII.19).
17. 3.2) Entreprendre dautres formes dactions en coopération entre deux Parties contractantes ou plus, pour démontrer comment parvenir à la conservation et à lutilisation durable à long terme des sites Ramsar et des zones humides en général ou aider à le faire.
18. 3.3) Encourager et aider, au besoin, les organisations non gouvernementales et communautaires à jouer un rôle plus ferme et plus actif vis-à-vis de lélaboration stratégique de la Liste de Ramsar et de la gestion ultérieure de sites Ramsar aux niveaux local, sous-national, national, supranational/régional et international (Résolution VII.8).
Objectif 4. Faire du réseau de sites Ramsar un instrument de promotion de la coopération nationale, supranationale/régionale et internationale dans le cadre de traités complémentaires de lenvironnement.
19. 4.1) Utiliser les sites Ramsar comme zones de référence pour la surveillance nationale, supranationale/régionale et internationale, afin de détecter les tendances dans lappauvrissement de la diversité biologique, les changements climatiques et les processus de désertification.
20. 4.2) Mettre en uvre des projets de démonstration sur la conservation et lutilisation rationnelle dans les sites Ramsar pour illustrer concrètement la coopération avec les traités internationaux pertinents de lenvironnement (tels que la Convention sur la diversité biologique, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la Convention sur la lutte contre la désertification, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées dextinction, la Convention du patrimoine mondial, la Convention sur les espèces migratrices et ses accords, par ex. lAccord sur les oiseaux deau dAfrique-Eurasie) et avec des accords et initiatives de coopération au niveau régional tels que le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, le Réseau de réserves doiseaux de rivage de lhémisphère occidental, la Stratégie de conservation des oiseaux deau migrateurs de lAsie-Pacifique 1996-2000, lInitiative pour les zones humides méditerranéennes (MedWet), le Programme régional océanien de lenvironnement, la Communauté de lAfrique australe pour le développement (SADC), lAssociation des Nations de lAsie du Sud-Est (ANASE), le Réseau Natura 2000 de lUnion européenne, le Réseau Émeraude de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de lEurope, la Stratégie paneuropéenne de la diversité biologique et paysagère, le Programme pour les zones humides des hautes Andes, le Traité de coopération amazonnienne, la Commission centraméricaine sur lenvironnement et le développement (CCAD), etc.
But à court terme pour 2005
21. La Convention souligne limportance des zones humides en tant que centres riches en diversité et productivité biologiques et systèmes dont dépendent des populations humaines, et se préoccupe de la destruction et de la dégradation permanentes des zones humides dans bien des régions du monde. En réponse, la Convention a fixé lobjectif à court terme suivant pour la Liste de Ramsar.
| Faire en sorte que la Liste des zones humides d'importance internationale comprenne au moins 2000 sites au moment où se réunira la 9e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar, en 2005, sachant que cette expansion doit tenir compte de la vision à long terme, des objectifs stratégiques et des buts adoptés par la Convention pour la Liste de Ramsar. |
III. Les zones humides d'importance internationale et le principe Ramsar dutilisation rationnelle
22. Dans le cadre de la Convention de Ramsar, les deux concepts dutilisation rationnelle et dinscription de sites sont tout à fait compatibles et se renforcent mutuellement. Les Parties contractantes sont censées désigner des sites pour la Liste des zones humides d'importance internationale, dont le choix «devrait être fondé sur leur importance internationale du point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique» (Article 2.2), ET les Parties contractantes «élaborent et appliquent leurs plans daménagement de façon à favoriser la conservation des zones humides inscrites sur la Liste et, autant que possible, lutilisation rationnelle des zones humides de leur territoire» (Article 3.1).
23. La COP3 de Ramsar (1987) a défini ainsi lutilisation rationnelle des zones humides: «utilisation durable au bénéfice de lhumanité, dune manière qui soit compatible avec le maintien des propriétés naturelles de lécosystème». Le Plan stratégique adopté à la COP6 met sur un pied dégalité «utilisation rationnelle» et «utilisation durable». Les Parties contractantes à la Convention reconnaissent également que les zones humides, par leurs fonctions écologiques et hydrologiques, fournissent des services, des produits et des avantages précieux dont jouissent et dépendent les populations humaines. En conséquence, la Convention encourage les pratiques qui garantiront que toutes les zones humides, et en particulier celles qui sont inscrites sur la Liste de Ramsar, continueront dassurer ces fonctions et valeurs pour les générations futures ainsi que pour la conservation de la diversité biologique.
| Sites Ramsar et principe dutilisation rationnelle. Lacte de désigner (dinscrire) à la Convention une zone humide dimportance internationale est une première étape appropriée sur le chemin de la conservation et de lutilisation durable dont lobjectif final est de parvenir à lutilisation rationnelle (durable) à long terme du site. |
24. LArticle 3.2 de la Convention stipule: «chaque Partie contractante prend les dispositions nécessaires pour être informée dès que possible des modifications des caractéristiques écologiques des zones humides situées sur son territoire et inscrites sur la Liste, qui se sont produites, ou sont en train ou susceptibles de se produire». En application de cet article, la Convention de Ramsar a élaboré le concept de "caractéristiques écologiques" des zones humides défini comme suit:
Les caractéristiques écologiques sont la somme des éléments biologiques, physiques et chimiques qui composent lécosystème dune zone humide et des interactions entre ces éléments qui maintiennent la zone humide ainsi que ses produits, fonctions et propriétés. (Résolution VII.10).
25. Les Parties contractantes sont censées gérer leurs sites Ramsar de manière à maintenir les caractéristiques écologiques de chaque site et, ce faisant, de maintenir les fonctions écologiques et hydrologiques essentielles qui, au bout du compte, fournissent les «produits, fonctions et propriétés». Les caractéristiques écologiques sont donc un facteur indicateur de la «santé» de la zone humide et les Parties contractantes ont lobligation, au moment de linscription, de décrire le site à laide de la Fiche descriptive Ramsar approuvée (voir Annexe C), en assez grand détail pour que cette description puisse servir de référence à la surveillance ultérieure qui permettra de détecter tout changement dans les caractéristiques écologiques et hydrologiques. Les changements dans les caractéristiques écologiques qui se produisent indépendamment des variations naturelles peuvent être le signe que les utilisations dun site, ou les activités extérieures qui ont un impact sur le site, ne sont pas durables et peuvent entraîner la dégradation des processus naturels et, en conséquence, la rupture, à terme, du fonctionnement écologique, biologique et hydrologique de la zone humide.
26. La Convention de Ramsar a élaboré des instruments de surveillance des caractéristiques écologiques et délaboration des plans de gestion pour les zones humides dimportance internationale. Toutes les Parties contractantes ont été invitées à préparer des plans de gestion et, dans ce contexte, à tenir compte de questions telles que limpact des activités anthropiques sur les caractéristiques écologiques de la zone humide, les valeurs économiques et socio-économiques du site (en particulier pour les communautés locales), et les valeurs culturelles associées au site. Les Parties contractantes ont également été vivement encouragées à inclure, dans leurs plans de gestion, une procédure de surveillance régulière et rigoureuse visant à détecter les changements dans les caractéristiques écologiques (Résolution VII.10).
IV. Lignes directrices pour ladoption dune méthode systématique didentification des zones humides à inscrire, en priorité, sur la Liste de Ramsar
27. Dans lintroduction au présent Cadre stratégique (voir Section I), il est précisé que le but est dapporter une optique plus claire ou «vision» des objectifs ou résultats à long terme que recherche la Convention de Ramsar par lintermédiaire de la Liste des zones humides dimportance internationale.
28. Dans la section qui suit, des orientations sont fournies pour aider les Parties contractantes à adopter une méthode systématique didentification des priorités pour l'inscription future de zones humides, afin de créer des réseaux nationaux cohérents et complets de sites Ramsar qui, dans un contexte mondial, permettront de réaliser la vision pour la Liste de Ramsar.
29. Les Parties contractantes qui élaborent et appliquent une méthode systématique didentification des zones humides à inscrire en priorité sur la Liste de Ramsar sont priées de tenir compte des points qui suivent.
30. Étudier les objectifs nationaux. Avant dentamer la mise au point dune méthode systématique didentification de futurs sites Ramsar, les Parties contractantes sont invitées à examiner avec soin les objectifs décrits à la Section 2 du présent Cadre stratégique. Ceux-ci, pris en considération dans le contexte de la vision et des objectifs à long terme pour la Liste des zones humides d'importance internationale, fournissent la base de toute nouvelle considération dans ce domaine.
31. Définition des zones humides, types de zones humides et régions biogéographiques. Il importe que chaque Partie contractante décide, à l'échelon national, comment interpréter la définition Ramsar dune zone humide et de la régionalisation biogéographique quil convient dappliquer. La définition Ramsar de «zone humide» (voir Annexe A) est très large et reflète le caractère mondial de la Convention. Elle donne aux Parties contractantes une grande latitude et une grande souplesse, leur permettant de veiller à la compatibilité entre les efforts nationaux, supranationaux/régionaux et internationaux déployés pour conserver les zones humides. Il importe de noter que la Convention vise à encourager linscription de zones humides naturelles ou semi-naturelles mais permet également linscription de zones humides artificielles, réalisées dans un but particulier, à condition quelles satisfassent à lun au moins des critères précisés dans la Section V. La classification des types de zones humides adoptée par la Convention (voir Annexe A) présente la gamme complète que les Parties contractantes sont invitées à examiner dans le cadre dune inscription éventuelle au titre du Critère Ramsar relatif aux zones humides représentatives, rares ou uniques (voir Section V, Critère 1).
