La
Convention sur les zones humides
Lignes directrices pour la Coopération internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar
"Lhomme
et les zones humides: un lien vital"
7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la
Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971)
San José, Costa Rica, 10 au 18 mai 1999
Lignes directrices pour la coopération internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar
(Annexe à la Résolution VII.19)
Mise en uvre de lArticle 5 de la Convention
§1. Introduction
§1.1 Interprétation de lArticle 5 de la Convention
§1.2 Orientations données dans les résolutions et recommandations précédentes de la Conférence des Parties contractantes
§1.3 Plan stratégique de la Convention Objectif général 7
§2. Justification des Lignes directrices relatives à la coopération internationale
§2.1 Gestion des zones humides et des bassins hydrographiques partagés
2.1.1 Zones humides transfrontières (internationales)
2.1.2 Bassins hydrographiques transfrontières (internationaux)§2.2 Gestion despèces partagées dépendant des zones humides
2.2.1 Les oiseaux deau migrateurs
2.2.2 Les autres espèces migratrices§2.3 Partenariat entre Ramsar et des conventions et organisations internationales/régionales de lenvironnement
2.3.1 Autres conventions mondiales relatives à lenvironnement
2.3.2 Conventions, organisations, accords régionaux du domaine de lenvironnement
2.3.3 Programmes et organisations internationaux§2.4 Échange de linformation et des connaissances spécialisées
2.4.1 Échange des connaissances
2.4.2 Formation
2.4.3 Jumelage ou réseaux de sites§2.5 Aide internationale en faveur de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides
2.5.1 Dans les fonds réservés à lenvironnement, augmenter la part consacrée aux zones humides
2.5.2 Faire en sorte que les stratégies sectorielles et les programmes de développement tiennent dûment compte des zones humides
2.5.3 Soutenir lintégration des questions relatives aux zones humides dans les plans daménagement nationaux
2.5.4 Améliorer les capacités des organismes daide au développement
2.5.5 Renforcer les capacités des gouvernements bénéficiaires
2.5.6 Renforcer la coopération entre les organismes daide au développement et avec les Autorités administratives Ramsar
§2.6 Prélèvement et commerce international durables de produits animaux et végétaux provenant des zones humides
2.6.1 Contrôle et surveillance du prélèvement
2.6.2 Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées dextinction (CITES)§2.7 Réglementation des investissements étrangers en vue de garantir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides
2.7.1 Études dimpact
2.7.2 Codes de conduite pour les intérêts étrangers
§1. Introduction
1. LArticle 5 de la Convention stipule: «Les Parties contractantes se consultent sur lexécution des obligations découlant de la Convention, particulièrement dans le cas dune zone humide sétendant sur les territoires de plus dune Partie contractante ou lorsquun bassin hydrographique est partagé entre plusieurs Parties contractantes. Elles sefforcent en même temps de coordonner et de soutenir leurs politiques et réglementations présentes et futures relatives à la conservation des zones humides, de leur flore et de leur faune.»
2. À la 6e Session de la Conférence des Parties contractantes, le Plan stratégique de la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) a été approuvé. LAction 7.3.4 du Plan donne instruction au Comité permanent et au Bureau Ramsar de: «Élaborer, en vue de leur examen lors dune séance technique de la COP7 (1999), des lignes directrices destinées aux parties contractantes sur les moyens de sacquitter de leurs obligations dans le domaine de la coopération internationale, notamment des obligations relatives aux organismes nationaux bailleurs de fonds apportant une aide qui pourrait affecter les zones humides des pays en développement.»
§1.1 Interprétation de lArticle 5 de la Convention
3. Dans ces lignes directrices, les hypothèses suivantes ont été adoptées en ce qui concerne linterprétation du texte de lArticle 5.
a) «Les Parties contractantes se consultent sur lexécution des obligations découlant de la Convention . . .» Il est supposé que le texte fait référence à toutes les obligations découlant du texte de la Convention, y compris mais non exclusivement, à lArticle 2.6 (conservation, gestion et utilisation rationnelle des oiseaux deau migrateurs), à lArticle 3.1 (planification et mise en uvre de lutilisation rationnelle), à lArticle 4.3 (promotion de la recherche, de léchange de données et des publications) et à lArticle 4.5 (promotion de la formation, de la gestion et de la surveillance).
b) «. . . particulièrement dans le cas dune zone humide sétendant sur les territoires de plus dune Partie contractante ou lorsquun bassin hydrographique est partagé entre plusieurs Parties contractantes». Il est supposé que le texte fait référence aux zones humides qui se trouvent de part et dautres de frontières nationales quelles soient dimportance internationale ou non ceci correspond à lArticle 3.1 et aux bassins hydrographiques qui traversent les frontières internationales, quils contiennent ou non des zones humides dimportance internationale.
c) «Elles sefforcent en même temps de coordonner et de soutenir leurs politiques et réglementations présentes et futures relatives à la conservation des zones humides, de leur flore et de leur faune.» Il est supposé que le texte fait référence à la coopération entre les Parties contractantes à propos, notamment, des espèces des zones humides communes à plusieurs pays, de laide bilatérale et multilatérale, du commerce despèces et de produits végétales et animales provenant des zones humides et des pratiques dinvestissement étranger.
§1.2 Orientations données dans les résolutions et recommandations précédentes de la Conférence des Parties contractantes
4. Les six premières sessions de la Conférence des Parties contractantes ont adopté plusieurs résolutions et recommandations donnant un avis sur certains aspects de la coopération internationale dans le cadre de la Convention. Il sagit de:
Résolutions
Recommandations
§1.3 Plan stratégique de la Convention Objectif général 7
5. Le Plan stratégique adopté à la sixième Session de la Conférence des Parties contractantes comprend lObjectif général 7 qui a trait à la coopération internationale. Cet Objectif général compte quatre objectifs opérationnels qui ont servi à choisir les thèmes traités dans les lignes directrices dans la section 2.
§2. Lignes directrices relatives à la coopération internationale
6. Les Parties contractantes sont priées dexaminer et dadopter, selon quil convient, les lignes directrices suivantes comme base de lapplication de lArticle 5 de la Convention.
§2.1 Gestion des zones humides et des bassins hydrographiques partagés
7. La Convention de Ramsar a toujours reconnu quune des obligations fondamentales des Parties contractantes, contenue dans lArticle 5, était la coopération en matière de gestion des «zones humides partagées». Le concept de zones humides partagées que lon nomme aujourdhui «zones humides internationales», est relativement simple car il sapplique aux zones humides se trouvant de part et dautre de frontières internationales. Autrefois, on encourageait surtout les Parties contractantes qui possédaient des zones humides partagées inscrites sur la Liste des zones humides dimportance internationale à coopérer à leur gestion mais lArticle 3.1 de la Convention indique très clairement que cette coopération devrait être étendue à toutes les zones humides partagées, quelles soient inscrites ou non sur la Liste de Ramsar.
8. Plus la Convention reconnaissait et répondait à la nécessité de gérer les zones humides dans le cadre leur bassin versant, plus linterprétation de la coopération internationale sélargissait pour inclure des situations où une zone humide appartenant à une Partie contractante se trouve dans le bassin versant dune autre Partie contractante et où les activités qui ont lieu dans les Parties contractantes situées dans le bassin versant peuvent entraîner des changements dans les caractéristiques écologiques de la zone humide en question. Sil sagit dun site Ramsar, il est possible que les Parties contractantes ne puissent respecter les obligations quelle a contractées en adhérant à la Convention, pour des raisons qui ne dépendent pas delles. Il faut aussi prendre en compte limpossibilité pour une Partie contractante qui se trouve en amont de faire face à un problème ayant des répercussions en aval.Une situation semblable peut se produire dans le cas de zones humides côtières, lorsque laction ou linaction dune Partie contractante peut avoir des répercussions négatives sur les zones humides dune autre Partie contractante. La pollution marine dorigine terrestre en est lexemple même.
9. En ce qui concerne les bassins hydrographiques partagés, les Parties contractantes devraient, selon quil convient, chercher à harmoniser lapplication de lArticle 5 de la Convention avec les obligations découlant dautres accords relatifs aux cours deau dont elles seraient signataires. Aux niveaux international et régional, il existe plus de 200 accords de ce type fournissant déjà une base juridique pour la coopération. Au niveau régional, la Convention sur la Protection et lutilisation des cours deau transfrontières et des lacs internationaux (Helsinki, 17 mars 1992) établit des principes et des règles importants fournissant une base complète à lélaboration de nouveaux accords.
