Convention
sur les zones humides
Ramsar COP7 DOC. 19.1
"Lhomme
et les zones humides: un lien vital"
7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la
Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971)
San José, Costa Rica, 10 au 18 mai 1999
Ramsar COP7 DOC. 19.1
Séance technique IV:
Instruments didentification et dévaluation des valeurs des zones humides
Document 1
La Convention de Ramsar et létude dimpact
préparé par
Andrea Bagri et Frank
Vorhies
UICN Services économiques
§2. La collaboration avec les conventions liées à la diversité biologique
3.1 LESE et les objectifs conventionnels de révision et de modification des cadres juridiques et institutionnels
3.2 LESE dans la pratique
3.3 Lapplication des ESE à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides: obstacles
4.1 La participation du public et les objectifs de la Convention liés à la participation des communautés locales et autochtones
4.2 La participation du public dans la pratique
5.1 Comment les EIE aident-elles à résoudre des problèmes liés aux zones humides dans la pratique
5.2 La Législation et les lignes directrices relatives aux EIE
5.3 Les EIE et lintégration des valeurs des zones humides dans les processus décisionnels
5.4 Lamélioration de la surveillance continue et de lévaluation
1. Les études dimpact sont reconnues comme des instruments clés qui aident les Parties contractantes à la Convention de Ramsar à poursuivre les objectifs de la Convention et, en particulier, pour atteindre lObjectif 2 du Plan Stratégique, à savoir, améliorer les Lignes directrices Ramsar sur lutilisation rationnelle. Létude dimpact est un élément clé de la panoplie moderne dinstruments liés à laménagement du territoire et à la gestion de ressources. Ce lien avec le principe dutilisation rationnelle apparaît clairement dans lObjectif opérationnel 2.5 du Plan Stratégique qui invite les Parties à faire des études dimpact sur lenvironnement (EIE). AIEIet notamment des sites Ramsar dont les caractéristiques écologiques sont susceptibles de changer par suite dévolutions technologiques, de pollution ou dune autre intervention humaine. Le présent document constitue une réponse à la ligne daction 2.5.1, qui demande aux Parties de compléter les Orientations complémentaires sur lutilisation rationnelle en présentant les résultats dune étude sur des directives dévaluation de lenvironnement et des exemples des meilleures pratiques actuelles en matière dEIE. Ce document a également été préparé au titre de la ligne daction 2.5.4, qui invite les Parties à tenir compte de la Gestion intégrée de lenvironnement et de lévaluation stratégique de lenvironnement lors de lévaluation des impacts de projets de développement ou modifications des modes dutilisation des sols et de leau. Ce document a été préparé en consultation avec les Secrétariats de la Convention sur la diversité biologique, de la Convention sur les espèces migratrices et de la Convention de Ramsar, ainsi quavec lAssociation internationale pour lévaluation dimpacts et lOCDE. Parmi le matériel ayant servi de base à la préparation de ce document, figurent les travaux présentés à la Conférence annuelle de 1997 de lAssociation internationale pour lévaluation dimpacts tenue à la Nouvelle Orléans, Etats Unis (dont un thème était les zones humides) et les lignes directrices révisées, figurant dans la version de 1998 du document intitulé A Directory of Impact Assessment Guidelines par A. Donnelly, B. Dalal-Clayton, et R. Hughes.
2. Lévaluation environnementale offrent une méthode structurée et reconnue permettant danalyser les projets, les programmes, les plans et les politiques du point de vue de leur impact potentiel sur lenvironnement, les structures sociales et léconomie. Bien que la situation diffère dun pays à lautre, lévaluation environnementale au niveau du projet (étude dimpact sur lenvironnement EIE) est largement réglementée et appliquée (avec des degrés de réussite divers). Au niveau des programmes, des plans et des politiques, les procédures dévaluation environnementale (évaluation stratégique de lenvironnement ESE) sont pratiquées de manière ponctuelle et tendent à être moins répandues et rarement réglementées. Il existe toutefois des exemples pertinents de procédures stratégiques soumises à une analyse structurée pour déterminer leur impact potentiel sur lenvironnement, la société et léconomie. Des efforts considérables ont été déployés pour mettre au point des outils spécialisés détude dimpact tels que létude dimpact sur la société, létude dimpact sur la santé, et lanalyse coût-avantage, qui abordent de manière ciblée les impacts sociaux, sanitaires et économiques dun projet, dun programme, dun plan ou dune politique. Tous les outils détude dimpact ont en commun un certain nombre de caractéristiques importantes pour atteindre les objectifs de la Convention de Ramsar.
- Ils constituent des procédures structurées.
- Ils reposent sur une combinaison danalyse dexperts et de participation du public.
- Ils offrent la possibilité dalimenter les processus décisionnels en informations.
3. En tant que tels, ces outils peuvent aider les Parties à poursuivre les objectifs de la Convention et à élaborer des concepts, des stratégies et des instruments pour la Convention.
4. Les Parties ont déjà énormément réfléchi à la question des EIE sous langle de la Convention de Ramsar. En particulier Dave Pritchard, dans une rapport de 1996 intitulé Environmental Impact Assessment: Towards Guidelines for Adoption Under the Ramsar Convention présenté à la Conférence des Parties de Brisbane, fournit une introduction claire et succincte à cette question et propose une série de [Projets potentiels de] lignes directrices sur les EIE en tant quaide à lutilisation rationnelle des zones humides (Annexe au document de 1996). En outre, M. Pritchard a préparé un Résumé des références de la Convention et des décisions précédentes en rapport avec les études dimpact sur lenvironnement (Annexe à la Recommandation 6.2). Ces références, documents et décisions constituent la base du présent document qui a tenu compte de leurs idées maîtresses.
