Communiqué de presse : Des zones humides en bonne santé sont un atout essentiel pour nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse

Convention de Ramsar sur les zones humides, Gland, Suisse, publié le 31 janvier 2014.

Dimanche 2 février, Journée mondiale des zones humides, la Convention sur les zones humides appelle à renforcer la collaboration entre les secteurs de l’agriculture, de l’eau et des zones humides pour que des zones humides en bonne santé continuent d’apporter, aux populations et à la nature, de l’eau propre, des aliments et une multitude d’autres avantages.

À l’échelon mondial, 70% de toute l’eau puisée dans les zones humides, notamment les aquifères, les cours d’eau et les lacs, sert à l’agriculture. Les zones humides soutiennent l’agriculture en fournissant de l’eau, un moyen de transport et des sols fertiles mais aussi, directement, des aliments et autres produits tels que le chaume ou les biocarburants. Elles fournissent aussi d’autres services en aval, tels que le stockage de l’eau pour la consommation et pour la production d’énergie et fournissent un habitat pour la faune locale et les espèces migratrices.

Si l’on veut nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse, qui pourrait dépasser neuf milliards de personnes d’ici à 2050, la production alimentaire devra croître de 60 pour cent. On estime que la consommation d’eau par l’agriculture augmentera de 19% et que c’est principalement dans les régions qui souffrent déjà d’une pénurie d’eau que la demande d’eau pour l’irrigation augmentera.

« Les zones humides fournissent toute l’eau que nous utilisons quotidiennement, mais aussi l’eau précieuse, nécessaire aux cultures et à la production alimentaire » déclare Christopher Briggs, Secrétaire général de la Convention de Ramsar sur les zones humides. « En outre, elles atténuent les effets des tempêtes, des inondations et des sécheresses et elles purifient les eaux polluées. Il importe de les entretenir et de les gérer de façon rationnelle si l’on veut qu’elles continuent de soutenir l’agriculture. »

La demande croissante d’eau et de sols pour l’agriculture menace de plus en plus l’avenir des zones humides. Le drainage et la transformation des zones humides pour l’agriculture ou l’aquaculture en sont des exemples évidents mais l’épandage généralisé de pesticides et d’engrais qui contribuent à la pollution des zones humides est tout aussi nocif.

La dégradation de ces zones peut avoir des impacts sociaux importants, en plus de conséquences sur l'environnement. Il est essentiel d'impliquer les acteurs locaux dans la gestion des zones humides et à la prise de décision. Par exemple, les réglementations nationales et internationales peuvent être difficiles à appliquer dans des situations locales où la pression sur les terres fertiles est élevée. Dans ce contexte, inciter les agriculteurs à mettre de côté une partie de leurs zones humides afin de s'assurer qu’elles restent en bonne santé et continuent de fournir leurs prestations et services, pourrait apporter des avantages mutuels aux agriculteurs et à l'environnement.

L’agriculture dans les zones humides fait vivre plusieurs millions de personnes à travers le monde et pour beaucoup, elle offre un moyen d’échapper à la pauvreté. Selon Matthew McCartney de l’International Water Management Institute, « la clé du développement durable consiste à trouver l’équilibre juste entre les différentes utilisations d’une zone humide et l’immense diversité des avantages qu’elle procure. »

Parmi les pratiques agricoles ayant fait la preuve qu’elles contribuent à la santé des zones humides, on peut citer les systèmes d’irrigation économes en eau et les cultures tolérant la sécheresse. L’agriculture biologique et d’autres pratiques qui réduisent la pollution de l’eau ont aussi un rôle à jouer dans le maintien de la santé des zones humides.