10. Comme mentionné ci-dessus, un autre aspect de la gestion des zones humides et des bassins hydrographiques partagés est celui des espèces exotiques ou envahissantes. Pour les zones humides, qui chevauchent des frontières internationales, il est clair que tous les pays concernés ont la responsabilité de tout faire pour limiter la propagation des espèces envahissantes lorsquelles risquent davoir des effets négatifs. Cela vaut aussi pour les bassins hydrographiques partagés où il convient également de considérer comme une responsabilité, au titre des Lignes directrices de la Convention pour la coopération internationale, la prévention de lintroduction par leau dune espèce envahissante, depuis le territoire dune Partie contractante dans un pays limitrophe.
§2.1.1 Zones humides transfrontières (internationales)
11. Dans le cadre des présentes Lignes directrices pour la coopération internationale, les Parties contractantes sont priées didentifier tous les systèmes de zones humides (y compris ceux qui se trouvent dans la zone côtière) quelles partagent et de coopérer à leur gestion avec le(s) pays voisins. Cette coopération peut être étendue à des mesures de gestion conjointe officielles ou à la collaboration en matière délaboration et dapplication dun plan de gestion pour le site. Le rapport préparé par le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature (WCMC) et intitulé «Zones humides et bassins hydrographiques partagés dans le monde», tout en nétant pas une évaluation mondiale complète, apporte une base préliminaire pour lidentification de zones humides partagées. Il indique que sur les 955 sites Ramsar analysés, 92 (9,6% des sites) subissent peut-être des impacts provenant de pays voisins et pourraient donc bénéficier de mesures de gestion en coopération entre pays.
§2.1.2 Bassins hydrographiques transfrontières (internationaux)
12. De la même manière que les Parties contractantes sont priées didentifier des zones humides quelles partagent (internationales) puis de coopérer à leur gestion, elles sont censées rechercher une coopération semblable pour les bassins hydrographiques et les systèmes côtiers partagés (internationaux). Les pays qui partagent des bassins hydrographiques devraient envisager de mettre en place des commissions mixtes de gestion. Lexpérience a montré quil sagit dun mécanisme efficace de promotion de la coopération internationale pour la gestion des ressources deau qui tient compte des zones humides faisant partie de ces bassins hydrographiques. Comme indiqué au § 2.1.1 ci-dessus, le rapport du WCMC intitulé «Zones humides et bassins hydrographiques partagés dans le monde» fournit une base préliminaire pour lidentification de bassins hydrographiques internationaux afin daider les Parties contractantes qui entreprennent dappliquer cet élément des Lignes directrices. Le rapport indique que sur les 955 sites Ramsar examinés, 267 (28%) sont situés dans des bassins hydrographiques internationaux.
13. Pour les zones humides côtières partagées, les Parties contractantes sont priées délaborer des conventions de coopération sinscrivant dans les Programmes pour les mers régionales en vigueur et englobant le concept de Grands écosystèmes marins (GEM). Les Programmes pour les mers régionales fournissent un cadre juridique pour la coopération, avec une convention et des protocoles pertinents. Les Parties contractantes sont également encouragées à gérer les grands écosystèmes de zones humides (tels que les récifs coralliens et les vastes étendues de mangroves/récifs/herbiers marins) dans le contexte des GEM. Un des modèles de cette approche est le Récif de la Grande-Barrière en Australie. Il ne sagit pas dun site transfrontière (ce nest pas non plus un site Ramsar) mais cest un excellent exemple dutilisation rationnelle en action dont les Parties contractantes ayant à gérer des zones humides côtières partagées devraient sinspirer. À juste titre, ce modèle tient compte de la gestion des fleuves qui se déversent dans la zone dinfluence du système récifal et sefforce de contrôler les effets négatifs qui pourraient en résulter. Cest un point important dont il faut tenir compte dans le cas des systèmes de zones humides côtières partagées.
14. La création de commissions de gestion des bassins hydrographiques, ou de mécanismes de coopération équivalents pour les systèmes de zones humides côtières, nécessite souvent une aide spécialisée et impartiale de même que des ressources importantes. Les connaissances spécialisées peuvent venir dorganismes établis et la Convention de Ramsar devrait promouvoir et obtenir la participation de tels organismes lorsque cela semble nécessaire ou indispensable. Au lieu de créer de nouvelles institutions autonomes, les Parties contractantes peuvent recourir aux organisations existantes, créées à dautres fins ou associées à dautres conventions régionales ou internationales. La communauté des bailleurs de fonds doit également considérer la mise en place et le fonctionnement de commissions de gestion des bassins hydrographiques et des zones côtières comme une priorité, dans le cadre de ses programmes pour le développement durable.
Section A Lignes directrices relatives à la gestion des zones humides et des bassins hydrographiques partagés A1. Chaque Partie contractante est invitée à identifier tous les systèmes de zones humides quelle a en partage avec dautres Parties contractantes et de coopérer à leur gestion avec le(s) pays limitrophe(s), dans le cadre, par exemple, de commissions mixtes de gestion ou de lélaboration et de lapplication de plans de gestion pour les sites concernés. A2. Des efforts de coopération semblables devraient être déployés pour les bassins hydrographiques et les systèmes côtiers partagés ou internationaux dans le cadre de la mise en place de commissions de gestion bi- ou multilatérales. A3. Les Parties contractantes sont priées de collaborer étroitement avec les Programmes pour les mers régionales et autres conventions internationales et régionales pertinentes, en vue de promouvoir les principes dutilisation rationnelle de la Convention de Ramsar et de soutenir la mise en place de régimes de gestion équitables et durables pour les bassins hydrographiques et systèmes côtiers partagés. |
§2.2 Gestion des espèces «partagées» qui dépendent des zones humides
15. Depuis que la Convention de Ramsar existe, elle a fait de la coopération internationale en matière de gestion des espèces «partagées» une priorité. En réalité, les pays qui ont élaboré et adopté la Convention de Ramsar étaient essentiellement animés par le souci de promouvoir la coopération internationale en matière de conservation des oiseaux deau migrateurs. Aujourdhui, la Convention continue de promouvoir cet aspect de sa charte avec fermeté et, plus les connaissances relatives aux espèces migratrices senrichissent, plus il devient impératif que la Convention adopte une approche plus stratégique de la gestion des espèces «partagées». Il faut savoir que ce ne sont pas toujours les très grandes zones humides qui sont dimportance capitale pour la conservation des espèces migratrices; beaucoup de petites zones humides sont aussi des étapes vitales sur les voies de migration et sont importantes, collectivement, pour la conservation de la biodiversité. Il ne faut pas oublier, non plus, que toutes les espèces partagées ne sont pas des espèces migratrices. Certaines espèces non migratrices ont une aire de répartition limitée et résident dans les zones humides transfrontières ou dans des pays limitrophes. Pour celles-ci, la coopération en matière de gestion des zones humides, prônée à la section §2.1 ci-dessus, est dimportance critique.
16. La Convention de Ramsar et la Convention sur les espèces migratrices (CMS) ont signé un Protocole dentente qui reconnaît les liens étroits existant entre les deux traités. Dans le cadre de ce Protocole, la Convention de Ramsar est chargée de veiller à la protection et à la gestion adéquate des habitats dimportance critique pour les espèces migratrices menacées dextinction que la CMS a pour tâche de conserver dans le cadre daccords multilatéraux entre les États de laire de répartition. Le texte révisé des Critères Ramsar didentification des zones humides dimportance internationale (Résolution VII.11) avec leurs nouveaux objectifs sont aujourdhui clairement axés sur cet élément fondamental de la Vision pour les zones humides dimportance internationale.
17. Les connaissances sur la distribution et la biologie des espèces augmentant, nous avons commencé à comprendre que les «espèces partagées» ne sont pas seulement des oiseaux deau migrateurs très «visibles». Dans les milieux côtiers, il y a de nombreuses espèces qui migrent des tortues marines et certains stocks de poissons, par exemple. La Convention, en partenariat avec la CMS, doit désormais sintéresser à ces espèces, sans oublier ses clients traditionnels, les oiseaux deau.