5. étant donné le large éventail dinstruments disponibles pour les études dimpact ainsi que la diversité de services que peut offrir la Convention de Ramsar en la matière, le présent document pourrait traiter une multitude de questions, telles que:
- La collaboration avec les autres conventions liées à la diversité biologique;
- Le rôle de lévaluation stratégique de lenvironnement en tant quinstrument pour les Parties;
- La participation du public aux procédures détude dimpact et la participation des communautés locales et autochtones à la gestion et à la prise de décision;
- Les liens entre létude dimpact et la surveillance continue et lévaluation des zones humides;
- Létude dimpact en tant que possibilité dintégrer des valeurs économiques dans les processus décisionnels;
- Lélaboration de législations et de lignes directrices garantissant la prise en compte des zones humides dans les études dimpact.
6. Bien que chacune de ces questions soit importante pour lamélioration des outils détude dimpact dans le sens des objectifs de la Convention, les trois premières ont été relevées par le Bureau Ramsar comme étant prioritaires. Toutefois, dans un souci de concision, le présent document traitera ces trois questions dans des paragraphes individuels et passera les autres en revue plus succinctement dans un seul paragraphe. Ainsi, le paragraphe 2 commence par un exposé général du fonctionnement des procédures dautres conventions concernant les études dimpact, et souligne un certain nombre de liens et de thèmes de collaboration entre les diverses conventions. Ce paragraphe met en relief plusieurs questions quil convient daborder lorsquon élabore des instruments détude dimpact pour les accords multilatéraux relatifs à lenvironnement. Le paragraphe 3 traite la question des évaluations stratégiques de lenvironnement et montre comment elles peuvent aider les parties à améliorer lapplication de la Convention et à signaler les problèmes potentiels que pose toute évaluation stratégique efficace de lenvironnement. Le paragraphe 4 sintéresse à la participation du public aux procédures dEIE et, en particulier, à la participation des communautés autochtones et locales demandée par les COP de la Convention de Ramsar. Le paragraphe 5 expose un certain nombre didées sur les liens entre létude dimpact et lévaluation des zones humides, montre comment utiliser les procédures détude dimpact pour introduire des valeurs économiques dans les processus décisionnels et étudie comment une législation et des lignes directrices peuvent servir à améliorer létude dimpact comme instrument de conservation et dutilisation rationnelle des zones humides. Les préoccupations et les idées exprimées dans ces différents paragraphes sont résumées dans le chapitre de conclusion, qui souligne aussi plusieurs priorités daction à lintention des Parties à la Convention.
§2. La collaboration avec les conventions liées à la diversité biologique
7. La collaboration entre les conventions joue un rôle grandissant pour les Parties aux accords multilatéraux sur lenvironnement. Ce paragraphe tient compte de plusieurs activités en cours, notamment:
- Les Protocoles daccord et de coopération entre le Bureau Ramsar et les Secrétariats de la Convention sur la diversité biologique, de la Convention sur les espèces migratrices, et de la Convention sur la lutte contre la désertification. En particulier, le Protocole de coopération signé avec le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique est appuyé par un Programme de travail conjoint qui approfondit le mode de coopération prévu entre les deux conventions en matière détude dimpact et les moyens prévus pour réduire les impacts préjudiciables à lenvironnement. Ce plan de travail conjoint propose que des lignes directrices soient élaborées par le Centre déchange sur lutilisation rationnelle afin que les Parties aient accès aux procédures des deux conventions. En outre, le Mémorandum daccord signé avec la Convention sur les espèces migratrices définit létude dimpact comme un sujet de coopération institutionnelle entre les conventions et prévoit que les deux secrétariats coordonneront les travaux sur des lignes directrices futures et sur les études dimpact;
- La décision IV/10c de la Convention sur la diversité biologique qui encourage son Secrétariat à coopérer avec les Secrétariats de Ramsar et de la Convention sur les espèces migratrices, ainsi quavec lAssociation internationale détude dimpact et lUICN pour lévaluation dimpact;
- Le paragraphe 8 du Plan stratégique de la Convention qui demande que le travail technique de la Convention soit plus étroitement en rapport avec les préoccupations plus générales de la Convention sur la diversité biologique et ses interventions traditionnelles en faveur des oiseux deau, plus clairement liées à la Convention sur les espèces migratrices.
8. Ces conventions liées à la diversité biologique ayant abordé divers aspects de lévaluation dimpact dans les activités menées à ce jour, des axes particuliers de collaboration seront présentés tout au long de ce document, en particulier dans les lignes dintroduction de chaque section qui passeront en revue les réalisations de ces conventions à cet égard. Cela permettra davoir une idée plus précise des avantages de la collaboration et de démontrer de façon plus approfondie le mode de collaboration que peuvent adopter ces diverses conventions pour mettre au point des outils dévaluation dimpact pour la diversité biologique.
9. Il est clair que létude dimpact est un sujet qui intéresse toutes les conventions "liées la diversité biologique" (Convention sur la diversité biologique, Convention sur les espèces migratrices, Convention de Ramsar, Convention du Patrimoine mondial, CITES et Convention sur la lutte contre la désertification) et offre un moyen de collaboration intéressant entre ces conventions. Bien que le terme détude dimpact ne figure pas dans le texte original des premières conventions liées à la diversité biologique telles que Ramsar - peut-être en raison de sa jeunesse relative au moment de leur rédaction (cest en 1969 que létude dimpact est apparue pour la première fois en tant que procédure, avec le US National Environmental Planning Act) - il est présent dans le texte des conventions plus récentes et dans les décisions les plus récentes des conventions les plus anciennes.