32. Au titre du Critère 1, les Parties contractantes sont censées identifier des sites dimportance internationale dans le cadre de régions biogéographiques convenues. Le Lexique (Annexe B) définit l'expression comme suit: «définition scientifique rigoureuse de régions, à l'aide de paramètres biologiques et physiques tels que le climat, le type de sol, la couverture végétale, etc.». À noter que pour de nombreuses Parties contractantes, les régions biogéographiques seront transfrontières par nature et nécessiteront la collaboration entre plusieurs pays pour définir les types de zones humides qui sont représentatifs, rares ou uniques. Dans certaines régions et dans certains pays, le terme «biorégion» est utilisé comme synonyme de «région biogéographique».
33. Inventaires et données. Les Parties contractantes sont priées de déterminer quantitativement et qualitativement linformation rassemblée sur les zones humides de leur territoire et de prendre des mesures pour dresser un inventaire si cela nest déjà fait. Dans le cas dun nouvel inventaire, il serait bon dutiliser les modèles et normes acceptés, comme le préconise la Convention de Ramsar (Résolution VII.20). Labsence dinventaire ne doit toutefois pas empêcher linscription de sites lorsque lon dispose déjà dinformations adéquates sur ces sites.
34. Pour tenir compte des progrès des connaissances scientifiques sur létat et la distribution des zones humides, des plantes et des animaux associés, et de leurs fonctions et valeurs, les inventaires nationaux des zones humides et/ou les listes de sites candidats pour la Liste de Ramsar devraient faire périodiquement lobjet dévaluations et de mises à jour (Plan stratégique Ramsar 1997-2002, Action 6.1.1).
35. Territoire des Parties contractantes et situations transfrontières. Les inventaires des zones humides devraient absolument prendre en considération toutes les parties du «territoire» des Parties contractantes. Conformément à lArticle 5 de la Convention et aux Lignes directrices pour la coopération internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar (Résolution VII.19), une attention particulière devrait être accordée à lidentification et à linscription de sites transfrontières.
36. Orientation au niveau supranational/régional. Les Parties contractantes devraient également garder présent à lesprit que dans certains cas, elles peuvent avoir besoin dorientations plus précises au niveau supranational/régional dans le but détablir limportance relative de sites à inscrire. Cela peut tout particulièrement sappliquer aux situations suivantes:
i. lorsque des espèces végétales ou animales ne se trouvent pas en grandes concentrations (par exemple, les oiseaux deau migrateurs sous les latitudes septentrionales) dans un pays; ou
ii. lorsque la collecte de données est difficile (particulièrement dans de très grands pays); ou
iii. lorsquil peut y avoir un degré de variabilité spatiale et temporelle élevé dans la pluviosité notamment dans les régions semi-arides ou arides ce qui entraîne une utilisation dynamique de complexes de zones humides temporaires au cours dune année et dune année à lautre par les oiseaux deau et autres espèces mobiles, et lorsque les structures de cette utilisation dynamique ne sont pas suffisamment connues; ou
iv. lorsque, pour certains types de zones humides tels que les tourbières (Recommandation 7.1), les récifs coralliens, les systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, lexpertise nationale peut être limitée quant à lamplitude et à limportance des variations internationales (des lignes directrices supplémentaires pour lidentification et linscription de tourbières sur la Liste de Ramsar seront élaborées par le GEST conformément et parallèlement au Plan daction mondial pour lutilisation rationnelle et la gestion des tourbières Recommandation 7.1); ou
v. lorsque plusieurs régions biogéographiques se rencontrent et que les zones de transition peuvent se caractériser par des niveaux élevés de diversité biologique.
37. Tenir compte de tous les Critères Ramsar et de toutes les espèces. Les Parties contractantes, lorsquelles élaboreront une méthode systématique, sont invitées à examiner tous les Critères. LArticle 2.2 de la Convention indique que le choix des sites pour la Liste de Ramsar devrait être fondé sur leur importance «au point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique». Dans la section V sur les Critères Ramsar, ce point est explicité par rapport aux types de zones humides et à la conservation de la diversité biologique.
38. Les Parties contractantes devraient également chercher à appliquer les critères de manière appropriée. En dautres termes, même si des critères spécifiques ont été élaborés pour les oiseaux deau (voir Section V, Critères 5 et 6) et pour les poissons (voir Section V, Critères 7 et 8), ceux-ci ne sont pas les seuls taxons pour lesquels des zones humides doivent être inscrites sur la Liste de Ramsar. Les oiseaux deau et les poissons sont simplement ceux pour lesquels des orientations spécifiques ont été élaborées. Les Critères 2, 3 et 4 fournissent suffisamment de latitude pour identifier des sites pour toute autre espèce des zones humides, mais aussi pour les oiseaux deau et les poissons, au besoin. Le risque existe que des espèces moins spectaculaires et le microbiote soient négligés: cest la raison pour laquelle il convient de veiller à tenir rigoureusement compte de tous les éléments de la diversité biologique.
39. Établissement des priorités. Après avoir systématiquement appliqué les Critères pour dresser une liste de zones humides méritant dêtre inscrites, les Parties contractantes sont encouragées à déterminer les sites candidats prioritaires. Un poids particulier doit être donné à linscription de sites qui comprennent des types de zones humides ou des espèces des zones humides, soit qui sont uniques/endémiques dans la Partie contractante en question (cest-à-dire quon ne les trouve nulle part ailleurs au monde), soit qui se trouvent dans le pays en proportion importante du chiffre mondial total.
40. Il ne faut pas négliger les petits sites. Les Parties contractantes, lorsquelles élaborent une méthode systématique dinscription des sites Ramsar, sont invitées à reconnaître que les sites Ramsar potentiels ne sont pas nécessairement les plus grandes zones humides de leur territoire. Certains types de zones humides nont jamais existé ou nexistent plus en tant que "grand écosystème de zone humide" et il ne faut pas les négliger. Ils sont peut-être particulièrement importants pour le maintien de lhabitat ou de la diversité biologique au niveau de la communauté écologique.
41. Statut juridique daire protégée. Les Parties contractantes doivent également être conscientes que pour quune zone humide soit inscrite sur la Liste de Ramsar, il nest pas nécessaire quelle jouisse au préalable dun statut daire protégée particulier ou quelle doive nécessairement acquérir ce statut après son inscription. Les zones humides que lon envisage dinscrire ne doivent pas non plus nécessairement être des régions intactes, nayant pas subi les impacts dactivités anthropiques. En fait, linscription sur la Liste de Ramsar peut servir à conférer un type particulier de reconnaissance à certaines régions en leur donnant le statut de sites dont limportance internationale est reconnue. Linscription sur la Liste de Ramsar peut être le point de départ dun processus de restauration et de remise en état dun site particulier, à condition que le site satisfasse aux critères dinscription définis par la Convention au moment de sa désignation.
42. Certes, le statut daire protégée dun site ne devrait pas être un facteur déterminant le caractère prioritaire de linscription sur la Liste de Ramsar, mais les Parties contractantes sont invitées à ne pas négliger la nécessité dadopter une approche cohérente lorsquelles inscrivent officiellement des sites de zones humides au titre de conventions et de traités internationaux mais aussi dinstruments nationaux politiques et juridiques. Si une zone humide reçoit le statut daire protégée nationale parce quelle sert dhabitat critique pour une espèce endémique dépendant des zones humides, il semble quelle satisfasse également aux Critères Ramsar. Les Parties contractantes sont donc invitées à passer en revue toutes leurs aires protégées actuelles, proposées et envisagées par souci de cohérence.
43. Espèces prestigieuses et clés. Il importe que les Parties contractantes examinent également les concepts despèces indicatrices, clés et prestigieuses. La présence despèces «indicatrices» peut être une mesure utile de la bonne qualité dune zone humide. Des espèces «prestigieuses» bien connues peuvent aussi avoir une grande valeur symbolique et de sensibilisation pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides tandis que les espèces «clés» jouent un rôle écologique vital. Les zones humides qui possèdent des populations significatives despèces indicatrices, clés et/ou prestigieuses méritent une attention particulière au moment du choix de sites dimportance internationale.
44. La présence des espèces en perspective. Lorsque, pour établir limportance relative de sites en vue de leur inscription, on utilise des statistiques de population, il convient de veiller à ce que ces statistiques soient replacées dans le contexte approprié. Il est possible, du point de vue de limportance relative pour la conservation de la diversité biologique, quun site offrant un habitat pour une espèce rare soit considéré plus prioritaire pour inscription sur la Liste de Ramsar et, en conséquence, pour la prise de mesures de gestion, quun site abritant une espèce plus commune en très grand nombre.
45. Espèces non indigènes. Lintroduction et la propagation despèces non indigènes sont inquiétantes en raison de limpact sur la diversité biologique et le fonctionnement naturel des écosystèmes des zones humides (voir la Résolution VII.14 sur les espèces envahissantes et les zones humides). Il sensuit, en conséquence, que la présence despèces introduites ou non indigènes ne doit pas servir à justifier linscription dun site sur la Liste des zones humides d'importance internationale. Dans certaines circonstances, les espèces indigènes peuvent également être considérées comme envahissantes dans les zones humides en raison des perturbations et des déséquilibres quelles peuvent causer dans lécosystème. Il est possible que les espèces non indigènes introduites soient rares ou menacées dextinction dans leur habitat dorigine. De telles situations doivent être soigneusement pesées par les Parties contractantes.
46. Délimitation des sites. Les Parties contractantes, lorsquelles désignent des sites, sont encouragées à déterminer les limites dans loptique de la gestion sachant que les limites devraient permettre la gestion du site à léchelle voulue pour maintenir les caractéristiques écologiques de la zone humide. LArticle 2.1 de la Convention précise que les sites Ramsar «pourront inclure des zones de rives ou de côtes adjacentes à la zone humide et des îles ou des étendues deau marine dune profondeur supérieure à six mètres à marée basse, entourées par la zone humide». Dans le cas de sites très petits et en conséquence, éventuellement vulnérables, les Parties contractantes sont invitées à inclure des zones tampons autour de la zone humide. Celles-ci peuvent également être un instrument utile de gestion pour les systèmes de zones humides souterraines ainsi que pour des sites de plus grandes dimensions.
