La Convention sur les zones humides
Action 21 et la Convention de Ramsar sur les zones humides [2ème dossier]
[English version] [version en español]
Action 21 et la Convention de Ramsar sur les zones humides
Soumission au Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations Unies pour examen et évaluation de la mise en uvre dAction 21 et du Programme relatif à la poursuite de la mise en uvre dAction 21
[2ème dossier]
Section 3. Le rôle des principaux groupes
3.1 Introduction
60. Dans ses Chapitres 23-32, Action 21 insiste sur limportance de la participation de tous les groupes sociaux et stipule, en particulier, que «Lun des principaux éléments indispensables à la réalisation du développement durable est une large participation du public à la prise de décisions.» (Paragraphe 23.2).
61. Globalement, la Convention de Ramsar a encouragé et constaté un net renforcement de lengagement concret des populations locales vis-à-vis de la gestion des ressources de zones humides. Ce progrès sexplique par une prise de conscience grandissante de limportance des zones humides pour la santé et le bien-être communautaires (voir Section 4, ci-après), ainsi que du rôle essentiel des zones humides dans latténuation de la pauvreté et dans la sécurité alimentaire et de leau; par le développement des activités de vulgarisation et des centres déducation aux zones humides; par la multiplication des Comités nationaux Ramsar ou des Comités pour les zones humides de type intersectoriel; et enfin, par le niveau accru de participation et dintérêt des organisations non gouvernementales, internationales, nationales et locales (voir Section 3.4, ci-après).
62. Parmi les neuf principaux groupes traités en détail dans Action 21, cest probablement sur la catégorie élargie «communautés locales et populations autochtones», ainsi que sur les secteurs commerce et industrie, organisations non gouvernementales, et communauté scientifique et technique, que se sont concentrées les contributions essentielles de la Convention de Ramsar durant la décennie écoulée.
3.2 Les communautés locales et les populations autochtones
63. À la COP7 (1999) la Convention de Ramsar a adopté des Lignes directrices intitulées Mise en uvre et renforcement de la participation des communautés locales et des populations autochtones à la gestion des zones humides. Élaborées par un consortium dONG, ces lignes directrices tiennent compte des enseignements tirés de 23 études de cas et de trois ateliers régionaux, et ont bénéficié de la contribution directe de représentants de populations autochtones du monde entier.
64. Publiées dans le volume 5 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides (voir Section 1), ces lignes directrices visent à faciliter et à promouvoir la participation active des communautés locales à la conservation et lutilisation durable des zones humides, à travers les principaux groupes recensés dans Action 21.
65. Pour assurer le suivi de la mise en uvre de ces lignes directrices, lUICN-Union mondiale pour la nature et le WWF collaborent actuellement avec le Bureau Ramsar à létablissement dun mécanisme de soutien appelé Service de gestion participative en réseau. Ce Service facilitera la diffusion de linformation relative à la gestion participative, permettra de relier les réseaux existants et les institutions intéressées par cette question, et facilitera les échanges dexpériences fructueuses et diverses.
3.3 Le commerce et lindustrie
66. Les Rapports nationaux soumis à la COP7 de la Convention de Ramsar (1999) révèlent une certaine augmentation du soutien apporté par ce secteur à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides. Quarante-sept Parties ont fait état de la participation accrue du secteur privé à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides. Bien quelle concerne surtout les pays développés, où le parrainage local de la gestion avisée ou de la restauration des zones humides est en plein essor, cette tendance est néanmoins prometteuse.
67. Un exemple important de partenariat avec le secteur privé est celui qui a été établi par la Convention de Ramsar avec le Groupe Danone, une entreprise transnationale. Cette initiative, le «Projet Évian», est menée en coopération avec le Gouvernement français et la ville dÉvian. Comme le décrit lEncadré 11, cette initiative de parrainage permet de soutenir un large éventail dactivités de terrain, de renforcement des capacités et de sensibilisation dans diverses régions en développement. Sur le thème «Préserver les ressources hydrologiques et la qualité de leau», ce partenariat constitue un modèle de sensibilisation à limportance des zones humides associée à la garantie de la sécurité de leau pour lavenir.
3.4 Les organisations non gouvernementales
68. Le Chapitre 27 dAction 21 souligne le rôle essentiel des organisations non gouvernementales (ONG) pour ce qui est « de modeler et dappliquer la démocratie participative», et souligne que «Les organisations officieuses ou officielles de même que les mouvements au niveau des communautés devraient être reconnus comme partenaires dans lexécution dAction 21» (paragraphe 27.1).
Les Organisations internationales partenaires de Ramsar
69. Depuis son entrée en vigueur, la Convention de Ramsar collabore avec quatre ONG internationales partenaires BirdLife International, le Fonds mondial pour la nature (WWF), lUICN-Union mondiale pour la nature et Wetlands International. À la COP7 de Ramsar, en 1999, cette relation particulière a revêtu un caractère encore plus officiel par ladoption de la Résolution VII.3 qui établit le statut dOrganisation internationale partenaire de la Convention.
70. Ces ONG sont désormais des membres de plein droit du Groupe dévaluation scientifique et technique (GEST) et apportent un soutien inestimable au secrétariat de la Convention et aux Parties, par le biais de leurs réseaux régionaux et de leur savoir-faire respectifs. Dans nombre de pays, ces Organisations internationales partenaires apportent une contribution majeure à la mise en uvre de la Convention par leur participation active aux réunions dorganes tels que les Comités nationaux Ramsar et les Comités pour les zones humides, ou dans des enceintes équivalentes en rapport avec la diversité biologique ou le développement durable. Ces organisations constituent en fait des services dappoint pour la Convention, en aidant à renforcer les capacités et à trouver des fonds auprès de la communauté des donateurs.
Les autres ONG partenaires de Ramsar
71. La Convention de Ramsar a complété sa démarche axée sur les partenariats avec les ONG internationales et régionales en signant un Mémorandum daccord avec Eurosite en 1999, et un Mémorandum de coopération avec The Nature Conservancy (TNC) en 2000. Ces deux initiatives renforceront la collaboration et le soutien à la mise en uvre de la Convention par le biais des vastes réseaux de ces organisations. Eurosite, par exemple, est un réseau qui relie entre elles plus de 70 organisations de conservation qui, pour la plupart, gèrent des aires protégées situées à lintérieur de sites Ramsar en Europe, en utilisant les réseaux établis par Ramsar pour faciliter léchange bilatéral et multilatéral dinformation et les meilleures pratiques de gestion de la conservation.
72. La mission de TNC est de conserver des communautés végétales et animales naturelles représentant la diversité de la vie sur terre, en protégeant les sols et les eaux indispensables à leur survie. Fondé en 1951, TNC est un groupe international de conservation qui rassemble plus dun million de membres et qui a aidé à protéger plus de 5 millions dhectares dhabitats aux États-Unis et près de 30 millions dhectares au Canada, en Amérique latine, aux Antilles, en Asie et dans le Pacifique. Actuellement, TNC gère 1340 réserves qui forment le plus vaste réseau privé de sanctuaires naturels du monde. Son approche axée sur les résultats et la non-confrontation lui permet détablir des liens de partenariat avec des propriétaires fonciers, le secteur privé et les gouvernements. Son engagement à collaborer avec les communautés locales lui assure une présence sur le terrain dans le monde entier.
Les activités des ONG à léchelle nationale
73. À léchelle nationale, on constate une participation de plus en plus active des ONG aux travaux de la Convention de Ramsar durant la décennie écoulée. Les Rapports nationaux soumis par 90 Parties contractantes à la COP7 de Ramsar donnent les informations ci-après concernant la participation des ONG à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides:
a) pour 87 Parties: des ONG internationales, régionales ou nationales participent à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides;
b) pour 45 Parties: des dispositifs consultatifs sont en place permettant aux ONG de participer aux mécanismes nationaux de prise de décision et délaboration de politiques en rapport avec les zones humides;
c) pour 18 Parties: un représentant des ONG fait régulièrement ou occasionnellement partie de la délégation officielle aux COP de Ramsar;
d) pour 33 Parties: des ONG participent aux comités de gestion des sites Ramsar.
74. Ces chiffres ne font pas autorité mais donnent simplement une idée de la participation actuelle des ONG dans le domaine des zones humides. On constate que les zones humides ont acquis une importance primordiale pour les communautés, à linstar des emblématiques forêts pluviales et récifs coralliens (qui sont en fait des «zones humides» selon la définition Ramsar), et que lintérêt grandissant que les communautés portent à ces milieux sest traduit par la création de nombreuses ONG spécialisées dans le domaine des zones humides et des ressources en eau, surtout dans les pays développés.
75. Les organisations internationales partenaires de Ramsar ont redoublé deffort, notamment en encourageant la participation des ONG régionales et locales aux travaux de la Convention de Ramsar, en particulier concernant la formulation des politiques nationales et la bonne gestion locale de lenvironnement. Malgré ces signes encourageants, il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à une gestion participative digne de ce nom.
3.5 La communauté scientifique et technique
76. Le Chapitre 31 dAction 21 traite de la participation de la communauté scientifique et technique au dialogue, tant national quinternational, relatif au développement durable. Il souligne la nécessité dune interaction plus étroite entre les décideurs et la communauté scientifique et technique pour appliquer des stratégies de développement durable fondées sur les meilleures connaissances disponibles (paragraphe 31.2).