10. La Déclaration de Rio sur lenvironnement et le développement demande quune étude dimpact sur lenvironnement soit entreprise dans le cas des activités envisagées qui risquent davoir des effets nocifs importants sur lenvironnement (1992). LArticle 14 de la Convention sur la diversité biologique demande que chaque Partie contractante adopte des procédures permettant dexiger lévaluation des impacts sur lenvironnement et prennent les dispositions voulues pour quil soit dûment tenu compte des effets sur lenvironnement de ces programmes et politiques susceptibles de nuire sensiblement à la diversité biologique (Glowka, L. et autres 1994). La COP de la Convention de Ramsar a recommandé aux Parties dappliquer des procédures dEIE aux projets quelles proposent susceptibles davoir des effets négatifs sur les zones humides. Plusieurs procédures notamment celles de la Convention sur la diversité biologique et de Ramsar étudient la possibilité de donner aux Parties contractantes des orientations sur la question des études dimpact. Etant donné les efforts menés actuellement pour identifier les points de synergie entre les conventions et en tenir compte, il vaudrait la peine de réunir ces efforts pour parvenir à un cadre général de lignes directrices sur létude dimpact pour les conventions liées à la diversité biologique.
11. Trois accords multilatéraux sur lenvironnement (Convention sur la diversité biologique, Convention sur les espèces migratrices et Ramsar), ont déjà commencé à collaborer dans ce sens, au titre de la décision IV/10c de la Convention sur la diversité biologique qui prie son Secrétariat de collaborer avec les Secrétariats de la Convention sur les espèces migratrices et de Ramsar ainsi quavec lAssociation internationale détude dimpact et lUICN. Etant donné les différents niveaux sur lesquels elles axent leur action (Convention sur les espèces migratrices, au niveau des espèces, Ramsar, au niveau de lécosystème et Convention sur la diversité biologique, à un niveau général) , chacune de ces conventions contribue, à sa façon, à la définition du rôle des études dimpact dans les procédures des conventions.
12. Grâce aux nombreux accords quelle a signé, la Convention sur les espèces migratrices offre un nombre considérable de détails au niveau des espèces, nécessaires aux différents stades des études dimpact. Par exemple, pour assurer la conservation des cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et des zones atlantiques contiguës, les Parties contractantes doivent procéder à des études dimpact pour les projets affectant les cétacés ou leur habitat, y compris les pêcheries, la prospection et lexploitation en mer, les sports nautiques, le tourisme et lobservation des cétacés. Ainsi, lorsquun tel projet est proposé, il est automatiquement soumis à une étude dimpact dans les pays concernés. Ce degré de détail énumération des activités à prévoir lors de lexamen préalable des EIE est possible étant donné quon se concentre sur un seul groupe despèces. Linconvénient dune telle méthode est que seules les espèces couvertes par un accord seront soumises à une EIE et ce, uniquement dans les pays signataires. En revanche, lavantage de cette méthode est quelle garantit des EIE dans ces cas précis.
13. Au niveau de la biodiversité écosystémique, la Convention de Ramsar a été à même de dresser des listes dactivités liées aux zones humides en général qui devraient déclencher une procédure dexamen préalable. Linscription des sites Ramsar fournit également loccasion dexiger que tout projet, programme, plan ou politique affectant le site fasse lobjet dune étude dimpact. En outre, les Parties peuvent choisir dexiger des études dimpact pour des projets, programmes, plans et politiques ayant des répercussions négatives sur des tentatives de conservation ou dutilisation rationnelle de zones humides situées sur leur territoire. Cela vaut tout particulièrement pour larticle 3.1, qui prévoit que les Parties contractantes élaborent et appliquent leurs plans daménagement de façon à favoriser la conservation des zones humides inscrites sur la Liste. Pour quune telle exigence soit respectée, les Parties doivent dresser la liste des activités, des politiques, des plans et des programmes susceptibles davoir un impact sur les zones humides afin de pouvoir procéder à un examen sélectif des propositions. Ainsi, la Convention de Ramsar pourrait établir deux groupes de "déclencheurs" de procédures détude dimpact un groupe qui réagirait à toute proposition susceptible daffecter des zones humides inscrites sur la liste, et un autre, qui permettrait un examen sélectif des propositions en fonction dune liste dactivités, de politiques, de programmes ou de plans. Ces deux "déclencheurs" offriraient une double assurance que les activités potentiellement nuisibles seraient soumises à des procédures dévaluation dimpact rigoureuses.
14. La Convention sur la diversité biologique offre la possibilité de rassembler les différentes formes de la biodiversité génétique, spécifique et écosystémique. Etant donné labsence daccords contraignants distincts ou de sites inscrits au titre de la Convention sur la diversité biologique, les efforts visant à utiliser des instruments dévaluation dimpact pour améliorer son application seraient considérablement renforcés par une collaboration avec Ramsar et la Convention sur les espèces migratrices. La Décision IV/10c de la Convention sur la diversité biologique prie son Secrétariat de collaborer avec le Bureau Ramsar, les Secrétariat de la Convention sur les espèces migratrices, de lAIEI et de lUICN au sujet des études dimpact. Des représentants de ces cinq institutions se sont réunis en décembre 1998 pour étudier ce qui avait déjà été accompli dans ce sens par les conventions liées à la diversité biologique et pour discuter des possibilités futures de collaboration. Ce groupe a établi un projet de programme de travail en trois volets:
a) Etude dimpact et conventions liées à la diversité biologique. Ce volet mettra au point des instruments détude dimpact pour les conventions et resserrera les liens entre la communauté de la diversité biologique et celle des études dimpact. Les activités menées au titre de ce volet incluent le présent document ainsi quun document portant la cote CBD SBSTTA4, des recommandations adressées à la COP7 de Ramsar et à la CBD SBSTTA4, ainsi que des séances dinformation aux conférences des Parties à la Convention sur les espèces migratrices, à la Convention du patrimoine mondial et à la CITES.
b) Etude dimpact et évaluation de la diversité biologique. Ce volet forgera des liens entre létude dimpact et dautres procédures dévaluation. Au nombre des les activités prévues figurent des ateliers dans le cadre de la Conférence annuelle AIEI99 et du FMD, juste avant SBSTTA4, ainsi quune contribution à SBSTTA4 et 5 et au GEST de Ramsar.
c) Etude dimpact et partage de linformation. Ce volet compilera et diffusera le matériel produit et les enseignements tirés des deux autres volets. Parmi les activités prévues figurent des sites Internet pour des ateliers et autres événements, un fichier de spécialistes de la diversité biologique et de lEIE, des dossiers dinformation sur les études dimpact ainsi quun renforcement des capacités et des cours de formation en matière dEIE.
