La Convention sur les zones humides
Action 21 et la Convention de Ramsar sur les zones humides [1ère dossier]
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Action 21 et la Convention de Ramsar sur les zones humides
Soumission au Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations Unies pour examen et évaluation de la mise en uvre dAction 21 et du Programme relatif à la poursuite de la mise en uvre dAction 21
Sujets retenus pour lexamen thématique:
- Les structures et institutions décisionnelles en matière de développement durable
- Le rôle des principaux groupes
- Léducation, la sensibilisation du public et la formation
- Les océans et les mers; les ressources biologiques marines et la gestion des zones côtières
- Les ressources en eau douce
- La conservation et lutilisation durable de la diversité biologique
- Les conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes
Section 2. Les structures et institutions décisionnelles en matière de développement durable
2.1 Introduction
2.2 Intégrer lenvironnement et le développement aux niveaux de lélaboration des politiques, de la planification et de la gestion
2.3 Fournir un cadre juridique et réglementaire efficace
2.4 Utilisation efficace des instruments économiques, des mesures dincitation et dautres instruments du marché
2.5 Mise en place de systèmes de comptabilité écologique et économique intégrée
2.6 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire
Section 3. Le rôle des principaux groupes
3.1 Introduction
3.2 Les communautés locales et les populations autochtones
3.3 Le commerce et lindustrie
3.4 Les organisations non gouvernementales
Les Organisations internationales partenaires de Ramsar
Les autres ONG partenaires de Ramsar
Les activités des ONG à léchelle nationale
3.5 La communauté scientifique et technique
3.6 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
Section 4. Léducation, la sensibilisation du public, la formation et le renforcement des capacités
4.1 Introduction
4.2 Éducation, sensibilisation du public et formation
Réorienter léducation vers un développement durable
Mieux sensibiliser le public
Promouvoir la formation
Le Programme dinformation de Ramsar
4.3 Renforcement des capacités dans les pays en développement
Les «outils» Ramsar de renforcement des capacités
4.4 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
5.1 Introduction
5.2 Gestion intégrée et développement durable des zones côtières, y compris de la zone économique exclusive
5.3 Protection du milieu marin
5.4 Exploitation durable et conservation des ressources biologiques marines en haute mer
5.5 Examen des incertitudes fondamentales concernant la gestion du milieu marin et les changements climatiques
5.6 Renforcement de la coopération et de la coordination internationales, notamment au niveau régional
5.7 Développement durable des petites zones insulaires
5.8 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
Section 6. Les ressources en eau douce
6.1 Introduction
6.2 Intégration de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides dans la gestion des bassins hydrographiques
6.3 Expansion du réseau de zones humides deau douce dimportance internationale (sites Ramsar)
6.4 Zones humides et bassins hydrographiques transfrontières
6.5 Remise en état et restauration des zones humides
6.6 Évaluer les zones humides en tant quélément de linfrastructure de leau douce
6.7 Lignes directrices relatives à lattribution de leau pour les besoins de lenvironnement
6.8 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
Section 7. La conservation et lutilisation durable de la diversité biologique
7.1 Introduction
7.2 Collaboration avec la Convention sur la diversité biologique
7.3 La Liste de Ramsar des zones humides dimportance internationale
7.4 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
Section 8. Ramsar, les conventions issues de la CNUED et la coopération internationale
8.1 Introduction
8.2 Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC)
8.3 Convention sur la diversité biologique
8.4 Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CLD)
8.5 Coopération internationale, arrangements institutionnels internationaux, instruments et mécanismes juridiques internationaux
8.6 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire recommandées
Avant-propos
1. Alors que la communauté internationale se dirige vers le deuxième Sommet mondial sur le développement durable, qui aura lieu en Afrique du Sud en 2002, il est opportun dévaluer les progrès accomplis par les instruments internationaux qui contribuent à lapplication mondiale dAction 21.
| La mission de la Convention a été définie comme étant «de favoriser la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides par des mesures prises au plan national et par la coopération internationale, comme moyens de parvenir au développement durable dans le monde entier.» (Plan stratégique de la Convention 1997-2002). |
2. Le Bureau (secrétariat) de la Convention de Ramsar sur les zones humides a préparé le présent rapport sur les activités de la Convention qui a inscrit le développement durable au cur de sa mission, afin dinformer celles et ceux qui participeront, aux niveaux national et international, aux préparatifs du Sommet mondial. Notre intention est de faire en sorte que, contrairement à ce qui sest passé à Rio en 1992, la Convention de Ramsar soit pleinement reconnue pour le rôle important quelle joue, et pour les rôles quelle prévoit et serait en mesure de jouer, pour parvenir au développement durable.
3. La structure du présent rapport sinspire, dune façon générale, des conseils de la Commission du développement durable et de lexamen thématique qui sera préparé afin de mettre en évidence les réalisations et de recenser les lacunes et les insuffisances dans les méthodes adoptées pour mettre en uvre Action 21.
4. Ce rapport comporte des mesures quantitatives, dans la mesure du possible, afin daider celles et ceux qui effectueront cet examen thématique en leur donnant une idée des progrès accomplis concernant les mesures prioritaires.
| La Conférence des Parties contractantes (1987) a défini lutilisation rationnelle des zones humides dans le contexte de la Convention comme étant «Leur utilisation durable au bénéfice de lhumanité dune manière qui soit compatible avec le maintien des propriétés naturelles de lécosystème.» Elle a aussi défini lutilisation rationnelle dune zone humide comme étant: «lutilisation par lhomme dune zone humide de manière à ce que les générations présentes en tirent le maximum davantages durables tout en maintenant sa capacité de satisfaire les besoins et les aspirations des générations futures.» Les propriétés naturelles de lécosystème ont été définies comme suit: «Les éléments physiques, biologiques ou chimiques, tels que le sol, leau, la flore, la faune et les éléments nutritifs, ainsi que les interactions existant entre ces éléments.» |
5. Le présent rapport puise dans les 30 années dexpérience acquise par Ramsar dans la promotion du principe dutilisation rationnelle, et démontre que la Convention sur les zones humides est, aujourdhui, un instrument international «adulte» qui a beaucoup à apporter à la plupart des chapitres dAction 21.
6. Ce rapport recommande aussi plusieurs «corrections de trajectoire» prioritaires présentant un intérêt particulier pour la Convention de Ramsar, aux fins dexamen par le Sommet mondial. Ces corrections ont été apportées à la lumière dune évaluation des lacunes et des faiblesses en matière de politiques et de programmation qui ressortent de la mise en uvre de la Convention de Ramsar.
7. Il reste à espérer que les dirigeants du monde entier, qui se réuniront à Johannesburg en 2002:
a) seront conscients de limportance des zones humides pour la pérennité de lécosystème planétaire et pour le bien-être des êtres humains;
b) reconnaîtront que la Convention de Ramsar et, en particulier, sa Liste des zones humides dimportance internationale, constitue un instrument précieux pour parvenir à une nouvelle mouture recentrée dAction 21 à lissue de la Conférence Rio+10; et
c) adopteront les corrections de trajectoire proposées dans le présent rapport, dans le cadre du programme de travail élargi qui sera entériné par le Sommet mondial.
Résumé
8. Dans le cadre des préparatifs du Sommet mondial sur le développement durable de 2002, le Bureau (secrétariat) de la Convention sur les zones humides une convention qui a inscrit le développement durable au cur de sa mission a préparé le présent rapport sur ses activités afin dinformer celles et ceux qui participeront, aux niveaux national et international, à la préparation du Sommet.
9. La Convention sur les zones humides dimportance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux deau a été signée à Ramsar, Iran, le 2 février 1971, et est entrée en vigueur en 1975. Aujourdhui, elle est plus connue du public sous le nom de Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) ou simplement, Convention de Ramsar.
10. Bien quétant une véritable pionnière du concept de développement durable, avec son propre concept «dutilisation rationnelle» (voir définition dans la note de bas de page 2 de lAvant-propos), à la Conférence de Rio en 1992, la Convention de Ramsar na pas réussi à se faire reconnaître comme un instrument sérieux susceptible de contribuer à lavènement du développement durable. Depuis lors, Ramsar a évolué et a mûri de 70 Parties contractantes à lépoque, elle est passée à 123 et espère atteindre le chiffre de 150 dici à la 8e Session de la Conférence des Parties contractantes, en 2002. Ce processus de maturation de la Convention de Ramsar sest accompagné dune meilleure compréhension, à léchelle mondiale, de limportance cruciale des zones humides pour la vie humaine, ainsi que de leur importance pour linfrastructure de lapprovisionnement en eau douce de la Planète.
