La
Convention sur les zones humides
Notes d'information sur les valeurs et fonctions des zones humides
[Citation autorisée aux fins d'information et d'éducation]
RECHARGE DES EAUX
SOUTERRAINES
(Fiche No 2 d'un total de 10
sur les valeurs et fonctions des zones humides.
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En bref...... |
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| De nombreuses zones humides aident à recharger les aquifères souterrains qui stockent 97 pour cent des eaux douces non gelées de la planète. | |
| Les eaux souterraines ont une importance vitale pour des milliards de personnes car elles sont leur seule source deau potable. | |
| Les eaux souterraines sont la seule source deau pour de nombreux programmes dirrigation - 17 pour cent des terres cultivées de la planète sont irriguées. | |
| Dans la vallée de Messara, en Crète, les eaux souterraines se rechargent, à près de 50 pour cent, à partir du lit de cours deau qui drainent le bassin versant. | |
| Trois cours deau de Tunisie rechargent les aquifères en période de crue - ils sont à sec à certains moments de lannée mais les aquifères fournissent des eaux dirrigation toute lannée. | |
| En Floride, on estime la valeur dun marécage de 223 000 ha à USD 25 millions par an pour son rôle dans le stockage de leau et la recharge de laquifère. | |
| Dans le nord du Nigéria, la valeur des zones humides pour la recharge des aquifères qui fournissent leau à usage domestique a été évaluée à USD 4,8 millions par année. | |
Un aquifère est une couche rocheuse qui contient de leau. Les aquifères souterrains stockent 97 pour cent des eaux douces non gelées de la planète et fournissent de leau potable à près dun tiers de la population mondiale - en Asie uniquement, les eaux souterraines fournissent leau potable à plus dun milliard dhabitants et on estime quen Europe, 65 pour cent de lapprovisionnement public en eau provient de sources souterraines.
Les relations entre les eaux souterraines et les zones humides sont plutôt complexes. Certaines zones humides, telles que les tourbières, se trouvent au-dessus dune couche imperméable de roches ou de sol qui empêche le passage de leau entre laquifère et la zone humide. Dautres zones humides doivent leur existence aux eaux souterraines qui jaillissent à la surface sous forme de sources, tandis que dautres encore se trouvent sur des sols perméables recouvrant les aquifères ce qui permet à leau de recharger directement laquifère. En Tunisie, les rivières Zeroud, Merguellil et Nebaana rechargent laquifère en période de crue et bien quen dehors de cette période les rivières soient à sec, leau de laquifère permet dirriguer toute lannée. Dans certains cas, la direction du flux de leau entre la zone humide et laquifère dépend des conditions dominantes. Par exemple, dans certains marécages de Belarus, les zones humides rechargent laquifère lorsque la nappe phréatique est basse mais laquifère recharge la zone humide lorsque la nappe phréatique est haute.
Dans la vallée de Messara, en Crète, les lits des cours deau du bassin versant rechargent près de 50 pour cent de laquifère; une année pluvieuse, la recharge peut dépasser 19 millions de mètres cubes. Le prélèvement direct deau dans laquifère pour lagriculture se pratique partout dans le monde et, dans la vallée de Messara, 22 millions de mètres cubes sont retirés chaque année pour irriguer les oliviers et la vigne: ces chiffres soulignent limportance des cours deau pour le maintien de laquifère et pour satisfaire les besoins de lagriculture. La valeur monétaire de la fonction de recharge est élevée. Aux États-Unis, un marécage de 223 000 hectares, en Floride, a été évalué à USD 25 millions par an, uniquement pour son rôle dans le stockage de leau et la recharge de laquifère.
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Photo: WWF-Canon/Michel Gunther |
Outre leur rôle dans le maintien des pêcheries, de lagriculture et de lexploitation forestière, les zones humides de Hadejia-Nguru, dans le nord du Nigéria, jouent un rôle crucial de recharge des aquifères doù les populations locales tirent leau quelles utilisent à des fins domestiques.
Dans de nombreux pays, le prélèvement direct de leau dans laquifère pour lirrigation des cultures a augmenté de manière vertigineuse depuis quelques décennies. Actuellement, 17 pour cent des régions cultivées du monde sont irriguées et on estime quelles assurent environ 40 pour cent de lalimentation mondiale. Lirrigation a apporté de grands avantages à de nombreux pays, mais elle est aussi source de graves problèmes car le taux de prélèvement de leau dépasse bien souvent le taux de reconstitution de la nappe.
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| A notre époque, 17% des terres cultivées de la planète sont irriguées, ce qui conduit parfois à un pompage excessif des réserves deau souterraine. Photo: WWF/Michèle Depraz |
À léchelle locale, la fonction de recharge de la zone humide de Garet El Haouria, en Tunisie, dépend des crues hivernales. La construction de canaux de drainage visant à maîtriser les crues a éliminé cette fonction et le prélèvement deau par les puits, pour lirrigation des agrumes et des cultures maraîchères, a fortement modifié lhydrologie de la région. Entre 1980 et 1995, le niveau des eaux souterraines a baissé de neuf mètres et certains puits ont été abandonnés en raison de lintrusion deau salée.
À léchelle mondiale, le déficit des eaux souterraines est en train de devenir un problème grave, notamment en Inde, en Chine, aux États-Unis et dans la péninsule arabe. Ensemble, ces pays consomment chaque année un volume deau équivalant au débit annuel de deux fleuves comme le Nil! Ce déficit ne remet pas seulement en question la sécurité alimentaire de certains pays (lirrigation fut un élément fondamental de la Révolution verte de lInde) mais constitue une menace en raison du rôle que joue leau souterraine dans le maintien des lacs, des rivières et autres écosystèmes des zones humides.
Pour tout renseignement, contactez: Bureau de la
Convention de Ramsar, Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999
0170, fax +41 22 999 0169, e-mail ramsar@ramsar.org
). Traduit de l'anglais par Danièle Devitre. Publié le 21 decembre 2000, Sandra
Hails, Ramsar.