15. La coordination entre les conventions, tant à travers les secrétariats quau sein des Autorités administratives des Parties contractantes devrait continuer à être encouragée et soutenue par les Conférences des Parties à la Convention sur la diversité biologique, à la Convention sur les espèces migratrices et à Ramsar. La 7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar offre plusieurs possibilités dexprimer un tel soutien. Par exemple, en étudiant les lignes directrices techniques relatives à lévaluation des lois et institutions en vue de promouvoir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (COP7 Document 15.7), la COP pourrait encourager les Parties à évaluer leur législation et leurs lignes directrices en matière dEIE sous langle de leur compatibilité avec les objectifs des conventions liées à la diversité biologique et de linclusion de ces objectifs dans lesdits documents. La Conférence des Parties pourrait appuyer le projet de programme de travail mentionné plus haut. En outre, les Partie contractantes à la Convention de Ramsar pourraient exprimer leur intérêt de participer à un groupe consultatif dexperts sur létude dimpact si un tel groupe devait être établi par la CBD SBSTTA4.
§3. Lévaluation stratégique de lenvironnement: un instrument pour létude des lois et des institutions et pour la mise au point de mesures dincitation adéquates
16. Lévaluation stratégique de lenvironnement (ESE) est la procédure formalisée, systématique et globale dévaluation des effets environnementaux dune politique, dun plan ou dun programme et de ses variantes, y compris la préparation dun rapport écrit sur les conclusions de cette évaluation, et lutilisation de ces conclusions dans une prise de décision publiquement responsable. (Therivel et autres 1992). Elle offre une procédure structurée danalyse des impacts économiques, sociaux et écologiques des programmes, plans et politiques qui permet aussi didentifier des mesures dincitation économique de remplacement pour garantir la conservation et lutilisation rationnelle ou durable des zones humides. Lévaluation stratégique de lenvironnement diffère de lEIE en ce sens quelle sapplique aux politiques, plans et programmes plutôt quaux projets. Elle comble plusieurs lacunes de lEIE en permettant de traiter les impacts cumulatifs des projets, daborder la question des impacts induits (lorsquun projet stimule dautres développements), et peut couvrir les impacts synergétiques (lorsque limpact de plusieurs projets dépasse la somme des impacts des projets individuels), tout en permettant détudier des impacts mondiaux tels que lérosion de la diversité biologique.
§3.1 Lévaluation stratégique de lenvironnement et les objectifs conventionnels de révision et de modification des cadres juridiques et institutionnels
17. Grâce à sa procédure structurée, lévaluation stratégique de lenvironnement peut être utilisée comme outil pour réviser et modifier les lois, les institutions et les pratiques afin de garantir lutilisation rationnelle des zones humides (Objectif opérationnel 2.1). En outre, dans le cadre de cette procédure de révision, lévaluation stratégique de lenvironnement peut offrir un moyen de formuler des mesures dincitation appropriées pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides. En ce sens, lévaluation stratégique de lenvironnement est étroitement liée à létude des lois et des institutions, question couverte par la Séance technique II de la COP7, ainsi quaux mesures dincitation couvertes par la Séance technique III.
18. Toutes les conventions liées à la diversité biologique reconnaissent quil est important dintégrer les objectifs de la conservation et de lutilisation durable dans les plans sectoriels et les procédures politiques. Cette nécessité est inhérente à la reconnaissance de ce que lérosion de la biodiversité génétique, spécifique et écosystémique est largement due aux activités de secteurs économiques comme le tourisme, lindustrie, lagriculture, la pêche, la foresterie et lexploitation minière. La Convention sur la diversité biologique demande que chaque Partie contractante «intègre les considérations relatives à la conservation et à lutilisation durable des ressources biologiques dans le processus décisionnel national» (Article 10a) et «intègre, dans toute la mesure possible et comme il convient, la conservation et lutilisation durable de la diversité biologique dans ses plans, programmes et politiques sectoriels ou intersectoriels pertinents» (Article 6b).
19. Les Parties contractantes à la Convention de Ramsar sont convenues, conformément au concept dutilisation rationnelle quelles «élaborent et appliquent leurs plans daménagement de façon à favoriser la conservation des zones humides et autant que possible lutilisation rationnelle des zones humides de leur territoire» (Article 3.1). Les Orientations complémentaires pour lapplication du concept dutilisation rationnelle (Annexe à la Résolution 5.6) reconnaissent explicitement que les facteurs socio-économiques sont les principales causes de la disparition des zones humides et suggèrent que les Parties créent des conseils ou commissions interministériels pour superviser la coordination et la coopération en matière de gestion des zones humides. Les Lignes directrices suggèrent que ses Comités nationaux Ramsar incluent des organismes gouvernementaux traitant de questions économiques et sociales ainsi que les secteurs environnementaux (y compris agriculture, foresterie, aquaculture, chasse, pêche, transports maritimes, tourisme, exploitation minière, industrie, santé et aide au développement). En outre, les Orientations complémentaires recommandent aux Etats de procéder à un examen périodique de la législation en vigueur afin de vérifier quelle est généralement compatible avec lobligation dutilisation rationnelle et, si elle ne lest pas, de lamender en conséquence. Ce paragraphe mentionne explicitement la nécessité de modifier les avantages fiscaux et les subventions encourageant les activités préjudiciables aux zones humides et de créer des incitations financières pour encourager les activités compatibles avec le maintien des zones humides, pour promouvoir leur conservation et y contribuer. En dautres mots, les Parties sont convenues de mettre au point et dappliquer des mesures dincitation allant dans le sens de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides.
