Recommandation 7.1:


COP7's logo"L’homme et les zones humides: un lien vital"
7e Session de la Conférence des Parties contractantes à la
Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971)
San José, Costa Rica, 10 au 18 mai 1999

1. RAPPELANT la Recommandation 6.1 qui encourage le renforcement de la coopération en matière d’utilisation rationnelle, de développement durable et de conservation des tourbières du monde entier;

2. FÉLICITANT les nombreuses organisations qui ont réagi positivement et pris des initiatives, en particulier la Commission UICN de la gestion des écosystèmes qui a publié Management Guidelines for Forested Tropical Peatlands, with Special Reference to Southeast Asia, la Société internationale de la tourbe pour le texte intitulé Statement on the Wise Use of Peatlands, International Mire Conservation Group qui prépare des Lignes directrices pour l’utilisation rationnelle des tourbières , ainsi que Wetlands International et d’autres organisations, pour les nombreux nouveaux projets élaborés depuis la 6e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar en 1996 en appui aux lignes directrices, programmes et politiques nationaux et régionaux relatifs à l’utilisation rationnelle des tourbières;

3. RAPPELANT l’engagement d’Action 21 en faveur d’un équilibre mûrement réfléchi entre les besoins de développement économique et social des pays qui utilisent des ressources naturelles telles que les tourbières et leurs objectifs de conservation de l’environnement;

4. CONSTATANT AVEC PRÉOCCUPATION que l’on n’est guère conscient, à l’échelle mondiale, des conséquences des pertes importantes de carbone causées par des feux de tourbières et autres facteurs induits par l’homme dans le monde entier;

5. CONSCIENTE AU PLUS HAUT POINT qu’il importe d’inclure toutes les initiatives relatives à la séquestration et aux puits de carbone dans les zones humides comme thèmes clés des débats mondiaux dans le cadre du Protocole de Kyoto qui relève de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques;

6. SE RÉJOUISSANT de l’augmentation, dans de nombreux pays, du nombre de sites Ramsar contenant ou dominés par des écosystèmes de tourbières, en application du Plan stratégique 1997-2002 de la Convention de Ramsar qui mentionne les tourbières comme un type de zone humide sous-représenté sur la Liste des zones humides d’importance internationale;

7. NOTANT AVEC SATISFACTION que les secteurs gouvernementaux, privés et non gouvernementaux de l’environnement se soucient de plus en plus de renforcer la promotion du développement durable, de l’utilisation rationnelle et de la conservation des écosystèmes de tourbières et des ressources naturelles associées;

LA CONFÉRENCE DES PARTIES CONTRACTANTES

8. APPELLE les Parties contractantes à accorder une plus grande priorité à l’inventaire et à l’évaluation des tourbières de tous les types et, au besoin, à inscrire d’autres écosystèmes de tourbières de leur territoire sur la Liste des zones humides d’importance internationale.

9. PRIE INSTAMMENT les Parties contractantes, les Organisations internationales partenaires de Ramsar et autres organismes concernés, de prendre, sans délai, des mesures pour améliorer la sensibilisation et la compréhension des fonctions et valeurs des tourbières du monde entier et pour protéger les sites particulièrement menacés, telles les tourbières tropicales et boréales.

10. APPROUVE le Projet de Plan d’action mondial pour l’utilisation rationnelle et la gestion des tourbières qui figure en annexe à la présente recommandation et RECOMMANDE aux Parties contractantes et aux autres organismes concernés de collaborer à l’affinement du Projet et en vue de trouver un financement pour des projets et activités appropriés en appui à la Stratégie d’application du Plan.

11. DEMANDE au Groupe d’évaluation scientifique et technique de la Convention et aux Organisations internationales partenaires de Ramsar d’aider les Parties contractantes à évaluer le Plan d’action, lorsqu’il sera terminé, en ce qui concerne:

i) l’élaboration de lignes directrices complémentaires pour l’inscription de tourbières sur la Liste de Ramsar;

ii) l’élaboration de nouvelles lignes directrices pour le développement durable, l’utilisation rationnelle et la gestion des tourbières aux niveaux régional et national;

iii) des initiatives visant au transfert de la technologie de mise en valeur et de restauration des tourbières vers les pays en développement et les pays en transition; et

iv) l’élaboration d’une classification universelle et normalisée des types de tourbières et de leurs caractéristiques écologiques.