47. Les limites de sites identifiés comme habitats pour des espèces animales devraient être établies de manière à satisfaire comme il se doit à tous les besoins écologiques et de conservation de ces espèces. Les espèces de grande taille, celles qui se trouvent au sommet de chaînes trophiques, celles qui ont besoin de vastes territoires ou qui ont des zones de nourrissage et de repos séparées par de grandes distances nécessitent généralement de vastes superficies pour se maintenir en populations viables. Sil est impossible dinscrire un site comprenant tout le territoire utilisé ou abritant des populations viables (autonomes) il importe alors dadopter des mesures complémentaires pour les espèces et leur habitat dans les zones environnantes (ou la zone tampon). Ces mesures viendront compléter la protection de lhabitat principal dans le site Ramsar.
48. Certains sites désignés pour inscription seront identifiés à léchelle du paysage et contiendront des éléments importants décosystèmes entiers des zones humides, mais dautres seront plus petits. Les orientations suivantes peuvent aider au choix et à la délimitation des petites zones humides:
i. dans la mesure du possible, les sites devraient inclure des complexes ou mosaïques de communautés végétales et pas seulement des communautés importantes uniques. À noter que les zones humides naturellement pauvres en matières nutritives (oligotrophes) présentent généralement une faible diversité despèces et dhabitats. Dans ces zones humides, une forte diversité peut être associée à une qualité de conservation médiocre (indiquée par des conditions profondément modifiées). Il importe donc de toujours considérer la diversité dans le contexte des normes caractérisant le type de zone humide;
ii. les communautés devraient être incluses de la manière la plus complète possible dans le site. Les communautés importantes sont celles qui présentent des gradients (transitions) naturels, par exemple: des conditions humides à sèches, salées à saumâtres, saumâtres à douces, oligotrophes à eutrophes, des rivières à leurs rives, aux bancs de galets et aux systèmes sédimentaires associés, etc.;
iii. les successions naturelles de communautés végétales se produisent souvent rapidement dans les zones humides. Dans la plus large mesure possible et lorsquelles sont présentes, toutes les phases de la succession (par exemple, des eaux libres peu profondes aux communautés de végétation émergente, aux roselières, aux marais ou tourbières, aux forêts humides) devraient être incluses dans les sites inscrits. Lorsque des changements dynamiques se produisent, il importe que le site soit suffisamment grand pour que les stades pionniers puissent continuer de se développer dans le site Ramsar;
iv. la continuité dune zone humide avec un habitat terrestre important pour la conservation augmentera la valeur de conservation de la zone humide elle-même.
49. Plus le site est petit, plus il risque dêtre sensible à des influences extérieures. En traçant les limites des sites Ramsar, il convient de faire en sorte que, dans toute la mesure du possible, les limites des sites assurent une protection contre des activités éventuellement dommageables, en particulier celles qui pourraient causer des perturbations hydrologiques. Pour bien faire, les limites devraient comprendre les parties terrestres nécessaires pour fournir et maintenir les fonctions hydrologiques indispensables au maintien de limportance internationale et de lintégrité du site. Par ailleurs, il importe de veiller au bon fonctionnement des mesures de planification garantissant une réglementation et une surveillance adéquates des effets éventuellement dommageables de modes doccupation des sols sur les terres avoisinantes ou dans le bassin de drainage. On pourra ainsi sassurer avec confiance que les caractéristiques écologiques du site Ramsar ne seront pas compromises.
50. Groupes de sites. Il serait bon denvisager linscription de groupes de petits sites ou de petits sites «satellites» individuels associés à de plus grandes régions lorsque ces sites:
i. sont des éléments constitutifs reliés du point de vue dun système hydrologique (par exemple, un complexe de tourbières de vallées ou des systèmes de zones humides alimentées par des eaux souterraines le long dun cours deau ou des systèmes de zones humides karstiques et souterraines); et/ou
ii. sont utilisés par la même population danimaux et sont reliés, en conséquence, par cette utilisation (par exemple, un groupe de sites de repos ou de nourrissage de substitution utilisés par une population particulière doiseaux deau); et/ou
iii. furent reliés géographiquement avant davoir été séparés par des activités anthropiques; et/ou
iv. sont interdépendants sur le plan écologique (par exemple, des sites qui font partie dune région/dun paysage de zone humide distinct ayant connu une histoire évolutionnaire commune et/ou entretenant des populations séparées de la même espèce); et/ou
v. se trouvent dans des régions arides ou semi-arides où des complexes de zones humides dispersées (parfois non permanentes) peuvent avoir, à titre individuel et collectif, une très grande importance tant pour la diversité biologique que pour les populations humaines (par ex. « liens essentiels dans des chaînes qui ne sont pas encore complètement connues»).
51. Lorsquon se propose de désigner un groupe de sites, il convient que la Fiche descriptive Ramsar indique clairement le motif pour lequel on souhaite traiter des éléments séparés comme un seul site collectivement inscrit.
52. Cadres internationaux complémentaires. Les Parties contractantes, lorsquelles envisagent de désigner des sites Ramsar, sont priées, comme le précise lObjectif 4.2 (voir paragraphe 20), dexaminer les possibilités de contribuer à dautres initiatives en place ou en cours détablissement dans le cadre de conventions et programmes internationaux et régionaux en rapport. Ceci sapplique en particulier à la Convention sur la diversité biologique et à la Convention sur les espèces migratrices et à ses accords tels que lAccord pour les oiseaux dAfrique-Eurasie. Au plan régional, il peut sagir dinitiatives concertées telles que le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, le Réseau de réserves doiseaux de rivage de lhémisphère occidental, la Stratégie de conservation des oiseaux deau migrateurs de lAsie-Pacifique 1996-2000, lInitiative pour les zones humides méditerranéennes (MedWet), le Programme régional océanien de lenvironnement, la Communauté dAfrique australe pour le développement (SADC), lAssociation des Nations de lAsie du Sud-Est (ANASE), le Réseau Natura 2000 de lunion européenne, le Réseau Émeraude de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de lEurope, la Stratégie paneuropéenne de la diversité biologique et paysagère, le Programme pour les zones humides des hautes Andes, le Traité de coopération amazonnienne, la Commission centraméricaine sur lenvironnement et le développement (CCAD), etc.
IV.1 Lignes directrices pour lidentification et linscription de systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains sur la Liste des zones humides dimportance internationale
53. Les valeurs des zones humides karstiques sont nombreuses. Conformément à lArticle 2.2 de la Convention de Ramsar, «Le choix des zones humides à inscrire sur la Liste devrait être fondé sur leur importance internationale au point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique». Sous cet angle, les principales valeurs des systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains pour la conservation sont:
a) Caractère unique du phénomène/des fonctions et du fonctionnement du karst;
b) Interdépendance et fragilité des systèmes karstiques et de leurs caractéristiques hydrologiques et hydrogéologiques;
c) Caractère unique de ces écosystèmes et endémisme de leurs espèces;
d) Importance de conserver des taxons particuliers de la faune et de la flore.
54. Outre leurs nombreuses valeurs naturelles, les systèmes karstiques ont également des valeurs socio-économiques importantes qui comprennent (sans pour autant se limiter à cela), lapprovisionnement en eau potable, leau pour le bétail ou lagriculture, le tourisme et les loisirs. Les systèmes de zones humides karstiques peuvent jouer un rôle particulièrement vital en garantissant un apport deau suffisant aux communautés humaines, généralement dans des paysages désertiques.
55. Les menaces peuvent provenir de lextérieur ou de lintérieur de la région karstique. En termes généraux, de nombreuses zones karstiques «vivantes» sont des zones humides, de surface ou souterraines. Les systèmes souterrains sont, dans bien des cas, encore bien préservés mais en raison des pressions de développement qui samplifient, ils sont menacés. Les pressions sont à la fois directes (visiteurs dans les grottes, chercheurs) et indirectes, notamment par la pollution sous différentes formes (en particulier, la pollution de leau; le déversement de déchets solides, les eaux usées; le développement dune infrastructure, etc.), lexploitation de leau, le stockage en réservoir et autres utilisations.
56. Pour éviter toute confusion dans la terminologie, les formules «systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains» et «zones humides souterraines» doivent être utilisées tout au long. Indépendamment de la genèse, ces termes devraient sappliquer à toutes les cavités et espaces souterrains contenant de leau (y compris les glacières). Lorsque ces sites remplissent les critères didentification, ils méritent dêtre inscrits sur la Liste de Ramsar. Ces termes doivent également sappliquer clairement aux sites souterrains côtiers, continentaux et artificiels, suivant la description large que donne Ramsar des «zones humides» et offrir, de ce fait, un bon degré de souplesse à chaque Partie contractante.
57. La terminologie qui sert à décrire les phénomènes karstiques et autres phénomènes souterrains étant très technique, il est indispensable que les non-spécialistes disposent dun lexique spécialisé. Le Lexique de lUNESCO des équivalents multilingues des termes relatifs au karst (UNESCO, 1972) est une source de référence exhaustive mais, pour les besoins de la Convention de Ramsar, un lexique simplifié est fourni dans le lexique (Annexe B) sous «Karst».
58. Pour les besoins de linscription sur la Liste de Ramsar et de la gestion de zones humides souterraines, linformation devrait:
a) correspondre à ce qui est disponible (dans bien des cas cette information est limitée et il faudra poursuivre la recherche); et
b) correspondre à léchelle considérée. Par exemple, les gestionnaires locaux et nationaux devraient avoir accès à des informations aussi complètes et précises que possible tandis que pour les besoins internationaux et, notamment, pour remplir les Fiches descriptives Ramsar, un résumé suffit normalement.