11. Loutil le plus connu de la Convention de Ramsar, la Liste des zones humides dimportance internationale, compte aujourdhui 1050 sites qui couvrent ensemble près de 80 millions dhectares, et devrait passer à 2000 sites dici à la 9e Session de la Conférence des Parties contractantes, en 2005. Les Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides ont été distribués à grande échelle et sont en train dêtre enrichis. La Convention sert de mécanisme pour promouvoir la coopération internationale en rapport avec les zones humides, les ressources en eau et les espèces migratrices partagées. Aujourdhui, Ramsar a énormément à offrir à la réalisation des objectifs dAction 21 quexaminera la Conférence Rio+10.
12. Le présent rapport sarticule grossièrement autour des examens thématiques en préparation pour éclairer les délibérations à Johannesburg. Il met en évidence les nombreuses contributions apportées par la Convention de Ramsar à la mise en uvre dAction 21, couvrant une vingtaine de ses chapitres. Ce rapport recommande également plusieurs corrections de trajectoire prioritaires (voir ci-après) aux fins dexamen par le Sommet mondial de 2002. Ces corrections ont été faites à la lumière de trente années dexpérience en matière de promotion de lutilisation durable des ressources des zones humides.
13. Il est à espérer que les informations contenues dans ce rapport permettront aux dirigeants du monde entier réunis à Johannesburg en 2002:
a) de prendre conscience de limportance des zones humides pour la pérennité de lécosystème planétaire et pour le bien-être des êtres humains;
b) de reconnaître que la Convention de Ramsar et, en particulier, sa Liste des zones humides dimportance internationale, constitue un outil précieux pour mettre en uvre une nouvelle mouture recentrée dAction 21; et
c) dadopter les corrections de trajectoire recommandées dans le présent rapport et résumées ci-après, dans le cadre du programme de travail élargi qui sera entériné par le Sommet mondial sur le développement durable.
Corrections de trajectoire recommandées
14. Ci-après figurent quelques recommandations de corrections de trajectoire. Elles se limitent aux perspectives de la Convention de Ramsar sur les zones humides et ne prétendent pas couvrir tout le spectre des corrections de trajectoire que le Sommet mondial devra examiner.
14.1 Nécessité constante de procéder à des réformes politiques et juridiques
Malgré certains progrès indéniables, dans nombre de pays, il reste encore à harmoniser les instruments politiques et juridiques et les attentes dAction 21. Il existe aujourdhui un nombre croissant de modèles à cet égard, et le Sommet mondial devrait être invité à trouver les moyens den faciliter la mise à disposition pour dautres États.
14.2 Nécessité dapporter des réformes fondamentales aux structures de gouvernance
Il y a de bonnes raisons de penser que, pour progresser en direction du développement durable, les Parties qui ne lont pas encore fait devraient envisager certains changements fondamentaux dans leurs structures de gouvernance, telles que:
i) établissement, au sein du gouvernement, dun organe moteur du développement durable, susceptible daccélérer lintégration des considérations sociales, économiques et environnementales. Cet organe moteur pourrait être un groupe de travail, un conseil de haut niveau ou un ministère établi et supervisé par le Président ou le Premier ministre;
ii) décentralisation ou délégation de la prise de décision au meilleur niveau de gestion. Lapproche par écosystème, mise au point dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, plaide en faveur de ce processus dans son Principe 2, suggérant que des systèmes décentralisés pourraient aboutir à un niveau plus élevé defficacité et déquité. Le Sommet mondial devrait être invité à soutenir cet objectif et à rechercher les ressources nécessaires pour accélérer lintroduction de régimes de gestion participative, dabord dans les bassins versants subissant les plus fortes pressions et ensuite, dans tous les autres;
iii) application de lapproche par écosystème pour décentraliser les fonds mondiaux importants et établir des mécanismes financiers plus durables, au niveau du terrain, cest-à-dire des fonds daffectation spéciale propres à un site, des fonds thématiques, etc.
14.3 Des réformes simposent dans le mode de consultation des principaux groupes
Le point où tous les intérêts des acteurs sont automatiquement représentés dans les discussions sur le développement durable et lutilisation des ressources naturelles nest pas encore atteint. Il conviendrait dinciter les pays à revoir leurs processus de consultation et à sassurer que les représentants des principaux groupes ont leur mot à dire dans létablissement et la planification des politiques locales relatives à la gestion des ressources naturelles.
14.4 La médiocrité de linformation sur les ressources naturelles entrave la mise en uvre dAction 21
Faute de disposer de données de qualité pour étayer leur planification intégrée, les pays doivent sen remettre pour lessentiel à des suppositions et des spéculations. Bien que certaines initiatives, telles que lÉvaluation des écosystèmes en début de millénaire et lÉvaluation globale des eaux internationales, puissent être utiles à cet égard, le défi à relever consiste à faire parvenir cette information à ceux qui en ont besoin, et à leur donner les moyens de linterpréter et de lappliquer.
14.5 Léducation demeure une priorité - et une faiblesse
Il est urgent que le Sommet mondial encourage des activités multiples dans le domaine de léducation. Peu de progrès ont été réalisés concernant lintroduction des principes du développement durable dans les programmes denseignement institutionnalisé et non institutionnalisé, et il convient dy remédier en priorité. Comme lindique le point 14.1, ci-dessus, la solution réside en partie dans lamélioration de léchange de lexpérience et de linformation. Il semblerait que lincapacité dengager le secteur de léducation dans le processus dAction 21 limite les progrès dans ce domaine, aussi des mesures simposent-elles sur le plan tant national quinternational pour résoudre ce problème.
14.6 La nécessité dadopter une nouvelle approche en matière de formation et de renforcement des capacités
Il apparaît fréquemment que la formation dispensée ne repose pas sur une compréhension suffisante des compétences ou des besoins réels. Il conviendrait dinviter le Sommet mondial à lancer une vaste initiative de formation dans le cadre dAction 21 un centre multiservice de formation en matière de développement durable rassemblant le savoir-faire et les ressources nécessaires pour combler ces lacunes.
14.7 La Liste des zones humides dimportance internationale de la Convention de Ramsar en tant quinstrument pour le développement durable et la conservation de la diversité biologique
Il conviendrait dinsister auprès du Sommet mondial pour quil reconnaisse à quel point il importe que les États protègent et utilisent de façon rationnelle leurs ressources en eau douce et en zones humides côtières, par le biais de la Liste des zones humides dimportance internationale. Les pays sont encouragés à faire usage de leur droit souverain dinscrire leurs principales zones humides sur la Liste des zones humides dimportance internationale, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs du développement durable et de la conservation de la diversité biologique. Comme le préconise la Convention de Ramsar, ces zones humides peuvent faire partie dun réseau mondial de sites de démonstration pour le développement durable, tout en donnant, par des moyens très concrets et démontrables, une orientation aux mesures nationales de mise en uvre dAction 21. À ce jour, 123 Parties à la Convention de Ramsar ont désigné 1050 zones humides dimportance internationale, réparties entre des écosystèmes aussi divers que les eaux intérieures, le milieu côtier et marin, les terres sèches et les montagnes. Ce faisant, ces Parties apportent une contribution de taille aux obligations nationales découlant de la CDB, qui sinscrit dans leur quête du développement durable.
14.8 Une action simpose de toute urgence pour protéger les lieux de pêche mondiaux
Comme pour le point 14.7, ci-dessus, les États devraient être instamment priés dutiliser le mécanisme dinscription de sites sur la Liste des zones humides dimportance internationale pour établir des réseaux nationaux de protection des principaux habitats du poisson. Les ressources ichtyologiques sont soumises à des pressions grandissantes. En prenant, dès aujourdhui, des mesures préventives pour protéger les principales zones dalevinage du poisson en tant que sites Ramsar, les pays peuvent assurer un niveau de sécurité alimentaire et garantir la viabilité de la pêche commerciale.
14.9 La restauration de lécosystème: une priorité pour recouvrer les avantages et les fonctions des zones humides
Bien quil soit plus rentable de conserver les écosystèmes naturels, la technologie actuelle permet de restaurer de nombreuses zones dégradées ou converties à dautres utilisations moins productives. La Convention de Ramsar préconise la restauration et la remise en état des zones humides, en particulier lorsquun pays poursuit des objectifs particuliers en matière de gestion de leau (amélioration de la qualité de leau, du stockage de leau, de latténuation des crues, etc.). Le Sommet mondial devrait être invité à prendre les devants et à accepter de redoubler defforts pour restaurer les écosystèmes.