77. La Convention de Ramsar a pris un certain nombre de mesures relatives à ce domaine dactivité dAction 21, à savoir:
a) Létablissement dun Groupe d'évaluation scientifique et technique (GEST), organe indépendant, à vocation régionale, composé de 13 experts (plus des observateurs), élu par chaque Conférence des Parties, et qui, pendant lintersession, étudie les questions clés et, si nécessaire, prépare des orientations destinées aux Parties. La «Boîte à outils» Ramsar pour la conservation et lutilisation rationnelle rassemble nombre de travaux entrepris par le GEST ces six dernières années.
b) À la COP7 de Ramsar (1999), le GEST a accueilli des observateurs permanents [notamment les présidents des organes analogues de la Convention sur la diversité biologique, de la Convention sur les espèces migratrices et de la Convention sur la lutte contre la désertification (voir Section 8 pour de plus amples détails)], en vue de renforcer la collaboration entre les organes scientifiques et techniques de ces conventions. Le GEST compte aussi parmi ses membres permanents des représentants des Organisations internationales partenaires de la Convention, qui offrent un accès à leurs nombreux groupes dexperts et organes similaires. Le GEST compte en outre des observateurs de la Society of Wetland Scientists, de lAssociation internationale de limnologie, du Global Wetlands Economics Network, du International Mire Conservation Group, et de la Société internationale de la tourbe.
c) En vue de faciliter lapport dopinions dexperts de la part des Parties à la Convention, et daccélérer le flux dinformation entre le GEST et les experts nationaux et locaux, la COP7 de Ramsar a, en outre, créé la fonction de correspondant national pour le GEST. Désignés par chaque Partie contractante, ces correspondants, devraient assurer la liaison avec les membres régionaux du GEST et diffuser linformation à travers leurs réseaux scientifiques respectifs. On attend notamment de ces correspondants quils collaborent étroitement avec leurs homologues nationaux attachés à dautres conventions internationales et régionales relatives à lenvironnement.
d) En juin 1999, le Bureau Ramsar a signé un Mémorandum de coopération avec la Society of Wetland Scientists (SWS), qui compte plus de 4500 membres au Canada, aux États-Unis, au Mexique et dans une vingtaine dautres pays. À travers cet instrument, la SWS a établi le Cadre de soutien à Ramsar (Ramsar Support Framework), qui octroie des subventions annuelles à de «petits projets». La SWS jouit également dun statut dobservateur auprès du GEST, ce qui permet à la Convention de Ramsar davoir accès à ses vastes compétences.
e) La tenue à jour de la Banque de données Ramsar sur les sites de la Liste des zones humides dimportance internationale (où 1050 sites sont répertoriés à ce jour) incombe traditionnellement à Wetlands International, Organisation internationale partenaire de la Convention. Tout en maintenant cet arrangement, la Convention de Ramsar a signé en février 2000 un Mémorandum daccord tripartite avec Wetlands International et le Centre for International Earth Science Information Network (CIESIN), à lUniversité de Columbia, États-Unis, qui est en train daboutir à létablissement dun portail en ligne qui facilitera la diffusion de linformation sur les sites Ramsar. Cet outil très puissant, qui permet dinterroger et de manipuler des données spatiales et autres, permettra de procéder à des levés, des plans et des projections plus sophistiqués des modes doccupation des sols et des tendances démographiques en association avec les ressources des principales zones humides du monde.
f) Ramsar participe également (avec le PNUE, la Convention sur la diversité biologique, la Convention sur la lutte contre la désertification, et dautres organismes) à lÉvaluation des écosystèmes en début de millénaire. Le Secrétaire général de la Convention de Ramsar et le Président du GEST sont membres de la Commission chargée de ce projet.
78. Linventaire des zones humides est une priorité pour la Convention de Ramsar et pour le GEST. Tous les efforts déployés en vue daméliorer lapplication de la Convention de Ramsar et dAction 21 sont indéniablement ralentis par les lacunes de linventaire mondial des zones humides. Il est à espérer que lÉvaluation des écosystèmes en début de millénaire et lÉvaluation globale des eaux internationales feront progresser les inventaires nationaux des zones humides dans le monde entier.
79. À la COP7 (1999), seules 42 Parties ont annoncé quelles avaient terminé leur inventaire national des zones humides. Comme on le voit dans lEncadré 13, lexamen des données dinventaire des zones humides, effectué par Wetlands International, a révélé que ce problème constitue un obstacle sérieux à lapplication du principe dutilisation rationnelle et à ladoption dune approche systématique pour linscription de nouveaux sites Ramsar. Rio+10 doit reconnaître que cette faiblesse constitue aussi une entrave majeure à la mise en uvre dAction 21.
3.6 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
80. Les contributions de Ramsar à ce domaine dactivité dAction 21 peuvent se résumer comme suit:
a) soixante-douze Parties indiquent quelles encouragent la participation des acteurs locaux à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides;
b) ladoption de lignes directrices intitulées Mise en uvre et renforcement de la participation des communautés locales et des populations autochtones à la gestion des zones humides (volume 5 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides);
c) trente-trois Parties (42%) indiquent que les acteurs locaux sont représentés au sein des comités de gestion des sites Ramsar;
d) létablissement du Service de gestion participative en réseau;
e) le «Projet Évian» un exemple de partenariat entre une entreprise transnationale (le groupe Danone), une convention internationale (Ramsar), un gouvernement national (la France), une collectivité locale (la ville dÉvian) et une ONG (le FFEM);
f) quarante-sept Parties font état de lengagement croissant du secteur privé vis-à-vis de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides;
g) les partenariats solides et productifs établis avec les Organisations internationales partenaires de Ramsar BirdLife International, le Fonds mondial pour la nature (WWF International), lUICN-Union mondiale pour la nature et Wetlands International;
h) les nouveaux partenariats avec Eurosite et The Nature Conservancy (TNC);
i) lengagement grandissant des ONG vis-à-vis des zones humides 87 Parties en font état; 44 Parties ont mis en place des mécanismes de consultation entre les ONG et le gouvernement: 18 Parties ont inclus des représentants dONG dans leurs délégations officielles aux sessions de la Conférence des Parties à la Convention de Ramsar;
j) le Groupe dévaluation scientifique et technique - organe scientifique modeste mais néanmoins performant de Ramsar ainsi que le réseau de correspondants nationaux du GEST en voie détablissement;
k) les accords de partenariat passés avec la Society of Wetland Scientists et le Centre for International Earth Science Information Network (CIESIN) à lUniversité de Columbia, États-Unis;
l) la participation à lÉvaluation des écosystèmes en début de millénaire.
Rio+10: quels enjeux pour Ramsar?
81. Parmi les principaux enjeux pour la Convention de Ramsar dans ce domaine dactivité figurent:
a) continuer dencourager et de soutenir la participation active des acteurs locaux, régionaux, nationaux et internationaux des principaux groupes, à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides;
b) encourager la décentralisation de la gestion des écosystèmes au niveau le plus logique et le plus efficace possible, dans la plupart des cas, au niveau des bassins versants ou hydrographiques;
c) sefforcer tout particulièrement de mobiliser le soutien et la participation des principaux groupes du commerce et de lindustrie aux activités régionales et internationales de la Convention;
d) maintenir des liens de partenariat solides et productifs avec les Organisations internationales partenaires de la Convention (BirdLife International, UICN, Wetlands International et WWF), et rechercher des partenariats similaires avec dautres organisations internationales;
e) encourager et aider les Parties à adopter des mesures garantissant que les acteurs locaux, le secteur privé et dautres groupes seront dûment consultés et associés à la mise en uvre nationale de la Convention;
f) encourager la communauté scientifique à se mobiliser en fournissant des avis et des informations destinés à orienter la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides;
g) chercher à établir des liens opérationnels et des programmes de travail communs entre les organes scientifiques subsidiaires des conventions issues de la CNUED;
h) continuer à mettre au point des outils pour les inventaires des zones humides et à encourager toutes les Parties à rassembler et tenir des données complètes sur ces biens naturels;
i) mettre en uvre le Service de gestion participative en réseau proposé et, par ce biais, encourager les principaux groupes à renforcer leur participation à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides.
Examen des politiques et corrections de trajectoire recommandées en vue de Rio+10
82. Lexamen thématique relatif aux «Structures et institutions décisionnelles» (Section 2.6) a révélé lextrême lenteur des progrès réalisés dans le sens de la mise en place de structures de gouvernance intégrant pleinement les questions sociales, économiques et écologiques aux niveaux de létablissement des politiques, de la planification et de la gestion, et des propositions de corrections de trajectoire ont été faites pour remédier à ce problème. Lune de ces corrections de trajectoire propose que Rio+10 encourage la décentralisation ou la délégation de la prise de décision au niveau de gestion qui convient le mieux, comme le préconise lapproche par écosystème, mise au point dans le cadre de la CDB.
83. Lexpérience de nombreux pays montre que la gestion participative à l'échelle de l'écosystème qui convient le mieux est susceptible daméliorer considérablement lefficacité de la gestion des ressources naturelles, et daider à résoudre les problèmes déquité et daccès. Étant donné que lon reconnaît désormais que les zones humides sont un élément intrinsèque de lhydrologie de la planète, la Convention de Ramsar devrait, en priorité, encourager la mise en place de systèmes de gestion participative et de gestion intégrée des ressources en eau dans tous les bassins hydrographiques de la planète.
84. Rio+10 est invité à appuyer cet objectif et à rechercher les ressources nécessaires pour accélérer lintroduction de régimes de gestion participative, dabord dans les bassins hydrographiques qui subissent le plus de pressions et ensuite, dans tous les autres. Cet exercice sera dautant plus complexe que nombre de ces bassins sont transfrontières. Il existe aujourdhui, pour les bassins hydrographiques, de nombreuses commissions multipartites et autres instruments coopératifs, ce qui montre bien quil est possible de trouver des solutions, même pour les systèmes hydrographiques partagés qui sont souvent une pomme de discorde.
85. Pour ce qui est des principaux groupes, il semble que lon soit encore loin dassocier systématiquement toutes les parties qui sintéressent à la gestion des ressources naturelles. Lexpérience récente de Ramsar à cet égard montre que beaucoup de Parties contractantes nont pas encore établi de processus de consultation ouverts associant des représentants des principaux groupes à létablissement des politiques et à la planification relatives à la gestion des ressources naturelles, à léchelle nationale et, dans certains cas, locale.