12. DEMANDE aux partenaires du Projet de Plan d’action mondial de faire rapport sur leurs progrès relatifs à l’élaboration du Plan et notamment de la Stratégie d’application et d’établir un éventuel partenariat mondial pour les tourbières (PMT) à l’occasion de l’Événement du millénaire sur les terres humides qui aura lieu à Québec, Canada, en août 2000 et de soumettre un Plan d’action mondial révisé pour étude et adoption éventuelle à la COP8 de Ramsar, en 2002.


Annexe

Projet de Plan d’action mondial pour l’utilisation rationnelle et la gestion des tourbières

Introduction

1. En mars 1996, avant la COP6 de la Convention de Ramsar, plusieurs organismes partenaires ont coopéré à l’organisation d’un Atelier international sur la conservation mondiale des tourbières (Rubec, 1996). Il s’agissait de l’une des réunions internationales de travail dont le but était d’attirer l’attention, à l’échelle mondiale, sur la nécessité de prendre des mesures en faveur du développement durable, de l’utilisation rationnelle, de la conservation et de la gestion des tourbières. Dans la même série avaient été organisées la sixième réunion du International Mire Conservation Group (Moen, 1995) et la Convention sur les tourbières (Parkyn, Stoneman et Ingram, 1997). Les tourbières ont été reconnues comme un type de zone humide sous-représenté dans la Liste des zones humides d’importance internationale (Liste de Ramsar). Grâce aux efforts déployés par des organisations non gouvernementales, les éléments potentiels d’un plan d’action mondial pour l’utilisation rationnelle des tourbières et des lignes directrices régionales et nationales pour la gestion des écosystèmes de tourbières (Maltby, 1995; Safford et Maltby, 1998) et pour la coopération entre partenaires potentiels ont pu être identifiés.

2. Lors de la Quatrième réunion de la Conférence des Parties contractantes à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Buenos Aires, novembre 1998), il est apparu que la séquestration du carbone est en train de devenir un mécanisme important favorisant la mise en œuvre du Protocole de Kyoto. Ce mécanisme comprend, de façon inhérente, l’utilisation rationnelle des ressources de carbone contenues dans les tourbières et l’application éventuelle d’un mécanisme mondial d’échange de crédits-carbone. Les tourbières ont été identifiées comme l’un des puits de carbone potentiels à l’échelle mondiale et comme une ressource économique précieuse. Dans de nombreux secteurs, des discussions sont en cours au niveau international afin de promouvoir la reconnaissance des types de tourbières comme éléments établissant le lien entre les aspects économiques et environnementaux inhérents à la Convention-cadre sur les changements climatiques, la Convention sur les zones humides et la Convention sur la diversité biologique et les questions commerciales internationales.

3. Il a donc été proposé que des questions telles que les changements climatiques, les puits de carbone, l’utilisation rationnelle et la gestion durable des tourbières soient les thèmes de l’atelier sur les tourbières du 13e Forum mondial sur la diversité biologique, réuni du 7 au 9 mai 1999, à San José, Costa Rica. L’atelier, organisé sous l’égide de l’UICN et de nombreuses organisations partenaires, a examiné le Projet de Plan d’action mondial pour l’utilisation rationnelle et la gestion des tourbières.

4. Les éléments proposés de ce Projet de Plan d’action mondial pour l’utilisation rationnelle et la gestion des tourbières s’appuient sur les recommandations préparées lors de précédents forums internationaux, notamment:

1994 La Déclaration de Trondheim du sixième Colloque du IMCG, à Trondheim, Norvège (Moen, 1995).

1995 La Déclaration d’Édimbourg élaborée lors de la Convention internationale sur les tourbières, à Édimbourg, Écosse (Parkyn et al., 1997).

1996 Un Plan d’action mondial pour la conservation des tourbières (Lindsay, 1995) proposé durant l’Atelier international sur la conservation des tourbières à Brisbane, Australie (Rubec, 1996).

1996 Recommandation 6.9 de la COP6 de Ramsar et Plan stratégique 1997-2002, Convention de Ramsar sur les zones humides.

1997 Recommandations sur la réunion de travail conjointe SIT/IMCG, Surwold, Allemagne (Rubec, 1997).

1998 Rapport de la Commission UICN de la gestion des écosystèmes intitulé Management Guidelines for Forested Tropical Peatlands, with Special Reference to Southeast Asia (Safford et Maltby, 1998).