59. La Liste de Ramsar doit être considérée comme faisant partie dune mosaïque dinstruments nationaux et internationaux. En dautres termes, un/des secteur(s) représentatif(s) de grands systèmes karstiques/souterrains pourrai(en)t être inscrit(s) au titre de la Convention de Ramsar dans le cadre de mesures daménagement du territoire, etc., appliquées de manière à garantir «lutilisation rationnelle» de lensemble du système et de son bassin versant.
60. Létude et le relevé cartographique du site peuvent présenter des problèmes particuliers et doivent être réalisés selon les possibilités pratiques. Par exemple, un plan bidimensionnel des caractéristiques souterraines, projeté sur les caractéristiques de surface, suffira comme carte de site Ramsar. Il est admis que beaucoup de Parties contractantes nont pas suffisamment de moyens pour fournir des représentations tridimensionnelles de sites souterrains et le manque de ressources ne doit pas faire obstacle à linscription.
61. Pour bien faire, les limites des sites Ramsar karstiques/souterrains devraient englober des bassins versants entiers mais, dans la plupart des cas, ce sera sans doute impossible. Toutefois, il serait bon que les limites du site englobent les régions qui ont le plus deffets directs ou indirects sur les caractéristiques concernées.
62. En appliquant les Critères Ramsar didentification des zones humides dimportance internationale, une attention particulière doit être apportée aux valeurs hydrologiques, hydrogéologiques, biologiques et paysagères uniques et représentatives. À cet égard, les sources thermales et les sources karstiques intermittentes sont dintérêt particulier.
63. Par son approche souple, la Convention permet aux pays de choisir les limites qui conviennent le mieux à des situations nationales et spécifiques. On peut, en particulier, envisager linscription de systèmes de grottes simples et complexes (par ex., avec des zones humides de surface et souterraines).
64. La définition Ramsar des zones humides (Article 1.1) devrait être comprise comme englobant les zones humides de surface et souterraines, même si le texte de la Convention ne fait pas explicitement référence à ces systèmes.
65. Il conviendrait daccorder une attention particulière aux valeurs culturelles et socio-économiques des systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains et au fait que lutilisation rationnelle doit être appliquée tant au niveau national que local. Une distinction claire est nécessaire entre linscription, la gestion et la surveillance de ces zones humides.
V. Critères et objectifs à long terme pour linscription de zones humides dimportance internationale, orientations sur leur application et buts à long terme
66. Dans cette section du Cadre stratégique pour la Liste de Ramsar, les Critères dinscription des sites sont présentés avec les buts à long terme de la Convention correspondants. Pour chaque Critère, des orientations sont également fournies afin daider les Parties contractantes à adopter une méthode systématique didentification des sites à inscrire en priorité. Ces orientations peuvent être examinées simultanément avec les orientations plus générales qui figurent à la Section IV. En outre, lAnnexe B fournit un lexique des termes utilisés dans les Critères, les buts à long terme et les orientations présentées ci-après.
Groupe A des Critères. Sites contenant des types de zones humides représentatifs, rares ou uniques
Critère 1: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle contient un exemple représentatif, rare ou unique de type de zone humide naturelle ou quasi naturelle de la région biogéographique concernée.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
67. Que la Liste de Ramsar contienne au moins un exemple représentatif pertinent de chaque type de zone humide, contenu dans le Système de classification Ramsar (Section IV), et présent dans chaque région biogéographique.
Orientations:
68. Les Parties contractantes, pour appliquer systématiquement ce critère, sont encouragées à:
i. définir les régions biogéographiques de leur territoire ou au niveau supranational/ régional;
ii. déterminer, dans chaque région biogéographique, la gamme des types de zones humides présents (à laide du Système de classification Ramsar des types de zones humides, Annexe A), en tenant compte, en particulier, de tout type de zone humide rare ou unique;
iii. déterminer, en vue de leur inscription sur la Liste de Ramsar, les sites qui sont les meilleurs exemples de chaque type de zone humide de chaque région biogéographique (voir Lexique, Annexe B).
69. Dans lObjectif 1 et, en particulier 1.2 (paragraphe 10 ci-dessus), il est précisé quau titre de ce critère, il convient aussi de donner la priorité aux zones humides qui jouent un rôle hydrologique, biologique ou écologique important pour le fonctionnement naturel dun grand bassin hydrographique ou système côtier. Du point de vue du fonctionnement hydrologique, les indications suivantes sont fournies afin daider les Parties contractantes à examiner cet aspect pour décider de la priorité des sites au titre de ce critère. Pour des orientations concernant le rôle biologique et écologique, veuillez vous référer au Critère 2 qui suit.
70. Importance hydrologique. Comme indiqué dans lArticle 2 de la Convention, les zones humides peuvent être choisies pour leur importance hydrologique et, partant, les propriétés suivantes; elles peuvent:
i. jouer un rôle essentiel dans la maîtrise naturelle des crues, latténuation des risques ou la prévention des inondations;
ii. être importantes pour la rétention saisonnière de leau pour les zones humides et autres régions importantes pour la conservation en aval;
iii. être importantes pour la recharge des nappes aquifères;
iv. faire partie de systèmes karstiques ou de systèmes hydrologiques souterrains ou de systèmes de sources qui alimentent de grandes zones humides de surface;
v. être dimportants systèmes de plaines dinondation naturelles;
vi. avoir une influence hydrologique essentielle dans le contexte, au moins, de la régulation ou de la stabilité du climat régional (par exemple, certaines régions de forêts de brouillard ou de forêts ombrophiles, de zones humides ou de complexes de zones humides dans des régions semi-arides, arides ou désertiques, systèmes de toundra ou de tourbières qui servent de puits de carbone, etc.);
vii. jouer un rôle important dans le maintien de normes élevées de qualité de leau.
Groupe B des Critères. Sites dimportance internationale pour la conservation de la diversité biologique
Critères tenant compte des espèces ou des communautés écologiques
Critère 2: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle abrite des espèces vulnérables, menacées dextinction ou gravement menacées dextinction ou des communautés écologiques menacées.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
71. Que la Liste de Ramsar contienne les zones humides considérées comme importantes pour la survie despèces vulnérables, menacées dextinction ou gravement menacées dextinction ou de communautés écologiques menacées.
Orientations:
72. Les sites Ramsar ont un rôle important à jouer pour la conservation despèces et de communautés écologiques menacées au plan mondial. Il importe daccorder une attention particulière à linscription de zones humides qui entretiennent des espèces menacées au plan international, à nimporte quel stade de leur cycle de vie, en application du Critère 2 ou du Critère 3, même si le nombre dindividus concernés est faible ou si les données ou les informations quantitatives dont on dispose parfois sont de mauvaise qualité.
73. LObjectif général 2.2 du présent Cadre stratégique prie les Parties contractantes de chercher à inscrire sur la Liste de Ramsar des zones humides qui comprennent des communautés écologiques menacées ou qui sont dimportance critique pour la survie despèces réputées vulnérables, menacées dextinction ou gravement menacées dextinction dans le cadre de législations/programmes nationaux sur les espèces menacées dextinction ou de cadres internationaux tels que les Listes rouges de lUICN et les annexes de la CITES et de la CMS.
74. Lorsque les Parties contractantes prennent en considération les sites candidats en vue dune inscription au titre de ce critère, elles obtiendront la meilleure valeur pour la conservation en choisissant un réseau de sites qui abritent des espères rares, vulnérables, menacées dextinction ou gravement menacées dextinction. Pour bien faire, les sites du réseau auront les caractéristiques suivantes. Ils:
i. abritent une population mobile despèces à différents stades de leur cycle de vie; et/ou
ii. abritent une population despèces le long dune voie de migration sachant que différentes espèces ont différentes stratégies de migration avec des distances maximales différentes entre les zones étapes; et/ou
iii. sont écologiquement liés par dautres facteurs (par exemple, sils servent de refuge à certaines populations dans des conditions difficiles); et/ou
iv. sont limitrophes ou très proches dautres zones humides inscrites sur la Liste de Ramsar et dont la conservation améliore la viabilité des populations despèces menacées en augmentant les dimensions de lhabitat protégé; et/ou
v. contiennent une proportion élevée de la population dune espèce sédentaire dispersée qui occupe un type dhabitat restreint.
75. En ce qui concerne lidentification de communautés écologiques menacées, la meilleure valeur pour la conservation sera réalisée par le choix de sites ayant les caractéristiques suivantes. Ils:
i. possèdent une superficie importante contenant certaines communautés, en particulier des communautés de grande qualité ou particulièrement typiques de la région biogéographique; et/ou
ii. possèdent des communautés rares; et/ou
iii. comprennent des écotones, des étapes de la succession et des communautés qui mettent en évidence des processus particuliers; et/ou
iv. possèdent des communautés qui névoluent plus dans les conditions actuelles (en raison des changements climatiques ou dune intervention anthropique, par exemple); et/ou
v. possèdent des communautés au stade contemporain dune longue histoire évolutionnaire et qui constituent des archives paléo-environnementales bien préservées; et/ou
vi. contiennent des communautés qui assurent une fonction critique pour la survie dautres communautés (peut-être plus rares) ou espèces particulières; et/ou
vii contiennent des communautés dont laire de répartition ou loccurence a subi un déclin important.
76. À noter aussi les questions relatives à la diversité des habitats et à la succession dans les paragraphes 46 et 49 qui précèdent, «Délimitation des sites».
Critère 3: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle abrite des populations despèces animales et/ou végétales importantes pour le maintien de la diversité biologique dune région biogéographique particulière.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
77. Que la Liste de Ramsar comprenne les zones humides jugées importantes pour le maintien de la diversité biologique de chaque région biogéographique.