86. Le commerce et lindustrie, les syndicats, les enfants et les jeunes, ou les agriculteurs ne sont, par exemple, pas encore suffisamment représentés aux réunions des Conférences des Parties à la CDB ou à Ramsar. Il importe de se demander pourquoi et si cest ainsi que lon espère parvenir au développement durable. De même, des organismes tels que lOrganisation mondiale du commerce devraient avoir davantage accès au savoir-faire et à linformation relatifs à la conservation et au développement durable. Il sagit-là de principes fondamentaux pour la mise en uvre dAction 21. Faute de rassembler tous les intérêts et de tenir compte dun échantillon véritablement représentatif de tous les points de vue, il nous faudra attendre longtemps encore avant de parvenir à lintégration des facteurs sociaux, économiques et écologiques.
87. Autre question prioritaire pour Rio+10: la qualité insuffisante des données dinventaire sur la société et lenvironnement. Comme la constaté Ramsar, faute de disposer de données de qualité pour étayer leur planification intégrée, les Parties doivent sen remettre pour lessentiel à des suppositions et des spéculations. Bien que lon puisse espérer que lÉvaluation des écosystèmes en début de millénaire et lÉvaluation globale des eaux internationales permettent, en partie du moins, de résoudre ce problème, il reste à trouver les moyens de faire parvenir cette information à ceux qui en ont besoin, et à leur donner les moyens de linterpréter et de lappliquer. Rio+10 doit reconnaître quil sagit-là dun des principaux obstacles actuels à la mise en uvre dAction 21 et quun effort concerté simpose à cet égard.
Encadré 9 La valeur culturelle des zones humides
|
Encadré 10 Systèmes de connaissance autochtones (SCA) Après des centaines, voire des milliers dannées de présence dans une région, les communautés autochtones ont souvent mis au point des pratiques complexes de gestion durable de leurs terres. Ces systèmes peuvent sembler très différents de ceux qui ont été conçus par la science occidentale mais ils complètent et améliorent parfois la gestion scientifique de la conservation, rendant celle-ci plus acceptable pour les communautés autochtones et locales. Les pratiques de gestion autochtones des terres ont souvent fait leurs preuves, peuvent être bon marché et donner des résultats proches des techniques occidentales. En outre, par le biais de sanctions religieuses ou spirituelles, elles sont parfois appliquées avec plus defficacité (Clay 1988). Les Tonda des savanes méridionales de Papouasie-Nouvelle-Guinée* et les Mayas de la province de Quintana Roo, au Mexique* ont mis au point diverses méthodes de gestion des ressources, importantes pour la conservation de la biodiversité et qui forment la base dune gestion plus informée, dans leurs régions respectives. 1. Le zonage de lespace: chez les Tonda, la coutume veut que la terre soit divisée, selon les caractéristiques de la végétation et les utilisations, en grande brousse, paysage de brousse ouvert, espaces ouverts ou clairières et marais saisonniers. Chez les Mayas, les forêts sont divisées selon le type de sol calcaire dont ils reconnaissent dix grandes catégories. Seules les quatre meilleures catégories servent à lagriculture itinérante toutes les autres servent à la cueillette des plantes et du bois ainsi quà la chasse, y compris les forêts saisonnièrement inondées et les herbages. Les zones humides permanentes servent à la pêche. 2. Zones à laccès limité: chez les Tonda, certaines zones sont interdites à toute la population ou à certaines parties de la population. Dans les grands et petits lieux historiques, laccès et lutilisation même pour la chasse sont généralement frappés dinterdiction stricte. Laccès dans les lieux dorigine, où lon pense quun clan ou un sous-clan a été créé, est souvent interdit ou soumis à lautorisation dun gardien. 3. Zones où les activités sont réglementées: chez les Tonda, dans les zones où laccès est limité, des règlements limitent aussi, en général, le prélèvement danimaux sauvages, la coupe du bois, le jardinage ou la cueillette de certaines plantes. Les anciens sites de villages ou de sépultures sont aussi des lieux importants où certaines activités telles que la construction et le jardinage sont interdites. Le plan de zonage maya se présente sous la forme dun gradient comprenant des zones réservées aux établissements, à lagriculture itinérante, à lexploitation du bois et à la gestion des forêts, à la chasse, à la pêche et à la cueillette de plantes et enfin, à la protection intégrale. Certaines parcelles vierges de la forêt sont protégées en tant que refuges des esprits de la forêt. 4. Réglementation périodique de la récolte: chez les Tonda, des saisons sont prévues pour la chasse ou la cueillette des plantes, sans doute dans le but dempêcher une surexploitation pendant les saisons difficiles ou pour des raisons rituelles. 5. Réglementation du prélèvement despèces: pour les Tonda, certaines espèces telles que le crocodile ou laigle sont des symboles totémiques et il peut être interdit de les chasser; en général des limites de taille sont imposées, traditionnellement, pour certaines espèces de la faune sauvage ou de poissons. 6. Contrôle du feu: chez les Tonda, comme chez les Mayas, le feu est un instrument de gestion largement utilisé. Toutefois, les raisons pour lesquelles on utilise le feu et les saisons où on peut le faire sont soumises à des règles traditionnelles. *Le texte intégral peut être téléchargé sur le site Web du Bureau de la Convention de Ramsar: http//ramsar.org/wurc_index.htm |
Tiré du volume 5 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides Mise en uvre et renforcement de la participation des communautés locales et des populations autochtones à la gestion des zones humides.
Encadré 11 Le projet Évian Préserver les ressources hydrologiques et la qualité de leau Au niveau mondial, le premier partenariat de Ramsar avec le secteur privé sest concrétisé en janvier 1998 lors de la signature dun protocole daccord entre la Convention et le groupe Danone, à qui appartient la Société des Eaux Minérales dÉvian, avec la coopération de la ville dÉvian et du Conservatoire de lespace littoral et des rivages lacustres et le soutien du Fonds français pour lenvironnement mondial. Le programme daction comporte six thèmes principaux: le transfert de savoir-faire; la formation; leau et la santé; les «Rencontres dÉvian»; lappui à la communication de Ramsar et un prix spécial Évian en espèces pour les Prix Ramsar pour la conservation des zones humides. Le programme est financé à hauteur de 13,5 millions de francs français, dont 4 millions de francs apportés par le groupe Danone, 5,5 millions par la ville dÉvian et 1,5 millions par le Fonds français, cette dernière contribution étant affectée à la mise en place dun centre dinformation et de communication à Évian dans le but de renforcer et promouvoir le programme daction. Dans le cadre de ce programme, des fonds ont été utilisés pour soutenir diverses activités étroitement liées au développement de la communication et de la sensibilisation. Trois «Rencontres» ont eu lieu dans la ville dÉvian, en France, afin daméliorer la sensibilisation aux politiques de conservation des zones humides chez les décideurs de haut niveau provenant de pays situés dans des régions considérées comme prioritaires au plan de la conservation - la région néotropicale, les pays africains francophones et lAsie de lOuest. Le thème «appui à la communication de Ramsar» a déjà permis aux autorités administratives Ramsar de 11 Parties contractantes de bénéficier dune aide financière pour faire face aux coûts liés à létablissement et au maintien dun lien Internet. Des fonds ont, en outre, été consacrés à la production de matériel dinformation de Ramsar en mandarin, et des versions en arabe et en farsi sont en cours de préparation. |
Encadré 12 Rétention et exportation des sédiments et des matières nutritives
|
Encadré 13 Inventaires et données LAction 6.1.3 du Plan stratégique de la Convention de Ramsar, adopté à la COP6 (Brisbane, Australie, 1996), vise à encourager les Parties contractantes à «Procéder, à partir de l'information contenue dans les répertoires régionaux des zones humides, les répertoires scientifiques nationaux des zones humides et d'autres sources, au dénombrement des ressources mondiales en zones humides pour obtenir l'information de base qui permettra d'évaluer les tendances en matière de conservation ou de disparition des zones humides». En réponse, le Bureau Ramsar, avec des fonds du Royaume-Uni, a passé un contrat avec Wetlands International pour la réalisation dune Étude mondiale des ressources en zones humides et priorités futures dinventaire des zones humides en vue de la COP7, et un résumé de cette étude a été soumis à cette session dans le document DOC. 19.3. Ce document est disponible sur le site Web du Bureau (http://ramsar.org/cop7_docs_index.htm). Létude complète, y compris le résumé présenté à la COP7, est disponible sur CD-ROM auprès de: Wetlands International, PO Box 471, 6700 AL Wageningen, Pays-Bas (courriel: icu@wetlands.agro.nl). Cette étude comporte des recommandations importantes qui sont reprises dans la Résolution VII.20 adoptée par la COP7. On notera, en particulier, les recommandations concernant les progrès à venir en matière dinventaire des zones humides, qui prient instamment la Convention de promouvoir des normes et pratiques internationales communes. LÉtude de Wetlands International relève également que lInitiative pour les zones humides méditerranéennes (MedWet) a mis au point une excellente «boîte à outils» facilement adaptable (LInventaire des zones humides méditerranéennes), qui pourrait aussi servir de base à une «boîte à outils» Ramsar. Bien que cette question soit actuellement étudiée de plus près par le GEST, tous ceux qui sont en train ou prévoient de procéder à un inventaire sont invités à envisager lutilisation de la «Boîte à outils» MedWet. The Mediterranean Wetland Inventory: A Reference Manual peut être obtenu auprès de Wetlands International, PO Box 7002, 6700 AL Wageningen, Pays-Bas, ou de lInstituto de Conservação da Natureza, Rua Filipe Folque, 46-30, 1050 Lisbonne, Portugal. Le rapport de Wetlands International insiste également sur les types de zones humides sur lesquels les données dinventaire sont clairement insuffisantes, et prie instamment les Parties contractantes de sintéresser en priorité à la Résolution VII.20 de la COP7. Du fait de la couverture incomplète des inventaires, nombre de ces types de zones humides sont insuffisamment représentés sur la Liste des zones humides dimportance internationale. Le Cadre stratégique et lignes directrices pour orienter lévolution de la Liste des zones humides dimportance internationale vise à combler cette lacune. Le paragraphe correspondant du Rapport (paragraphe 63) stipule ce qui suit: «Il