Objectifs de l’atelier de 1999

5. Les objectifs de l’atelier sur les tourbières du FMD 13, 7 au 9 mai 1999 étaient les suivants:

i) évaluer le statut des initiatives de promotion de la coopération et de l’élaboration d’une Stratégie mondiale de développement durable, utilisation rationnelle et conservation des tourbières;

ii) encourager la mise en place d’un partenariat mondial entre les gouvernements, le secteur privé et les organismes non gouvernementaux en vue d’appliquer cette stratégie; et

iii) explorer les mécanismes afin de soutenir la coopération internationale sur des questions telles que les puits de carbone et la mise en œuvre du Protocole de Kyoto de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Partenaires du Plan d’action

6. Les partenaires du Plan d’action mondial pour les tourbières comprendront de nombreux réseaux et de nombreuses organisations telles que (la liste n’est pas exhaustive):

i) Commission UICN de la gestion des écosystèmes (CGE/UICN);

ii) Convention de Ramsar sur les zones humides et ses Parties contractantes;

iii) International Mire Conservation Group (IMCG);

iv) Wetlands International;

v) Société internationale de la tourbe (SIT);

vi) Society of Wetland Scientists (SWS);

vii) Global Environment Network; et

viii) Institute for Wetland Science and Policy Research (États-Unis).

Questions clés et possibilités d’action

7. Différents efforts ont été déployés pour définir des plans d’action pour les tourbières. Pour paraphraser les suggestions de Lindsay (1995), les six questions suivantes semblent s’appliquer à la situation actuelle à l’échelle mondiale:

i) Quel est l’état des ressources mondiales de tourbières?

ii) Cette ressource est-elle correctement décrite du point de vue écologique et économique?

iii) Comment et pourquoi les tourbières sont-elles exploitées aujourd’hui?

iv) Pourquoi faut-il que l’exploitation des tourbières soit durable?

v) Comment conserver et gérer rationnellement les tourbières?

vi) De quels instruments de surveillance avons-nous besoin pour savoir si les mesures prises sont efficaces?

8. Le projet de Plan d’action mondial pour les tourbières est axé sur une série de "possibilités d’action" et pour chacune d’elles, plusieurs recommandations sont proposées aux fins de discussion. Ces recommandations sont, en général, issues de celles qui ont été proposées dans les forums internationaux et les publications mentionnées dans la section précédente. Ci-après sont résumées quelques-unes des recommandations provenant de nombreuses sources, organisées en huit thèmes intitulés «Possibilités d’action».

9. Le Projet de Plan d’action compte huit possibilités d’action:

1. comprendre la terminologie des tourbières;

2. base de données mondiale sur les tourbières;

3. programme mondial de sensibilisation et de surveillance des tourbières;

4. comprendre et normaliser les concepts d’utilisation rationnelle;

5. appliquer les instruments législatifs et politiques;

6. lignes directrices nationales et régionales pour la gestion des tourbières;

7. réseaux de recherche et de coopération et centres d’excellence;

8. établir les priorités programmatiques et de recherche.

Possibilité d’action No 1: Comprendre la terminologie des tourbières

10. Préparer une terminologie et une classification des tourbières, universelles, cohérentes et multilingues (par ex. anglais, français, espagnol, russe, finlandais et allemand), afin d’améliorer la compréhension.

Actions:

1.1 Production et distribution, à l’échelle mondiale, de publications sur les utilisations régionales, les inventaires et la gestion des tourbières dans le monde.

1.2 Avec l’aide d’organisations telles que la SIT, l’UICN, Wetlands International, le IMCG, entre autres, et les Parties contractantes à la Convention de Ramsar:

i) établir un réseau de communication efficace;

ii) préparer des publications ciblées sur la classification des tourbières et la terminologie y relative;

iii) établir une bibliographie électronique de la littérature relative à l’utilisation rationnelle, au développement durable, à la gestion et à la conservation des tourbières; et

iv) publier une terminologie des tourbières, multilingue de préférence dans laquelle on trouvera les dernières définitions convenues de termes relatifs à la conservation des tourbières.

1.3 Le IMCG, la SIT et les partenaires intéressés devraient constituer un groupe de travail conjoint afin de rassembler la terminologie des tourbières et de la tourbe et préparer une publication terminologique conjointe.

1.4 Le groupe de travail conjoint devrait organiser plusieurs petits ateliers ou colloques internationaux sur ce thème selon un calendrier approprié.

1.5 Les partenaires devraient envisager d’imprimer des publications telles qu’un lexique sur la tourbe et les tourbières comme numéros spéciaux de revues existantes, notamment le International Peat Journal.