18. Les motivations mêmes qui ont conduit à la signature de la Convention de Ramsar et de la CMS ont aussi joué un rôle dans lélaboration, en 1986, du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine. Il sagit dun accord signé entre les gouvernements du Canada, des États-Unis et du Mexique (signature en 1994). Dans le cadre du Plan, ces pays cherchent à reconstituer et sauvegarder des populations doiseaux deau en protégeant et en restaurant les habitats des zones humides dont ils dépendent, dans toute la région dAmérique du Nord. Comme pour Ramsar, la coopération internationale est une priorité du Plan depuis le début et les partenariats en matière de conservation quil a établis pour y parvenir, appelés «Projets conjoints», sont les images de marque du Plan. En encourageant ces trois pays à concevoir une approche de la conservation au niveau du paysage et du partenariat, le Plan noffre pas seulement des avantages à long terme à une large gamme despèces dépendant des zones humides mais sert aussi de modèle pour la coopération internationale, applicable dans dautres régions du monde. La conservation des oiseaux deau migrateurs dans la région Asie-Pacifique est encouragée en vertu de la «Stratégie de conservation des oiseaux deau migrateurs dAsie et du Pacifique: 1996-2000», grâce à la création de réseaux de réserves de limicoles migrateurs, de grues et dAnatidae (voir Recommandation 6.4). En outre, le réseau de réserves de limicoles de lhémisphère occidental a favorisé la conservation des limicoles dans les Amériques grâce à létablissement de partenariats locaux sur les sites.
§2.2.1 Les oiseaux deau migrateurs
19. Pour les oiseaux deau migrateurs, la Convention de Ramsar est chargée, dans le cadre de la coopération internationale, de faire reconnaître et gérer de manière adéquate et à jamais les habitats de zones humides importants qui se trouvent sur les voies de migration. La Liste Ramsar des zones humides dimportance internationale est linstrument dont dispose la Convention pour réaliser cet objectif. Les Parties contractantes devraient avoir pour priorité didentifier et de désigner tous les sites qui satisfont aux critères dinscription des zones humides sur la Liste de Ramsar tenant compte des oiseaux deau. Avec lélaboration et la mise en uvre de plans de gestion pour ces sites, la Convention apportera une contribution importante aux efforts mondiaux de conservation de ces espèces. Le concept de réseaux de sites (voir §2.4.3) devrait être encouragé plus vigoureusement par la Convention afin détablir des liens entre les gestionnaires de ces sites, dans le but de favoriser léchange dinformations et de promouvoir ladoption dobjectifs de conservation stratégiques plutôt que dobjectifs pour chaque site.
§2.2.2 Les autres espèces migratrices
20. Comme indiqué dans lintroduction de cette section sur les espèces partagées dépendant des zones humides, il est aujourdhui reconnu que la Convention de Ramsar devrait jouer un rôle plus actif en matière de protection et de gestion des habitats des zones humides pour beaucoup despèces autres que les oiseaux deau. Dans le cadre de la CMS, des mesures sont en cours afin délaborer des accords multilatéraux pour la conservation despèces telles que les tortues marines. La Convention de Ramsar pourrait contribuer, à cet égard, en inscrivant des habitats dimportance critique sur la Liste des zones humides dimportance internationale et en encourageant la mise en place de réseaux de sites. Comme pour les oiseaux deau migrateurs (voir §2.2.1), les critères didentification des zones humides dimportance internationale tenant compte des poissons, procurent une possibilité daction concertée entre les Parties contractantes pour faire en sorte que des régions dimportance critique, situées sur les voies de migration, soient inscrites et gérées comme il se doit.
Section B Lignes directrices relatives aux espèces partagées dépendant des zones humides B1. Les Parties contractantes devraient sefforcer, en priorité, didentifier et dinscrire tous les sites qui satisfont aux critères relatifs aux oiseaux deau sur La liste des zones humides dimportance internationale, puis délaborer et dappliquer des plans de gestion pour ces sites. Dans le contexte des présentes lignes directrices, ce point sapplique tout particulièrement aux sites partagés qui se trouvent sur les voies de migrations. De même, linscription et la gestion des habitats importants pour dautres espèces (comme les poissons) dépendant de zones humides communes à plusieurs Parties contractantes relèvent de la coopération internationale. B2. La Convention devrait promouvoir plus vigoureusement le concept de réseaux de sites pour des espèces partagées, tout en cherchant à établir des liens entre les administrateurs des sites concernés pour permettre léchange dinformations et dassistance technique et financière, selon les besoins. Ladoption dobjectifs de gestion stratégiques pour des réseaux dans leur ensemble et pour les populations despèces qui sy trouvent est cruciale. Les Parties contractantes devraient envisager la désignation de sites dans les réseaux internationaux pertinents (Réseau de Réserves doiseaux de rivage Asie de lEst-Australasie, Réseau de sites pour les grues dAsie du Nord-Est, Réseau de sites pour les Anatidae dAsie de lEst et Réseau de Réserves doiseaux de rivage de lhémisphère occidental). B3. La Convention cherchera également à obtenir lavis de la Convention sur les espèces migratrices en ce qui concerne les espèces dépendant des zones humides et soutiendra ses efforts en vue dencourager la mise au point daccords multilatéraux pour la conservation de telles espèces. B4. Les Parties contractantes sont priées dexaminer et dadopter, selon quil convient, des modèles régionaux tels que le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine et la Stratégie de conservation des oiseaux deau migrateurs de lAsie et du Pacifique 1996-2000, lorsquelles instaurent des accords multilatéraux pour la conservation despèces dépendant des zones humides. Le mieux serait que ces accords tiennent compte des modèles de partenariat adoptés par le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine et la Stratégie de conservation des oiseaux deau migrateurs de lAsie et du Pacifique 1996-2000 qui rassemblent tous les niveaux du gouvernement, des organisations non gouvernementales et le secteur privé. |
§2.3 Partenariat entre Ramsar et des conventions et organisations internationales / régionales de lenvironnement
21. Le Plan stratégique Ramsar 1997-2002 adopté en 1996, donne, dans son Objectif opérationnel 7.2, des orientations sur la coopération internationale avec des Conventions et organisations nationales et régionales de lenvironnement. Cet objectif fixe essentiellement des priorités pour la Convention en matière de coopération et de synergie avec ces conventions et organisations, en vue de promouvoir des objectifs et des buts communs. La Convention de Ramsar a également établi un partenariat unique avec plusieurs organisations internationales non gouvernementales (BirdLife International, UICN-Union mondiale pour la nature, le Fonds mondial pour la nature-WWF et Wetlands International) et cherche à élargir le nombre de ses partenaires, comme on le voit dans la Résolution VII.3. La coopération avec les Organisations internationales partenaires de la Convention permet daccélérer la mise en uvre de la Convention, du niveau international au niveau local.
§2.3.1 Autres conventions mondiales relatives à lenvironnement
22. LObjectif 7.2 du Plan stratégique Ramsar 1997-2002 et la Résolution VII.4 font référence à la coopération avec la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention du patrimoine mondial, le Programme pour lhomme et la biosphère, la CMS (voir §2.2 ci-dessus), la CITES (voir §2.6.2 ci-après), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la Convention sur la lutte contre la désertification. La Convention sur les zones humides a signé un Protocole de coopération avec la CDB et elles ont rédigé ensemble un Plan de travail conjoint dans lequel la Convention de Ramsar joue le rôle de chef de file en ce qui concerne les questions relatives aux zones humides du ressort de la CDB. Comme mentionné ci-dessus, un Protocole dentente existe également avec la CMS et dans le cadre des présentes lignes directrices (voir §2.2 ci-dessus) cet accord sera renforcé par des actions communes. Un Protocole de coopération a également été signé avec la Convention sur la lutte contre la désertification et un Mémorandum daccord avec la Convention du patrimoine mondial en décembre 1998 et en mai 1999, respectivement. La Convention de Ramsar continuera délaborer des arrangements semblables avec les autres Conventions internationales mentionnées et, dans ce cadre, à élaborer des plans de travail conjoint. La section §2.6.2 des présentes lignes directrices propose la base dune coopération immédiate avec la CITES.