convient également de se préoccuper activement de linventaire des habitats de zones humides prioritaires en donnant la priorité à ceux pour lesquels linformation est rare ou inexistante et ceux qui sont le plus menacés par la dégradation et la destruction. Daprès la présente étude, les habitats des zones humides prioritaires sont: les herbiers marins en Asie du Sud, dans le Pacifique Sud, en Amérique du Sud et dans certains régions dAfrique, ils sont de plus en plus menacés par la pollution, laménagement des zones côtières, les pratiques de pêche destructrices, les utilisations récréatives, etc.; les récifs coralliens sont une ressource de diversité biologique importante constamment menacée au plan mondial par la mise en valeur, le déboisement et la pollution des zones humides côtières et continentales; les marais salés et les étendues côtières ont généralement été négligés dans les inventaires des zones humides où il y a peu destimations de superficie et aucune «image» mondiale véritable. Toutefois, ils sont de plus en plus menacés dans le monde entier, en particulier en Afrique, en Asie et en Océanie, en raison de laménagement côtier; les mangroves pour lesquelles on dispose de meilleures cartes que pour les autres zones humides côtières et marines mais avec de graves incohérences. Il convient détablir des inventaires plus complets qui serviraient à mieux déterminer la disparition des mangroves qui se produit à un rythme alarmant dans bien des régions dAfrique, dAsie du Sud-Est et dOcéanie à cause de la déforestation, de lexondation des terres et de la mise en valeur pour laquaculture; les zones humides des régions arides sont généralement mal reportées sur les cartes malgré leur importance croissante face aux pressions de la démographie et de la demande deau. Par exemple, en Afrique et au Moyen-Orient, les pressions exercées par la demande deau ont entraîné la construction de nombreux grands barrages et des conflits de partage transfrontières de ressources deau limitées; les tourbières par comparaison avec les autres habitats des zones humides, elles font lobjet dexcellents relevés. Toutefois, elles sont menacées par le drainage pour lagriculture et le reboisement en particulier en Asie et dans certaines régions dEurope et dAmérique du Nord malgré le rôle important quelles jouent en tant que puits mondial pour le carbone et ressource économique; elles sont mal connues dans des régions tropicales telles que lAsie du Sud-Est; les rivières et cours deau sont gravement menacés par la pollution industrielle et domestique, le détournement de leau et la régulation des cours deau dans bien des régions du monde. On considère que les rivières et les cours deau sont généralement bien reportés sur les cartes, mais il reste difficile dobtenir des estimations de leur superficie ainsi que de létendue des marais, marécages, lacs de bras morts et lagunes associés; les zones humides artificielles de plus en plus importantes avec les réservoirs, les barrages, les salines, les rizières et les bassins daquaculture qui jouent un rôle essentiel dans de nombreuses régions, notamment en Asie, en Afrique et dans la Région néotropicale; les zones humides artificielles fournissent un habitat pour la faune sauvage et en particulier, les oiseaux migrateurs. Dans certaines circonstances, elles apportent de nombreuses valeurs et avantages à lhomme et peuvent compenser partiellement la perte et la dégradation des zones humides naturelles.» |
Section 4. Léducation, la sensibilisation du public, la formation et le renforcement des capacités
4.1 Introduction
88. Le Chapitre 36 dAction 21 fournit un cadre daction en matière déducation, de sensibilisation du public et de formation, et classe ces sujets en trois domaines dactivité:
a) Réorienter léducation vers un développement durable;
b) Sensibilisation du public;
c) Promotion de la formation.
89. Comme lindique le Paragraphe 36.1 dAction 21, ces domaines dactivité sont «liés à pratiquement tous les domaines dAction 21 et encore plus étroitement à ceux qui ont trait à la satisfaction des besoins de base, au renforcement des capacités, aux données et informations, à la science et au rôle des principaux groupes.» (Paragraphe 36.1).
90. Laptitude dun pays à renforcer ses capacités endogènes dapplication dAction 21 dépend de ses capacités humaines, scientifiques, techniques, administratives, institutionnelles et financières (paragraphe 37.1). Au Chapitre 37, Action 21 établit des objectifs relatifs au processus de participation continue permettant de déterminer les besoins en matière de renforcement des capacités, de réorienter la coopération technique et den redéfinir les priorités, de renforcer les structures institutionnelles et daméliorer les capacités institutionnelles.
91. Les sections ci-après résument les principales contributions apportées par la Convention de Ramsar à ces domaines dactivité étroitement liés.
4.2 Éducation, sensibilisation du public et formation
92. Au cours de la décennie écoulée, les attitudes et les comportements de la collectivité vis-à-vis des zones humides ont radicalement changé. Autrefois considérées comme des «terres insalubres», les zones humides sont aujourdhui de plus en plus reconnues, par la plupart des pays, pour les innombrables fonctions quelles remplissent en tant quécosystème. Cette reconnaissance sexplique par une meilleure compréhension scientifique des rôles et fonctions des zones humides, par les efforts déployés pour informer la communauté sur ces biens naturels et, dans certains cas, par les incidences négatives subies directement par les communautés lorsque des zones humides sont converties à dautres utilisations.
93. Le Plan stratégique Ramsar 1997-2002 consacre deux de ses huit Stratégies opérationnelles aux domaines «Éducation et Sensibilisation du public» (Objectif opérationnel 3), et «Formation et Renforcement des capacités» (Objectif opérationnel 4). Toutefois, dans le contexte de cette présentation destinée au processus de Rio+10, linformation ci-après est présentée de façon à correspondre aux trois domaines dactivité dAction 21, tels quils sont décrits dans lIntroduction, à savoir, réorienter léducation vers un développement durable, sensibilisation du public et promotion de la formation.
Réorienter léducation vers un développement durable
94. Dans leurs Rapports nationaux soumis à la COP7 de Ramsar (1999), seules 43 Parties ont indiqué que les zones humides et les Principes Ramsar dutilisation rationnelle faisaient partie du programme denseignement. Ce faible nombre fait ressortir la nécessité daccorder un rang de priorité plus élevé à ce domaine.
95. Rares sont les pays qui peuvent se targuer davoir établi de vastes programmes déducation, en vue de promouvoir le développement durable des ressources de zones humides auprès de tous les groupes dâge et dans le contexte de léducation institutionnalisée ou non. Promouvoir lintégration des principes du développement durable dans tous les programmes denseignement demeure une tâche prioritaire pour le processus Rio+10. Les rapports de nombreux pays révèlent que les gouvernements ne parviennent pas à supprimer les barrières institutionnelles et politiques entre le ministère de lÉducation et les responsables de lutilisation durable des ressources naturelles.
Mieux sensibiliser le public
96. Les Parties à la Convention de Ramsar se sont montrées relativement actives dans le domaine de la sensibilisation du public aux zones humides en mettant au point divers programmes dans ce sens. À la COP7 de Ramsar (1999), 62 Parties ont indiqué que de tels programmes étaient en place. Ce progrès a malheureusement été éclipsé par le fait que 63 Parties seulement ont signalé des campagnes et des programmes de sensibilisation du public gérés par des ONG. Autre fait notoire, le développement des centres déducation basés dans des zones humides. Malgré labsence de chiffres à cet égard, il ressort clairement que ces sites sont de plus en plus considérés comme un emplacement idéal pour léducation et la sensibilisation communautaires. À cela il faut ajouter le nombre croissant de kits déducation exemplaires sur les zones humides, par exemple le kit portant sur le site de Tasek Bera, en Malaisie, ou la bande dessinée de Segismundo, sur la zone humide du Rio Grande, Tierra del Fuego (Argentine).
Promouvoir la formation
97. Bien que la formation ait été et demeure une priorité pour la Convention de Ramsar, les renseignements contenus dans les Rapports nationaux soumis à la COP7 de Ramsar (1999) se sont révélés décevants, comme en témoignent les statistiques sommaires ci-après:
| Question | Réponse |
| Une analyse des besoins en formation a-t-elle été réalisée? | 19 Parties sur 97 (20%) ont répondu «oui» |
| Une analyse des possibilités de formation a-t-elle été menée à bien ? | 23 Parties sur 97 (24%) ont répondu «oui» |
| Des modules ou des programmes de formation particuliers pour les gestionnaires de zones humides ont-ils été établis ont sont-ils en préparation ? | 42 Parties sur 97 (43%) ont répondu «oui» |
| Des ressortissants de votre pays ont-ils bénéficié dune formation en rapport avec les zones humides, dans leur pays ou à létranger ? | 74 Parties sur 97 (75%) ont répondu «oui» |
98. Les résultats de ce questionnaire ont incité la Convention à élaborer le Répertoire des possibilités de formation en gestion des zones dont elle assure la mise à jour, ainsi quà commencer à établir, avec le soutien de Wetlands International (Organisation internationale partenaire officiel de la Convention) le Service Ramsar de formation et de consultation sur les zones humides. Cette initiative, qui sera lancée à loccasion de la 8e Session de la Conférence des Parties contractantes, en 2002, en Espagne, vise à:
a) aider les Parties à évaluer leurs besoins en formation de manière systématique et uniforme;
b) élaborer un Répertoire complet et interactif des possibilités de formation;
c) offrir un Service de consultation pour aider les Parties à harmoniser leurs besoins en formation avec les possibilités existantes;
d) aider les Parties qui ont des besoins en formation à trouver les ressources nécessaires;
e) évaluer les insuffisances de la formation et essayer dy remédier, aux niveaux, dans les matières et dans les lieux appropriés.
99. La Convention de Ramsar dispose en outre de son Fonds de petites subventions (FPS), établi en 1991. Ce Fonds a déjà permis dapporter un soutien financier (limité à 40 000 francs suisses) à nombre de projets liés à la formation, dans des pays en développement et en transition économique. Grâce à lappui généreux du gouvernement des États-Unis, la Convention de Ramsar exploite en outre le programme Wetlands for the Future, destiné à soutenir des activités de formation et de renforcement des capacités en Amérique latine et aux Caraïbes. Ces deux programmes sont décrits plus en détail à la Section 4.3, ci-après.