14.10 Mesures nécessaires pour que les conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes uvrent, comme une équipe étroitement coordonnée, à la promotion du développement durable
La coordination des travaux des diverses conventions ayant un mandat à exécuter (directement ou non) au titre dAction 21 continue de présenter des faiblesses majeures. Il sera difficile dencourager les administrations nationales, qui plus est, les acteurs locaux, à adopter une approche plus globale de la gestion des ressources naturelles sans redoubler deffort pour rendre la mise en uvre des conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes plus participative et plus intégrée. Les mesures ci-après sont recommandées à cet égard.
i) Afin de mobiliser plus efficacement les principaux groupes, il convient de documenter et démontrer plus efficacement lassise scientifique de lécosystème mondial, comment et pourquoi celui-ci est en train de se dégrader. Dans ce contexte, décrire le ou les rôle(s) particulier(s) de chaque convention, les liens qui les unissent du point de vue de lécosystème et du point de vue opérationnel. (Le point ii), ci-après, examine de manière plus approfondie certains des liens opérationnels.) Dans le cadre de la même initiative, le Sommet mondial devrait être invité à appuyer le concept des sites de démonstration, pour montrer comment il est possible de mettre en uvre ces différentes conventions internationales de façon intégrée en vue de parvenir au développement durable. Les communautés locales doutent souvent que ces instruments de haut niveau puissent leur procurer des avantages tangibles. En démontrant comment cela est possible, les sites de démonstration insufflent un élan considérable à la réalisation des objectifs dAction 21.
ii) Malgré les efforts déployés récemment, il y a lieu de se préoccuper sérieusement du manque généralisé de coordination entre les conventions multilatérales concernant lélaboration de politiques, la science et la technologie, la gestion de linformation et ladministration. Le Plan de travail conjoint élaboré par Ramsar et la CDB est considéré comme le modèle à suivre pour améliorer la collaboration interconventions.
La création dune équipe interconventions mieux intégrée exige une accélération dont le Sommet mondial pourrait et devrait être le catalyseur. Les mesures décrites ci-après pourraient constituer une première étape décisive vers une méthode de travail plus efficace et plus active entre les conventions:
a) reprendre lidée contenue dans le Chapitre 38 dAction 21 concernant un mécanisme de coordination interinstitutions de haut niveau (paragraphes 38.16-18), établir un mécanisme international de coordination et de partage dinformation entre les conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes, harmoniser et relier les programmes de travail, améliorer la coordination du calendrier des conférences des Parties et des réunions des organes scientifiques subsidiaires, etc.;
b) établir un «groupe de travail des présidents des organes scientifiques subsidiaires» pour les conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes, afin dencourager le foisonnement des idées et léchange de linformation et des connaissances spécialisées;
c) continuer de se diriger vers des systèmes de gestion de linformation homogènes et harmonisés pour les conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes, comme le préconise létude de faisabilité préparée en 1999 par le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature (WCMC) pour les conventions relatives à la diversité biologique (voir plus bas);
d) promouvoir létablissement dautres mémorandums de coopération, bilatéraux, trilatéraux ou multilatéraux, avec des plans de travail conjoints, entre les conventions et, comme recommandé plus haut, inclure dans ces mémorandums les projets de démonstration allant dans le sens de la mise en uvre intégrée des conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes.
iii) Le fardeau que représente lobligation détablir des rapports indépendants pour chaque convention pose également un problème de taille, en particulier aux pays en développement, et mérite dêtre examiné par le Sommet mondial. Le rapport du WCMC sur lharmonisation de la gestion de linformation entre les conventions portant sur la diversité biologique mentionnait les mesures proposées ci-dessus pour simplifier le système détablissement des rapports nationaux, et cette question mérite dêtre examinée instamment.
iv) Le problème de la pleine participation de toutes les Parties aux travaux et aux délibérations des conventions internationales nest pas nouveau. Malheureusement, aucune solution na encore été trouvée, et certains pays en développement continuent dêtre désavantagés à cet égard. Certaines des mesures recommandées plus haut, notamment une meilleure coordination du calendrier des réunions, une plus grande intégration des programmes de travail et une simplification du système détablissement des rapports nationaux, sont prioritaires car elles devraient permettre dalléger le fardeau des pays en développement. Lexpérience a également montré que la participation des pays en développement aux conférences des Parties et aux réunions des organes scientifiques subsidiaires est généralement limitée par un manque de ressources. Ce problème doit absolument être résolu si lon veut assurer une équité au sein de ces importants débats internationaux.
14.11 Les mécanismes de financement en place pour la mise en uvre des conventions issues de la CNUED et autres conventions pertinentes doivent être révisés
Bien que le Fonds pour lenvironnement mondial et certains fonds nationaux tels que le Fonds français pour lenvironnement mondial (FFEM) soient des instruments efficaces pour la mise en uvre de deux des conventions issues de la CNUED, le Sommet mondial devrait être instamment prié:
i) de revoir ces mécanismes pour les rendre plus efficaces, plus accessibles aux pays dans le besoin, et mieux intégrés à dautres mécanismes de financement du développement durable; et
ii) didentifier de nouvelles sources de financement fiables en vue de faciliter la mise en uvre de toutes les conventions dans les pays en développement et les pays en transition économique.
ACTION 21 ET LA CONVENTION
DE RAMSAR
SUR LES ZONES HUMIDES
Section 1. Introduction
15. Le 2 février 1971, dans la ville de Ramsar, en Iran, les représentants de 18 nations ont signé la Convention relative aux zones humides dimportance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux deau, que lon désigne aujourdhui communément sous le nom de Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) ou simplement, Convention de Ramsar. La Convention compte actuellement 123 Parties contractantes.
16. La Convention qui, à lorigine, mettait laccent sur les zones humides en tant quhabitats des oiseaux deau a évolué au fil des ans pour devenir un chef de file de la conservation et de lutilisation durable des zones humides, tenant compte de toute la gamme des valeurs et fonctions des zones humides, tant pour la diversité biologique que pour le bien-être de lhomme. La Convention de Ramsar continue à se développer et à mûrir, et constitue aujourdhui un mécanisme important de promotion du développement durable.
17. Le texte de la Convention, plus simple que celui des conventions internationales plus récentes sur lenvironnement, renferme les trois piliers de ce traité, à savoir:
a) la Liste des zones humides dimportance internationale, à laquelle on associe communément la Convention de Ramsar. Les 1050 sites inscrits à ce jour sur la Liste par 123 Parties couvrent ensemble près de 80 millions dhectares soit la superficie approximative de la Namibie, du Pakistan ou de la Turquie;
b) «lutilisation rationnelle» ou utilisation durable (voir définition de «lutilisation rationnelle» dans la note de bas de page 2 de lAvant-propos) de toutes les zones humides sur trouvant sur le territoire de chaque Partie contractante;
c) la coopération internationale dans le cadre de la Convention, en particulier dans le cas des zones humides ou des ressources en eau partagées par plusieurs États.
18. Autre trait marquant de la Convention: la définition élargie du concept de «zone humide» quelle a adoptée, à savoir: «étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou deaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où leau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues deau marine dont la profondeur à marée basse nexcède pas six mètres.»
19. Bien quelle ait sans doute résulté dun compromis international, cette définition a vraisemblablement été une décision délibérée de reconnaître le rôle fondamental joué par les zones humides dans «linfrastructure» hydrologique de la planète, et de reconnaître le cycle hydrologique comme un continuum entre eau douce et eau salée. En conséquence, le mandat de Ramsar couvre une large gamme décosystèmes, allant des herbiers marins et récifs coralliens des milieux côtiers, aux estuaires et aux forêts marécageuses inondées, en passant par les fleuves et leurs plaines dinondation jusquaux bassins versants. Elle englobe tout, des tourbières aux systèmes karstiques sous-terrains, même les zones humides artificielles. Bref, Ramsar couvre les habitats préférés de la majorité des représentants de lespèce humaine.
20. Pourtant, la Convention de Ramsar na guère retenu lattention de la CNUED et nest mentionnée quaccessoirement dans Action 21. Il convient toutefois de replacer ce fait dans son contexte. En juin 1992, la Convention de Ramsar comptait tout juste 60 Parties, la Liste des zones humides dimportance internationale ne comportait que 561 sites, et Ramsar commençait à peine à exprimer clairement son principe «dutilisation rationnelle» et à donner des orientations pour son application.
21. Aujourdhui, les Parties contractantes sont au nombre de 123 et 40 à 50 nouveaux pays devraient les rejoindre ces cinq prochaines années. Lintérêt grandissant suscité par la Convention est allé de pair avec une meilleure compréhension des valeurs et fonctions des zones humides, ainsi que des services et des avantages quelles apportent, dont un certain nombre sont résumés dans lEncadré 1 (repris du dossier dinformation Ramsar «Les zones humides Valeurs et fonctions» ).