1.6 Les partenaires devraient rédiger un rapport sur les types de tourbières et les régions de tourbières du monde.

1.7 Les partenaires du Plan d’action mondial pour les tourbières devraient coopérer pour organiser un atelier sur des modèles et systèmes d’évaluation des tourbières avec des études de cas à présenter lors de l’Événement du millénaire sur les terres humides, à Québec, en août 2000.

Possibilité d’action No 2: Base de données mondiale sur les tourbières

11. La création d’une base de données mondiale sur les caractéristiques écologiques et la distribution des tourbières, tenant compte du stockage du carbone, est essentielle.

12. Plusieurs études régionales et mondiales contiennent des informations approfondies sur la distribution mondiale des tourbières, notamment Lappalainen (1996) dans Global Peat Resources produit par la Société internationale de la tourbe et Lofröth et Moen (en prép.) dans European Mires: Distribution and Conservation Situation produit par l’International Mire Conservation Group et l’Université de Trondheim, Norvège. Wetlands International et la Convention de Ramsar sont également en train de préparer une étude mondiale des ressources en zones humides en coopération avec le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature. Les bases de données mondiales sur le stockage du carbone ont donné lieu à plusieurs projets sur les changements climatiques mais sont encore rudimentaires et souvent incomplètes.

13. La Banque de données des sites Ramsar tenue par Wetlands International contient des informations descriptives sur près de 1000 sites Ramsar dans le monde entier. Ce chiffre devrait augmenter pour atteindre 2000 sites dans la prochaine décennie. Beaucoup sont des tourbières. Il est nécessaire de mener une analyse des lacunes sur la nature des tourbières identifiées dans cette Banque de données et de déterminer les orientations futures possibles.

Actions:

2.1 Les pays qui n’ont pas encore procédé à la régionalisation biogéographique devraient envisager d’entamer un programme à cet effet, en concertation avec les pays voisins, le cas échéant. Cette activité est essentielle pour intégrer et synthétiser les données dans un cadre normalisé.

2.2 Les Parties contractantes à la Convention de Ramsar, le Groupe d’évaluation scientifique et technique (GEST) de Ramsar, le Bureau Ramsar, la SIT et le IMCG, ainsi que d’autres partenaires intéressés, devraient évaluer l’étendue et la qualité des études sur les tourbières dans le monde entier et déterminer les domaines dans lesquels des activités d’inventaire sont encore nécessaires.

Possibilité d’action No 3: Programme mondial de sensibilisation et de surveillance des tourbières

14. Il est nécessaire d’intégrer les statistiques mondiales et de mettre en place une Étude sur l’état et les tendances mondiales de l’exploitation des tourbières, les changements dans les caractéristiques écologiques, la restauration et la remise en état. Cette information est fondamentale pour l’établissement d’un rapport et la promotion de la sensibilisation aux fonctions et valeurs des tourbières.

Actions:

3.1 Il serait bon de mener une étude sur les connaissances actuelles relatives aux écosystèmes de tourbières, dont l’objectif spécifique serait de mettre en évidence les domaines de recherche prioritaires dans le but d’aider au maintien des caractéristiques écologiques des tourbières, y compris des sites Ramsar.

3.2 Une série d’initiatives spécifiques en matière d’éducation et d’interprétation relatives aux tourbières serait utile tant aux niveau international que national. Chaque Partie contractante à la Convention de Ramsar devrait mener des études de faisabilité concernant les écosystèmes de tourbières, avec l’appui d’organisations non gouvernementales spécialisées, sur les options possibles et les informations disponibles pour:

i) établir le lien entre les programmes pédagogiques existants;

ii) préparer des projets pédagogiques et d’exposition susceptibles d’améliorer la compréhension et l’appréciation des avantages et des valeurs des systèmes de tourbières locaux et régionaux pour les communautés locales;

iii) établir l’importance des tourbières dans les systèmes économiques nationaux et mondiaux.

Possibilité d’action No 4: Comprendre et normaliser les concepts d’utilisation rationnelle

15. Il est nécessaire de procéder à une synthèse des connaissances et du consensus actuels relatifs aux concepts d’utilisation rationnelle des tourbières, harmonisée avec les définitions et principes établis par la Convention de Ramsar. Il convient de noter que la SIT et le IMCG travaillent à cette question. La SIT a récemment publié sa position sur l’utilisation rationnelle dans le cadre d’articles parus dans son magazine Peatlands International (janvier 1999).