23. Au niveau national, les Parties contractantes doivent veiller à harmoniser et intégrer, autant que possible, lapplication de toutes ces conventions. Outre les actions menées au niveau national, chaque Convention impose des obligations en matière de coopération internationale et, pour sacquitter de ces obligations, les Parties contractantes devraient chercher à coordonner leurs réponses. Ceci vaut, dans une plus ou moins grande mesure, pour toutes les actions proposées ici de sorte que ladoption dune approche intégrée devrait aboutir à un meilleur rapport coût-efficacité.
§2.3.2 Conventions, accords, organisations régionaux relatifs à lenvironnement
24. Comme elle la fait avec les Conventions internationales de lenvironnement, la Convention de Ramsar doit conclure des partenariats avec les conventions, accords et organisations régionaux pertinents. LAction 7.2.8 du Plan stratégique de la Convention de Ramsar identifie plusieurs conventions, accords et organismes régionaux de ce type, avec lesquels des actions en partenariat devraient être menées en priorité: notamment, le Programme régional océanien de lenvironnement, la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de lEurope et le Traité de coopération amazonienne. Il en ressortira des réponses beaucoup plus cohérentes qui permettront de relever les défis de lenvironnement et, en particulier, de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides. Un exemple daccord régional qui contribue énormément au renforcement de la coopération en matière de conservation et dutilisation rationnelle des zones humides est lInitiative pour les zones humides méditerranéennes (MedWet) à laquelle participent les pays du bassin méditerranéen (Résolution VII.22). Ce modèle devrait être promu par la Convention.
§2.3.3 Programmes et organisations internationaux
25. Il existe beaucoup de programmes et dorganisations internationaux avec lesquels la Convention de Ramsar devrait travailler en coopération plus étroite. Certains fonctionnent sous légide de lOrganisation des Nations Unies et de ses institutions spécialisées (Commission du développement durable, PNUD, PNUE, Organisation mondiale de la santé, etc.) et lélaboration dun protocole de coopération officiel entre la Convention de Ramsar et les programmes pertinents des Nations Unies sera étudiée. La section §2.5 examine en détail les relations que Ramsar devrait entretenir avec la communauté des bailleurs de fonds. Outre cela, il existe des organisations et programmes tels que lInternational Network of Basin Organizations et le Global Rivers Environmental Education Network qui pourraient apporter leurs compétences spécialisées aux Parties contractantes à la Convention de Ramsar et avec lesquels un partenariat de travail plus étroit serait clairement avantageux. Comme indiqué plus haut, la poursuite dactions en partenariat avec les Organisations internationales partenaires de la Convention (Résolution VII.3) est également dimportance critique. Il conviendrait de redoubler defforts à tous les niveaux pour renforcer le partenariat avec ces organisations. La Convention de Ramsar continuera à renforcer ses partenariats avec les autres conventions, accords et programmes internationaux et régionaux pertinents (comme elle la déjà fait avec la CDB, la CMS, la Convention sur la lutte contre la désertification et la Convention sur le Patrimoine mondial) et dans ce cadre, à mettre au point et à appliquer des programmes de travail communs.
Section C Lignes directrices relatives au partenariat avec des conventions et organisations internationales et régionales de lenvironnement C1. Au niveau national, les Parties contractantes doivent veiller à harmoniser, autant que possible, lapplication des conventions sur lenvironnement. Cela permettra dadopter une approche plus intégrée vis-à-vis des obligations internationales et régionales de coopération. C2. On étudiera la possibilité de conclure un protocole de coopération officiel entre la Convention de Ramsar et lOrganisation des Nations Unies. Par ailleurs, le Bureau de la Convention et les autorités administratives nationales Ramsar sont invités à envisager des partenariats avec les Organisations internationales partenaires de la Convention et avec dautres organismes pertinents tels que lInternational Network of Basin Organizations et le Global Rivers Environmental Education Network. |
§2.4 Échange de linformation et des connaissances spécialisées
§2.4.1 Échange des connaissances
26. Tous les pays possèdent des connaissances et des compétences spécialisées en matière de gestion des zones humides. Parfois, ce sont les populations autochtones qui en sont les dépositaires parce quelles dépendent des écosystèmes des zones humides depuis des générations et parce quelles les ont toujours utilisés de façon rationnelle. On estime aussi, généralement, que ceux qui vivent en association avec une zone humide ont acquis, parce quils font partie du même écosystème depuis longtemps, une connaissance qui leur permet de comprendre et de respecter les valeurs de la zone humide. Il y a aussi de nouvelles connaissances de pointe nées de la recherche et du développement de nouvelles technologies. Il peut sagir de recherches pratiques, déquipements sophistiqués ou de technologies peu coûteuses, ou encore de promouvoir de meilleures pratiques de gestion - par lapplication dune nouvelle science dans de nombreux domaines - que les administrateurs de zone humide doivent désormais adopter.
27. Pour accomplir sa mission générale, une des clés qui soffrent à la Convention de Ramsar consiste à trouver le moyen daugmenter léchange de ces connaissances. Dans le cadre du Programme dinformation de la Convention (Résolution VII.9), il est proposé de nommer, dans chaque Partie contractante, des correspondants pour la communication, léducation et la sensibilisation du public aux problèmes des zones humides et un correspondant qui serait chargés des questions relevant du Groupe dévaluation scientifique et technique (Résolution VII.2). Ces correspondants devraient former des réseaux mondiaux dexperts et évaluer les ressources nationales dans les deux domaines (connaissances traditionnelles et locales et résultats de la recherche actuelle/en coopération), dans le but de promouvoir léchange des connaissances. Il importe également que les correspondants, les Autorités administratives Ramsar et le Bureau Ramsar saisissent toutes les occasions de collaborer avec ceux qui participent à la mise en uvre dautres conventions afin dencourager un échange accéléré des connaissances. Le concept de centres nationaux ou régionaux de collecte des données gagne du terrain dans certaines régions du monde.
§2.4.2 Formation
28. Former les gens afin quils puissent appliquer pleinement la Convention et gérer les sites de zones humides reste une grande priorité. À léchelle mondiale, il existe différentes institutions qui assurent une formation dans les différents domaines. Pour la Convention, lenjeu consiste à fournir la bonne formation à ceux qui en ont besoin et qui le souhaitent. Le Bureau Ramsar a commencé à rassembler des informations à ce sujet dans le cadre de son «Répertoire des possibilités de formation en gestion des zones humides» aujourdhui accessible sur la page daccueil Ramsar, sur Internet. Toutefois, cela napporte pas les ressources nécessaires pour permettre aux gestionnaires des zones humides de participer à des programmes de formation ou pour organiser des programmes de formation dans les Parties contractantes qui en ont besoin de toute urgence. Une autre lacune vient de ce que très peu de pays ont procédé à des analyses pour déterminer leurs besoins prioritaires aux niveaux national, sous-national et local. Sans ces études sur les besoins de formation, le risque est que la formation apportée ou proposée ne soit pas adaptée.
29. Devant la nécessité de former des personnes à lapplication de tous les aspects de la Convention dans la région Asie-Pacifique, et compte tenu de labsence de mécanismes internationaux, il serait bon délaborer une initiative de formation pour lAsie-Pacifique, sur le modèle de lInitiative Wetlands for the Future conçue pour la Région néotropicale. Il serait utile, aux fins de cette initiative, de créer, dans la région Asie-Pacifique, un centre de coordination régional pour la formation relative aux zones humides.
30. Une des priorités, dans le cadre des Lignes directrices pour la coopération internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar consiste à mobiliser les ressources en faveur de la formation. Le jumelage et létablissement de réseaux de sites (voir §2.4.3 ci-après) sont des moyens de mobiliser les ressources pour la formation. Un autre moyen serait de contacter directement la communauté des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux (voir §2.5). Le Fonds Ramsar de petites subventions a choisi la formation comme priorité et, avec lappui généreux du gouvernement des États-Unis, le Bureau Ramsar gère lInitiative Wetlands for the Future qui porte sur les programmes de formation et de renforcement des capacités dans la Région néotropicale.
§2.4.3 Jumelage ou réseaux de sites
31. Dans le contexte de la Convention de Ramsar, le concept de jumelage entre des sites Ramsar de différentes Parties contractantes est encouragé comme moyen de promouvoir le dialogue et léchange dinformation. Les Rapports nationaux soumis en vue de la COP7 de Ramsar indiquent quà lheure actuelle, il y a moins que 25 sites jumelés par des Parties contractantes. La Convention encourage également le concept de réseaux de sites reliant des zones humides utilisées par des espèces migratrices.