22. Désormais, la Convention de Ramsar a voix au chapitre en ce qui concerne la promotion de lutilisation durable des ressources des zones humides, et a mis au point une panoplie impressionnante doutils pour aider les Parties à cet égard, notamment sa «Boîte à outils», publiée en janvier 2000 (voir Encadré 2). Cette série de neuf manuels fournit aux Parties linformation essentielle pour mettre en uvre les trois piliers de Ramsar la Liste des zones humides dimportance internationale, lutilisation rationnelle et la coopération internationale.
23. Les Parties à la Convention de Ramsar sont très fières dappartenir à une Convention qui a acquis la réputation dêtre très active, pratique, techniquement fiable et pragmatique. Comme sefforce de le démontrer le présent rapport, Ramsar constitue aujourdhui un «outil» vivant et efficace pour contribuer au développement durable.
24. La Convention de Ramsar nest pas simplement un traité intergouvernemental, elle représente aussi un mouvement qui prend un essor rapide à travers le monde. Elle doit son existence aux ONG et aux scientifiques qui lui donnent une assise solide et continent de la servir efficacement tandis quelle progresse sur plusieurs fronts, offrant des mécanismes et des outils aux Parties contractantes, aux organes régionaux, aux autorités nationales et aux populations locales, avec le cadre et lappui nécessaires pour agir.
25. Des évaluations techniques ont révélé que près de la moitié des zones humides de la planète ont été converties à dautres utilisations et que, dans le même temps, lhumanité a été privée dinnombrables services et avantages. Nous savons aujourdhui que la destruction des zones humides doit cesser dans lintérêt de lhumanité tout entière, et nous avons les moyens technologiques de restaurer nombre de zones humides détruites. Le Sommet mondial de 2002 devrait établir que la destruction permanente des atouts naturels que représentent les zones humides va à lencontre des objectifs dAction 21.
Encadré 1 Valeurs et fonctions des zones humides Les écosystèmes des zones humides font partie de notre patrimoine naturel. Une étude récente évaluait les écosystèmes naturels à USD 33 000 milliards et, pour les zones humides, avançait le chiffre sidérant de USD 14 900 milliards, soit 45 pour cent du total. Ces valeurs sont le reflet des nombreuses fonctions des zones humides: Maîtrise des crues Ce nest pas par hasard que les civilisations humaines se sont installées dans les vallées fluviales et leurs plaines dinondation, depuis plus de 6000 ans - et que nombre dautres systèmes de zones humides contribuent de façon déterminante au développement et à la survie des communautés humaines. Cest tout simplement lexpression du rôle majeur que jouent leau et les milieux humides dans notre vie. On pourrait croire que les progrès de la technologie ont supplanté la nature mais les catastrophes écologiques récentes - inondations, glissements de terrain et tempêtes qui, bien souvent, prennent racine dans des pratiques non durables dutilisation des terres sont là pour nous rappeler que cest loin dêtre le cas. En réalité, notre propre survie reste tributaire des écosystèmes naturels. Nous comprenons de mieux en mieux les nombreux rôles des écosystèmes des zones humides et leur valeur pour lhumanité. Depuis quelques années, ils sont si bien mis en évidence que des sommes colossales sont désormais consacrées à la restauration des fonctions hydrologiques et biologiques, perdues ou dégradées, des zones humides. Mais cela ne suffit pas il faut impérativement améliorer les pratiques à léchelle mondiale alors que les dirigeants de ce monde, sont aux prises avec la crise de leau, de plus en plus menaçante, avec les effets des changements climatiques et avec une croissance démographique telle que la population mondiale devrait augmenter de 70 millions par an dans les deux prochaines décennies. Entre 1990 et 1995, la consommation mondiale deau douce a été multipliée par six ce qui correspond à plus de deux fois le taux de croissance de la population. Un tiers de la population mondiale vit aujourdhui dans des pays qui connaissent déjà des pénuries deau modérées à élevées. Dici 2025, les deux tiers de lhumanité pourraient vivre dans des conditions de pénurie deau. Pour les communautés et pour les espèces sauvages du monde entier, la capacité des zones humides de sadapter aux changements et au rythme accéléré des changements sera cruciale, à mesure que lévolution du climat se fera pleinement sentir sur la trame de la vie dans les écosystèmes. Cest ce qui explique toute lattention qui se concentre, au niveau mondial, sur les zones humides et sur les services quelles nous rendent. Les milieux humides sont extrêmement divers mais quil sagisse détangs, de marais, de récifs coralliens, de tourbières, de lacs ou de mangroves, ils ont en commun une caractéristique fondamentale: linteraction complexe entre leurs éléments de base - le sol, leau, les animaux et les plantes - qui remplissent de multiples fonctions et fournissent les nombreux produits qui ont assuré la survie de lhomme au fil des siècles. Bien entendu, toutes les zones humides ne remplissent pas toutes ces fonctions - mais la plupart dentre elles en ont plusieurs. |
Encadré 2. La «Boîte à outils» de la Convention de Ramsar pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides.
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Section 2. Les structures et institutions décisionnelles en matière de développement durable
2.1 Introduction
26. Le Chapitre 8 dAction 21 comporte quatre domaines dactivité considérés comme essentiels pour parvenir à un processus décisionnel intégrant pleinement les considérations économiques, sociales et environnementales aux niveaux de lélaboration des politiques, de la planification et de la gestion. Ces quatre domaines dactivité couvrent, en gros: a) les cadres politiques et institutionnels; b) les lois; c) les instruments économiques et les incitations; et d) les systèmes de comptabilité écologique et économique intégrée.
27. La Convention de Ramsar, à travers son principe dutilisation rationnelle et ses Lignes directrices sur lutilisation rationnelle, encourage ses Parties à adopter des approches semblables. Depuis une dizaine dannées, les instruments mis au point par Ramsar sont davantage pris au sérieux en raison des pressions grandissantes imposées aux ressources des zones humides.
28. Les paragraphes ci-après présentent un bref résumé des contributions apportées par Ramsar à lutilisation durable des ressources des zones humides dans ces quatre domaines dactivité.
2.2 Intégrer lenvironnement et le développement aux niveaux de lélaboration des politiques, de la planification et de la gestion
Les politiques ou stratégies nationales pour les zones humides
29. Dans les efforts quelle déploie pour promouvoir des approches plus intégrées en matière de prise de décision, la Convention de Ramsar a largement mis laccent sur lélaboration de politiques nationales pour les zones humides. En bonne logique, ce processus doit passer par une consultation élargie des principaux groupes et des gouvernements, afin de garantir un sentiment dappartenance, un équilibre et un soutien total. Le Tableau 1 montre les progrès accomplis dans lélaboration de politiques nationales pour les zones humides depuis 1987, date de la 3e Session de la Conférence des Parties contractantes. Il montre également les progrès réalisés concernant les stratégies ou plans daction pour les zones humides, qui varient dun pays à lautre.
30. Malgré une évolution lente au début, ces instruments politiques et stratégiques ont connu une nette accélération ces dernières années, et il est à espérer que les Lignes directrices Ramsar sur lélaboration et lapplication des politiques nationales pour les zones humides, adoptées par la Résolution VII.6 de la 7e Session de la Conférence des Parties contractantes (Costa Rica, mai 1999) contribueront à accélérer ce processus. Ces Lignes directrices font partie du volume 2 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides, publiés en janvier 2000.
31. Les efforts déployés par lOuganda et qui ont abouti à lélaboration de sa politique nationale pour les zones humides, suivie de réformes législatives, font de ce pays un véritable chef de file du continent africain voir Encadré 3.
Tableau 1: État des politiques nationales pour les zones humides, ainsi que des Stratégies nationales ou des Plans daction nationaux pour les zones humides
| 1987 Regina COP3 | 1990 Montreux COP4 | 1993 Kushiro COP5 | 1996 Brisbane COP6 | 1999 San José COP7 | |
| État des Politiques nationales pour les zones humides | |||||
| a) Adoptée | 0 | 0 | 3 | 6 | 12 |
| b) Version préliminaire | 0 | 1 | 6 | 8 | 6 |
| c) Élaboration à létude ou proposée | n.d. | 1 | 6 | 13 | 26 |
| d) Aucune action encore communiquée | 17 | 43 | 36 | 65 | 70 |
| État des Stratégies nationales/Plans daction nationaux pour les zones humides | |||||
| a) Adopté(e) | 4 | 9 | 9 | 35 | 50 |
| b) Version préliminaire | 1 | 1 | 4 | 12 | 12 |
| c) Élaboration à létude ou proposée | n.d. | n.d. | 5 | 8 | 39 |
| d) Aucune action encore communiquée | 12 | 35 | 33 | 36 | 13 |
| Nombre de rapports nationaux soumis | 17 sur 35 | 45 sur 60 | 51 sur 76 | 92 sur 92 | 107 sur 114 |
Sources: Bureau Ramsar (1987, 1990, 1993, 1998a, 1998c); Rubec (1996); Smart (1993). n.d. = non documenté.