20. La Convention sur la diversité biologique et la Convention de Ramsar reconnaissent toutes deux le rôle de lévaluation stratégique de lenvironnement en tant quoutil permettant de réviser et de remanier les politiques, les plans et les programmes de telle sorte quils intègrent la conservation et lutilisation durable de la diversité biologique et des zones humides. La Convention sur la diversité biologique demande que chaque Partie contractante "adopte des procédures permettant dexiger lévaluation des impacts sur lenvironnement des projets quelle a proposé et qui sont susceptibles de nuire sensiblement à la diversité biologique " (Article 14b). Dans le Plan Stratégique de la Convention de Ramsar, la ligne daction 2.5.4 demande de "tenir compte de la gestion intégrée de lenvironnement et de lévaluation stratégique de lenvironnement (aux niveaux local, provincial, du bassin versant/fluvial ou de la zone côtière) lors de lévaluation des impact de projets de développement ou modifications des modes dutilisation des sols et de leau".
§3.2 LESE dans la pratique
21. Etant donné que lévaluation stratégique de lenvironnement est une procédure récente, elle na que rarement été appliquée aux zones humides et menée à terme. Clare Brooke (1997) donne une vue densemble de lESE applicable à la planification hydrologique en Europe, dans un document présenté à la réunion annuelle de lAssociation internationale pour lévaluation dimpact (AIEI) en 1997. Mme Brooke conclut que les éléments de lESE ressortent dans une étude de la planification hydrologique dans le bassin du fleuve Tajo, en Espagne, mais que la planification hydrologique est encore orientée vers la demande et relègue la protection de lenvironnement au second plan. Elle relève toutefois que lévaluation stratégique de lenvironnement comporte un certain nombre datouts, en permettant:
- dintégrer les considérations environnementales à un stade plus précoce du processus décisionnel;
- didentifier les objectifs antagonistes des politiques;
- de déterminer les responsabilités liées à la protection de lenvironnement;
- de définir le contexte dévaluations à plus petite échelle (comme les EIE à léchelle du projet);
- de considérer les impacts non liés à des projets
- de réfléchir sérieusement à des solutions de remplacement; et
- de disposer dinformations de base pour des évaluations à plus petite échelle.
22. Ce dernier point présente une intérêt particulier pour étudier les liens entre les procédures détude dimpact et dévaluation des zones humides. LESE constitue non seulement une base pour la récolte de collecte de données et la surveillance continue liées à lEIE mais peut aussi aider à établir des techniques communes de collecte de données et de surveillance continue grâce auxquelles les informations recueillies dans le cadre dune EIE particulière sont utilisables pour dautres EIE et pour des évaluations des zones humides et de la diversité biologique en cours.
Tableau 1: Les étapes de lESE 1. Décider si le programme, le plan ou la politique (PPP) nécessite une ESE 2. Décrire les objectifs du PPP et autres objectifs
3. Identifier les impacts clés et leur étendue
4. Prévoir les impacts, faire face à lincertitude
5. Proposer des mesures datténuation (y compris des incitations)
6. Examiner le rapport de lESE et prendre une décision "formelle" concernant le PPP 7. Mettre en uvre le PPP, surveiller ses impacts et la réalisation de ses objectifs tiré de Therival et Thompson 1996 |
23. Bien que leurs exemples portent essentiellement sur le Royaume-Uni, Therival et Thompson donnent une aperçu clair et concis de lESE dans loptique globale de la conservation de la nature dans leur rapport intitulé Strategic Environmental Assessment and Nature Conservation (Therival, R et Thompson, S. 1996). En décrivant les différentes étapes dune ESE (voir encadré 1), Therival et Thompson démontrent pour chacune delles comment les problèmes liés à la conservation de la nature ont été et peuvent être résolus.
24. Par exemple, en montrant comment intégrer des considérations environnementales dans létape dénoncé des objectifs dune ESE, Therival et Thompson remarquent que les engagements liés aux accords internationaux être au nombre de ces objectifs ,voire être considérés comme des objectifs impératifs pour refléter un élément de cet engagement. Therival et Thompson recommandent en outre de faire un tableau pour déterminer la compatibilité entre les objectifs dun programme, dun plan ou dune politique et ceux de la durabilité. Ce tableau pourrait également être adapté pour déterminer la compatibilité avec les engagements découlant des Lignes directrices sur lutilisation rationnelle. La définition du champ daction est une étape clé qui permet de garantir que les impacts potentiels sur les caractéristiques écologiques dune zone humide seront identifiés et examinés dans le cadre de lESE. Il convient ensuite didentifier des indicateurs appropriés permettant de mesurer et de représenter les tendances environnementales, facilitant ainsi létablissement dobjectifs pertinents. Il peut sagir dindicateurs de létat de lenvironnement (cest-à-dire être liés à la description des caractéristiques écologiques dune zone humide), dindicateurs dimpact ou de pressions (cest-à-dire du nombre de sites Ramsar inscrits au Registre de Montreux), ou dindicateurs daction (cest-à-dire des politiques révisées et amendées pour intégrer les considérations liées à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides). En proposant des mesures datténuation (5e étape) Therival et Thompson soulignent plusieurs moyens dincorporer les considérations liées à la conservation dans une ESE, y compris:
- en planifiant les projets futurs de telle sorte quils évitent les habitats sensibles (par exemple, les zones humides;
- en imposant des limitations aux PPP à petite échelle ( par exemple à léchelle dun projet)
- en créant de nouvelles aires de conservation et à utilisation contrôlée;
- en gérant les aires de conservation existantes ou en les élargissant;
- en sensibilisant le public.
25. Ainsi, la conception et lapplication de mesures dincitation pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides devraient faire partie des mesures datténuation envisageables.
