Déclaration de Martha Rojas-Urrego, Secrétaire générale de la Convention de Ramsar sur les zones humides à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2 février 2017

Déclaration de Martha Rojas-Urrego, Secrétaire générale de la Convention de Ramsar sur les zones humides à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2 février 2017

31 janvier 2017

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Delta de Casamance au Senegal. Les zones humides sont les remparts naturels contre les catastrophes.

Les zones humides pour la réduction des risques de catastrophes

Les zones humides sont des écosystèmes extrêmement variés. Lacs, plaines d’inondation ou mangroves côtières, par exemple, elles fournissent tout un éventail de services importants, aussi bien pour l’homme que pour l’environnement. Remparts naturels contre les catastrophes, elles protègent les communautés les plus menacées et les plus vulnérables aux effets dévastateurs des inondations, des sécheresses et des tempêtes.

Il est très inquiétant de constater que la fréquence mondiale des risques naturels a plus que doublé en 35 ans à peine. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prédit des phénomènes météorologiques encore plus extrêmes à mesure que les effets des changements climatiques se feront sentir autour du globe et selon ONU-Eau, quelque 90% de tous les risques naturels sont liés à l’eau.

Les zones humides, lorsqu’elles sont bien gérées, peuvent renforcer la résilience des populations aux phénomènes météorologiques extrêmes et aident à atténuer les dommages causés. Les zones humides côtières, telles les mangroves, offrent une protection contre les inondations et font barrage à l’intrusion de sel et à l’érosion. Les zones humides intérieures, comme les plaines d’inondation, les lacs et les tourbières, absorbent et stockent les excédents de précipitations, réduisant ainsi les inondations et retardant le déclenchement des sécheresses.

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Les zones humides intérieures, comme les plaines d’inondation, les lacs et les tourbières, absorbent et stockent les excédents de précipitations, réduisant ainsi les inondations et retardant le déclenchement des sécheresses.

Or, les zones humides sont détruites ou dégradées plus rapidement que n’importe quel autre écosystème. Les derniers chiffres montrent que 64% des zones humides de la planète ont disparu depuis un siècle et que chaque année, nous perdons 1% de celles qui restent. Si les zones humides sont drainées ou dégradées, c’est pour satisfaire la demande croissante en eau et en terres pour l’agriculture, l’industrie et la population urbaine en expansion. Il est crucial que nous soyons de plus en plus nombreux à prendre fait et cause pour les zones humides, que de plus en plus de personnes soient informées de leur valeur et que des mesures plus décisives soient prises pour conserver et restaurer ces écosystèmes précieux.

Chaque année, le 2 février, la Convention de Ramsar sur les zones humides célèbre la « Journée mondiale des zones humides », pour sensibiliser le monde entier à l’importance des zones humides, de leur conservation et de leur utilisation rationnelle. Nous cherchons à encourager des actions, à l’échelon mondial, qui aboutiront à la conservation, à la restauration et à l’utilisation rationnelle de toutes les zones humides.

Nous avons connaissance de plus de 1000 manifestations qui se déroulent dans le monde entier pour célébrer la Journée mondiale des zones humides, sur le thème Les zones humides pour la réduction des risques de catastrophes. Ce thème a été choisi de manière à tourner principalement les projecteurs sur le rôle des zones humides pour la réduction des catastrophes résultant des inondations et des sécheresses.

Mais il ne faut pas oublier que les zones humides sont également vitales parce qu’elles nourrissent plus de trois milliards de personnes à travers le monde et sont sources d’eau douce et de moyens d’existence pour plus d’un milliard d’êtres humains. Elles sont aussi cruciales pour l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation des effets de ces changements. Il n’y aura pas de développement durable si nous ne prenons pas de mesures décisives pour les conserver.

Nous encourageons les décideurs, les experts et les dirigeants des communautés à considérer que les zones humides apportent des solutions extrêmement rentables, gagnantes pour tous et avec des résultats garantis en matière de réduction des risques de catastrophes. Les décideurs devraient réellement s’efforcer d’intégrer les zones humides dans leurs politiques et stratégies intersectorielles de réduction des risques de catastrophes.

Nombreux sont ceux qui ont déjà commencé à le faire. Par exemple : 

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Les zones humides apportent des solutions extrêmement rentables, gagnantes pour tous et « sans regret » en matière de réduction des risques de catastrophes.
  • À Hikkaduwa, Sri Lanka, où les récifs coralliens du large sont protégés dans un parc marin, le tsunami de 2004 n’a fait de dégâts que jusqu’à 50 m à l’intérieur des terres. Dans le voisinage, à Peraliya, où l’exploitation du corail a dégradé les récifs, il y a eu des dommages jusqu’à 1,5 km à l’intérieur. Dans d’autres régions, des études montrent que chaque kilomètre de forêt de mangroves intacte peut réduire la hauteur d’une onde de tempête de 50 centimètres.
  • Après le passage de l’ouragan Katrina, en 2005, l’État de Louisiane et la ville de la Nouvelle-Orléans ont adopté une approche pluridimensionnelle pour renforcer la résilience à l’élévation du niveau de la mer, aux ouragans et aux crues. Une des principales mesures de protection a consisté à restaurer les zones humides pour qu’elles servent de tampon entre la mer et la ville.
  • En Chine, dans la province d’Hubei, la connexion a été rétablie entre le fleuve Yangtsé et les lacs et marais afin de réduire l’incidence des crues. La restauration des zones humides s’est, en outre, traduite par une amélioration de la pêche et de la qualité de l’eau pour les communautés proches de ces écosystèmes.
  • Au Sénégal, la Réserve de biosphère du delta du Saloum est un site protégé parce qu’elle se situe dans une région d’estuaires, de lacs et de marais. Elle assure la maîtrise des crues et grâce à elle, les communautés ont accès à de l’eau douce toute l’année.

À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2017, le Secrétariat de la Convention de Ramsar a compilé du matériel d’information varié pour contribuer aux activités des différents pays et souligner l’efficacité des zones humides en matière de réduction des risques de catastrophes. Ce matériel peut être téléchargé à l’adresse http://www.worldwetlandsday.org/. C’est grâce au soutien du Fonds Danone-Evian pour l’eau dont bénéficie le Secrétariat depuis 1997 que nous sommes en mesure de préparer ce matériel et de mener nos travaux de mobilisation à l’échelon mondial. 

Nous vous invitons à visiter une zone humide, à rencontrer les communautés qui dépendent des zones humides et à apprendre comment elles utilisent rationnellement ces écosystèmes. Les Parties à la Convention de Ramsar ont inscrit plus de 2250 zones humides d’importance internationale ou « Sites Ramsar », protégées pour les avantages qu’elles apportent à chaque pays et au monde entier.

Pour encourager la participation des jeunes, nous organisons un concours de photos, du 2 février au 2 mars, réservé aux 18-25 ans. Ils sont invités à télécharger sur le site web de la Journée mondiale des zones humides des photos de zones humides qui nous aident à résister aux phénomènes climatiques extrêmes. Le premier prix est offert par Star Alliance: une visite dans une zone humide d’importance internationale.

Rejoignez-nous, pour la promotion de la conservation et de l’utilisation durable des zones humides de la planète. Elles sont sources de multiples avantages pour l’homme et nous protègent contre les effets des phénomènes météorologiques extrêmes. Aidez-nous à faire savoir à quel point elles sont vitales.

Joyeuse Journée mondiale des zones humides 2017!