32. Si lon en juge par le nombre daccords de jumelage existants, le potentiel de ce concept en tant quinstrument de promotion de la coopération internationale dans le cadre de la Convention na pas encore été totalement exploré et il serait bon den faire une priorité dans le cadre des présentes Lignes directrices. Les Parties contractantes devraient rechercher de tels arrangements en priorité; le jumelage et létablissement de réseaux devraient être conçus dans lintention déchanger informations, connaissances spécialisées et ressources entre les sites concernés. Ces mécanismes peuvent servir de cadre à léchange de personnel dans le but de la formation mais aussi de possibilités déchanger des connaissances sur les espèces et la gestion des sites.
33. Les jumelages et les réseaux de sites peuvent également être des moyens dapporter une aide au développement de manière ciblée, notamment dans les accords Nord-Sud entre les sites.
Section D Lignes directrices relatives à léchange de linformation et des connaissances spécialisées D1. Par lintermédiaire des correspondants pour la communication, léducation et la sensibilisation du public aux zones humides et pour les activités du Groupe dévaluation scientifique et technique, la Convention redoublera defforts pour favoriser léchange des connaissances (traditionnelles, autochtones et dérivées de technologies et de méthodes récemment mises au point) entre les Parties contractantes. Les correspondants en question devraient avoir pour priorité détablir des réseaux dexperts au niveau national en vue dassurer la collecte et la diffusion rapides de linformation. D2. La formation du personnel responsable de lapplication de la Convention et de tous les aspects de la gestion des zones humides reste une très haute priorité pour la Convention et devrait être encouragée par léchange dinformations (voir précédemment), en mobilisant les ressources de la communauté daide au développement, par des programmes tels que le Fonds Ramsar de petites subventions et Wetlands for the Future dans la Région néotropicale et par le jumelage et les réseaux de sites. Dautres Parties contractantes sont invitées à suivre les exemples existants de programmes de formation des gestionnaires des zones humides qui ont été couronnés de succès. D3. Avant dentreprendre quelque activité de formation que ce soit, il importe dévaluer les besoins de formation aux niveaux national, sous-national et local pour sassurer de la pertinence des activités de formation envisagées. D4. Les Parties contractantes sont priées de donner la priorité au jumelage et à létablissement de réseaux de sites comme moyen de promouvoir léchange dinformations entre les gestionnaires des sites, de fournir des possibilités de formation et, le cas échéant, de cibler laide au développement. |
§ 2.5 Aide internationale en faveur de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides
34. Il y a longtemps que les Parties contractantes à la Convention de Ramsar ont reconnu limportance de mobiliser laide internationale en faveur de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides. Cette préoccupation est dailleurs un élément central de la coopération internationale décrite à lArticle 5. La première Session de la Conférence des Parties contractantes, dans la Recommandation 1.2, demandait aux pays en développement «de donner dans toute demande et toute programmation daide une plus grande attention aux activités de conservation, et aux pays développés ainsi quaux organisations internationales daccorder une attention particulière à ces demandes dans leurs politiques daide au développement». Les sessions ultérieures de la Conférence des Parties contractantes ont approuvé au total neuf autres résolutions et recommandations (voir §1.2) appelant au renforcement du financement en faveur de la conservation et de la gestion améliorée des zones humides ainsi que du contrôle du financement de laide au développement.
35. Le Plan stratégique de la Convention de Ramsar, 1997-2002, dans ses Objectifs opérationnels 7.2, 7.3 et 7.4 apporte dautres orientations afin dintensifier les activités de coopération internationale et de mobiliser lassistance financière en faveur de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides, en collaboration avec dautres conventions et agences, gouvernementales et non gouvernementales.
§ 2.5.1 Dans les fonds réservés à lenvironnement, augmenter la part consacrée aux zones humides
36. Lappui que plusieurs organismes bilatéraux et multilatéraux daide au développement apportent à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides a augmenté régulièrement depuis cinq ans. Cette tendance résulte dune reconnaissance accrue des fonctions, valeurs et avantages des écosystèmes de zones humides et de leur importance pour la sécurité alimentaire et de leau, lallégement de la pauvreté et la conservation de la diversité biologique. Toutefois, il est préoccupant de constater que les budgets et la couverture géographique et thématique de certains organismes daide au développement ont considérablement rétréci dans la même période.
37. Compte tenu de limportance attestée des zones humides du point de vue environnemental, économique et social, les Parties contractantes et leurs organismes daide bilatérale au développement devraient avoir pour priorité, dans le contexte des Lignes directrices pour la coopération internationale, daugmenter, dans les fonds consacrés à lenvironnement notamment, la part attribuée à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides. Parallèlement, ces organismes sont invités à étudier et envisager la possibilité de financer la mise en place, dans les pays en développement, de mécanismes novateurs qui permettraient de générer des fonds, à long terme, pour les activités de conservation des zones humides, par exemple des fonds daffectation spéciale, des programmes de contribution utilisateur-payeur, etc.
38. Du point de vue de laide multilatérale, la Résolution VI.10 notait la pertinence des domaines daction du FEM du point de vue des zones humides et demande lélargissement et lapprofondissement de la coopération avec le FEM. Par la suite, la Convention sur la diversité biologique (CDB), dans la Décision IV/4 de la Quatrième réunion de la Conférence des Parties contractantes, en 1998, a invité instamment les Parties contractantes à solliciter lappui du FEM pour la conservation et lutilisation durable de la diversité biologique des écosystèmes aquatiques intérieurs. Les Parties contractantes admissibles devraient examiner la décision de la CDB en détail et préparer des propositions pertinentes pour les soumettre au FEM.
39. Les Parties contractantes, et les organismes daide au développement, sont également invités à prendre des engagements financiers à long terme en vue de soutenir les opérations du Fonds Ramsar de petites subventions pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (FPS). Lévaluation du FPS (Résolution VII.5) a prouvé la valeur et lefficacité du Fonds mais révélé que de nombreux projets admissibles chaque année ne peuvent être financés en raison de la modicité des ressources du FPS.
40. Conformément à lAction 7.3.3 du Plan stratégique Ramsar 1997-2002, les Parties contractantes devraient également organiser un suivi approprié des dépenses de leurs organismes bailleurs de fonds bilatéraux pour pouvoir décrire, à la Conférence des Parties contractantes, le niveau et le type dassistance fourni aux pays en développement et aux pays en transition pour les aider à sacquitter de leurs obligations découlant des dispositions de la Convention ainsi que lefficacité de cette assistance. À ce titre, il serait bon que lon introduise, si ce nest déjà fait, dans les bases de données servant au suivi des projets des organismes daide au développement, une catégorie concernant les questions de conservation des zones humides, aux fins détablissement des rapports.
§ 2.5.2 Faire en sorte que les stratégies sectorielles et les programmes de développement tiennent dûment compte des zones humides
41. Outre la question de la mobilisation des fonds, la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar a également examiné, à loccasion de sessions précédentes, les responsabilités des organismes daide au développement vis-à-vis des projets relatifs aux zones humides dont ils doivent tenir compte dans leurs stratégies et politiques sectorielles et plus générales. La Recommandation 3.4 priait les organismes daide au développement «délaborer et dadopter des politiques cohérentes relatives aux zones humides, axées sur lutilisation durable, la gestion rationnelle et la conservation de ces zones; et délaborer des programmes spéciaux sur les zones humides, à léchelle régionale, pour assurer lintégration de ces politiques dans toutes leurs activités».
42. Certes, il est clair que de grands progrès ont été accomplis dans lapplication de certains éléments de la Recommandation 3.4, notamment en ce qui concerne le recours aux études dimpact sur lenvironnement mais dautres aspects nont pas encore été pleinement appliqués. Une des priorités permanentes consiste à faire en sorte que les stratégies sectorielles et les programmes généraux des organismes daide au développement tiennent dûment compte des questions relatives aux zones humides. Certaines activités des secteurs de lagriculture, de la pêche, de leau, de la foresterie, des transports et de la production dénergie peuvent avoir des impacts sur les zones humides. Il est vital, en conséquence, que les stratégies et politiques régissant lattribution des ressources financières dans ces secteurs soient harmonisées avec le principe Ramsar dutilisation rationnelle et les présentes Lignes directrices pour la coopération internationale.