§3.3 Lapplication des ESE à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides: obstacles
26. La mise en uvre dune ESE orientée vers la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides se heurte bien entendu à différents obstacles. LESE a mis du temps à progresser à travers la procédure législative, ce pour plusieurs raisons. Il ne faut pas oublier quune politique, un plans ou un programme est souvent un processus assez flou (où commence-t-il et où sarrête-t-il) et quil est donc difficile dappliquer une méthode danalyse structurée pour déterminer ses impacts potentiels et les mesures datténuation envisageables. En prônant une étude des lois et des institutions, la Convention de Ramsar aiderait à surmonter cet obstacle et donnerait une "coup denvoi" à la révision et à lélaboration des politiques.
27. De plus, on a beaucoup discuté du niveau de politique, de plan ou de programme auquel lESE doit sappliquer faut-il lappliquer exclusivement aux PPP soumis à autorisation, cest-à-dire à une procédure dapprobation, ou plutôt à lensemble des PPP. Ce problème est lié à celui du manque de clarté de la procédure de planification évoquée plus haut mais surtout au caractère imprécis du point darrêt ou de prise de décisions des PPP. Là aussi, des travaux menés dans le cadre de la Convention de Ramsar offrent un moyen de surmonter cet obstacle. Les engagements de la Convention à élaborer des plans visant à promouvoir lutilisation rationnelle des zones humides, ainsi que la recommandation détablir des comités nationaux Ramsar dans le cadre de létude des lois et des institutions, et des procédures telles que les Stratégies nationales pour la diversité biologique, suggèrent quen matière dESE, une approche plus holistique est parfaitement compatible avec les objectifs de Ramsar.
§4. La participation du public et des parties prenantes, y compris les communautés autochtones et locales
28. Les procédures détude dimpact à tous les niveaux projet, programme, plan et politique offrent des structures formelles permettant dassocier les populations locales et autochtones aux processus de prise de décisions et de gestion. La participation du public, souvent requise au niveau national par la législation sur les EIE, est considérée par les professionnels des études dimpact comme un élément clé de la réussite des procédures dEIE (Pakistan EPA, 1997). La participation du public à lélaboration dun projet renforce le projet, aide à rallier le soutien du public, et accroît lefficacité de la surveillance continue et de lévaluation des impacts dun projet, ainsi que des mesures datténuation et de restauration.
§4.1 La participation du public et les objectifs de la Convention liés à la participation des communautés locales et autochtones.
29. Des procédures détude dimpact structurées garantissent au public la possibilité de participer à lélaboration des projets, programmes, plans et politiques ainsi quaux processus décisionnels. En exigeant la participation du public aux EIE et aux ESE, au niveau local, les pays pourraient établir des procédures garantissant la participation des populations locales au processus de prise de décisions en matière dutilisation des zones humides. Ces procédures devraient également permettre à ces populations dêtre suffisamment informées des activités envisagées pour quelles puissent participer utilement au processus de prise de décisions (annexe à la Résolution 5.6). Ce renforcement des exigences liées à la participation aux études dimpact aiderait aussi les Parties à aller dans le sens de la Recommandation 6.3, qui demande "aux Parties contractantes de déployer des efforts particuliers afin dencourager une participation active et informée des populations locales et autochtones à la gestion, par lintermédiaire de mécanismes appropriés, des sites inscrits sur la Liste de Ramsar, des autres zones humides et de leurs bassins versants. Ces exigences sont également liées étroitement à lObjectif 2.7 et à la Ligne daction 2.7.4 du Plan stratégique.
30. La Convention sur la diversité biologique reconnaît, elle aussi, limportance de la participation des communautés locales et autochtones à la conservation et à lutilisation durable des ressources biologiques, en particulier, lArticle 8j que stipule que chaque Partie contractante respecte, préserve et maintient les connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones et locales. La Décision IV/9 de la Conférence des Parties de Convention sur la diversité biologique concernant lapplication de lArticle 8j établit un groupe de travail sur cette question, chargé entre autres de létablissement de projets venant soutenir lélaboration de la législation nationale et des stratégies correspondantes concernant lapplication de lArticle 8J.
31. Cela nous amène à un autre aspect de la question de la participation du public dans le cadre des conventions liées à la diversité biologique. Les activités menées sous les auspices de ces conventions, par exemple linscription dune zone humide sur la Liste Ramsar, sont susceptibles davoir des effets socio-économiques sur les communautés locales et autochtones. Les impacts socio-économiques des projets liés aux zones humides doivent être identifiés et (sils sont négatifs) atténués ou (sils sont positifs) renforcés. Le Document 15.8 (Ramsar COP7) intitulé Lignes directrices pour la mise en uvre de processus participatifs en vue dassocier les communautés locales et les populations autochtones à la gestion des zones humides, (présenté à la Séance technique III de la COP7) souligne la nécessité de prendre des mesures dincitation pour garantir que les communautés locales et autochtones bénéficient de lutilisation rationnelle des zones humides. Soumettre les politiques, programmes, plans et projets dutilisation rationnelle à des évaluations des impacts socio-économiques est une façon de garantir lapplication de mesures dincitation pertinentes.
§4.2 La participation du public dans la pratique
32. Le projet Waza-logone, au nord du Cameroun, illustre parfaitement comment il est possible de traiter les impacts socio-économiques dun projet sur une zone humide. LEIE de ce projet de restauration de la plaine inondable a dénombré un certain nombre dimpacts socio-économiques négatifs, comme la disparition de rizières irriguées et de ressources forestières. La procédure dEIE a garanti la prise en compte de ces impacts et proposé des mesures datténuation, évitant ainsi des conflits inutiles avec les communautés locales tout en aidant à garantir que la durabilité du projet serait et à faciliter son acceptation par la population (Bitondo, 1995b).