Actions:

4.1 Les Parties contractantes à la Convention de Ramsar devraient faire en sorte que le développement durable, l’utilisation rationnelle, la gestion et la conservation des tourbières, au niveau international, trouvent leur place dans les discussions et dans les projets de décision préparés pour les sessions de la Conférence des Parties à la Convention de Ramsar et d’autres traités internationaux de l’environnement telles que la Convention sur la diversité biologique, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la Convention sur la lutte contre la désertification.

4.2 Les conventions, accords et règlements internationaux devraient être utilisés efficacement pour soutenir l’utilisation rationnelle et la gestion des ressources mondiales de tourbières conformément aux principes d’Action 21 relatifs au développement durable au niveau national.

Possibilité d’action No 5: Appliquer les instruments politiques et législatifs

16. Pour définir des buts et objectifs clairs et des stratégies d’utilisation rationnelle, il importe d’élaborer des politiques nationales pour les tourbières, compatibles avec les objectifs de développement durable, d’utilisation rationnelle et de conservation. En outre, il serait bon d’envisager la possibilité d’étudier les lois et institutions, aux niveaux national et international, qui pourraient favoriser la gestion durable et les mesures de conservation des tourbières.

Actions:

5.1 Étudier le cadre actuel des politiques et règlements nationaux conçus pour garantir la mise en place efficace de l’utilisation durable et de la gestion des tourbières et encourager ces mesures lorsqu’il est généralement admis, au niveau national, que le réseau de tourbières protégées est insuffisant.

5.2 Les organismes et organisations partenaires devraient procéder à l’élaboration de plans d’action et de lignes directrices mondiaux et nationaux sur le développement durable, l’utilisation rationnelle et la gestion des tourbières. Les objectifs généraux de ces plans d’action devraient comprendre:

i) la promotion de la pérennité des fonctions et valeurs des tourbières par la mise en œuvre d’objectifs au niveau national; et

ii) un soutien aux engagements pris par ces pays envers les tourbières, dans le cadre de conventions, traités, accords d’aide au développement durable et règlements internationaux.

Possibilité d’action No 6: Lignes directrices nationales et régionales sur la gestion des tourbières

17. Il est nécessaire d’élaborer des systèmes de gestion des tourbières, des lignes directrices et des modèles d’application d’un plan d’action national ou régional. La Commission UICN de la gestion des écosystèmes a récemment publié une brochure intitulée Guidelines for Management of Tropical Forested Peatlands (Safford et Maltby, 1998) qui pourraient servir d’exemple, applicable à d’autres types de tourbières, au plan national ou régional.

Actions:

6.1 Les partenaires devraient préparer des propositions pour les organismes d’aide au développement afin de créer et de mettre en œuvre des plans d’action nationaux et régionaux pour les tourbières, y compris des lignes directrices pour la gestion des tourbières. Cela s’appliquerait à tous les pays dans lesquels les tourbières forment un élément important du paysage, y compris les tourbières boréales, les systèmes côtiers de mangroves et les forêts tropicales de marécages tourbeux. Les IUCN Guidelines for Management of Tropical Forested Peatlands pourraient servir d’exemple à cet égard.

Possibilité d’action No 7: Réseaux et centres d’excellence pour la recherche et la coopération

18. Il est nécessaire de créer des réseaux pour la recherche sur les tourbières et des programmes de coopération ainsi que des centres d’excellence afin d’encourager des projets conjoints et l’intégration des efforts déployés par les différents organismes pour développer ainsi un sens commun de l’objectif.

Actions:

7.1 Il serait bon de créer un bureau de coordination internationale qui serait hébergé par une grande organisation internationale afin d’encourager la pérennité des tourbières, l’utilisation rationnelle de la ressource, la gestion et les mesures de conservation. Ce bureau serait financé et organisé en coopération avec les Organisations partenaires et les Parties contractantes à la Convention sur les zones humides et à la Convention sur la diversité biologique qui possèdent des tourbières comme élément important de leurs paysages.

7.2 Il faudrait soutenir activement le renforcement de la coopération internationale et de l’échange d’informations entre les organisations participant au développement durable, à la conservation et à l’utilisation rationnelle des tourbières.

7.3 Il est nécessaire d’améliorer la compréhension et l’étude de la diversité biologique et des caractéristiques écologiques des tourbières du monde entier en améliorant les capacités de recherche dans les universités, au niveau du secteur privé et dans les réseaux intergouvernementaux. Cela supposerait de créer des centres d’excellence sur les tourbières et de renforcer considérablement la formation en écologique, science et technologie concernant les tourbières.