43. Les Parties contractantes qui ont des organismes daide au développement, en particulier, devraient faire en sorte que les mesures demandées dans les Recommandations 3.4 et 5.5 soient mises en uvre, à savoir «prendre les mesures voulues pour évaluer régulièrement leurs politiques» (Recommandation 3.4) et «revoir leurs politiques de coopération pour le développement à la lumière des obligations et possibilités, découlant de la Convention de Ramsar, et accorder leur soutien aux projets nationaux des pays en développement, afin de les aider à sacquitter des obligations quils ont contractées en adhérant à la Convention de Ramsar» (Recommandation 5.5). À cet égard, ces Parties contractantes devraient procéder à de tels examens en vue de déterminer dans quelle mesure les politiques relatives aux secteurs de lagriculture, de la pêche, de leau, de la foresterie, des transports et de la production dénergie tiennent dûment compte des principes de conservation et dutilisation rationnelle des zones humides prônés par la Convention de Ramsar et chercher à compléter ou modifier ces politiques, selon quil convient.
44. En procédant à ces examens des stratégies et politiques sectorielles de leurs organismes daide au développement, les Parties contractantes devraient aussi chercher à privilégier les projets qui appliquent les principes dutilisation rationnelle de la Convention dans le cadre dactivités de mise en valeur écologiquement avisée des zones humides telles que la foresterie ou la pêche durable, la restauration des zones humides, lécotourisme, la maîtrise non structurelle des crues, etc.
§ 2.5.3 Soutenir lintégration des questions relatives aux zones humides dans les plans daménagement nationaux
45. LArticle 3 de la Convention demande à toutes les Parties contractantes délaborer et dappliquer leurs plans daménagement de façon à favoriser la conservation des zones humides. Par lintermédiaire des Lignes directrices pour la mise en uvre du concept dutilisation rationnelle et les décisions connexes prises lors de différentes sessions de la Conférence des Parties contractantes, lélaboration de politiques ou de stratégies nationales pour les zones humides est reconnue comme lun des meilleurs moyens, peut-être, dintégrer les zones humides dans les programmes nationaux pour la conservation et le développement (Résolution VII.6 sur les Lignes directrices pour lélaboration et la mise en uvre de politiques nationales pour les zones humides).
46. De même, la Recommandation 3.4 priait les organismes daide au développement «duser de leur influence auprès des gouvernements emprunteurs ou bénéficiaires de laide pour promouvoir lélaboration et ladoption de politiques nationales dutilisation rationnelle et de conservation des zones humides» et cet appel devrait rester une priorité. Lélaboration de politiques pour les zones humides devrait également faire partie intégrante des plans nationaux daménagement plus généraux qui tiennent compte des questions sociales et du développement économique et les Parties contractantes sont encouragées à promouvoir de telles approches. Pour cela, une assistance sera peut-être nécessaire, soit par lintermédiaire dactivités de renforcement des capacités, soit directement pour incorporer les questions relatives à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides dans les politiques de développement sectorielles et dans les plans généraux de développement économique de chaque pays.
§ 2.5.4 Améliorer les capacités des organismes daide au développement
47. Lun des moyens daugmenter le nombre de projets relatifs aux zones humides soutenus par des organismes daide au développement consiste à mieux sensibiliser les responsables de la planification et les décideurs politiques de ces organisations aux nombreuses fonctions et aux nombreux avantages des zones humides. Le Programme dinformation de la Convention (Résolution VII.9) considère ces responsables comme un groupe cible prioritaire et les Parties contractantes sont invitées instamment à déployer des efforts pour assurer une formation adéquate et fournir des références aux principaux décideurs de leurs organismes daide au développement.
48. Dans ce domaine, une publication telle que les Lignes directrices de lOCDE sur laide et lenvironnement No 9: Lignes directrices établies à lintention des organismes daide pour une meilleure préservation et une utilisation durable des zones humides tropicales et subtropicales apporte déjà une certaine assistance. Toutefois, il faut encore améliorer la sensibilisation générale et la compréhension du personnel de ces organismes en prenant toute une série de mesures qui, pour beaucoup, sont mentionnées dans certaines décisions précédentes de la Conférence des Parties contractantes. Les mesures préconisées comprennent des programmes de formation au sein de lorganisme concerné ou à lextérieur en vue de «renforcer la compétence écologique des services concernés par lélaboration et lexécution du projet affectant les zones humides» (Recommandation 3.4), «améliorer les liens avec les Autorités administratives Ramsar de chaque pays» (Plan stratégique Action 7.4.2) et «inclure dans leurs délégations à la Conférence des Parties contractantes, des représentants des ministères responsables de lattribution ou de la réception de laide au développement» (Recommandation 5.5).
§ 2.5.5 Renforcer les capacités des gouvernements bénéficiaires
49. Ce sont en partie les capacités du pays bénéficiaire, du point de vue de lélaboration et de lapplication des projets, et sa volonté de donner la priorité aux projets relatifs aux zones humides lorsquil recherche une aide au développement qui déterminent la faculté de ce gouvernement de mobiliser laide au développement pour des projets relatifs aux zones humides. Cette question est complexe et doit être examinée cas par cas. Les limites peuvent être déterminées par des facteurs tels que labsence de ressources humaines ou labsence dexpérience en matière délaboration de projets et de négociation avec les organismes donateurs. Le fait de ne pas réussir à donner la priorité aux projets relatifs aux zones humides, au niveau du gouvernement national, est aussi une question complexe. Cela peut être le résultat dune absence de sensibilisation des décideurs aux valeurs réelles des zones humides ou de labsence dintégration des zones humides dans les affaires gouvernementales courantes au moyen de processus de planification intégrée, dune politique nationale pour les zones humides ou dun comité national Ramsar, par exemple.
50. La Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar, lors de sessions précédentes, a convenu que les organismes daide au développement devaient chercher à «renforcer les dispositions institutionnelles et la compétence écologique, tant au niveau national quà celui des autorités régionales chargées du développement dans les régions où sont exécutés les projets, en vue dappliquer ces politiques; et de former et éduquer le personnel au niveau de lexécution des projets» (Recommandation 3.4). Les éventuels pays bénéficiaires devraient se mettre en quête de possibilités de formation pour leur personnel afin dassurer à celui-ci les compétences nécessaires dans le domaine technique et en matière délaboration des projets. La Section §2.4 des présentes Lignes directrices sapplique ici. Les pays bénéficiaires sont en outre priés de rechercher des ressources auprès des donateurs en vue de lélaboration de politiques (ou autres) nationales pour les zones humides et pour la mise en uvre de programmes nationaux de communication, éducation et sensibilisation du public en faveur des zones humides harmonisés avec le Programme dinformation de la Convention (Résolution VII.9) Ces deux mesures devraient permettre de donner aux projets relatifs aux zones humides une plus grande priorité du point de vue de laide au financement.
§ 2.5.6 Renforcer la coopération entre les organismes daide au développement et avec les Autorités administratives Ramsar
51. La question de la conservation des zones humides et de leur utilisation durable prenant de plus en plus dimportance dans de nombreux pays en développement, les organismes daide au développement devraient «coordonner leurs programmes au niveau international, de sorte que leffet cumulatif de leurs activités individuelles nait pas de conséquences défavorables sur les zones humides» (Recommandation 3.4) et renforcer la coopération avec dautres organismes daide au développement afin déchanger lexpérience et déviter la redondance dans les activités, dans les pays bénéficiaires de laide.
52. La question du renforcement de la coopération entre lorganisme daide au développement et lAutorité administrative Ramsar dun pays donné a été reconnue, à la Section §2.5.4 ci-dessus, comme un aspect important du renforcement des capacités de lorganisme. Cette coopération est encouragée par lAction 7.4.2 du Plan stratégique 1997-2002. Les Parties contractantes sont invitées à élaborer un mécanisme officiel de concertation entre leur organisme daide au développement et leur Autorité administrative Ramsar et à faire en sorte quun représentant de lorganisme daide au développement siège au Comité national Ramsar, le cas échéant. La participation dun représentant de lorganisme daide au développement dans les délégations à la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar est également fortement conseillée (Recommandation 5.5).