Orientations:
78. Les Parties contractantes, lorsquelles examinent les sites candidats à linscription au titre de ce critère, obtiendront la meilleure valeur pour la conservation si elles choisissent un ensemble de sites ayant les caractéristiques suivantes. Ils:
i. sont des «points chauds» de la diversité biologique et sont, évidemment, riches en espèces, même si le nombre despèces présentes nest pas connu avec précision; et/ou
ii. sont des centres dendémisme ou contiennent des effectifs importants despèces endémiques; et/ou
iii. contiennent toute la gamme de la diversité biologique (y compris des types dhabitat) que lon trouve dans une région; et/ou
iv. contiennent une proportion importante despèces adaptées à des conditions environnementales spéciales (telles que des zones humides temporaires dans des régions semi-arides ou arides); et/ou
v. entretiennent des éléments particuliers de la diversité biologique qui sont rares ou particulièrement caractéristiques de la région biogéographique.
Critère 4: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle abrite des espèces végétales et/ou animales à un stade critique de leur cycle de vie ou si elle sert de refuge dans des conditions difficiles.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
79. Que la Liste de Ramsar contienne les zones humides les plus importantes parce quelles sont des habitats pour les espèces végétales ou animales à des stades critiques de leur cycle de vie et/ou dans des conditions difficiles.
Orientations:
80. Lorsquil sagit despèces mobiles ou migratrices, un site dimportance critique est celui qui contient une proportion particulièrement élevée de populations despèces rassemblées dans des espaces relativement petits à des stades particuliers de leur cycle de vie. Cela peut se produire à des moments particuliers de lannée ou, dans des régions semi-arides ou arides, dans les années caractérisées par une pluviosité particulière. Par exemple, de nombreux oiseaux deau utilisent des espaces relativement petits comme sites étapes clés (pour se nourrir et se reposer) le long de leur migration à longue distance entre leurs lieux de nidification et de non-nidification. Pour les Anatidés, les sites de mue sont également vitaux. Les sites des régions semi-arides ou arides peuvent abriter de très importantes concentrations doiseaux deau et autres espèces mobiles des zones humides et peuvent jouer un rôle crucial vis-à-vis de la survie de populations et cependant varier fortement en importance apparente dannée en année, en conséquence de la variabilité considérable du régime des précipitations.
81. Les espèces sédentaires des zones humides ne peuvent se déplacer lorsque les conditions, notamment climatiques, sont défavorables, et seuls certains sites peuvent présenter les caractéristiques écologiques nécessaires pour abriter des populations de ces espèces à moyen ou à long terme. En période sèche, par exemple, certaines espèces de crocodiles et de poissons se retirent dans les zones plus profondes ou dans des mares à lintérieur de complexes de zones humides, à mesure que létendue de lhabitat aquatique qui leur convient diminue. Ces zones restreintes ont une importance critique pour assurer la survie de certains animaux dans ces sites, jusquà ce que les pluies reviennent et que lhabitat retrouve ses dimensions précédentes. Les sites (souvent caractérisés par des structures écologiques, géomorphologiques et physiques complexes) qui accomplissent de telles fonctions pour les espèces sédentaires sont particulièrement importants pour la persistance des populations et doivent être considérés comme des candidats prioritaires pour la Liste.
Critères spécifiques tenant compte des oiseaux deau
Critère 5: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle abrite, habituellement, 20 000 oiseaux deau ou plus.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
82. Que la Liste de Ramsar contienne toutes les zones humides qui accueillent habituellement 20 000 oiseaux deau ou plus.
Orientations:
83. Les Parties contractantes, lorsquelles examinent les sites candidats à linscription au titre de ce critère, obtiendront une plus grande valeur pour la conservation en sélectionnant un réseau de sites qui servent dhabitats à des ensembles doiseaux deau contenant des espèces ou des sous-espèces menacées au plan mondial. Ces sites sont actuellement sous-représentés dans la Liste de Ramsar (Green 1996). Voir aussi le paragraphe 44 ci-dessus «La présence des espèces en perspective».
84. Les oiseaux deau non indigènes ne devraient pas être compris dans les décomptes pour un site particulier (voir aussi paragraphe 45 ci-dessus «Espèces non indigènes»).
85. Le Critère sapplique à des zones humides de différentes dimensions pour différentes Parties contractantes. Sil est impossible de donner des orientations précises sur les dimensions du site dans lequel ces effectifs sont présents, les zones humides identifiées comme des sites dimportance internationale au titre du Critère 5 devraient constituer une unité écologique et, en conséquence, être formées dune vaste région ou dun groupe de petites zones humides. Voir aussi paragraphes 50 et 51 ci-dessus «Groupes de sites». On peut aussi envisager dexaminer la rotation des oiseaux deau qui fréquentent le site en période de migration pour obtenir un total cumulatif, si de telles données sont disponibles.
86. Voir aussi paragraphe 52 ci-dessus «Cadres internationaux complémentaires».
Critère 6: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle abrite, habituellement, 1% des individus dune population dune espèce ou sous-espèce doiseau deau.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
87. Que la Liste de Ramsar comprenne toutes les zones humides qui accueillent habituellement 1% ou plus dune population biogéographique dune espèce ou sous-espèce doiseaux deau.
Orientations:
88. Les Parties contractantes, lorsquelles étudient les sites candidats pour inscription sur la Liste de Ramsar au titre de ce critère, obtiendront la meilleure valeur pour la conservation en sélectionnant un ensemble de sites contenant des populations despèces ou de sous-espèces menacées au plan mondial. Voir aussi paragraphe 44 ci-dessus «La présence des espèces en perspectives» et paragraphe 52 ci-dessus «Cadres internationaux complémentaires». On peut aussi envisager dexaminer la rotation des oiseaux deau qui fréquentent le site en période de migration pour obtenir un total cumulatif, si de telles données sont disponibles.
89. Pour pouvoir, dans la mesure du possible, établir des comparaisons au niveau international, les Parties contractantes devraient utiliser les estimations internationales de populations et les seuils de 1% publiés et mis à jour tous les trois ans par Wetlands International comme base dévaluation des sites de la Liste de Ramsar au titre de ce critère. Comme y invite la Résolution VI.4, pour mieux appliquer ce critère, les Parties contractantes devraient non seulement fournir des données pour la mise à jour et la révision futures des estimations internationales de populations doiseaux deau, mais aussi soutenir la réalisation, au niveau national, des Comptages internationaux des oiseaux deau, organisés par Wetlands International, qui sont à la source dune bonne partie de ces données.
Critères spécifiques tenant compte des poissons
Critère 7: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle abrite une proportion importante de sous-espèces, espèces ou familles de poissons indigènes, dindividus à différents stades du cycle de vie, dinteractions interspécifiques et/ou de populations représentatives des avantages et/ou des valeurs des zones humides et contribue ainsi à la diversité biologique mondiale.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
90. Que la Liste de Ramsar comprenne les zones humides qui abritent une proportion importante de sous-espèces, espèces ou familles et populations de poissons indigènes.
Orientations:
91. Parmi les vertébrés associés aux zones humides, les poissons sont les plus abondants. Dans le monde entier, plus de 18 000 espèces de poissons résident dans les zones humides, pendant tout leur cycle de vie ou une partie de celui-ci.
92. Le Critère 7 indique quune zone humide peut être considérée comme un site dimportance internationale si elle possède une forte diversité de poissons, mollusques et crustacés. Il précise les différentes formes que peut adopter la diversité, y compris le nombre de taxons, les différents stades du cycle de vie, les interactions interspécifiques et la complexité des interactions entre les taxons concernés et le milieu extérieur. Les comptages despèces à eux seuls ne suffisent pas pour évaluer limportance dune zone humide particulière. En outre, les différents rôles écologiques que peuvent jouer les espèces à différents stades de leur cycle de vie doivent être pris en considération.
93. Dans cette conception de la diversité biologique, les niveaux élevés dendémisme et la biodisparité sont implicitement importants. De nombreuses zones humides se caractérisent par la nature hautement endémique de leur faune ichtyologique.
94. Il convient de tenir compte à bon escient du taux dendémisme pour distinguer les sites dimportance internationale. Si 10% au moins des poissons sont endémiques dune zone humide ou de zones humides situées dans un groupe naturel, le site devrait être considéré dimportance internationale mais labsence de poissons endémiques ne doit pas disqualifier un site sil a dautres caractéristiques importantes. Dans certaines zones humides, telles que les Grands Lacs africains, le lac Baïkal en Fédération de Russie, le lac Titicaca en Bolivie et au Pérou, les lacs de gouffres et de grottes dans les régions arides et les lacs se trouvant sur des îles, le taux dendémisme peut atteindre 90 à 100% mais 10% est un chiffre pratique, applicable à léchelle mondiale. Dans les régions où il ny a pas despèces de poissons endémiques, il convient dutiliser lendémisme de catégories génétiquement distinctes et infraspécifiques telles que les races géographiques.
95. Plus de 734 espèces de poissons sont menacées dextinction à léchelle mondiale et lon sait quau moins 92 ont disparu depuis 400 ans (Baillie et Groombridge 1996). La présence de poissons rares ou menacés est prévue dans le Critère 2.
96. Un important élément de la diversité biologique est la biodisparité, cest-à-dire la gamme des morphologies et des modes de reproduction dans une communauté. La biodisparité dune communauté de zones humides sera déterminée par la diversité et la prévisibilité des habitats dans le temps et dans lespace. En dautres termes, plus les habitats sont hétérogènes et imprévisibles, plus la biodisparité de la faune ichtyologique est grande. Par exemple, le lac Malawi, lac ancien et stable, possède plus de 600 espèces de poissons dont 92% sont des cichlidés incubés dans la bouche maternelle, mais il ne contient que peu de familles de poissons. Par contraste, les marais de lOkavango, au Botswana, plaine dinondation palustre qui fluctue entre des phases humides et sèches, nabritent que 60 espèces de poissons mais une variété beaucoup plus grande de morphologies et de modes de reproduction et de nombreuses familles de poissons; la biodisparité est donc beaucoup plus grande dans les marais de lOkavango (Bruton et Merron 1990). Il convient dutiliser des mesures et de la diversité biologique et de la biodisparité pour évaluer limportance internationale dune zone humide.
