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Notes d'information sur les valeurs et fonctions des zones humides

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RÉSERVOIRS DE DIVERSITÉ BIOLOGIQUE
(Fiche No 7 d'un total de 10 sur les valeurs et fonctions des zones humides.
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  En bref......

checkmark.gif (655 bytes) Les zones humides d’eau douce contiennent plus de 40% des espèces de la planète et 12% de toutes les espèces animales.
checkmark.gif (655 bytes) Certaines zones humides abritent de nombreuses espèces endémiques - par ex. le lac Tanganyika, avec 632 espèces animales endémiques et l’Amazone avec environ 1800 espèces de poissons endémiques.
checkmark.gif (655 bytes) Les récifs coralliens rivalisent avec les forêts ombrophiles tropicales pour la biodiversité. Ils posséderaient 25% de toutes les espèces marines. On estime que vivent dans les récifs 4000 espèces de poissons et 800 espèces de coraux bâtisseurs de récifs; le nombre total d’espèces associées aux récifs pourrait dépasser le million.
checkmark.gif (655 bytes) La biodiversité des zones humides est un important réservoir génétique au potentiel économique considérable pour l’industrie pharmaceutique et la culture de plantes commerciales telles que le riz.
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Les cultures commerciales sélectionnées telles que le riz ont une «durée de vie» de 10 à 15 ans; il faut ensuite recourir à du matériel génétique neuf pour lutter contre les problèmes de parasites et de maladies.
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Les animaux et les plantes des zones humides sont importants pour l’industrie pharmaceutique – 80% de la population mondiale dépend de la médecine traditionnelle pour les soins de santé primaires.

Dans les zones humides vivent des plantes et des animaux sauvages en concentrations spectaculaires, tels les deux millions d’oiseaux de rivage qui fréquentent à la fois le Parc national du Banc d’Arguin, en Mauritanie et la mer des Wadden, au nord de l’Europe, les 30 000 lechwe noirs qui vivent dans le bassin de Bengweulu, en Zambie, ou encore des espèces charismatiques telles que l’hippopotame, le bec-en-sabot et le jaguar. Certaines zones humides se distinguent aussi par leurs espèces endémiques - par exemple le lac Tanganyika avec ses 1470 espèces animales dont 632 qui lui sont propres et l’Amazone avec environ 1800 espèces de poissons endémiques.

Mais, chiffres à part, les zones humides en général hébergent une diversité incroyable d’espèces. Bien que les écosystèmes d’eau douce ne couvrent que un pour cent de la superficie terrestre, ils contiennent plus de 40 pour cent des espèces de la planète et 12 pour cent de toutes les espèces animales. Sur le front marin, les récifs coralliens sont parmi les écosystèmes les plus divers du point de vue biologique, rivalisant avec les forêts ombrophiles tropicales qui sont les écosystèmes terrestres les plus divers. Bien qu’ils ne couvrent que 0,2 pour cent du lit océanique, les récifs coralliens pourraient abriter 25 pour cent de toutes les espèces marines. Le récif de la Grande-Barrière, en Australie, abrite à lui seul 1500 espèces de poissons et 4000 types de mollusques. Quatre mille espèces de poissons et 800 espèces de coraux bâtisseurs de récifs ont déjà été décrits mais le nombre total d’espèces associées aux récifs est probablement de l’ordre du million.

La diversité biologique des zones humides est également un réservoir génétique précieux. Le riz, plante commune des zones humides, est l’aliment principal de plus de la moitié de l’humanité. Le riz sauvage reste une source inégalée de nouveau matériel génétique permettant de développer la résistance aux maladies. Or, de nombreuses variétés de riz ont disparu depuis quelques années - nous laissant de plus en plus dépendants d’une base génétique qui rétrécit comme une peau de chagrin. On estime que la «durée de vie» typique d’une variété commerciale sélectionnée est de l’ordre de cinq à dix ans: après cela il faut avoir recours à de nouveaux matériaux génétiques pour lutter contre les parasites et les maladies. La valeur de cette propriété à l’échelle mondiale, se chiffre en milliards de dollars.