Comités nationaux Ramsar/Comités pour les zones humides
32. Parallèlement à lélaboration des politiques ou stratégies nationales, les sessions successives de la Conférence des Parties ont instamment prié les Parties détablir des Comités nationaux Ramsar ou des Comités pour les zones humides, chargés de fournir des avis ou une contribution directe aux réformes politiques et institutionnelles envisagées par les gouvernements. À lépoque de la 7e Session de la Conférence des Parties contractantes (1999), les gouvernements de 40 pays ont confirmé dans leurs Rapports nationaux que de tels organes existaient et comportaient des représentants dacteurs non gouvernementaux. Onze Parties ont indiqué quil sagissait de Comités nationaux Ramsar ou de Comités pour les zones humides composés uniquement de représentants gouvernementaux.
Intégration dans les politiques et stratégies nationales connexes
33. La Convention de Ramsar encourage également les Parties à faire en sorte que leurs obligations découlant de la Convention soient, dans la mesure du possible, intégrées dans une large gamme dautres instruments de politique, tels que les stratégies nationales pour le développement durable, les Plans daction nationaux pour la diversité biologique, les politiques nationales relatives à la gestion des eaux douces, et les méthodes de gestion des zones côtières. Selon les Rapports nationaux soumis à la 7e Session de la Conférence des Parties (1999), 74 Parties avaient établi de tels mécanismes ou étaient sur le point de le faire. Pour faciliter ce processus, la COP7 a adopté des Lignes directrices pour lintégration de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides dans la gestion des bassins hydrographiques (voir section 6.2), et la Convention élabore actuellement des lignes directrices relatives à la gestion intégrée des zones humides dans la zone côtière (voir section 5.2).
Restauration et remise en état des zones humides
34. Un autre domaine dactivité majeur des Parties à la Convention de Ramsar est la restauration et la remise en état des zones humides. À la 7e Session de la Conférence des Parties, 76 Parties sur 100 (76%) ont indiqué que des zones humides étaient en train dêtre restaurées ou remises en état dans leur pays. Avec la reconnaissance des rôles essentiels des écosystèmes des zones humides, lattitude de nombreux pays est en train de changer; il est désormais à lordre du jour de rétablir («restaurer») des sites qui furent autrefois des zones humides ou de remettre en état des zones dégradées dans le cadre des approches de gestion des eaux ou de conservation de la diversité biologique à léchelle de lécosystème ou du bassin hydrographique.
35. LEncadré 4 fournit dautres renseignements sur cet important domaine dactivité de la Convention de Ramsar, qui reconnaît que la technologie actuelle permet de remettre danciennes zones humides dans leur état quasi-naturel, leur restituant du même coup leurs fonctions et leurs rôles premiers.
2.3 Fournir un cadre juridique et réglementaire efficace
36. Action 21 insiste sur limportance dun cadre juridique et réglementaire cohérent «les instruments les plus importants pour assurer lapplication des politiques de lenvironnement et du développement» (paragraphe 8.13). Dans ce domaine dactivité, «lobjectif général est de favoriser, compte tenu de la situation particulière de chaque pays, lintégration des politiques denvironnement et de développement en utilisant les moyens juridiques et réglementaires principes directeurs, instruments, mécanismes dapplication appropriés aux niveaux national, provincial et local». (Paragraphe 8.16).
37. Dans son Plan stratégique 1997-2002, la Convention de Ramsar reconnaît à ce domaine dactivité la même priorité, en établissant lObjectif opérationnel 2.1 suivant: «Réviser et, si nécessaire, modifier la législation nationale ou supranationale (par exemple pour la communauté européenne), les institutions et les pratiques de toutes les Parties contractantes afin de garantir l'application effective des Lignes directrices sur l'utilisation rationnelle.» Au moment de la COP7 (1999), 45 Parties ont indiqué quelles avaient entrepris une telle révision une indication concrète de lattention grandissante accordée à ce domaine dactivité; pour 39 dentre elles, cette révision avait entraîné des modifications de la législation.
38. Dans leur rapport national, certaines de ces Parties font état de mesures significatives prises à la suite de ces révisions, notamment des modifications de la législation et des institutions en vue de promouvoir lintégration de la conservation des zones humides et du développement durable comme le demandent les Lignes directrices sur lutilisation rationnelle. Lillustration la plus marquante des mesures prises à cet égard est lexemple du Costa Rica et de lAustralie; ces mesures sont décrites brièvement dans les encadrés qui accompagnent les études de cas.
39. La Convention de Ramsar a adopté à sa COP7 des Lignes directrices pour létude des lois et des institutions en vue de promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (Résolution VII.7), en tant que mécanisme destiné à accélérer la réforme juridique. Ces Lignes directrices reposent sur plusieurs études de cas documentées et sur la publication plus élaborée de Wetlands, Water and the Law (UICNUnion mondiale pour la nature, 1999.
40. Ces Lignes directrices font également lobjet du volume 3 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides, publiés en janvier 2000 (voir section 1). Dici à la COP8, en 2002, la Convention de Ramsar a fixé pour objectif que sur les 150 Parties quelle escompte à cette date, 100 auront terminé la révision de leur législation.
41. Bien que, depuis une dizaine dannées, les Parties à la Convention de Ramsar aient considérablement progressé pour combler les lacunes de leurs cadres législatifs dans la perspective des zones humides, seuls quelques pays répondent aux attentes dAction 21 dans ce domaine dactivité.
42. Ces réformes révèlent des faiblesses à tous les niveaux national à local, quil sagisse de la capacité dappuyer ces réformes législatives et leur mise en uvre, des références juridiques ou des services dappui disponibles, ou encore de lintégration des mesures institutionnelles en vue dharmoniser et de soutenir lapplication des nouveaux cadres juridiques. Ces problèmes restent des défis majeurs qui devront être relevés par le biais de Rio+10.
2.4 Utilisation efficace des instruments économiques, des mesures dincitation et dautres instruments du marché
43. La promotion des instruments économiques et dautres mesures dincitation a été reconnue comme une priorité pour la Convention de Ramsar à la 7e Session de la Conférence des Parties en 1999, avec ladoption de la Résolution VII.15 sur les Mesures dincitation en faveur de lapplication des principes dutilisation rationnelle. Conformément à Action 21, cette Résolution prie instamment les Parties «de revoir leurs cadres politiques, juridiques et institutionnels, en vigueur ou en évolution, afin de déterminer et de promouvoir les mesures qui favorisent la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides et de déterminer et éliminer les mesures qui entravent la conservation et lutilisation rationnelle de ces zones» (paragraphe 11).
44. La même Résolution charge le Groupe dévaluation scientifique et technique (GEST voir section 3.5) de collaborer avec les organes compétents de la CDB et de la Convention sur les espèces migratrices, de lOCDE, de lAssociation internationale pour lévaluation des impacts (IAIA) et de lUICN, ainsi quavec les Parties intéressées et dautres organisations pertinentes pour passer en revue les lignes directrices existantes et linformation disponible sur les mesures dincitation, dans le but de préparer un dossier de référence sur Internet, y compris un catalogue de mesures incitatives et détudes de cas. Ce dossier de référence a été établi entre-temps et peut être consulté à ladresse suivante: http://economics.IUCN.org/policy/incentives.htm
45. Le Groupe dévaluation scientifique et technique (GEST) a en outre été chargé de préparer un rapport pour la COP8 de Ramsar (novembre 2002) sur les progrès en matière de conception, dapplication, de surveillance continue et dévaluation des mesures dincitation, ainsi que didentification et délimination des incitations perverses nuisant à la conservation et à lutilisation rationnelle. Il est intéressant de constater quen accomplissant cette tâche pour la Convention, le GEST sera appelé à collaborer étroitement avec lorgane équivalent de la CDB, lOrgane subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (SBSTTA), dans le cadre du Plan de travail conjoint établi par ces deux Conventions (voir section 8.3)
2.5 Mise en place de systèmes de comptabilité écologique et économique intégrée
46. Lobjectif principal visé par Action 21 dans ce domaine dactivité est la mise en place, par tous les États membres, de systèmes de comptabilité écologique et économique intégrée (paragraphe 8.42).
47. La Convention de Ramsar a, pour sa part, contribué à promouvoir cet objectif, notamment en encourageant ses Parties contractantes à intégrer pleinement les valeurs réelles des zones humides (en termes de biens et services fournis) dans leur pratique détude dimpact sur lenvironnement et, plus généralement, dans leur système de comptabilité nationale.