Critère 8: Une zone humide devrait être considérée comme un site dimportance internationale si elle sert de source dalimentation importante pour les poissons, de frayère, de zone dalevinage et/ou de voie de migration dont dépendent des stocks de poissons se trouvant dans la zone humide ou ailleurs.
But à long terme pour la Liste de Ramsar:
97. Que la Liste de Ramsar comprenne les zones humides qui servent de sources dalimentation importantes pour les poissons ou sont des frayères, des zones dalevinage et/ou sont situées sur leur voie de migration.
Orientations:
98. De nombreux poissons (mais aussi des crustacés) ont un cycle de vie complexe, des sites de frai, dalevinage et de nourrissage très distants les uns des autres et suivent de longues voies de migration entre ces sites. Il importe de conserver toutes ces régions qui sont essentielles pour lensemble du cycle de vie des poissons si lon veut maintenir les espèces ou les stocks de poissons. Les habitats peu profonds et productifs quoffrent les zones humides côtières (notamment les lagunes, les estuaires, les marais salés, les récifs rocheux proches de la côte et les pentes sableuses) servent de lieux de nourrissage et de frai ainsi que dalevinage pour les poissons qui ont leur stade adulte en eaux libres. Ces zones humides entretiennent donc des processus écologiques essentiels même si elles nabritent pas nécessairement elles-mêmes de grandes populations de poissons adultes.
99. En outre, de nombreux poissons des rivières, des marais ou des lacs fraient dans une partie de lécosystème et passent leur vie adulte dans dautres eaux intérieures ou dans la mer. Il nest pas rare que des poissons des lacs migrent le long de rivières pour se reproduire et que des poissons de rivières migrent vers laval pour se reproduire dans un lac ou un estuaire ou même, au-delà de lestuaire, dans la mer. De nombreux poissons des marais migrent des eaux profondes et plus permanentes vers des eaux peu profondes de régions temporairement inondées pour frayer. Les zones humides, même celles qui sont apparemment insignifiantes dans une partie dun système fluvial, peuvent donc être vitales pour le bon fonctionnement de vastes portions du réseau fluvial, en amont ou en aval de la zone humide.
100. Ces éléments ne sont donnés quà titre dorientation et ne préjugent en rien des droits des Parties contractantes à réglementer les pêcheries dans des zones humides spécifiques et/ou ailleurs.
Définition de «zone humide» au sens de la Convention de Ramsar et Système de classification des types de zones humides
Définition
La Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) définit le terme «zone humide» dans ses articles 1.1 et 2.1:
Article 1.1:
«Au sens de la présente Convention, les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou deaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où leau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues deau marine dont la profondeur à marée basse nexcède pas six mètres.»
Article 2.1: il précise que les zones humides peuvent
«inclure des zones de rives ou de côtes adjacentes à la zone humide et des îles ou des étendues deau marine dune profondeur supérieure à six mètres à marée basse, entourées par la zone humide».
Système Ramsar de classification des types de zones humides
Les codes correspondent au Système de classification des «types de zones humides» Ramsar approuvé par la Recommandation 4.7 et amendé par la Résolution VI.5 de la Conférence des Parties contractantes. Les catégories qui figurent ci-après sont destinées à fournir un cadre très large pour permettre une identification rapide des principaux habitats de zones humides représentés dans chaque site.
Zones humides marines/côtières
A -- Eaux marines peu profondes et permanentes, dans la plupart des cas dune profondeur inférieure à six mètres à marée basse; y compris baies marines et détroits.
B -- Lits marins aquatiques subtidaux; y compris lits de varech, herbiers marins, prairies marines tropicales.
C -- Récifs coralliens.
D -- Rivages marins rocheux; y compris îles rocheuses, falaises marines.
E -- Rivages de sable fin, grossier ou de galets; y compris bancs et langues de sable, îlots sableux, systèmes dunaires et dépressions intradunales humides.
F -- Eaux destuaires; eaux permanentes des estuaires et systèmes deltaïques estuariens.
G -- Vasières, bancs de sable ou de terre salée intertidaux.
H -- Marais intertidaux; y compris prés salés, schorres, marais salés levés, marais cotidaux saumâtres et deau douce.
I -- Zones humides boisées intertidales; y compris marécages à mangroves, marécages à palmiers nipa et forêts marécageuses cotidales deau douce.
J -- Lagunes côtières saumâtres/salées; y compris lagunes saumâtres à salées reliées à la mer par un chenal relativement étroit au moins.
K -- Lagunes côtières deau douce; y compris lagunes deltaïques deau douce.
Zk(a) Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, marins/côtiers
Zones humides continentales
L -- Deltas intérieurs permanents.
M -- Rivières/cours deau/ruisseaux permanents; y compris cascades.
N -- Rivières/cours deau/ruisseaux saisonniers/intermittents/irréguliers.
O -- Lacs deau douce permanents (plus de 8 hectares); y compris grands lacs de méandres.
P -- Lacs deau douce saisonniers/intermittents (plus de 8 hectares; y compris lacs des plaines dinondation).
Q -- Lacs salés/saumâtres/alcalins permanents.
R -- Lacs salés et étendues/saumâtres/alcalins saisonniers/intermittents.
Sp -- Mares/marais salins/saumâtres/alcalins permanents.
Ss -- Mares/marais salins/saumâtres/alcalins saisonniers/intermittents.
Tp -- Mares/marais deau douce permanents; étangs (moins de 8 hectares), marais et marécages sur sols inorganiques; avec végétation émergente détrempée durant la majeure partie de la saison de croissance au moins.
Ts -- Mares/marais deau douce saisonniers/intermittents sur sols inorganiques; y compris fondrières, marmites torrentielles, prairies inondées saisonnièrement, marais à laîches.
U -- Tourbières non boisées; y compris tourbières ouvertes ou couvertes de buissons, marécages, fagnes.
Va -- Zones humides alpines; y compris prairies alpines, eaux temporaires de la fonte des neiges.
Vt -- Zones humides de toundra; y compris mares de la toundra, eaux temporaires de la fonte des neiges.
W -- Zones humides dominées par des buissons; marécages à buissons, marécages deau douce dominés par des buissons, saulaies, aulnaies; sur sols inorganiques.
Xf -- Zones humides deau douce dominées par des arbres; y compris forêts marécageuses deau douce, forêts saisonnièrement inondées, marais boisés; sur sols inorganiques.
Xp -- Tourbières boisées; forêts marécageuses sur tourbière.
Y -- Sources deau douce; oasis.
Zg -- Zones humides géothermiques.
Zk (b) -- Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, continentaux.
Note: «plaine dinondation» est un terme général qui fait référence à un type de zone humide ou plus pouvant comprendre des exemples de R, Ss, Ts, W, Xf, Xp, entre autres. Certaines zones humides de plaines dinondation sont des prairies saisonnièrement inondées (y compris des prairies naturelles humides), des zones broussailleuses, des zones boisées et des forêts. Les zones humides de plaines dinondation ne figurent pas ici comme type spécifique de zone humide.
Zones humides «artificielles»
1 -- Étangs daquaculture (par ex. poissons, crevettes).
2 -- Étangs; y compris étangs agricoles, étangs pour le bétail, petits réservoirs; (généralement moins de 8 hectares).
3 -- Terres irriguées; y compris canaux dirrigation et rizières.
4 -- Terres agricoles saisonnièrement inondées.
5 -- Sites dexploitation du sel; marais salants, salines, etc.
6 -- Zones de stockage de leau; réservoirs/barrages/retenues de barrages/retenues deau; (généralement plus de 8 hectares).
7 -- Excavations; gravières/ballastières/glaisières; sablières, puits de mine.
8 -- Sites de traitement des eaux usées; y compris champs dépandage, étangs de sédimentation, bassins doxydation, etc.
9 -- Canaux et fossés de drainage, rigoles.
Zk(c) -- Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, artificiels
Lexique des termes utilisés dans le Cadre stratégique pour la Liste de Ramsar
abrite (Critères 2,3, 4, 5, 6 et 7 et 8) fournit un habitat; site dont on peut démontrer limportance pour une espèce ou un ensemble despèces à tout moment et qui, en conséquence, abrite cette ou ces espèce(s). Loccupation dun site nest pas nécessairement continue; elle peut dépendre de phénomènes naturels tels que des crues ou des conditions de sécheresse (locales).
avantages des zones humides (Critère 7) - services que les zones humides rendent à l'homme, par exemple: maîtrise des crues, épuration de l'eau de surface, alimentation en eau potable, poissons, plantes, matériaux de construction et eau pour le bétail, possibilité d'organiser des loisirs et éducation (voir aussi Résolution VI.1).
biodisparité (Orientations, Critères 7 et 8) toute la gamme des morphologies et des modes de reproduction que lon trouve dans une communauté. La biodisparité dune communauté des zones humides est déterminée par la diversité et le caractère prévisible de ses habitats dans le temps et dans lespace.
Communauté écologique menacée une communauté écologique qui risque de ne pas survivre à létat sauvage à moins que les circonstances et les facteurs qui menacent son existence, sa survie ou son évolution ne disparaissent.