100. Chaque année depuis 1994, le Dutch Institute for Inland Water Management and Waste Water Treatment (RIZA), rattaché au ministère des Transports, des Travaux public et de la Gestion de leau des Pays-Bas, accueille le Cours international de gestion des zones humides, au Wetland Advisory and Training Centre (WATC) à Lelystad. Ces dernières années, RIZA a également accueilli un autre cours international sur la restauration des zones humides. Ces deux cours, qui durent entre 4 et 6 semaines, délivrent un certificat et sont organisés conformément aux principes de la Convention de Ramsar (le Secrétaire général de Ramsar préside le Conseil consultatif), et nombre de diplômés retournent au pays dotés dun solide bagage pratique et théorique sur le fonctionnement et les activités de la Convention.
101. Conformément à la promesse faite à la COP6 (1996), à loccasion du 25e anniversaire de Ramsar, lAustralie ne ménage pas ses efforts pour offrir des possibilités de formation en gestion des zones humides dans la région océanienne. Cest dans cet esprit qua été établi le «Programme de formation des gestionnaires de zones humides de la région Asie-Pacifique», une initiative du gouvernement du Commonwealth dAustralie, gérée et financée par le biais du Programme national pour les zones humides, représentant un engagement financier de AUS 800 000 sur trois ans.
102. Malgré ces divers mécanismes et tous ceux quoffre la communauté des donateurs, les Rapports nationaux soumis par les Parties font ressortir que la formation continue à se faire au coup par coup notamment faute de disposer des outils et du savoir-faire nécessaires pour analyser les besoins en formation.
103. Cette question demeure problématique, même dans les régions développées, et rares sont les pays qui peuvent se targuer davoir mis en uvre une telle planification stratégique de leurs besoins en formation. Autre faiblesse majeure: peu de pays connaissent bien les possibilités de formation existantes, tant sur le plan national quà létranger. Il importe donc de leur donner limpulsion nécessaire pour les aider à se documenter de façon détaillée sur les possibilités de formation sur le plan national et à létranger.
104. Un centre déchange dinformation apporterait une contribution inestimable à la promotion de la formation. Le Répertoire Ramsar des possibilités de formation en gestion des zones humides et le Service de formation et de consultation proposés constituent des réponses très intéressantes et pertinentes, que Rio+10 doit cependant considérer comme la preuve dun besoin plus large en matière de formation et de renforcement des capacités en vue de permettre un développement durable.
Le Programme dinformation de Ramsar
105. Reconnaissant la nécessité dencourager les Parties à adopter une approche plus systématique en matière de communication, déducation, de sensibilisation du public et de formation, la COP7 de Ramsar (1999) a adopté Le Programme dinformation 1999-2002 de la Convention sur les zones humides Promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides par la communication, léducation et la sensibilisation du public . Publié dans le volume 6 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides (voir Section 1), le Programme établit les buts et objectifs recommandés pour un Programme dinformation national, recense les acteurs clés à cibler, et décrit toute une panoplie doutils que les Parties peuvent utiliser ou adapter en fonction du contexte national.
106. La COP a prié toutes les Parties de désigner un correspondant gouvernemental et un correspondant non gouvernemental pour mettre en uvre les activités dinformation. Ces deux correspondants sont chargés de coordonner les efforts des Parties et de contribuer à la mise en place dun réseau mondial «électronique» déchange dinformation, didées et dexpériences dans le domaine de la communication, de léducation et de la sensibilisation du public.
107. Le site Web de Ramsar (www.ramsar.org) est un outil de communication très précieux pour la Convention. Fin 2000, il y a eu, en moyenne, 1174 consultations par jour du site Ramsar, correspondant à plus de 3600 pages par jour (soit 1,34 million de pages par an), soit une augmentation de 400 pour cent par rapport à 1999, année durant laquelle une hausse de 200 pour cent avait déjà été enregistrée par rapport à 1998. Les usagers étaient basés dans 140 pays, environ la moitié des consultations ayant été effectuées à partir des États-Unis, suivis par le Canada et lAustralie et, pour ne citer que deux exemples, 89 consultations ont été établies de Croatie et 68 des Émirats arabes unis. Lusager moyen passe 15 à 19 minutes sur le site Ramsar.
108. Grâce aux partenariats avec le secteur privé et laccord de parrainage avec le groupe Danone (voir Section 3.3), le secrétariat de Ramsar a été en mesure dapporter un soutien financier à plusieurs pays en développement pour leur permettre daccéder à la communication par Internet et par courrier électronique. Bien que modestes, ces investissements sont néanmoins importants pour les Parties car ils les aident à profiter pleinement des ressources mises à leur disposition par la Convention de Ramsar.
4.3 Renforcement des capacités dans les pays en développement
109. Comme indiqué dans la section qui précède, sous la rubrique Formation, il y a tout lieu de penser que, bien quil soit prioritaire pour la plupart des conventions internationales relatives à lenvironnement, des donateurs multilatéraux et bilatéraux, et des gouvernements nationaux, le renforcement des capacités reste lun des principaux défis à relever, voire le plus grand, pour améliorer la mise en uvre dAction 21. Il semble que peu de pays aient adopté une approche systématique pour promouvoir le renforcement de leurs capacités, et quils agissent généralement au coup par coup. Il en va de même des Parties à la Convention de Ramsar.
110. Les activités de formation reposent rarement sur une bonne compréhension des besoins et les personnes qui suivent une formation ne semblent pas tenues de rendre compte de leurs résultats. Le «renforcement des capacités», une expression à la mode chez les donateurs, a tendance à être sectoriel et nencourage que rarement les approches intégrées quexige le développement durable.
Les «outils» Ramsar de renforcement des capacités
111. En 1990, la Convention de Ramsar a lancé son «Fonds de petites subventions (FPS) pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides» en vue de contribuer au renforcement des capacités. Le FPS, qui apporte un appui financier modeste (limité à 40 000 francs suisses) à des pays en en développement et en transition économique, a financé à ce jour non moins de 132 projets dans plus de 72 pays, pour un montant total de 4,3 millions de francs suisses. Bien que ces subventions jouent un rôle considérable pour ces pays, durant la même période, 231 projets éligibles nont pas pu être financés faute de ressources. Lobjectif que la Convention a fixé pour le Fonds - USD1 million par an na été atteint quune seule fois en dix ans de fonctionnement du FPS. LEncadré 16, ci-dessous, décrit plus en détail le Fonds de petites subventions, en donnant des exemples de projets réalisés grâce à son appui financier.
112. La Convention de Ramsar gère également, avec lappui du gouvernement des États-Unis dAmérique, le projet intitulé «Wetlands for the Future», destiné à appuyer la formation et le renforcement des capacités in Amérique latine et aux Caraïbes. (Voir lEncadré 17 pour plus de détails) Parmi les projets soutenus par cette initiative figure lAtelier Ramsar/SPAW de formation pour les Caraïbes, organisé en décembre 2000 à la Trinité-et-Tobago. Cet atelier, qui a attiré une bonne trentaine de participants venus de vingt pays et territoires des Caraïbes, a été loccasion de présenter la Convention de Ramsar dans la région, deffectuer une mission de recherche sur les besoins associés aux zones humides dans les Caraïbes, et de dispenser une formation à des professionnels locaux sur plusieurs sujets en rapport avec la gestion des zones humides.
4.4 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
113. Les contributions de Ramsar à ce domaine dactivité dAction 21 peuvent se résumer comme suit:
a) augmentation généralisée de la prise de conscience des fonctions remplies par les zones humides en tant quécosystème;
b) intégration des principes de conservation et dutilisation durable (utilisation rationnelle) des zones humides au programme déducation dans 91 Parties;
c) nombreux exemples ou modèles déducation et de sensibilisation du public à léchelle communautaire susceptibles dêtre repris ailleurs;
d) programmes communautaires de communication gérés par le gouvernement dans 62 Parties, et menés à linstigation dONG dans 63 Parties;
e) multiplication des centres déducation à lenvironnement installés dans des zones humides;
f) adoption du Programme dinformation de la Convention sur les zones humides - Promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides par la communication, léducation et la sensibilisation du public (volume 6 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides);
g) large éventail de ressources documentaires conviviales produit par le Bureau Ramsar (secrétariat) en vue dencourager et de soutenir les Parties et les ONG à cet égard;
h) site Web informatif, complet et géré activement par la Convention de Ramsar (http://www.ramsar.org), et sites similaires établis par nombre de pays et dONG;
i) création dun réseau mondial de correspondants (gouvernementaux et non gouvernementaux) pour la communication, léducation et la sensibilisation du public en matière de zones humides;
j) quelques progrès dans la formation des gestionnaires des zones humides en matière de conservation et dutilisation rationnelle: 19 Parties ont effectué une analyse des besoins; 23 Parties ont étudié les possibilités de formation; 42 Parties ont établi ou préparent des modules de formation; des ressortissants de 74 Parties ont suivi une formation à la gestion des zones humides à létranger;
k) cours internationaux de gestion et de restauration des zones humides soutenus par le Gouvernement néerlandais, et Programme de formation des gestionnaires de la région Asie-Pacifique lancé récemment avec le soutien de lAustralie;
l) initiative de formation Wetlands for the Future, parrainée par les États-Unis et orientée vers la formation des gestionnaires de zones humides en Amérique latine et aux Caraïbes;
m) progrès considérable du Fonds Ramsar de petites subventions, malgré un manque sérieux de ressources.
Rio+10: quels enjeux pour Ramsar?