Section E Lignes directrices relatives à laide internationale en faveur de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides E1. Une grande priorité constante de la Convention de Ramsar est que les Parties contractantes, et en particulier leurs organismes daide bilatérale au développement, augmentent leurs attributions à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides. E2. Les organismes daide bilatérale au développement sont priés détudier et denvisager de financer la mise en place, dans les pays en développement, de mécanismes novateurs en vue de générer des fonds, à long terme, pour les activités de conservation des zones humides, par exemple des fonds daffectation spéciale, des plans de contribution utilisateur-payeur, ainsi que dautres mesures dincitation à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides. E3. Les Parties contractantes à la Convention de Ramsar et à la Convention sur la diversité biologique (CDB) sont priées dexaminer la Décision IV/4 de la CDB et, au besoin, dappliquer ses indications concernant la demande dappui financier auprès du Fonds pour lenvironnement mondial pour des projets appropriés relatifs à la conservation et à lutilisation durable de la diversité biologique des écosystèmes aquatiques intérieurs. E4. Les Parties contractantes et les organismes daide au développement sont invités à prendre des engagements financiers à long terme en vue de soutenir les opérations du Fonds Ramsar de petites subventions pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (FPS) (Résolution VII.5). E5. Les Parties contractantes devraient aussi organiser le suivi approprié des dépenses de leurs organismes donateurs bilatéraux en vue de décrire à la 8e Session de la Conférence des Parties contractantes le niveau, le type et lefficacité de laide fournie aux pays en développement pour les aider à sacquitter de leurs obligations découlant des dispositions de la Convention de Ramsar. E6. Pour faire en sorte que les stratégies sectorielles et les programmes généraux des organismes daide au développement tiennent dûment compte des questions relatives aux zones humides, les Parties contractantes sont invitées à entreprendre des études afin de déterminer la mesure dans laquelle les principes Ramsar sont inscrits de manière adéquate dans les politiques des secteurs de lagriculture, de la pêche, de leau, de la foresterie, des transports et de la production dénergie et à chercher à compléter ou modifier ces politiques, selon quil convient. E7. Dans le cadre de leurs programmes daide bilatérale, et de leur participation à des programmes multilatéraux, les Parties contractantes devraient également privilégier des projets qui appliquent les principes dutilisation rationnelle de la Convention dans le contexte dactivités de mise en valeur écologiquement avisée des zones humides. E8. Comme il est indiqué dans les Lignes directrices pour la mise en uvre du concept dutilisation rationnelle, il importe que les Parties contractantes préparent un cadre politique national approprié pour appliquer la Convention et ce point devrait rester une priorité pour les pays qui cherchent à obtenir laide de bailleurs de fonds. La formulation de politiques pour les zones humides devrait également faire partie intégrante des plans daménagement nationaux généraux tenant compte des questions sociales et du développement économique (Résolution VII.6). E9. Le Programme dinformation de la Convention de Ramsar (Résolution VII.9) considère les décideurs clés des organismes daide au développement comme un groupe cible prioritaire et les Parties contractantes sont invitées à sefforcer de fournir à ces responsables la formation et les références qui conviennent. E10. Il faut encore améliorer la sensibilisation et la compréhension générale du personnel des organismes daide au développement aux fonctions et valeurs des zones humides. Les mesures préconisées comprennent des programmes de formation à lintérieur des institutions et à lextérieur, des liens resserrés avec lAutorité administrative Ramsar du pays et la participation de représentants dorganismes daide au développement dans les délégations aux sessions de la Conférence des Parties contractantes. E11. Les Parties contractantes devraient continuer à appliquer la Recommandation 3.4, selon laquelle les organismes daide au développement devraient chercher à «renforcer les dispositions institutionnelles et la compétence écologique, tant au niveau national quà celui des autorités régionales chargées du développement dans les régions où sont exécutées les projets, en vue dappliquer ces politiques». E12. Afin daugmenter les fonds attribués à des projets relatifs aux zones humides, les éventuels pays bénéficiaires sont encouragés, au besoin, à rechercher des possibilités de formation pour leur personnel afin que celui-ci dispose des compétences nécessaires du point de vue technique et en matière délaboration des projets. E13. Les pays bénéficiaires sont invités à solliciter des ressources auprès de donateurs pour lélaboration de politiques (ou autres) nationales pour les zones humides et pour la mise en uvre de programmes de communication, déducation et de sensibilisation du public aux zones humides harmonisés avec le Programme dinformation de la Convention (Résolution VII.9). Les deux mesures devraient servir à donner aux projets relatifs aux zones humides une plus grande priorité nationale du point de vue de la sollicitation des fonds de laide. E14. Les organismes daide au développement devraient «coordonner leurs programmes au niveau national, de sorte que leffet cumulatif de leurs activités individuelles nait pas de conséquences défavorables sur les zones humides» (Recommandation 3.4) et resserrer les liens de coopération avec dautres organismes daide au développement pour échanger lexpérience et éviter la redondance dans les activités, dans les pays bénéficiaires de laide. E15. Les Parties contractantes sont invitées à élaborer un mécanisme officiel de concertation entre leur organisme daide au développement et leur Autorité administrative Ramsar et à faire en sorte quun représentant de lorganisme daide au développement siège au Comité national Ramsar lorsquil en existe un. |
§2.6 Prélèvement et commerce international durables des produits animaux et végétaux provenant des zones humides
53. La Convention de Ramsar encourage la conservation et lutilisation rationnelle (durable) des zones humides et cela concerne également lutilisation des produits animaux et végétaux de ces zones humides. Au niveau local, le prélèvement de produits dans les sites Ramsar devrait être réglementé par un plan de gestion élaboré en consultation étroite avec les parties prenantes (Recommandation 6.13). LArticle 3.1 de la Convention invite également instamment les Parties contractantes à favoriser «autant que possible lutilisation rationnelle des zones humides de leur territoire».
54. Du point de vue de la coopération internationale dans le cadre de la Convention, le commerce des produits animaux et végétaux provenant des zones humides qui sétendent au-delà des frontières nationales devrait donc être réglementé pour garantir que le prélèvement soit durable. Lorsque le prélèvement a lieu dans un site Ramsar, la Partie contractante concernée a lobligation claire de veiller à ce que limpact du prélèvement ne menace ni naltère le caractère écologique du site. Ceci sapplique tout particulièrement aux sites transfrontières que se partagent deux Parties contractantes ou plus.
§2.6.1 Contrôle et surveillance du prélèvement
55. Les zones humides étant des écosystèmes extrêmement productifs, leurs produits naturels ont toujours été exploités. Dans le cadre de son concept dutilisation rationnelle, la Convention de Ramsar reconnaît que lexploitation doit se poursuivre à condition que la ressource reste disponible pour les générations futures. Les Parties contractantes ont différents moyens de faire en sorte que le prélèvement de produits animaux et végétaux dans les zones humides soit durable. Le cas particulier du commerce des espèces protégés ou menacées dextinction est considéré ci-après mais pour les autres espèces, les Parties contractantes sont encouragées à surveiller le commerce international et, lorsquil concerne des espèces prélevées dans des zones humides, à appliquer les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour obtenir que la prélèvement soit biologiquement durable. Dans certains cas, il est souhaitable que des mécanismes soient en place pour reverser les recettes de ce commerce aux activités de conservation et dutilisation rationnelle des zones humides. Il est fortement conseillé délaborer des plans de gestion pour les sites doù proviennent ces produits ainsi que des plans de gestion scientifiques pour les espèces.
56. Les Parties contractantes à la Convention de Ramsar ont également lobligation de veiller à ce que les produits animaux et végétaux prélevés dans des zones humides et qui entrent sur leur territoire en provenance dune autre Partie contractante sont récoltés de manière durable, notamment lorsque les espèces concernées figurent aux annexes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées dextinction (CITES) (voir ci-après). Le braconnage pratiqué par les citoyens dune Partie contractante sur le territoire dune autre Partie contractante est également contraire à lesprit de lArticle 5 de la Convention de Ramsar.
57. De nombreuses questions complexes sont associées à ce domaine et ne sont pas traitées ici de manière approfondie, notamment laccès aux ressources génétiques, la propriété de ces ressources et la bioprospection. Les Parties contractantes sont invitées instamment à consulter les correspondants pertinents, dans leurs pays, pour ces questions, afin délaborer une position nationale appropriée vis-à-vis des questions du commerce international des produits provenant des zones humides.