Évaluation économique des zones humides
48. En 1997 la Convention, en collaboration avec luniversité de York, lInstitute of Hydrology (Royaume-Uni) et lUICN, a publié Évaluation économique des zones humides qui a été réédité depuis et publié dans diverses langues nationales (voir encadré). Destiné aux décideurs et aux planificateurs, ce manuel apporte une contribution précieuse en éclairant, avec réalisme, les coûts réels afférents à la disparition ou à la dégradation des zones humides.
49. À la 7e Session de la Conférence des Parties, 34 Parties ont signalé dans leurs Rapports nationaux que des dispositions avaient été prises pour introduire des techniques dévaluation économique dans les exercices de planification et dévaluation des ressources naturelles. Bien que ce chiffre soit encore largement insuffisant, il prouve que les Parties reconnaissent de plus en plus que lintégration de léconomie des zones humides dans les débats sur la gestion des ressources naturelles constitue une étape importante en vue de leur conservation et de leur utilisation rationnelle.
50. Les Rapports nationaux soumis à la 7e Session de la Conférence des Parties contractantes fournissent des exemples dans lesquels des évaluations économiques sont appliquées. Le Mexique indique que sa Direction générale de la nature encourage lévaluation qualitative des zones humides au niveau local pour démontrer les avantages de lutilisation des zones humides, et le Venezuela propose dintégrer les ressources naturelles dans son système de comptabilité nationale. Au Bangladesh, lévaluation économique des zones humides fait désormais partie intégrante du Plan de gestion national de leau et en Inde, des techniques dévaluation économique sont appliquées pour la gestion de trois sites Ramsar. En Afrique, lOuganda a décidé dinclure une évaluation de chacun de ses sites Ramsar dans son programme dinventaire des zones humides.
Létude stratégique dimpact sur lenvironnement
51. À la COP7, la Convention de Ramsar a étudié les méthodes détude dimpact sur lenvironnement, ainsi que de nouvelles orientations à cet égard, et a adopté la Résolution VII.16 sur La Convention de Ramsar et létude dimpact: stratégique, environnemental et social. Les Rapports nationaux soumis par 92 Parties contractantes à la COP font état de mesures susceptibles davoir un impact sur les zones humides et nécessitant, en conséquence, des études dimpact sur lenvironnement.
52. En outre, les Parties ont reconnu la nécessité dabandonner létude dimpact sur lenvironnement axée sur un site ou un projet particulier au profit dune évaluation stratégique plus large, tenant compte de lensemble des plans, politiques et programmes gouvernementaux, ainsi que des impacts politiques et sociaux de la disparition des zones humides. Cette Résolution encourage les Parties «à sassurer que les études dimpact évaluent les écosystèmes de zones humides à leur juste valeur, en tenant compte de leurs fonctions, valeurs et avantages multiples, afin que les procédures de prise de décision et de gestion tiennent compte de ces valeurs écologiques, économiques et plus généralement sociales.» (Paragraphe 11).
53. La même Résolution charge le Groupe dévaluation scientifique et technique (GEST) de collaborer avec les organes compétents de la CDB et dautres conventions et experts pour passer en revue les lignes directrices existantes et linformation disponible sur les études dimpact sur lenvironnement et les évaluations économiques, dans le but de préparer un dossier de référence sur Internet, y compris un catalogue de mesures incitatives et détudes de cas. Ce dossier de référence a été établi entre-temps et peut être consulté à http://economics.IUCN.org/policy/incentives.htm
2.6 Examen thématique et politique, et corrections de trajectoire
54. Les contributions de la Convention de Ramsar à cet égard peuvent se résumer de la manière suivante:
a) augmentation constante du nombre de politiques et stratégies nationales élaborées pour les zones humides 12 politiques adoptées, six en voie délaboration; 50 stratégies adoptées, 12 en voie délaboration;
b) soixante-dix Parties ont intégré la gestion des zones humides dans des instruments élargis de politique et de planification du développement durable et de la conservation de la diversité biologique;
c) quarante Parties ont établi des Comités nationaux Ramsar ou des Comités consultatifs intersectoriels pour les zones humides;
d) progression de la restauration et de la remise en état des zones humides, avec non moins de 76 pour cent des Parties appuyant de telles activités;
e) adoption de lignes directrices intitulées Élaboration et application de politiques nationales pour les zones humides (volume 2 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides);
f) quarante-cinq Parties ont procédé à la révision de leur cadre législatif, exercice qui a entraîné des changements dans 39 Parties;
g) adoption de lignes directrices intitulées Étude des lois et des institutions en vue de promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (volume 3 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides);
h) quarante-quatre pour cent des Parties ont, dune manière ou dune autre, pris des dispositions en vue dincorporer lévaluation économique au processus de prise de décision et de planification pour la gestion des ressources naturelles;
i) dans 92 Parties, toute mesure pouvant avoir un impact sur des zones humides nécessitent la mise en uvre détudes dimpact sur lenvironnement;
j) des dossiers de référence sur Internet sur les mesures dincitation et les études dimpact sur lenvironnement sont en préparation;
k) publication du manuel intitulé Évaluation économique des zones humides.
55. Du point de vue de la Convention de Ramsar, les questions énumérées ci-après constituent les principaux enjeux que devra étudier le Sommet mondial de 2002:
a) continuer dencourager les Parties à élaborer et appliquer des politiques et stratégies nationales pour les zones humides, en consultation avec les principaux groupes et à tous les paliers de gouvernement, afin de garantir lengagement des ministères du «développement»;
b) faire en sorte que les politiques et stratégies nationales pour les zones humides soient appliquées comme éléments intégrés de programmes sociaux et de programmes élargis pour lenvironnement (eau, diversité biologique, zone côtière, etc.);
c) continuer de promouvoir et de favoriser la restauration et la remise en état des zones humides;
d) continuer dencourager les Parties à réviser leurs cadres législatifs et à procéder aux changements nécessaires pour garantir le respect des obligations découlant de la Convention, en veillant à ce que ces changements soient appuyés par tous les ministères;
e) veiller à ce que les instruments économiques, les mesures dincitation et les autres instruments du marché aillent dans le sens de la promotion de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides et, inversement, veiller à éliminer toute incitation perverse encourageant des pratiques non durables ou la destruction pure et simple des zones humides;
f) continuer dappliquer les normes les plus rigoureuses dans les études dimpact sur lenvironnement relatives aux projets de développement, en sassurant que les études dimpact évaluent les zones humides à leur juste valeur, en tenant pleinement compte de leurs fonctions, valeurs et avantages multiples.
g) promouvoir lapplication de lÉtude stratégique dimpact sur lenvironnement afin de garantir la conformité de tous les programmes, plans et politiques gouvernementaux avec les obligations découlant de la Convention de Ramsar.
Examen des politiques et corrections de trajectoire recommandées en vue de Rio+10
56. Malgré certains progrès indéniables, on constate que la plupart des pays nont pas encore mis en place de mécanisme décisionnel tenant dûment compte des considérations sociales, économiques et environnementales aux niveaux de lélaboration des politiques, de la planification et de la gestion. Cet objectif représente bien entendu un défi de taille, même pour les pays qui disposent de ressources et de capacités suffisantes pour agir sans appui extérieur. La nature des gouvernements est telle que parvenir à lintégration de ces différents niveaux dadministration exige une volonté politique très affirmée, étayée par lengagement de hauts fonctionnaires et de lensemble de la communauté à parvenir au développement durable.
57. Les impératifs de la sécurité alimentaire et de leau, ainsi que de latténuation de la pauvreté sont également des facteurs importants, susceptibles de ralentir le processus de mutation profonde dans les pensées, les perceptions et les valeurs des gouvernements et de la société civile sils ne sont pas envisagés dans la perspective de la durabilité à long terme des fonctions de lécosystème.
58. Il est évident que les Parties doivent être encouragées (et, si nécessaire, soutenues) en vue de poursuivre leur processus de réforme politique et juridique afin que le développement durable puisse devenir réalité. Les exemples ou modèles à cet égard se multiplient, et Rio+10 devra trouver des moyens plus efficaces de mettre ces expériences à la disposition dautres États. Il existe un très large éventail de possibilités dans des domaines tels que létude dimpact sur lenvironnement, les instruments économiques, les mesures dincitation et autres instruments du marché, et les systèmes de comptabilité écologique et économique intégrée. La difficulté consiste à les rendre plus accessibles et mieux adaptées aux différents contextes nationaux.