114. Au nombre des enjeux pour Ramsar dans ce domaine dactivité figurent:
a) faire en sorte que les principes dutilisation rationnelle des zones humides et de développement durable deviennent une pierre angulaire des programmes déducation institutionnalisée ou non, dans tous les pays;
b) offrir aux Parties un centre déchange dinformation et de matériel sur la CESP (communication, éducation et sensibilisation du public), et mobiliser des ressources pour pouvoir engager un consultant en CESP basé au siège et chargé dappuyer le réseau mondial de correspondants nationaux pour la CESP;
c) mettre sur pied le Service consultatif de formation aux zones humides proposé et, par ce biais, encourager les Parties à adopter une approche plus systématique et à plus long terme vis-à-vis des besoins en formation, quil sagisse de fonctionnaires de haut niveau, de planificateurs des ressources naturelles ou de membres des principaux groupes;
d) assurer la poursuite à long terme des programmes de formation en place et encourager la mise sur pied dautres programmes dans les régions où le besoin est le plus pressant, en particulier en Afrique;
e) mobiliser la somme de 1 million de dollars par an nécessaire pour permettre au Fonds Ramsar de petites subventions de financer les nombreux projets éligibles soumis chaque année;
f) faire en sorte que linitiative de formation Wetlands for the Future, parrainée par les États-Unis pour les pays dAmérique latine et des Caraïbes, se poursuive à long terme, et mobiliser les ressources nécessaires pour que dautres régions en développement et les pays en transition économique puissent sen inspirer.
Examen des politiques et corrections de trajectoire recommandées en vue de Rio+10
115. Il est urgent que le Sommet mondial encourage des activités multiples dans les domaines de léducation, de la formation et du renforcement des capacités. Peu de progrès ont été réalisés concernant lintroduction des principes du développement durable dans les programmes déducation institutionnalisée ou non, et il faut y remédier en priorité. La solution réside en partie dans lamélioration de léchange de lexpérience et de linformation, et il existe dexcellents modèles fonctionnels de développement durable dans toutes les régions du monde. Il semblerait que lincapacité dengager le secteur de léducation dans le processus dAction 21 limite les progrès dans ce domaine, aussi des mesures simposent-elles sur le plan tant national quinternational pour résoudre ce problème.
116. De même, lexpérience de Ramsar a montré que même si la formation est désormais un concept très répandu, il arrive souvent quelle ne soit pas dispensée en tenant suffisamment compte des compétences ou des besoins réels. Rio+10 devrait être engagé à lancer une vaste initiative de formation dans le cadre dAction 21, mobilisant le savoir-faire et les ressources nécessaires pour combler ces lacunes. Un tel programme pourrait réunir les initiatives existantes en matière de formation et de renforcement des capacités, par exemple le Fonds Ramsar de petites subventions, Wetlands for the Future et le Cours international de gestion des zones humides, des programmes analogues étant mis en uvre par diverses institutions internationales et régionales créant ainsi un centre multiservice de formation en matière de développement durable.
117. Un programme de formation denvergure lancé dans le cadre dAction 21 aurait également pour avantage de rassembler les matières recommandées pour soutenir les initiatives nationales visant à intégrer le développement durable dans les programmes déducation institutionnalisée ou non.
Encadré 14 Le kit déducation relatif à la zone humide de Tasek Bera Tasek Bera, un écosystème humide continental en Malaisie, a été désigné site Ramsar le 10 novembre 1994 et a été au centre dun projet de trois ans destiné à élaborer et à mettre en oeuvre un plan de gestion intégrée avec la participation active de la communauté locale. Un des principaux résultats de ce projet a été la mise au point dun kit déducation relatif à la zone humide, un outil de formation pouvant être utilisé en salle ou sur le terrain, conçu pour accroître la sensibilisation à limportance du site et de ses ressources naturelles. Le bureau déducation du district, un institut de formation des enseignants ainsi que des enseignants provenant de 25 écoles du district ont participé à son élaboration. Le kit est conçu pour être utilisé par des élèves des écoles primaires (entre 7 et 12 ans) et comporte:
Les modules sont conçus pour illustrer la gamme de valeurs, fonctions et avantages du site selon les cinq grandes catégories suivantes: fonctions des zones humides, poissons et méthodes de pêche, activités récréatives et tourisme, diversité biologique, et source de produits naturels. Le kit est disponible en anglais et en malais
auprès de: |
Tiré du volume 6 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides Le Programme dinformation de la Convention sur les zones humides -- Promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides par la communication, léducation et la sensibilisation du public.
Encadré 15. Segismundo communiquer avec les enfants en Argentine Accroître la sensibilisation des communautés locales à limportance de la diversité biologique dans la zone humide côtière de Rio Grande, Tierra del Fuego, et encourager leur participation à la conservation et à lutilisation rationnelle de la zone humide - voilà en quoi consistait le double objectif dune subvention de Wetlands for the Future en 1997. Géré par la Fundación Vida Silvestre, une ONG argentine, le projet a fourni du matériel de formation et denseignement aux enseignants des écoles locales. Ceux-ci ont reçu des copies dun magazine pour enfants racontant, sous forme dune bande dessinée, lhistoire dun oiseau appelé Segismundo volant de lhémisphère nord jusquà la baie de Samborombon, une zone humide dimportance internationale en Argentine. Lhistoire décrit les rencontres quil fait et les lieux quil visite pendant sa migration tout au long de la côte des Amériques. Grâce à cette courte histoire, les enfants de tous âges sont sensibilisés à la diversité des habitats et des espèces rencontrés sur la voie de migration ainsi quaux besoins des oiseaux en matière dalimentation et de repos pour pouvoir entreprendre le voyage tous les ans. Un guide facile à utiliser est inclus à la fin de lhistoire pour identifier les principales espèces migratrices. La bande dessinée de 37 pages a été préparée par la Fundación Vida Silvestre avec le soutien de Pennies for the Earth et du Fonds mondial pour la nature (WWF), les coûts de reproduction et de diffusion en Tierra del Fuego étant couverts par la subvention de Wetlands for the Future et par le Bureau de la Convention de Ramsar. Pour obtenir davantage dinformations,
contacter: |
Tiré du volume 6 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides Le Programme dinformation de la Convention sur les zones humides -- Promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides par la communication, léducation et la sensibilisation du public.
Encadré 16. Le Fonds de petites subventions de la Convention de Ramsar «combler une lacune» Établi en 1990, le Fonds de petites subventions (FPS) apporte un soutien financier à des pays en développement ou en transition pour contribuer à satisfaire aux objectifs de conservation et dutilisation durable des zones humides de la Convention. Avec des subventions pour des projets éligibles pouvant atteindre 40 000 francs suisses, le Fonds «comble une lacune» pour de nombreux pays ayant besoin dune aide pour de petits projets, ou entrepris dans lurgence, dont il est peu probable quils puissent être financés par les programmes de financement plus importants. Si les sommes mises à disposition par le FPS ne dispensent pas la plupart des pays de chercher à accéder à des niveaux de financements beaucoup plus conséquents, elles sont utilisées de manière très efficace et sont destinées à avoir un effet catalytique en aidant les pays à achever les travaux préparatoires leur permettant daccéder plus facilement à des financements de projets plus importants provenant dagences bilatérales et multilatérales. Les subventions du FPS ont été utilisées pour soutenir toute une gamme dactivités, y compris la restauration de sites, la formation à la gestion des zones humides, la sensibilisation, la planification de la gestion, la définition dorientations et la réalisation dinventaires. Bien que les demandes doivent être approuvées par lautorité administrative de la Convention du pays concerné, les projets peuvent être conçus et mis en uvre par des ONG, dautres agences gouvernementales, des institutions de recherche, etc. On peut citer à titre dexemples les projets suivants:
Une récente évaluation critique* des activités du Fonds au cours de la période 1991-1998 a été présentée à la COP7. Du côté positif, le Fonds avait accordé au total 3,8 millions de francs suisses à 113 projets présentés par 72 pays sur la période examinée. Du côté négatif, 122 projets éligibles nont pas pu bénéficier de subventions sur cette même période du fait de linsuffisance des ressources. La Résolution VII.5** sur le Fonds de petites subventions, adoptée par la COP7, a constaté avec préoccupation cette insuffisance de ressources et réaffirmé sa conviction, déjà exprimée dans des résolutions antérieures, selon laquelle les ressources mises à la disposition du FPS devraient être augmentées pour atteindre au moins un million de dollars par an. Le Fonds repose exclusivement sur les contributions volontaires dagences gouvernementales et dONG nationales et internationales. *Le texte intégral de cette évaluation est disponible auprès du Bureau de la Convention de Ramsar ou sur le site Web du Bureau à ladresse http://ramsar.org/key_sgf_evaluation_f.htm ** La Résolution VII.5 Evaluation critique du Fonds Ramsar de petites subventions pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (FPS) et exploitation future du Fonds est disponible auprès du Bureau de la Convention de Ramsar ou sur le site Web du Bureau à ladresse http://ramsar.org/key_res_vii.05f.htm. |
Section 5. Les océans et les mers, les ressources biologiques marines et la gestion de la zone côtière
5.1 Introduction
118. La définition de «zone humide» adoptée par Ramsar recouvre des types de zones humides très divers (voir encadré ci-après) à lintérieur des zones côtières, y compris les estuaires, les zones et les marais intertidaux, les marécages à mangroves, les lagunes côtières saumâtres et salées, les lagunes côtières deau douce, les herbiers marins et les récifs coralliens. Cest cette définition qui décrit le mieux la mission de la Convention de Ramsar au titre du Chapitre 17 dAction 21. La Convention de Ramsar a apporté des contributions majeures à trois domaines dactivité sur les sept que recense le Chapitre 17, à savoir:
a) gestion intégrée et développement durable des zones côtières, y compris de la zone économique exclusive;
b) protection du milieu marin;
d) exploitation durable et conservation des ressources biologiques marine en haute mer;
119. La Convention de Ramsar a également apporté un certain nombre de contributions, qui ne cesseront daugmenter, aux domaines dactivité suivants:
e) examen des incertitudes fondamentales concernant la gestion du milieu marin et les changements climatiques;
f) renforcement de la coopération et de la coordination internationales, notamment au niveau régional;
g) développement durable des petites zones insulaires.