Les critères définissant une communauté écologique menacée dextinction supposent que la communauté est soumise à des menaces actuelles et permanentes risquant de conduire à son extinction et se manifestant de lune ou plusieurs des façons suivantes:
i) diminution marquée de la distribution géographique. Une diminution marquée de la distribution est considérée comme un changement mesurable lorsque la distribution de la communauté écologique est réduite à moins de 10% de son ancienne distribution, ou que la superficie totale dont dispose la communauté écologique est inférieure à 10% de celle de son ancienne aire de distribution, ou que moins de 10% de laire occupée par la communauté écologique est fragmentée en portions dune taille suffisante pour que la communauté puisse continuer de persister pendant plus de 25 ans. Le chiffre de 10% nest pas nécessairement applicable à toutes les communautés, en particulier à celles qui, à lorigine, couvraient une superficie relativement grande;
ii) une modification marquée dans la structure de la communauté. La structure de la communauté comprend lidentité et le nombre des espèces qui constituent une communauté écologique, labondance relative et absolue de ces espèces et le nombre, le type et la force des processus biologiques et non biologiques qui sopèrent au sein de la communauté. Une modification marquée de la structure de la communauté est un changement mesurable lorsque labondance des espèces qui composent la communauté, les interactions non biologiques ou les interactions biologiques sont modifiées au point quil est improbable que la communauté écologique puisse être reconstituée en 25 ans;
iii) la disparition ou le déclin despèces indigènes réputées jouer un rôle principal dans la communauté. Ce critère renvoie à des espèces qui sont des éléments structurels importants dune communauté et qui jouent un rôle important dans les processus qui entretiennent la communauté ou jouent un rôle important dans celle-ci, par exemple les zostères, les nids de termites, le varech, les espèces darbres dominantes;
iv) une distribution géographique restreinte, de telle sorte que la communauté pourrait disparaître rapidement sous linfluence de processus menaçants. La distribution géographique restreinte doit être déterminée au niveau national;
v) des processus communautaires modifiés à tel point quune modification marquée de la structure de la communauté se produira. Les processus communautaires peuvent être non biologiques (par exemple, incendie, inondation, hydrologie modifiée, salinité, changement dans les matières nutritives) ou biologiques (par exemple, pollinisation, dispersion de graines, perturbation des sols par des vertébrés affectant la germination des plantes). Ce critère reconnaît que les processus écologiques, à savoir les régimes dincendie, les inondations, les dommages causés par les cyclones, sont importants pour le maintien dune communauté écologique et que la perturbation de ces processus peut entraîner le déclin de la communauté écologique.
communautés écologiques (Critère 2) tout groupe despèces naturellement présentes dans un même environnement, ayant des interactions les unes avec les autres, notamment par des relations de nourrissage et relativement indépendantes dautres groupes. Les communautés écologiques peuvent varier en taille et les plus grandes communautés peuvent contenir de plus petites communautés.
concernée (Critère 1) ladjectif appliqué à lexpression «région biogéographique» comme ici, renvoie à la régionalisation conçue par la Partie contractante concernée afin de fournir la démarche la plus scientifiquement rigoureuse possible.
conditions difficiles (Critère 4) conditions écologiques exceptionnellement hostiles à la survie des espèces végétales ou animales, comme, par exemple, des conditions climatiques extrêmes telles quune sécheresse prolongée, des inondations, un froid extrême, etc.
diversité biologique (Critères 3 et 7) la variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cela comprend la diversité au sein des espèces (diversité génétique) et entre espèces (diversité spécifique) ainsi que celle des écosystèmes (diversité écosystémique) et des processus écologiques.
espèce (Critères 2 & 4) - populations présentes de manière naturelle et qui se reproduisent ou sont capables de se reproduire entre elles à l'état sauvage. Au sens de ces Critères (entre autres), les sous-espèces sont également incluses.
espèce endémique (Orientations, Critère 7) espèce unique dans une région biogéographique, cest-à-dire quon ne la trouve nulle part ailleurs au monde. Un groupe de poissons peut être indigène dans un sous-continent et comprendre quelques espèces endémiques dune partie de ce sous-continent.
espèce indigène (Critère 7) une espèce qui est originaire et présente, à létat naturel, dans un pays particulier.
espèce introduite (non indigène) (Section IV, parag. 45) espèce qui nest pas originaire ou présente, à létat naturel, dans un pays particulier.
espèce menacée au plan mondial (Orientations, Critères 2, 5 et 6) espèce ou sous-espèce définie par les Groupes de spécialistes de la Commission UICN de la sauvegarde des espèces ou les Red Data Books comme étant Gravement menacée dextinction, Menacée dextinction ou Vulnérable. À noter, en particulier, que pour les taxons invertébrés, les Listes rouges de lUICN sont à la fois incomplètes et dynamiques, reflet de la mauvaise connaissance de létat, à léchelle mondiale, de nombreux taxons. Linterprétation des termes «vulnérable», «menacée dextinction» ou «gravement menacée dextinction» doit donc toujours se faire au niveau national, à la lumière des meilleures connaissances scientifiques disponibles sur létat des taxons concernés
famille (Critère 7) association de genres et despèces qui ont une origine phylogénétique commune, par exemple les pilchards, les sardines et les harengs de la famille des Clupéidés.
frayère (Critère 8) - partie d'une zone humide utilisée par les poissons, mollusques et crustacés par exemple harengs, aloses, flets, coques et nombreux poissons des zones humides d'eau douce pour leur parade nuptiale, l'accouplement, l'expulsion des gamètes, la fécondation des gamètes et/ou l'expulsion des ufs fécondés. La frayère peut faire partie du cours d'un fleuve, du lit d'un cours d'eau, de la zone aquatique intérieure ou profonde d'un lac, d'une plaine d'inondation, d'une mangrove, d'un marais salé, d'une roselière, d'un estuaire ou du littoral marin peu profond. L'apport d'eau douce par un fleuve peut fournir des conditions de frai convenables dans une zone marine adjacente.
gravement menacé dextinction (Critère 2) au sens établi par la Commission UICN de la sauvegarde des espèces. Un taxon est dit gravement menacé dextinction lorsquil est confronté à un risque dextinction à létat sauvage extrêmement élevé et à court terme, tel que défini par lun quelconque des critères (A à E) figurant à lAnnexe 3 de 1996 IUCN Red List of Threatened Animals (Baillie et Groombridge 1996), ou pour les plantes, par lun quelconque des critères (A à E) figurant à lAnnexe 1 de 1997 IUCN Red List of Threatened Plants (Walter et Gillett 1998). [Voir aussi «espèce menacée au plan mondial», plus haut].
habituellement (Critères 5 et 6) comme dans «abrite habituellement» une zone humide abrite habituellement une population doiseaux de taille donnée si:
i) le nombre requis doiseaux est attesté durant les deux tiers des saisons pour lesquelles on dispose de données adéquates, le nombre total de saisons nétant pas inférieur à trois; ou
ii) la moyenne du maxima des saisons dans lesquelles le site est dimportance internationale, mesurée pendant au moins cinq ans, atteint le niveau requis (les moyennes étant fondées sur trois ou quatre ans ne peuvent être citées que dans des évaluations provisoires).
Pour établir dans quelle mesure un site est «utilisé» à long terme par des oiseaux, il convient de tenir compte de la variabilité naturelle des niveaux de population, notamment par rapport aux besoins écologiques des populations présentes. Ainsi, dans certaines situations (par exemple, sites importants en tant que refuges contre la sécheresse ou un temps froid ou zones humides temporaires dans des régions semi-arides ou arides qui peuvent varier considérablement en étendue dune année à lautre), la simple moyenne arithmétique du nombre doiseaux utilisant un site pendant plusieurs années peut ne pas refléter fidèlement la véritable importance écologique du site. Un site peut être dimportance cruciale à certains moments («goulot détranglement écologique») mais accueillir des nombres inférieurs en dautres temps. Dans de tels cas, il importe dinterpréter les données sur une période de temps appropriée afin de garantir une évaluation fiable de limportance dun site.
Dans certains cas, cependant, pour des espèces présentes dans des régions très reculées ou qui sont particulièrement rares ou lorsque la capacité nationale dentreprendre des études est soumise à des contraintes particulières, les sites peuvent être considérés comme importants sur la base de comptages moins nombreux. Pour certains pays ou sites, où lon dispose de très peu dinformations, des comptages uniques peuvent aider à établir limportance relative du site pour une espèce.
Les données du Comptage international des oiseaux deau rassemblées par Wetlands International sont une référence clé.
importantes (But à long terme, Critère 2) zones humides dont la protection renforcera la viabilité locale et en conséquence, mondiale à long terme despèces ou de communautés écologiques.
interaction interspécifique (Critère 7) - échange d'informations ou d'énergie entre espèces qui ont un intérêt ou une importance particulière, par exemple la symbiose, le commensalisme, le mutualisme, la reproduction en commun, le comportement du coucou, les soins parentaux avancés, la chasse sociale, des rapports prédateur-proie inhabituels, le parasitisme et l'hyperparasitisme. Les interactions interspécifiques ont lieu dans tous les écosystèmes mais sont particulièrement développées dans les communautés climaciques riches en espèces telles que les récifs coralliens et les lacs anciens où elles sont un facteur important de la diversité biologique.
karst (section IV.1) paysage formé sur une roche soluble avec un drainage souterrain efficace. Le karst se caractérise par des grottes, des dolines, une absence de drainage de surface et se forme essentiellement mais pas exclusivement dans des calcaires. Le mot «karst» vient du slave «kras» et désigne, à lorigine, une région des Balkans qui est le modèle même du paysage dit «karstique». Dans le karst tempéré, les formes de relief dominantes sont les dolines. Les karsts tropicaux offrent des paysages extravagants: karsts à pinacles, à pitons et à tourelles tandis que sous climat froid, on trouve le fluviokarst et le karst glaciaire. À lorigine, le terme «kras» sappliquait, en slovène, à un sol pierreux et dénudé.
Le sous-paragraphe qui suit concerne le karst.
Aquiclude: formation rocheuse relativement peu perméable à leau qui constitue le substratum dune nappe aquifère.
Aquifère, nappe ou couche aquifère: formation géologique suffisamment perméable pour emmagasiner leau, permettre son écoulement et alimenter des puits et des sources.
Aquitard: roche plutôt imperméable, qui retarde mais nempêche pas totalement lécoulement de leau vers ou depuis un aquifère.
Aven: puits naturel vertical ou système de grottes creusé par les eaux dinfiltration dans des terrains calcaires. Voir gouffre, ponor
Carbonate de calcium: composé chimique naturel très commun, qui est la composante chimique principale des roches carbonatées telles que le calcaire et le marbre. Formule chimique CaCO3 .