33. Les projets de la BHP, dans la baie de Liverpool, au Royaume-Uni, illustrent la façon dont une EIE peut aboutir à la participation du public aux procédures de surveillance continue et dévaluation. LEIE appliquée à projet dexploitation de pétrole et de gaz à proximité des côtes et de trois sites Ramsar, a encouragé un certain nombre dactivités à long terme, y compris un système de gestion de lenvironnement pour ce type de projet, la restauration de plusieurs zones humides et la désignation dun écologue résident. La communauté locale a participé à la gestion des zones humides restaurées ainsi quà la surveillance continue des impacts et aux mesures datténuation (IPIECA et Forum E&P, 1997). Cette étude démontre comment la participation active du public à la procédure dEIE peut contribuer, entre autres,:
- à lamélioration des procédures de surveillance continue et dévaluation;
- au soutien de la communauté et à sa compréhension du projet;
- à la participation communautaire à la gestion des ressources biologiques;
- à lidentification et latténuation des impacts (résultant souvent de lintégration du savoir local et traditionnel dans les processus de prise de décision);
- à lamélioration de la conception et de lapplication des mesures datténuation (qui peuvent inclure des mesures dincitation à léchelon communautaire).
34. Ces atouts sont similaires à ceux qui ont été soulignés dans les Lignes directrices pour la mise en uvre de processus participatifs en vue dassocier les communautés locales et les populations autochtones à la gestion des zones humides (Ramsar COP7 Document 15.8), qui constituent une base solide pour la participation des communautés locales et autochtones aux procédures dEIE et dESE. Pour en bénéficier, il conviendrait que les Parties étudient plus en détail les procédures détude dimpact social, notamment lorsquelles essaient de déterminer les impacts socio-économique des projets dutilisation rationnelle.
§5.1 Comment les EIE aident-elles à résoudre des problèmes liés aux zones humides dans la pratique
35. Les COP de Ramsar et de la Convention sur la diversité biologique ont toutes deux demandé une étude des EIE existantes, afin de déterminer la façon dont les problèmes liés aux zones humides et à la diversité biologique sont résolus dans la pratique (Ramsar Recommandation 6.2, Annexe à la Résolution VI.1, and Objectif opérationnel 2.5 du Plan stratégique, ainsi que Décision IV/10c de la Convention sur la diversité biologique). LAssociation internationale pour lévaluation dimpact (AIEI) et lUICN ont aidé Ramsar et la Convention sur la diversité biologique à identifier et analyser des exemples dEIE pertinents. En particulier, la 17e Conférence annuelle de lAIEI, tenue en 1997, a insisté sur les questions liées aux zones humides, encourageant les praticiens de lEIE du monde entier à soumettre des exemples et des expériences de procédures dEIE en rapport avec les zones humides.
36. Le Plan stratégique Ramsar signale que, outre quelles constituent des foyers de diversité biologique, les zones humides rendent dimportants services aux sociétés humaines, tels que: apport deau, assainissement, maîtrise des crues et ressources alimentaires. La Convention a pour mission de favoriser la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides par des mesures prises au plan national et par la coopération internationale, comme moyens de parvenir au développement durable dans le monde entier (Ramsar, Plan stratégique pour 1997-2002). Dans le contexte de Ramsar, lutilisation rationnelle est définie comme étant lutilisation durable des zones humides au bénéfice de lhumanité dune manière qui soit compatible avec le maintien des propriétés naturelles de lécosystème. La procédure dEIE, telle quelle est pratiquée aujourdhui, contribue-t-elle à la conservation et à lutilisation rationnelle des zones humides ?
37. La réponse ne peut être que mitigée. Plusieurs études ont montré comment une inscription sur la Liste Ramsar peut, soit déclencher une procédure initiale détude dimpact, soit donner un élan à une étude plus détaillée que de coutume (IPIECA, 1997; Scholten, 1997). Par exemple, lorsque que la compagnie BHP sest rendue compte, grâce à lEIE, que ses activités dans la région de Liverpool empiétaient sur 3 sites Ramsar, elle a mené une enquête plus détaillée sur les impacts possibles de ses projets. Mais ces mêmes études démontrent parfois que linscription sur la Liste Ramsar ne suffit pas à elle seule à protéger certaines zones contre le développement intensif. Par exemple, Scholten (1997) estime que "la mise en valeur dune partie de la zone humide située à lest dAmsterdam fera disparaître une grande partie dun écosystème deau douce de faible profondeur, dimportance internationale et inscrit sur la Liste Ramsar". Ces études démontre le plus souvent comment une EIE peut aider à remanier un projet (Scholten, 1997; IPIECA, 199?). En outre, plusieurs études montrent comment les EIE peuvent aider à définir des mesures datténuation et de compensation pertinentes (Bitondo, 1995). En outre, une étude de la restauration des conditions hydrologiques de la plaine inondable de Waza-logone (Bitondo, 1995) montre que le statut Ramsar et linformation peuvent faciliter les projets de restauration.
§5.2 La législation et les lignes directrices relatives aux EIE
38. Outre létude des exemples pratiques dEIE, les COP de la Convention sur la diversité biologique et de Ramsar ont demandé une étude des lignes directrices et des lois existantes sur les EIE. Généralement, la législation relative aux EIE donne un bon aperçu des exigences liées à la procédure dEIE et détermine les rôles et responsabilités des initiateurs de projets, des décideurs, des autorités locales, des consultants statutaires et des autres acteurs. La législation nationale établit des normes minimales, les types de projets nécessitant une EIE, le mode détablissement des rapports ainsi que de notification et de participation publiques. Les lignes directrices sont linstrument le plus couramment utilisé pour spécifier les moyens de résoudre des questions plus spécifiques comme la façon de mener une EIE dans un écosystème de zones humides. Avant de passer aux lignes directrices, il convient toutefois de signaler que le statut Ramsar peut être et est utilisé dans la législation sur les EIE (par exemple au Royaume-Uni, pour encourager les études dimpact. Cela signifie que tout projet prévu à une certaine distance (prescrite) dun site Ramsar doit être soumis à une EIE complète. De telles exigences contribuent à garantir que les Parties seront à même de réaliser lobjectif établi à lArticle 3.2, à savoir que chaque Partie contractante prend les dispositions nécessaires pour être informée dès que possible des modifications des caractéristiques écologiques des zones humides inscrites sur la liste qui se sont produites ou sont en train ou susceptibles de se produire.