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Photo: WWF-Canon/Anthony B. Rath

L’industrie médicale fait aussi une utilisation généreuse des espèces des zones humides. On estime que plus de 20 000 espèces de plantes médicinales sont actuellement utilisées dont certaines proviennent des zones humides et plus de 80 pour cent de la population mondiale dépend de la médecine traditionnelle pour ses besoins de santé primaires.

Parmi les animaux des zones humides, les amphibiens sont particulièrement menacés et pourtant les chercheurs estiment actuellement que certaines espèces, au moins, sont une véritable pharmacopée: la recherche sur un crapaud d’Amérique du Sud a révélé que certaines substances chimiques contenues dans sa peau pourraient avoir des propriétés antibiotiques et fongicides et servir à des préparations antivirales. Le sang de la limule, espèce de crabe qui n’a pratiquement pas changé depuis 350 millions d’années, contient un composé utilisé en pharmacie pour tester la pureté des médicaments et de l’équipement médical destiné à recevoir du sang humain.

Il n’est pas facile d’attribuer une valeur monétaire à la diversité biologique malgré le rôle crucial qu’elle joue dans la sécurité alimentaire et la médecine. Sans oublier que la valeur économique ne tient pas compte de la valeur esthétique de la diversité biologique pour tous, un avantage intangible qui dépasse de loin celui de l’écotourisme (voir «Loisirs et tourisme»).

Nous ignorons encore quels seront nos besoins génétiques futurs et l’extinction, c’est pour toujours. Il va de soi que la société devrait envisager de conserver la diversité biologique tant pour son utilité présente que pour l’usage qu’elle pourrait en faire un jour. Il s’agit essentiellement d’une «valeur d’option»; toute perte de diversité représente une diminution de cette valeur. L’autre moyen de considérer cette valeur consiste, par exemple, à déterminer combien l’individu et les institutions sont prêts à payer pour conserver les espèces et les écosystèmes:

ball_ico.gif (298 bytes)    La plus grande ONG du monde, le WWF, a un revenu annuel de USD 343 millions; la plus forte proportion de ce revenu lui vient de ses membres, des citoyens qui versent de l’argent pour conserver des espèces sauvages qu’ils ne verront peut être jamais.

ball_ico.gif (298 bytes)    Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) sert de mécanisme de financement à la Convention sur la diversité biologique (CDB). Depuis 1991, USD 2,2 milliards provenant du Fonds d’affectation du FEM et USD 1,3 milliard provenant du cofinancement ont été attribués à des activités relatives à la diversité biologique dans le cadre de 334 projets, dans 119 pays. Des sommes importantes sont spécifiquement consacrées à des projets relatifs aux zones humides. Le Bureau Ramsar participe actuellement à trois projets financés par le FEM qui visent à conserver, directement ou indirectement, la diversité biologique des zones humides: un projet MedWet de USD 15,5 millions (financé conjointement par le FEM, le FFEM et d’autres sources) pour conserver et gérer des zones humides côtières de Méditerranée dans six pays; un projet de USD 627 225 pour renforcer le réseau vital des zones humides de la voie de migration des oiseaux d’eau d’Afrique et d’Eurasie; et un projet de USD 347 400 pour conserver des zones humides importantes en Iran. Il est prévu, dans le cadre du Plan de travail conjoint du Bureau et de la CDB, que d’autres montants soient mis à disposition par le FEM pour des projets concernant les zones humides.


Pour tout renseignement, contactez: Bureau de la Convention de Ramsar, Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999 0170, fax +41 22 999 0169, e-mail ramsar@ramsar.org ). Traduit de l'anglais par Danièle Devitre. Publié le 21 decembre 2000, Sandra Hails, Ramsar.

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