59. Rio+10 devrait également demander avec insistance aux gouvernements denvisager des réformes de la gouvernance dans le sens des deux objectifs prioritaires suivants:
a) établissement, au sein du gouvernement, dun organe moteur du développement durable, susceptible daccélérer lintégration des considérations sociales, économiques et environnementales. Cet organe moteur pourrait être un groupe de travail, un conseil de haut niveau ou un ministère établi et supervisé par le Président ou le Premier ministre. Sans un tel niveau dengagement vis-à-vis dAction 21, il est difficile denvisager des progrès rapides dans nombre de pays;
b) décentralisation ou délégation de la prise de décision au niveau de gestion qui convient le mieux. Lapproche par écosystème, mise au point dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, plaide en faveur de ce processus dans son Principe 2, suggérant que des systèmes décentralisés pourraient aboutir à un niveau plus élevé defficacité et déquité. Les expériences accumulées dans les pays qui ont mis en place de tels systèmes montrent quil en va effectivement ainsi.
Encadré 3. Buts et principes de la Politique nationale de lOuganda Le gouvernement de lOuganda a adopté une Politique nationale pour la conservation et la gestion des ressources des zones humides afin de promouvoir la conservation des zones humides pour maintenir leur valeur dans lintérêt présent et futur de la population. Pour atteindre ce but, la Politique énonce cinq objectifs:
Trois principes sappliquent à la poursuite des objectifs:
Trente-six principes politiques spécifiques sont énoncés sur les moyens de réaliser les objectifs et un ensemble préliminaire de lignes directrices à lintention des utilisateurs des ressources des zones humides est joint en annexe. |
Tiré du volume 2 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides - Élaboration et application de politiques nationales pour les zones humides
Encadré 4. La restauration et la remise en état comme éléments de la planification nationale pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides Plusieurs sessions de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar ont examiné les problèmes et lévolution dans le domaine de la restauration des zones humides. Il est clair quà léchelle mondiale, la réparation des zones humides est aujourdhui reconnue comme un élément vital de la restauration ou du maintien décosystèmes «en bonne santé» - en particulier dans les systèmes hydrographiques et dans les zones côtières. La COP7 de Ramsar a examiné les moyens dinscrire la restauration et la remise en état des zones humides comme des éléments à part entière des politiques nationales et infranationales et des processus de planification. Un document de travail sur le sujet (Ramsar COP7 DOC. 17.4) a été préparé par Hans Skotte Moller de lAgence nationale pour les forêts et la nature du Danemark, en consultation avec dautres experts. Il peut être demandé au Bureau ou consulté sur le site Web de Ramsar (http://ramsar.org/COP7_docs_index_f.htm). La COP7 de Ramsar a également adopté la Résolution VII.17 sur le même sujet (voir annexe 4) et, en annexe, les orientations suivantes sur les éléments à considérer lors de la planification ou de la mise en uvre de programmes ou de projets de restauration ou de remise en état. Éléments à prendre en considération dans les programmes et projets de restauration et de remise en état 1. Les lois et les plans nationaux sur la protection et lutilisation durable de la nature, sur lenvironnement et sur la gestion de leau devraient être élargis et prévoir des obligations ou, pour le moins, des options en matière de restauration des zones humides. Cela pourrait encourager lallocation de fonds aux initiatives de restauration. Des objectifs et priorités stratégiques de restauration devraient être définis, concernant la perte de fonctions, de processus et déléments des zones humides. 2. Les programmes allant dans le sens des obligations internationales liées à la conservation et à lutilisation durable des zones humides devraient avoir la priorité. 3. Les objectifs multiples tels que conservation de la diversité biologique, fourniture de ressources alimentaires fiables, approvisionnement en eau douce, épuration de leau, maîtrise des crues et loisirs contribuent souvent à accroître la durabilité et les avantages généraux dun projet de restauration. 4. Lidentification et la mobilisation de toutes les parties prenantes dès le début. La réalisation dun projet dépend de la coopération entre les propriétaires fonciers et/ou les utilisateurs des terres, les pouvoirs publics et les responsables politiques à différents niveaux, les organes consultatifs scientifiques et les organisations non gouvernementales. 5. La surveillance continue et lévaluation des effets, ainsi que la diffusion des résultats sont nécessaires. Le retour dinformation vers les programmes ou projets devrait être assuré et des modifications devraient être apportées, si nécessaire, pour atteindre les objectifs prévus. 6. Létude stratégique dimpact sur lenvironnement et lanalyse coûts-avantages sont recommandées avant lapprobation et la mise en uvre du programme ou projet. 7. Les projets pilotes couronnés de succès peuvent inspirer et encourager la mise en place dautres projets et programmes de restauration. 8. Linformation générale destinée au grand public sur les effets et les conséquences est importante avant, pendant et après lexécution des programmes et projets. 9. Voici quelques questions importantes à évaluer avant la mise en uvre des projets, concernant leur utilité et leur faisabilité: 9.1 Y aura-t-il des avantages pour lenvironnement, par exemple, amélioration de lapprovisionnement en eau et de la qualité de leau (diminution de leutrophisation, préservation des ressources deau douce, conservation de la biodiversité, gestion améliorée des «ressources humides», maîtrise des crues)? 9.2 Quel est le rapport coût-efficacité? Les investissements et les changements devraient être durables et non pas simplement apporter des résultats temporaires. Rechercher des coûts faibles dans la phase de construction, et des dépenses courantes faibles ou nulles pour lentretien. Pour établir le rapport coût-efficacité des projets de restauration, tenir compte de tous les avantages supplémentaires possibles issus de la restauration des sites. 9.3 Quels options, avantages ou inconvénients laire restaurée procurera-t-elle à la population locale et à la région? Il peut sagir des conditions sanitaires, de ressources alimentaires et en eau essentielles, de nouvelles possibilités de loisirs et décotourisme, damélioration des valeurs paysagères, de possibilités pédagogiques, de conservation de sites historiques ou religieux, etc. 9.4 Quel est le potentiel écologique du projet? Quelle est la situation actuelle de la région du point de vue de lhabitat et des valeurs biologiques? Comment laire restaurée va-t-elle évoluer pour ce qui est de lhydrologie, de la géomorphologie, de la qualité de leau, des communautés végétales et animales, etc.? 9.5 Quelle est la situation de laire du point de vue de loccupation actuelle des sols? La situation variera considérablement selon quil sagit de pays en développement, de pays en transition ou de pays développés, et selon les objectifs de restauration et de remise en état. En particulier, il est souvent possible daméliorer des terres marginales peu rentables aujourdhui. 9.6 Quelles sont les principales contraintes socio-économiques? La réalisation du projet présente-t-elle un intérêt régional et local? 9.7 Quelles sont les principales contraintes techniques? |
Tiré du volume 2 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides - Élaboration et application de politiques nationales pour les zones humides
Encadré 5. Rationalisation des lois et des institutions au Costa Rica dans le cadre d'une loi nationale portant sur les zones humides Le Costa Rica s'est doté une stratégie nationale de conservation des zones humides, un pas décisif pour remplir les obligations souscrites par le pays dans le cadre de la Convention de Ramsar. La Stratégie, dont l'objectif est de parvenir à l'utilisation rationnelle des ressources des zones humides, préconise la protection et l'utilisation rationnelle de ces écosystèmes par la production d'outils techniques, juridiques et administratifs appropriés à l'intention de tous les groupes concernés par la conservation des zones humides. Parmi ces groupes figurent les organisations gouvernementales, les gouvernements locaux, les ONG, le secteur privé et les utilisateurs locaux. Pour élaborer la Stratégie, il a fallu effectuer un important travail de documentation de la législation et des politiques relatives aux zones humides et ce afin de rationaliser le dispositif souvent déroutant d'institutions et d'instruments juridiques liés à la conservation des zones humides. Il est apparu au cours de ce processus que la législation existante et le grand nombre d'institutions ayant quelque responsabilités en matière de zones humides prêtaient à confusion et entraînaient un chevauchement des autorités administratives. On a estimé qu'il s'agissait là d'un sérieux obstacle à l'application des principes d'utilisation rationnelle de la Convention, soulignant ainsi la nécessité d'une nouvelle loi portant sur les zones humides pour réglementer l'utilisation de ces écosystèmes. On trouvera ci-dessous un résumé de l'évolution de cette loi. Les six étapes reflètent l'importance de l'élaboration de la Stratégie nationale ainsi que de l'étude et de l'analyse de la législation dans la préparation de cette nouvelle loi. 1ère étape: Lors de l'élaboration de la Stratégie nationale de conservation des zones humides, le Ministère de l'environnement et de l'énergie (MINAE) a consulté toute une série de spécialistes nationaux et internationaux afin de compiler un ensemble d'informations de base relatives aux zones humides et à leur utilisation rationnelle. 