39. Il existe énormément de lignes directrices relative à la conduite des EIE, émanant généralement de gouvernements, banques multilatérales de développement, organismes donateurs bilatéraux, organisations des Nations unies et organisations intergouvernementales.
40. Récemment, A. Donnelly, B. Dalal-Clayton et R. Hughes (1998) ont publié un répertoire mis à jour de ces lignes directrices, intitulé A directory of Impact Assessment Guidelines, Second Edition. Dans la table des matières figurent une bonne trentaine de références aux zones humides et aux ressources en eau figurant dans des lignes directrices sur les EIE des quatre coins du globe. Certaines de ces références sont plutôt faibles pour ce qui est de la réalisation des objectifs de la Convention de Ramsar (par exemple, la mention de la pollution des eaux en tant quimpact potentiel à prendre en considération) mais dautres lignes sont plus détaillées pour ce qui est de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides. Plusieurs pays et organismes (Allemagne, Bangladesh, Colombie, Espagne, France, Népal, Pérou, Royaume-Uni, Slovaquie, Thaïlande, Zimbabwe, JICA (Japon), NORAD, (Norvège), Commission économique et sociale des Nations Unies pour lAsie et le Pacifique, Banque mondiale et OMS) ont mis au point des lignes directrices relatives à lévaluation des impacts des projets axés sur les ressources en eau, tels que barrages hydroélectriques et projets de prévention des crues. La Commission économique et sociale pour lAsie et le Pacifique a publié un certain nombre de lignes directrices pour la mise en valeur des ressources en eau et la gestion du milieu côtier, adoptant pour le deuxième sujet une approche au niveau de lécosystème pour identifier certaines activités de développement susceptibles davoir des incidences sur les zones côtières (Donnelly, A. et autres 1998). Le Gouvernement indien a adopté le même type dapproche pour les lignes directrices applicables aux projets exécutés sur des plages où dans des vallées fluviales. Lapproche de lIndonésie est encore plus large, avec des lignes directrices pour les zones humides expliquant comment les appliquer les procédures détablissement de la portée des incidences dans les zones humides. Les lignes directrices sur les EIE pour les Flandres suivent également une approche au niveau de lécosystème et traitent leau comme une discipline séparée. LItalie a publié un manuel sur les indicateurs hydrologiques applicables aux EIE. Le Gouvernement helvétique considère lEIE comme une procédure susceptible daider à protéger les zones humides dans le manuel intitulé Le Domaine de protection des eaux et pêche dans le cadre dune EIE. Le Costa Rica a publié un manuel spécifique pour les EIE menées dans les bassins versants publics.
§5.3 Les EIE et lintégration des valeurs des zones humides dans les processus décisionnels
41. La Recommandation 6.10 de Ramsar (Promotion de la coopération en matière dévaluation économique des zones humides) reconnaît lévaluation comme un instrument précieux pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides. Mais pour que cet instrument soit véritablement utile à la Convention de Ramsar, les valeurs économiques des zones humides doivent, dune façon ou dune autre, influer sur les processus de prise de décisions. Ce lien essentiel entre les valeurs et les décisions est reconnu dans lObjectif opérationnel 2.4 du Plan stratégique. Létude dimpact est aussi un mécanisme qui permet dintégrer les valeurs économiques des zones humides dans le processus décisionnel qui, du même coup, accroît ses chances dinfluencer les politiques, les plans, les programmes ou les projets. Les Parties contractantes peuvent contribuer à ce que des valeurs réalistes soient attribuées aux zones humides dans les processus décisionnels en exigeant, au besoin, lapplication de méthodologies dévaluation pour les procédures détude dimpact.
§5.4 Lamélioration de la surveillance continue et de lévaluation
42. Les procédures de surveillance continue et dévaluation sont nécessaires pour déterminer la mesure dans laquelle les caractéristiques écologiques des zones humides situées sur le territoire dune Partie subissent les effets dactivités humaines. La Résolution VI.1 discute de limportance détablir et de mettre en uvre des procédures adéquates de surveillance continue et dévaluation, et la Résolution VI.13 associe cette surveillance continue au problème des menaces. Le Document Ramsar COP7 Doc 15.10 intitulé Cadre dévaluation des risques pour les zones humides va plus loin et propose un cadre pour relier les systèmes dalerte précoce aux plans de gestion. Létude limpact donne également la possibilité de renforcer et dappliquer les procédures dévaluation des risques et de surveillance continue existantes et encourager la mise en uvre dune surveillance supplémentaire. Comme nous lavons démontré dans le paragraphe 4.2, la participation du public aux études dimpact peut renforcer la surveillance continue et lévaluation liées aux EIE. En outre, comme lont signalé Therival et Thompson (1996), une procédure dESE peut déclencher un exercice de surveillance continue et dévaluation qui devraient rentrer dans le cadre des activités de surveillance continue des zones humides menées au titre de la Convention de Ramsar. En outre, les procédures Ramsar de surveillance continue et dévaluation devraient permettre de recueillir des données susceptibles dintéresser les EIE et les ESE, et qui devraient être accessibles à la communauté concernée par les études dimpact. Relier les études dimpact à lévaluation des zones humides offrirait un moyen rentable de recueillir des informations plus nombreuses et plus précises sur les zones humides du monde entier.
43. Les conclusions et priorités du présent document figurent dans le projet de décision préparé pour la 7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar.
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0169, e-mail
).
Traduit de l'anglais par Catherine Lokschin. Publié le14 avril
1999, Dwight Peck, Ramsar.