Dans un contexte plus vaste, de nombreuses communautés du monde en développement, la pêche de capture dans les zones humides est un pilier vital de la sécurité nutritionnelle et alimentaire. « Dans les pays en développement, la diversité et la valeur des poissons, des crustacés, des mollusques, des amphibiens et des plantes sauvages que l’on trouve dans les zones humides font vivre, directement, plus de 60 millions de personnes. Or, ces ressources sont souvent menacées par des décisions de développement national prises sans se soucier de leur valeur » affirme Devin Bartley de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

« L’expérience et les observations faites dans de nombreuses zones humides montrent que ce sont souvent des solutions locales, appliquées avec des connaissances locales, dans le cadre d’efforts plus vastes, qui sont les plus efficaces » ajoute Christopher Briggs. « Ce n’est que par l’échange des connaissances et des solutions et la collaboration entre les secteurs de l’agriculture, de l’eau et des zones humides que nous pourrons relever le défi de nourrir neuf milliards de personnes en 2050  »

La Journée mondiale des zones humides

La Journée mondiale des zones humides est célébrée le 2 février, pour commémorer la date de l’adoption de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar sur les berges de la mer Caspienne. Chaque année depuis 1997, des organismes gouvernementaux, des organisations non gouvernementales, des organisations de conservation de la nature et des groupes de citoyens organisent des activités, dans le monde entier, pour sensibiliser à l’importance et à la valeur des zones humides. Plus de 130 pays célèbrent désormais cette journée. En 2014, Année internationale de l’agriculture familiale décrétée par les Nations Unies, la Convention de Ramsar collabore avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’International Water Management Institute (IWMI) sur le thème « l’agriculture et les zones humides », à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides dont le slogan est « Les zones humides et l’agriculture : Partenaires de la croissance ».

La Convention de Ramsar sur les zones humides
La Convention sur les zones humides est le traité intergouvernemental qui sert de cadre à la coopération internationale et à l’action au niveau national en faveur de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides. Près de 90% des États Membres de l’ONU sont des « Parties contractantes » à la Convention de Ramsar. En signant la Convention, les Parties s’engagent à maintenir les caractéristiques écologiques de leurs zones humides d’importance internationale et à planifier « l’utilisation rationnelle » ou « utilisation durable » de toutes les zones humides se trouvant sur leur territoire. Elles s’engagent aussi à coopérer, au niveau international, pour ce qui concerne les zones humides transfrontières, ainsi que les systèmes et espèces de zones humides qu’elles ont en partage.
La Convention a adopté une définition large des zones humides qui englobe tous les lacs et cours d’eau, les aquifères souterrains, les marais et marécages, les prairies humides, les tourbières, les oasis, les estuaires, les deltas et les bancs de sable intertidaux, les mangroves et autres zones côtières, les récifs coralliens et tous les sites artificiels tels que les étangs d’aquaculture, les rizières, les retenues et les marais salants.

L’International Water Management Institute (IWMI)
L’IWMI est une organisation de recherche scientifique à but non lucratif qui se concentre sur l’utilisation durable des ressources aquatiques et pédologiques dans les pays en développement : http://www.iwmi.cgiar.org/ et est l'institut principal du Programme sur l’eau, la terre et les écosystèmes du CGIAR http://wle.cgiar.org

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
La FAO a pour mandat d’améliorer la nutrition, d’augmenter la productivité agricole, d’élever le niveau de vie des populations rurales et de contribuer à la croissance économique mondiale. Site web de l’Année internationale de l’agriculture familiale : http://www.fao.org/family-farming-2014/fr/

Webinar
Le Groupe d'évaluation scientifique et technique de la Convention Ramsar (GEST) organisera un webinar le 18 février 2014 : comment trouver le bon équilibre dans la gestion des zones humides et de l’agriculture. Voir : www.ramsar.org

Pour en savoir plus : www.ramsar.org
Facebook :
RamsarConventionOnWetlands; Twitter : RamsarConv
Contact : Marina Monzeglio, Chargée de la communication, Secrétariat de la Convention de Ramsar, +41 22 999 0331, monzeglio@ramsar.org

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La Convention aujourd'hui

Nombre de » Parties contractantes : 168 Sites sur la » Liste des zones humides d'importance internationale : 2181 Surface totale des sites désignés (hectares) : 208.545.658

Secrétariat de Ramsar

Rue Mauverney 28
CH-1196 Gland, Suisse
Tel.: +41 22 999 0170
Fax: +41 22 999 0169
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