2e étape: Au cours de ce processus, on a recensé l'ensemble des lois et politiques en rapport avec les zones humides, ainsi que les accords internationaux ratifiés par le pays et ayant un rapport direct avec la conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides. 3e étape: Ces lois et politiques ont été analysées et un Guide des procédures de gestion des zones humides au Costa Rica a été publié. Ce Guide présente les lois et procédures les plus adaptées à la conservation et à l'utilisation rationnelle des zones humides ainsi qu'une analyse concise des expériences en matière de gestion de ces écosystèmes. 4e étape: Les informations obtenues lors des étapes 1 à 3 ont montré la nécessité d'une loi portant sur les zones humides et une commission multidisciplinaire a été créée pour lancer un tel processus. Cette commission comprenait des représentants de divers ministères (dont le MINAE) ainsi que des experts de l'écologie des zones humides et du droit de l'environnement, des ingénieurs forestiers, des sociologues et des économistes. Après diverses réunions, la commission a pu rédiger un premier projet de loi portant sur les zones humides. 5e étape: Ce premier projet a été présenté à l'occasion de divers ateliers aux différents secteurs de la société qui avaient été impliqués dans l'élaboration de la Stratégie nationale, ce qui a permis de le perfectionner. Le texte a également été envoyé par courrier à différentes organisations gouvernementales, à des entreprises privées, à des employés gouvernementaux et à des experts internationaux afin d'obtenir leurs commentaires et observations. 6e étape: Après une onzième version du projet, un nombre reflétant les efforts déployés pour impliquer tous les secteurs de la société dans le processus de rédaction et produire un document consensuel, le projet final était prêt à être présenté à l'Assemblée législative. La loi propose que le MINAE et le SINAC (le Système national d'aires de conservation, un organe au sein du MINAE) soient responsables de l'administration, de la conservation et de l'utilisation rationnelle des zones humides sur le territoire continental - insulaire du Costa Rica et dans les aires protégées naturelles. Ces organismes auront aussi la responsabilité de la coordination de la gestion et de la protection des zones humides avec les autres institutions pertinentes. La nouvelle loi portant sur les zones humides devrait contribuer à résoudre certains des problèmes recensés lors de l'élaboration de la Stratégie nationale de conservation des zones humides du Costa Rica. L'intégralité du texte de l'étude de cas «Legal aspects of the conservation and wise use of wetlands in Costa Rica» («Aspects juridiques de la conservation et de l'utilisation rationnelle des zones humides au Costa Rica»), réalisée par Grethel Aguilar, UICN- Union mondiale pour la nature, Suisse, est disponible sur le site Web du Bureau de la Convention de Ramsar: http://ramsar.org/wurc_index.htm. |
Tiré du volume 3 des Manuels Ramsar pour lutilisation rationnelle des zones humides - Étude des lois et des institutions en vue de promouvoir la conservation et l'utilisation rationnelle des zones humides.
Encadré 6 Pour protéger ses sites Ramsar et les oiseaux migrateurs, lAustralie promulgue une législation qui fait date En juillet 2000, le gouvernement de lAustralie a mis en vigueur une loi qui fera date le Environment Protection and Biodiversity Conservation Act 1999 qui, pour la première fois dans lhistoire de ce pays, confère un statut juridique spécial aux zones humides dimportance internationale et aux oiseaux migrateurs. Cette loi annule (et remplace) plusieurs mesures législatives antérieures, dont aucune ne sappliquait toutefois aux sites Ramsar ou aux oiseaux migrateurs. En vertu de cette nouvelle loi, les sites Ramsar et les espèces migratrices (outre les biens du patrimoine mondial, les espèces et les communautés menacées, etc.) sont déclarés «dimportance nationale pour la conservation» et bénéficient dun statut de protection. Concernant les sites Ramsar, lAnnexe 6 de la loi établit des obligations juridiques, telles que décrire et préserver les caractéristiques écologiques des sites, formuler et appliquer des plans en vue de la conservation de ces sites et de la promotion de lutilisation rationnelle, préparer un plan de gestion adéquat et les normes à appliquer au cas où une étude dimpact sur lenvironnement serait requise. Cette loi consacre également ce que lon a appelé les Principes australiens de gestion Ramsar, qui donnent des indications sur ce qui doit figurer dans les plans de gestion pour les sites Ramsar officiels. Lun des aspects les plus novateurs de cette nouvelle législation est peut-être le fait quelle donne au ministre fédéral australien de lEnvironnement la possibilité de classer toute zone humide à condition dêtre convaincu de son «importance internationale du point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique», et lorsque les caractéristiques écologiques de la totalité ou dune partie du site sont menacées. Grâce à ce nouveau pouvoir, toute zone humide satisfaisant aux critères dinscription sur la Liste de Ramsar et subissant des menaces peut donc être protégée par le gouvernement fédéral. Concernant les espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, la nouvelle législation reconnaît que certaines espèces ont «une importance nationale pour la conservation» et doivent, par conséquent, être protégées. Parmi ces espèces figurent toutes celles que couvrent les accords bilatéraux conclus par lAustralie avec le Japon et la Chine notamment tous les oiseaux de rivage migrateurs qui empruntent la voie de migration Asie de lEst-Australasie. Cette législation est nouvelle dans le contexte de Ramsar à plusieurs égards. Premièrement, elle accorde aux sites Ramsar et aux espèces migratrices une protection juridique nettement plus élevée et plus rigoureuse que par le passé. Deuxièmement, elle consacre des concepts Ramsar tels que les caractéristiques écologiques. Troisièmement, elle exige que les caractéristiques écologiques de tous les sites Ramsar soient évaluées et quun plan de gestion soit préparé pour chaque site (ces plans devant respecter certaines normes). Quatrièmement, elle prévoit un mécanisme pour protéger toute zone humide satisfaisant aux critères Ramsar, même si le site na pas encore été inscrit sur la Liste de Ramsar. Cinquièmement, la nouvelle loi accorde énormément dimportance à la gestion des menaces extérieures pesant sur les sites proprement dits, notamment les menaces pouvant résulter de décisions inadéquates en matière de gestion de leau à un niveau quelconque du bassin versant du site, ou de limpact potentiel dune espèce envahissante sur le site. Enfin, cette loi vise à promouvoir la participation et la consultation des différents acteurs. Pour en savoir plus sur cette loi, consultez le site Web de Environment Australia: http://www.environment.gov.au/epbc/ |
Encadré 7 Évaluation économique des zones humides Par Edward B. Barbier, Mike Acreman et Duncan Knowler Publié en 1997, ce manuel de 138 pages offre des conseils pratiques aux décideurs et aux planificateurs sur les moyens dappliquer des techniques dévaluation économique à la gestion des zones humides. Après une description sommaire de limportance des zones humides et des nombreuses causes de leur disparition, les auteurs expliquent le rôle de lévaluation économique dans le processus de prise de décision. Ils expliquent pourquoi les valeurs des zones humides sont souvent sous-estimées et pourquoi il est indispensable que les Parties à la Convention de Ramsar appliquent des techniques dévaluation appropriées pour garantir la conservation et lutilisation rationnelle de leurs zones humides. Les auteurs proposent un cadre détaillé pour évaluer les avantages économiques dautres formes dutilisation des zones humides, qui se présente sous la forme dune procédure en trois étapes:
Laccomplissement de ces trois étapes devrait aboutir à une évaluation économique des zones humides, indiquant aux décideurs sils doivent ou non entreprendre un projet donné. Dans un autre chapitre de ce manuel, ces trois étapes sont subdivisées en sept mesures pratiques, donnant aux lecteurs des conseils détaillés sur la manière de choisir la méthodologie appropriée et de procéder à lévaluation. Six études de cas fournissent des démonstrations pratiques très édifiantes des différentes techniques existant dans ce domaine; elles utilisent toute une gamme de méthodes dévaluation et couvrent une grande diversité de zones géographiques et de types de zones humides. En soulignant la nécessité dintégrer des approches écologiques, hydrologiques et économiques, ces études de cas démontrent que lévaluation nest pas une fin en soi mais quelle doit être orientée vers les questions stratégiques. Cet ouvrage est complété par un glossaire et par une bibliographie de 10 pages. Disponible en anglais, en français et en espagnol sur le site Ramsar http://ramsar.org/index_lib.htm À commander au: |
Encadré 8 - Évaluer les services fournis par une zone humide Recharge des eaux souterraines
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Pour
tout renseignement, contactez: Bureau de la Convention de Ramsar,
Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999 0170, fax +41 22 999
0169, e-mail ramsar@ramsar.org
). Publié le 8 mai 2001, Dwight Peck, Ramsar.