5.2 Gestion intégrée et développement durable des zones côtières, y compris de la zone économique exclusive
120. Conformément à son principe dutilisation rationnelle et à ses lignes directrices pour la mise en uvre de ce concept, la Convention de Ramsar prône de longue date la gestion intégrée et le développement durable des zones côtières. La plupart dentre elles sont dominées par des écosystèmes de zones humides (au sens de la définition de Ramsar), et les Parties sont tenues dappliquer le principe dutilisation rationnelle à toutes ces zones (article 3.1 de la Convention). En outre, sur les 1050 sites inscrits par les 123 Parties à la Convention sur la Liste des zones humides dimportance internationale, 498 (47%) contiennent des zones humides de type côtier.
121. Reconnaissant que certains types de zones humides côtières sont sous-représentés dans la Liste des zones humides dimportance internationale, la Convention de Ramsar a instamment prié les Parties de combler cette «lacune» par le biais du Cadre stratégique adopté pour la Liste à la COP7 de Ramsar (1999) (voir Section 7.3). Plus important peut-être, les Parties sont tenues délaborer des plans de gestion intégrés pour tous leurs sites Ramsar. À lépoque de la COP7, il ressortait des Rapports nationaux que de tels plans étaient en place ou en préparation dans 416 sites (44%).
Tableau 3 - Système Ramsar de classification des types de zones humides
| Zones humides
marines/côtières A -- Eaux marines peu profondes et permanentes, dans la plupart des cas dune profondeur inférieure à six mètres à marée basse; y compris baies marines et détroits. B -- Lits marins aquatiques subtidaux; y compris lits de varech, herbiers marins, prairies marines tropicales. C -- Récifs coralliens. D -- Rivages marins rocheux; y compris îles rocheuses, falaises marines. E -- Rivages de sable fin, grossier ou de galets; y compris bancs et langues de sable, îlots sableux, systèmes dunaires et dépressions intradunales humides. F -- Eaux destuaires; eaux permanentes des estuaires et systèmes deltaïques estuariens. G -- Vasières, bancs de sable ou de terre salée intertidaux. H -- Marais intertidaux; y compris prés salés, schorres, marais salés levés, marais cotidaux saumâtres et deau douce. I -- Zones humides boisées intertidales; y compris marécages à mangroves, marécages à palmiers nipa et forêts marécageuses cotidales deau douce. J -- Lagunes côtières saumâtres/salées; y compris lagunes saumâtres à salées reliées à la mer par un chenal relativement étroit au moins. K -- Lagunes côtières deau douce; y compris lagunes deltaïques deau douce. Zk(a) Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, marins/côtiers |
Zones humides
continentales L -- Deltas intérieurs permanents. M -- Rivières/cours deau/ruisseaux permanents; y compris cascades. N -- Rivières/cours deau/ruisseaux saisonniers/intermittents/irréguliers. O -- Lacs deau douce permanents (plus de 8 hectares); y compris grands lacs de méandres. P -- Lacs deau douce saisonniers/intermittents (plus de 8 hectares; y compris lacs des plaines dinondation). Q -- Lacs salés/saumâtres/alcalins permanents. R -- Lacs salés et étendues/saumâtres/alcalins saisonniers/intermittents. Sp -- Mares/marais salins/saumâtres/alcalins permanents. Ss -- Mares/marais salins/saumâtres/alcalins saisonniers/intermittents. Tp -- Mares/marais deau douce permanents; étangs (moins de 8 hectares), marais et marécages sur sols inorganiques; avec végétation émergente détrempée durant la majeure partie de la saison de croissance au moins. Ts -- Mares/marais deau douce saisonniers/intermittents sur sols inorganiques; y compris fondrières, marmites torrentielles, prairies inondées saisonnièrement, marais à laîches. U -- Tourbières non boisées; y compris tourbières ouvertes ou couvertes de buissons, marécages, fagnes. Va -- Zones humides alpines; y compris prairies alpines, eaux temporaires de la fonte des neiges. Vt -- Zones humides de toundra; y compris mares de la toundra, eaux temporaires de la fonte des neiges. |
Xf -- Zones humides
deau douce dominées par des arbres; y compris forêts marécageuses deau
douce, forêts saisonnièrement inondées, marais boisés; sur sols inorganiques. Xp -- Tourbières boisées; forêts marécageuses sur tourbière. Y -- Sources deau douce; oasis. W -- Zones humides dominées par des buissons; marécages à buissons, marécages deau douce dominés par des buissons, saulaies, aulnaies; sur sols inorganiques Zg -- Zones humides géothermiques. Zk(b) -- Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, continentaux. Zones humides «artificielles» 1 -- Étangs daquaculture (par ex. poissons, crevettes). 2 -- Étangs; y compris étangs agricoles, étangs pour le bétail, petits réservoirs; (généralement moins de 8 hectares). 3 -- Terres irriguées; y compris canaux dirrigation et rizières. 4 -- Terres agricoles saisonnièrement inondées. 5 -- Sites dexploitation du sel; marais salants, salines, etc. 6 -- Zones de stockage de leau; réservoirs/barrages/ retenues de barrages/retenues deau; (généralement plus de 8 hectares). 7 -- Excavations; gravières/ballastières/ glaisières; sablières, puits de mine. 8 -- Sites de traitement des eaux usées; y compris champs dépandage, étangs de sédimentation, bassins doxydation, etc. 9 -- Canaux et fossés de drainage, rigoles. ZK(c) Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, artificiels. |
Note : «plaine dinondation» est un terme général qui fait référence à un type de zone humide ou plus pouvant comprendre des exemples de R, Ss, Ts, W, Xf, Xp, entre autres. Certaines zones humides de plaines dinondation sont des prairies saisonnièrement inondées (y compris des prairies naturelles humides), des zones broussailleuses, des zones boisées et des forêts. Les zones humides de plaines dinondation ne figurent pas ici comme type spécifique de zone humide.
122. Bien que lon ne sache pas exactement combien de sites Ramsar côtiers bénéficient dun plan de gestion, il est encourageant de constater les efforts déployés par les Parties pour établir des plans axés sur lutilisation durable à long terme de ces sites «phares». La COP7 a décidé de «hausser la barre» à cet égard en engageant vivement les Parties à établir des plans de gestion pour 75 pour cent au moins de leurs sites Ramsar dici à la COP8, en 2002.
123. En vue de favoriser linscription de nouvelles zones humides côtières sur la Liste de Ramsar, le Groupe d'évaluation scientifique et technique (GEST) de la Convention est en train délaborer des orientations spécifiques à lintention des Parties concernant linscription à venir de zones humides de type mangrove, récif corallien, herbier marin et communautés de substrat meuble. Le GEST uvre en outre à lélaboration de lignes directrices pour la gestion intégrée des zones humides côtières. Ces instruments seront examinés à la 8e Session de la Conférence des Parties, en 2002.
124. La Colombie offre un exemple très intéressant à cet égard. Le 5 décembre 2000, le Consejo Nacional Ambiental a approuvé la «Política Nacional Ambiental para el Desarrollo Sostenible del los Espacios Oceánicos y Zonas Costeras e Insulares de Colombia» (Politique environnementale nationale pour le développement durable des zones océaniques et côtières, et des îles de Colombie). Cette politique vise à promouvoir la gestion intégrée des zones côtières, à améliorer la gouvernance ainsi que les liens entre les différents acteurs, à promouvoir la conservation et la restauration des biens et services fournis par les écosystèmes, à produire des connaissances et des données pour aider les décideurs dans lexercice de planification stratégique, à encourager la participation des communautés locales, et à appliquer lapproche par écosystème de la Convention sur la diversité biologique.
125. Une autre illustration remarquable est fournie par le site Ramsar de St Lucia, en Afrique du Sud, décrit dans lEncadré 18.
5.3 Protection du milieu marin
126. Dans ce domaine dactivité, la Convention a mis laccent sur la pollution dorigine tellurique et les processus dérosion des zones côtières. Dans les deux cas, les zones humides sont une part vitale de la réponse au problème (voir Encadré 19). La perte de zones humides à lintérieur des bassins hydrographiques affecte la qualité de leau et accroît la charge de sédiments et de polluants déversée dans la mer. La destruction des zones humides côtières, surtout dans les estuaires, ne fait quexacerber ces problèmes, et la destruction des zones humides côtières frangeantes entraîne une érosion directe du littoral. En conséquence, la gestion intégrée du bassin hydrographique (là où les fleuves viennent se jeter dans la mer) et la protection des écosystèmes côtiers constituent un élément fondamental de la protection du milieu marin.
127. Comme indiqué dans la section qui précède, la Convention de Ramsar joue un rôle actif dans la promotion de la protection et du développement durable des zones humides côtières, ainsi que dans la gestion intégrée du bassin hydrographique (voir Section 6). En agissant sur ces deux fronts, la Convention apporte une contribution de taille à la protection du milieu marin.
5.4 Exploitation durable et conservation des ressources biologiques marines en haute mer
128. Ce domaine dactivité insiste sur limportance des pêcheries côtières et note «Les ressources biologiques marines constituent une source importante de protéines dans de nombreux pays et leur utilisation revêt fréquemment une importance cruciale pour les collectivités locales et les peuples indigènes. Ces ressources fournissent des aliments et des moyens de dexistence à des millions de personnes et, à condition dêtre utilisés de manière durable, offrent des possibilités accrues de répondre aux besoins nutritionnels et sociaux, en particulier dans les pays en développement.» (Paragraphe 17.70).
129. Le paragraphe 17.85 de ce domaine dactivité est particulièrement pertinent dans le contexte de Ramsar: «Les États devraient identifier les écosystèmes marins possédant des niveaux élevés de diversité biologique et de productivité et autres habitats vitaux et limiter comme il convient lutilisation dans ces régions, notamment en désignant des zones protégées. La priorité devrait être accordée, selon les besoins, aux zones suivantes:
a) les écosystèmes des récifs coralliens;
b) les estuaires;
c) les terres humides tempérées et tropicales, y compris les mangroves;
d) les herbiers marins;
e) dautres zones de frai et dalevinage.»