§2.6.2 Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées dextinction (CITES)
58. Les Parties contractantes à la Convention de Ramsar qui sont aussi Parties contractantes à la CITES ont des obligations qui découlent de cette dernière Convention et doivent veiller à ce que le commerce international des plantes et des animaux menacés dextinction ou susceptibles dêtre menacés dextinction ainsi que de certains de leurs produits soit réglementé et surveillé. Lorsquil sagit despèces provenant des zones humides, les Parties contractantes aux deux Conventions ont doublement lobligation de prendre les mesures nécessaires pour garantir que le prélèvement soit durable et conforme aux règlements CITES. Dans le cadre de la définition que donne Ramsar dune zone humide, cela sapplique à des espèces animales telles que les crocodiles, les tortues marines et deau douce (bien quaucune de ces espèces ne puisse faire lobjet déchanges commerciaux), les poissons, les coraux et un grand nombre de plantes provenant des zones humides qui ont des propriétés médicinales, ainsi quà certaines espèces darbres des tourbières.
59. Pour les espèces inscrites à lAnnexe I de la CITES, aucun commerce international nest autorisé et pour les espèces de lAnnexe II, les Parties contractantes ont lobligation de préparer des plans de gestion scientifiques des espèces et de réglementer et surveiller le commerce de leurs produits par des moyens législatifs et administratifs.
Section F Lignes directrices relatives au commerce des produits prélevés dans les zones humides F1. Les Parties contractantes sont priées dexaminer le commerce international des produits animaux et végétaux provenant des zones humides, quil soient exportés ou importés et, selon les besoins, de mettre en uvre les mesures juridiques, institutionnelles et administratives nécessaires pour exiger que le prélèvement soit durable et conforme aux règlements de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées dextinction et à dautres réglementations locales et accords internationaux pertinents. F2. Les Parties contractantes à la Convention de Ramsar qui sont aussi Parties contractantes à la CITES sont invitées à examiner leur commerce international de produits provenant des zones humides et, selon les besoins, à inscrire les espèces concernées aux annexes appropriées de la CITES. F3. Pour ce qui est des espèces provenant des zones humides et déjà inscrites à la CITES, les Parties contractantes devraient veiller à sacquitter de leurs obligations découlant de la CITES et dénoncer les violations au Bureau Ramsar. F4. Lorsque des spécimens despèces sont prélevés dans des sites Ramsar où dautres zones humides, les Parties contractantes sont invitées à tenir compte de cette activité dans le cadre de lélaboration de plans de gestion des zones humides en question, éventuellement en intégrant ces plans aux plans de gestion des espèces prônés par la CITES. F5. Les Autorités administratives de la Convention de Ramsar devraient coopérer avec les Organes de gestion et Autorités scientifiques de la CITES, notamment dans le cadre des actions mentionnées ci-dessus. F6. Pour élaborer des mesures nationales appropriées en matière de commerce international des produits provenant des zones humides, les Autorités administratives Ramsar sont invitées à consulter, non seulement les Organes de gestion et Autorités scientifiques de la CITES, mais aussi les correspondants pertinents de la Convention sur la diversité biologique et, en particulier, les responsables de questions telles que le biocommerce, lutilisation durable des ressources génétiques et la bioprospection. F7. Les Parties contractantes sont priées de faire en sorte que les questions de commerce international des produits provenant des zones humides soient examinées dans le contexte des Lignes directrices pour lélaboration et la mise en uvre de politiques nationales pour les zones humides (Résolution VII.6) et des Lignes directrices pour létude des lois et des institutions en vue de promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (Résolution VII.7). |
§2.7 Réglementation des investissements étrangers en vue de garantir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides
60. La réglementation des investissements étrangers est un droit souverain que respecte la Convention de Ramsar. Dans le cadre des présentes lignes directrices sur la coopération internationale, la Convention ne cherche pas à limiter de tels investissements ou à empêcher le développement économique mais simplement à fournir des avis aux Parties contractantes afin de les aider à éviter des activités financées par des investissements étrangers qui seraient contraires aux obligations découlant de la Convention. Il importe également de noter que les Parties contractantes ont la possibilité de réglementer les investissements étrangers afin de veiller à ce quils contribuent de manière positive à la durabilité à long terme de la ressource utilisée (voir § 2.7.2 ci-après).
§2.7.1 Études dimpact
61. Dans beaucoup de pays, les investissements étrangers sont réglementés par la loi mais dans beaucoup dautres, ce nest pas le cas. Lorsque les investissements étrangers financent des activités qui ont des répercussions sur les zones humides, les Parties contractantes ont clairement lobligation de demander une étude rigoureuse (environnementale, économique et sociale) des impacts potentiels tout comme elles le feraient pour des activités financées par des capitaux nationaux.
62. Dans le cadre de la Convention de Ramsar, les Parties contractantes sont invitées à mettre en place des pratiques détude dimpact appropriées qui peuvent éviter la destruction ou la dégradation des zones humides par des projets de développement. Lorsque de telles pratiques nexistent pas, leur introduction devrait être considérée comme hautement prioritaire. Du point de vue administratif, il importe également que les propositions de développement, quelles soient totalement financées à partir de capitaux internes ou partiellement à partir de capitaux internes ou totalement à partir dinvestissements étrangers soient soumises à des études dimpact.
§2.7.2 Codes de conduite pour les intérêts étrangers
63. Dans certains pays, les membres du secteur des affaires ont adopté des codes de conduite volontaires qui sappliquent également à leurs activités en tant quinvestisseurs étrangers. De tels codes sont promus par des organisations telles que le World Business Council for Sustainable Development et la Convention de Ramsar devrait approuver et promouvoir vigoureusement cette attitude responsable de certains secteurs qui avaient autrefois la réputation de détruire les zones humides. Les parties contractantes doivent insister davantage sur cet aspect de linvestissement étranger et même escompter que les investisseurs suivent de tels codes de conduite et soient à même de démontrer leur bonne foi en proposant des activités de développement écologiquement durable. Le Bureau Ramsar est chargé de rassembler et de diffuser des modèles tels que des codes de conduite afin que toutes les Parties contractantes puissent les examiner.
64. Comme indiqué ci-dessus, certains pays exigent maintenant des investisseurs étrangers (et dans certains cas, des investisseurs nationaux également) quils versent une caution environnementale ou une dotation semblable en appui à des activités qui visent à assurer la durabilité à long terme de la ressource utilisée. Par exemple, un investisseur étranger, dans le cadre des conditions dapprobation dun projet de mise en valeur relatif à une zone humide, peut être obligé détablir ou daider à maintenir un centre déducation communautaire qui peut servir de centre de formation pour les gestionnaires des zones humides, pour améliorer la sensibilisation aux valeurs de la zone humide et qui peut aussi apporter des avantages économiques aux communautés locales par lintermédiaire du tourisme, notamment. Dans de tels programmes, cependant, il faut prendre des mesures de sauvegarde pour sassurer que les agents locaux des investisseurs étrangers ne contournent pas ces obligations.
Section G Lignes directrices relatives à linvestissement étranger G1. Les Parties contractantes sont priées de mettre en place des pratiques appropriées détude dimpact qui peuvent éviter la destruction ou la dégradation des zones humides par des projets de développement. Du point de vue administratif, il est également essentiel que les projets de développement soient soumis à des études dimpact rigoureuses qui tiennent compte de toute la gamme des impacts (environnementaux, économiques et sociaux) possibles. G2. Pour les investisseurs étrangers, les Parties contractantes devraient promouvoir et encourager le concept de codes de conduite conçus pour faire en sorte que les activités de développement des sociétés concernées soient écologiquement durables. Le Bureau Ramsar est chargé de rassembler et de diffuser des modèles de codes de conduite pertinents. G3. Les Parties contractantes devraient aussi revoir leurs procédures dacceptation des projets de développement et envisager lintroduction de mécanismes pour reverser les recettes provenant des activités de développement à la gestion pratique des zones humides et autres activités garantissant la pérennité de ces zones humides. |
Pour
tout renseignement, contactez: Bureau de la Convention de Ramsar,
Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999 0170, fax +41 22 999
0169, e-mail
).
Publié le 28 juillet 1999, Dwight Peck, Ramsar.