Caverne: voir Grotte.
Concrétions cavernicoles: voir spéléothème.
Conduite: cavité plus ou moins grande, formée par dissolution chimique, comprenant des fissures élargies et des galeries tubulaires; le terme est parfois réservé à des cavités entièrement inondées (conduite forcée).
Corrosion: érosion chimique de la roche par dissolution.
Doline: dépression circulaire fermée, souvent à fond plat. Elle peut avoir une forme en soucoupe mais plus souvent en entonnoir ou circulaire. Les dolines se forment par dissolution ou par effondrement ou encore par une combinaison des deux processus. Élément commun dans les paysages karstiques, les dolines peuvent toutefois se former dans nimporte quelle roche soluble; les dolines de subsidence se forment par effondrement ou par lessivage dune roche insoluble qui surplombe une roche de calcaire caverneux. Les plus grandes dolines de Slovénie, celle de Smrekova draga par exemple, mesurent plus de 1 km de large et ont une profondeur de plus de 100 mètres.
Drainage allogène: drainage karstique qui provient deau de ruissellement de surface sécoulant sur des roches adjacentes peu perméables. On emploie aussi le terme drainage allochtone.
Drainage autogène: drainage karstique qui provient exclusivement de labsorption deau dorigine météorique. On emploie aussi le terme drainage autochtone.
Eau de percolation: eau qui passe lentement à travers les fissures dune roche calcaire. Elle sécoule verticalement à travers le sol avant de sinfiltrer dans la roche fissurée. Leau de percolation constitue la majeure partie de leau contenue dans un aquifère calcaire et ne réagit que lentement à linondation par comparaison à leau dune doline.
Eau souterraine: eau qui se trouve en dessous de la nappe souterraine libre, cest-à-dire dans la zone de saturation.
Effondrement: émiettement, décomposition dune roche.
Émergence: toute issue par laquelle leau souterraine réapparaît en surface. On distingue les émergences en exsurgence et en résurgence. Voir Source.
Émergence vauclusienne: type démergence ou de source ayant un drainage direct deau depuis la nappe phréatique vers la surface grâce à une circulation deau sous pression le long de fentes et de grottes inondées. Le qualificatif « vauclusienne » a été donné à ce type démergence pour rappeler la Fontaine de Vaucluse, située dans le sud de la France, qui a un débit moyen de 26 m3 par seconde. Le puits, vertical, a une profondeur de 243 mètres. Le débit deau varie saisonnièrement.
Encaissement: enfoncement dun cours deau dû à lérosion et qui donne naissance à un canyon.
Estavelle: ouverture (puits) qui peut être un aven (voir ce mot) ou une source selon le niveau deau de la nappe phréatique.
Exsurgence: source karstique dont leau ne provient pas dune perte, mais de condensations et dinfiltrations cavernicoles. Voir aussi Émergence, Résurgence)
Galerie: toute partie dune grotte ou lon peut passer, ce terme est généralement réservé a des sections horizontales plutôt que verticales. Les galeries sont très variées du point de vue de la taille et de la forme. La plus grande est celle de «Deer Cave» dans le karst Mulu du Sarawak (Indonésie) qui mesure 170 m de large et 120 m de haut.
Glacière: grotte ou caverne où lon trouve de la neige et de la glace permanentes.
Gouffre: cavité naturelle verticale formée depuis la surface ou depuis une grotte, segment vertical dune galerie. Voir Aven.
Gour: 1. bassin naturel rempli deau, formé par des barrières naturelles de calcite. 2. Concrétion calcaire formant un barrage dans les rivières souterraines peut atteindre plusieurs mètres de haut. Des gours de travertin peuvent aussi se former à lair libre.
Gradient hydraulique ou gradient piézométrique ou charge hydraulique: différence de pression hydraulique entre deux points dun aquifère par unité de distance.
Grotte ou Caverne: Cavité ou ouverture naturelle dans le sol, suffisamment large pour permettre à un homme dy entrer. Cette définition ninclut pas les conduites et fissures qui peuvent jouer un rôle très important dans lécoulement souterrain de leau. Une grotte ou caverne peut être une cavité unique, un segment relativement court dune galerie, ou un ensemble étendu et complexe de galeries pouvant atteindre des centaines de kilomètres de long (par ex. Flint Mammoth Cave System). La plupart des grottes se forment par dissolution dans des masses de roches calcaires mais on trouve également des grottes dans le grès, la lave et la glace ainsi que des cavernes dites tectoniques. Dans certains pays une grotte est obligatoirement une cavité horizontale; par opposition aux ouvertures verticales appelées puits ou avens.
Grotte de gypse: le gypse est très soluble dans leau et des cavernes vadoses ou phréatiques peuvent se former facilement dans le gypse. Les plus grandes grottes de ce type se trouvent dans la région de Podolie en Ukraine, où la grotte Optimisticeskaja compte 180 km de galeries.
Grotte inondée: grotte qui se forme au-dessous de la nappe phréatique, où toutes les cavités sont remplies deau dans la zone de saturation. Les grottes inondées peuvent comprendre des boucles bien au-dessous de la nappe phréatique.
Grotte vadose: grotte formée principalement au-dessus de la nappe phréatique, dans la zone vadose, et caractérisée par un écoulement deau sous laction de la force gravitationnelle. En conséquence, tous les passages et grottes vadoses ont un écoulement vers le bas, sont situés dans le secteur damont dune nappe aquifère karstique et alimentent la nappe phréatique ou des émergences ou sources situées en aval.
Gypse: roche composé de sulfate de calcium hydraté, CaSO4 .2H20.
Halocline: interface entre des eaux souterraines douces et salées.
Inondation par reflux: inondation due a un rétrécissement dans une conduite principale entraînant un reflux deau.
Jaillissement artésien: écoulement deau sous pression hydrostatique dans un aquifère confiné, où la nappe aquifère est entièrement saturée.
Karst salin: relief karstique formé sur du sel gemme ou des roches riches en sel gemme.
Lac souterrain: il peut sagir de lentrée dun puits, ou dans des cavernes vadoses, dun lac formé derrière une barrière de sédiments ou derrière un gour.
Lentille deau douce: eau douce souterraine que lon trouve en dessous dîles perméables de calcaire ou de terres péninsulaires. La lentille deau douce est limitée, au-dessus, par la nappe aquifère et au-dessous par une zone de mélange entre les eaux souterraines douces et salées le long de lhalocline.
Météorique (eau): eau dorigine atmosphérique.
Mondmilch: dépôt cavernicole à fine granulométrie qui se présente comme un enduit blanchâtre composé essentiellement de calcite et daragonite, formé par précipitation chimique catalysée par des bactéries.
Nappe phréatique: partie supérieure dune masse deau souterraine qui remplit les pores et fissures dune masse rocheuse. Au-dessus se trouve la zone vadose à drainage libre et au-dessous, la zone de saturation. Il peut y avoir des conduites forcées au-dessus ou au-dessous de la nappe phréatique qui sont alors soit vadoses, soit phréatiques et qui nont, normalement, pas de liens avec la nappe phréatique. Le gradient piézométrique de la nappe phréatique (gradient hydraulique) est faible dans le calcaire, en raison de la grande perméabilité du calcaire et son niveau est régulé par des émergences ou par les caractéristiques géologiques locales. Un débit élevé crée un gradient hydraulique plus fort et des élévations du niveau deau à mesure que lon séloigne de la source. Dans la Grotte de la Luire, en France, le niveau deau, dans la grotte (et, en conséquence, dans la nappe phréatique locale) fluctue de 450m.
Niveau piézométrique: niveau deau dans un piézomètre. Il permet de mesurer la pression interstitielle dune nappe phréatique ou dun point dans le sol.
Perméabilité: capacité dune roche de permettre le passage de leau. La perméabilité peut être primaire (due à la présence dune porosité endogène étendue ou à des fractures tectoniques) ou secondaire (due à lélargissement des fissures par dissolution chimique menant à une perméabilité de type «conduite»).
Perte: lieu où un cours deau de surface, permanent ou temporaire, disparaît naturellement, en totalité ou partiellement, dans le sous-sol leau sécoule dans une grotte horizontale ou dans un puits vertical. Il convient de faire une distinction entre leau de percolation et leau qui sengouffre dans une perte et pénètre rapidement dans une grotte. Leau qui sinfiltre dans une grotte par un puits ou une perte est aussi appelée eau de ruissellement souterraine.
Plan de litage: microplissement, schistosité dans des roches sédimentaires.
Poljé: grande dépression karstique fermée, à fond plat souvent dorigine alluviale. Des rivières et des sources alimentent les poljés et leau sécoule par les ponors. Il arrive fréquemment que les poljés ne peuvent absorber les eaux de crue et, en conséquence, beaucoup deviennent des lacs saisonniers. La forme de certains poljés est liée à la structure géologique mais pour dautres, elle est uniquement le résultat dune dissolution latérale et de processus daplanissement.
Ponor: puits absorbant qui est une sorte de petit aven, souvent situé dans les dolines et où leau peut sengouffrer.
Pseudokarst: paysage qui possède des éléments karstiques mais qui nest pas formé par la dissolution du substratum rocheux.
Puits: 1. Cavité karstique naturelle, verticale ou très inclinée, mettant en communication les galeries souterraines et la surface. 2. Segment vertical dune galerie. Le puits le plus profond est celui du plateau de Kanin en Slovénie (643 mètres de profondeur sans aucune corniche).
Relictuel: qualifie une forme géomorphologique élaborée dans des conditions autres que celles qui règnent actuellement, une grotte relictuelle, par exemple.
Résurgence: réapparition en surface dune rivière souterraine.
Roche calcaire: toute roche sédimentaire contenant au moins 50% (par poids) de carbonate de calcium.
Roche carbonatée: formation ro