130. En se rapportant au Tableau 3 qui présente les types de zones humides Ramsar, on saperçoit que les zones a), b), c) et d) ci-dessus sont classées en tant que zones humides dans le cadre de la Convention de Ramsar. Comme indiqué plus haut, la Liste Ramsar des zones humides dimportance internationale compte actuellement 498 sites (sur 1050), qui sont des zones humides côtières. La gestion de ces sites axée sur lutilisation rationnelle, conformément aux exigences de la Convention, apporte une contribution majeure à la mise en uvre dAction 21 dans les zones côtières.
131. Reconnaissant limportance des zones humides en tant que zones de frai et dalevinage, la Convention de Ramsar, à loccasion de sa 6e Session de la Conférence des Parties, en 1996, a adopté les Critères spécifiques tenant compte des poissons pour lidentification des zones humides dimportance internationale. Ces critères sont décrits dans lEncadré 20, ci-dessous. À ce jour, 146 sites Ramsar (14%), dont 80 abritent des zones humides de type côtier, ont été inscrits par 52 Parties contractantes sur la base de ces critères.
5.5 Examen des incertitudes fondamentales concernant la gestion du milieu marin et les changements climatiques
132. La Section 8 décrit lévolution des liens de partenariat entre la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la Convention de Ramsar. Cette collaboration repose sur le rôle des zones humides en particulier les tourbières dans la gestion des gaz à effet de serre (en particulier le dioxyde de carbone) et dans latténuation physique de limpact des changements climatiques, notamment dans les zones côtières. Pour en savoir plus sur cet aspect des activités de Ramsar, voir la Section 8.
5.6 Renforcement de la coopération et de la coordination internationales, notamment au niveau régional
133. Outre son mandat global dans le domaine de la coopération internationale (voir Section 8.5), la Convention de Ramsar peut se vanter davoir été lartisan de deux initiatives régionales majeures qui ont entraîné un renforcement de la coopération et de la coordination dans le domaine des zones côtières.
134. On mentionnera à cet égard lInitiative pour les zones humides méditerranéennes (MedWet), décrite dans lEncadré 37 de la Section 8. Autres exemples: les mémorandums de coopération conclus par Ramsar avec la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (Convention de Cartagena), ainsi quavec la Convention pour la protection de la mer Méditerranée contre la pollution (Convention de Barcelone).
135. Le plan de travail actuel du Bureau Ramsar (secrétariat) indique que des formes de collaboration semblables doivent être recherchées avec le Programme régional océanien de l'environnement (PROE).
5.7 Développement durable des petites zones insulaires
136. La Convention de Ramsar a pris un train de mesures pour promouvoir ses activités et encourager les petits États insulaires en développement (PEID) à adhérer à la Convention. Malheureusement, rares sont ceux qui ont répondu à lappel et ladhésion de ces États reste prioritaire pour la Convention. Il semblerait que lun des obstacles à ladhésion de ces pays à la Convention de Ramsar soit la relation peu claire (au sens des politiques et des programmes) quentretient Ramsar avec la CDB et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, ces deux conventions bénéficiant dun niveau élevé de participation des PEID. Il est à espérer que le renforcement en cours du partenariat entre Ramsar et ces deux conventions issues de la CNUED (voir Sections 8.2 et 8.3) permettra aux PEID de mieux comprendre les avantages et les possibilités supplémentaires que leur offre ladhésion à la Convention de Ramsar.
137. En décembre 2000, dans le cadre de lInitiative Wetlands for the Future (voir Section 4.3), un Atelier de formation Ramsar/SPAW pour les Caraïbes a été organisé en décembre 2000 à la Trinité-et-Tobago. Cet atelier, qui a attiré une trentaine de participants venus de vingt pays et territoires des Caraïbes, a permis de présenter la Convention de Ramsar dans la région, deffectuer une mission de recherche sur les besoins associés aux zones humides dans les Caraïbes, et de dispenser une formation à des professionnels locaux sur plusieurs sujets en rapport avec la gestion des zones humides.
138. Parmi les autres mesures prises ou proposées par Ramsar, susceptibles dencourager les PEID à adhérer à la Convention de Ramsar figurent:
a) le Mémorandum de coopération avec le Secrétariat de la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (Convention de Cartagena);
b) létablissement proposé dun accord formel de coopération avec le Programme régional océanien de lenvironnement;
c) lexamen du Programme daction de la Barbade pour le développement durable des petits États insulaires en développement queffectue actuellement le Comité permanent, organe directeur intersessions de Ramsar; il devrait déboucher sur des recommandations de priorités daction à ladresse de la Convention qui seront soumises à la COP8 de Ramsar pour examen.
5.8 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
139. Les contributions de Ramsar à ce domaine dactivité dAction 21 peuvent se résumer comme suit:
a) signes encourageants montrant que, de plus en plus, les zones humides sont gérées en tant que parties intégrantes des zones côtières et reconnues pour le rôle important quelles jouent en protégeant les communautés humaines contre les tempêtes et en entretenant les lieux de pêche;
b) 498 zones humides dimportance internationale (sites Ramsar) sur 1050 comprennent des types de zones humides côtières;
c) dans 416 sites Ramsar (44%), y compris des zones humides côtières, des plans de gestion visant à promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle sont en place ou en préparation;
d) le GEST prépare des lignes directrices visant à intégrer les zones humides dans la gestion des zones côtières qui seront soumises à la COP8 de Ramsar en 2002 pour adoption;
e) adoption du Cadre stratégique et lignes directrices pour orienter lévolution de la Liste des zones humides dimportance internationale (volume 7 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides), et préparation des orientations complémentaires destinées à aider les Parties à identifier leurs récifs coralliens, écosystèmes de mangroves, herbiers marins et communautés de substrat meuble dimportance internationale en vue de leur inscription sur la Liste Ramsar;
f) publication des Cadres pour la gestion des zones humides dimportance internationale et autres zones humides (volume 8 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides) qui donnent des orientations sur plans de gestion, la surveillance continue des sites et lévaluation des risques;
g) reconnaissance par Ramsar de limportance des zones humides en tant que zones dalevinage, élaboration de Critères spécifiques tenant compte des poissons, et inscription subséquente (depuis 1996) de 146 sites sur la base de leur importance pour les poissons;
h) mémorandums de coopération avec les Conventions de Cartagena et de Barcelone, et projet de mémorandum similaire avec le Programme régional océanien de l'environnement (PROE).
Rio+10: quels enjeux pour Ramsar?
140. Au nombre des enjeux pour Ramsar dans ce domaine dactivité figurent:
a) poursuivre ses activités de sensibilisation à limportance des zones humides pour les écosystèmes marins et côtiers dans loptique de la protection contre les tempêtes, de lécotourisme, des pêcheries, etc.;
b) parachever les Lignes directrices Ramsar visant à intégrer les zones humides dans la gestion des zones côtières, et faire en sorte quelles soient adoptées et appliquées;
c) sattacher à accélérer le processus détablissement de plans de gestion pour les sites Ramsar situés à lintérieur de zones côtières (et tous les sites Ramsar), ces plans étant élaborés en consultation étroite avec les principaux groupes, et promouvoir le développement durable des zones côtières densément peuplées;
d) promouvoir la remise en état ou la restauration des zones humides de la zone côtière et des systèmes hydrologiques intérieurs, comme technique de restauration délibérée des services décosystème;
e) inciter les Parties à la Convention à appliquer le Cadre stratégique pour orienter lévolution de la Liste Ramsar des zones humides dimportance internationale, afin quun nombre croissant de types de zones humides sous-représentés et de zones humides particulièrement importantes en tant que systèmes entretenant la vie soient inscrits sur la Liste de Ramsar et gérés dans un esprit de durabilité;
f) encourager les Parties à appliquer systématiquement les Critères didentification des zones humides dimportance internationale tenant compte des poissons, comme stratégie destinée à protéger des ressources halieutiques essentielles pour les communautés humaines en tant que sources daliments et de protéines;
g) inciter davantage de petits États insulaires en développement à adhérer à la Convention de Ramsar et à profiter de loutil précieux quelle leur offre pour relever les défis de la conservation de la diversité biologique, des changements climatiques et du développement durable;
h) appliquer efficacement les mémorandums de coopération conclu avec les conventions sur les mers régionales, et en établir dautres.
Examen des politiques et corrections de trajectoire recommandées en vue de Rio+10
141. La Convention de Ramsar na pas été suffisamment reconnue à ce jour par les dirigeants de la planète en tant quinstrument majeur pour atténuer les pressions grandissantes imposées au milieu marin et côtier. Comme lexplique la présente section, les zones humides jouent un rôle crucial pour la santé et la productivité des écosystèmes marins et côtiers.
142. Le développement économique des communautés humaines vivant dans les zones côtières peut également être largement tributaire du maintien des avantages des zones humides en ce qui concerne tant la production halieutique que lécotourisme.
143. Pour les habitants des petits États insulaires en développement, dont le mode de vie est généralement tributaire des ressources naturelles de la mer, la protection des zones humides côtières constitue une priorité absolue. Pour ces pays de faible altitude, conserver et restaurer les zones humides représente aussi une importante stratégie de gestion adaptative pour pallier les effets de lélévation du niveau de la mer.
144. La Convention de Ramsar prie instamment Rio+10 de reconnaître combien il est important que les États protègent leurs ressources de zones humides côtières et les utilisent de façon rationnelle. Les Parties devraient être encouragées à inscrire leurs principales zones humides côtières sur la Liste des zones humides dimportance internationale de la Convention de Ramsar, comme outil pour réponde aux attentes relatives au développement durable.
145. Comme le préconise la Convention de Ramsar, les sites inscrits peuvent être intégrés à un réseau mondial de sites de démonstration pour le développement durable (voir Section7.3), tout en permettant la mise en uvre dAction 21 par des moyens très concrets.
146. Les États peuvent en outre utiliser ce mécanisme pour établir des réseaux nationaux de sites Ramsar afin de protéger des habitats essentiels pour les poissons. Laccentuation de la pression démographique dans le monde impose des pressions grandissantes aux ressources halieutiques. En prenant dès aujourdhui des mesures énergiques pour protéger les principales zones dalevinage en tant que sites Ramsar, les Parties sassurent un certain degré de sécurité alimentaire pour lavenir.