7.4 La Convention de Ramsar devrait adopter un rôle beaucoup plus actif en prenant la direction des questions relatives aux tourbières à l’échelle mondiale, en coopération avec les différents acteurs et les organisations et réseaux d’experts tels la SIT, le IMCG, l’UICN et Wetlands International.

7.5 Avec l’aide d’organisations partenaires telles que la SIT, le IMCG et d’autres organisations, ainsi que des Parties contractantes à la Convention de Ramsar, il conviendrait de mettre sur pied un réseau mondial efficace de communication sur les tourbières, par les moyens suivants:

i) création de réseaux de courrier électronique et Internet sur les tourbières; et

ii) identification de réseaux avancés de spécialistes des tourbières qui peuvent apporter des orientations et des avis sur les meilleures pratiques à des organismes et des gouvernements clients, sur la base de projets.

7.6 Tous les organismes intéressés par la question des tourbières devraient participer activement à l’Événement du millénaire sur les terres humides qui aura lieu du 6 au 12 août 2000 en coopération avec INTECOL, la Society of Wetland Scientists, la SIT et le IMCG afin de promouvoir l’utilisation rationnelle des ressources mondiales de tourbières.

7.7 Un groupe de travail international devrait préparer un document de travail et des lignes directrices pour l’utilisation rationnelle/durable des tourbières mondiales. Des organisations spécialisées telles que la SIT et le IMCG devraient rédiger un projet de sommaire pour ce document. Les organisations devraient ensuite se répartir les thèmes convenus d’un commun accord et rédiger les différents chapitres du document. Les contributions seraient rassemblées sous forme de compilation, publiée et distribuée dans le monde entier, en coopération avec la Convention de Ramsar et d’autres partenaires.

7.8 Les organisations qui s’occupent des tourbières devraient organiser au moins une réunion par an, entre les membres du groupe et des participants invités, pour aborder des questions clés d’intérêt mutuel. Tous ces travaux s’appuieraient sur l’exemple et l’expérience positive de l’Atelier conjoint SIT/IMCG de novembre 1997.

7.9 La SIT et le IMCG devraient resserrer leurs liens d’information avec la Convention de Ramsar, Wetlands International, le Programme Zones humides de l’UICN, la Society of Wetland Scientists, INTECOL et d’autres organismes et groupes appropriés. Cela pourrait se faire, par exemple, par un échange régulier de bulletins.

Possibilité d’action No 8: Établir les priorités programmatiques et de recherche

19. Il est nécessaire d’établir les priorités pour les plans de développement durable, conservation, gestion et utilisation rationnelle des tourbières menacées, dans le cadre d’études scientifiques et de gestion coopératives. Cette mesure aiderait à identifier ces sites à l’échelle mondiale. En outre, les organismes partenaires doivent promouvoir et soutenir la recherche et la technologie de restauration des tourbières par exemple, en évitant la redondance des activités et en s’efforçant de faire le maximum avec les ressources disponibles.

20. En novembre 1997, lors d’une réunion conjointe SIT/IMCG, 59 questions portant sur les tourbières ont été jugées essentielles pour la gestion des tourbières du monde entier ou pour les besoins d’utilisation rationnelle ou de recherche scientifique (voir Rubec, 1997). Les participants à cette réunion ont établi un ordre de priorité relative entre tous ces thèmes. Sur ces 59 thèmes, 12 ont été choisis pour être discutés et faire l’objet de recommandations:

1. la terminologie des tourbières;

2. les mesures de protection des tourbières;

3. les impacts climatiques des gaz à effet de serre provenant des tourbières exploitées;

4. le concept d’utilisation rationnelle;

5. pourquoi utiliser les tourbières?;

6. les tourbières tropicales;

7. reconnaître les différences d’utilisation/conservation et protection selon les différentes régions biogéographiques;

8. échange d’information, acquisition de données et réseautage;

9. inventaire des tourbières et statistiques;

10. définir les choix et valeurs en matière d’exploitation des tourbières;

11. processus écologiques et information scientifique; et

12. effets et avantages socio-économiques de l’exploitation de la tourbe dans les régions rurales.

Actions:

8.1 Prendre les mesures nécessaires pour parvenir à la conservation à long terme des tourbières d’importance mondiale et de réseaux représentatifs des types de tourbières réputés menacés.

8.2 Prendre des mesures effectives pour accélérer la recherche, la mise en valeur et la commercialisation de tous les substrats de culture naturels, y compris la tourbe, en apportant un niveau de financement important à la recherche.

8.3 Élaborer des mécanismes mondiaux pour le transfert, vers les pays en développement et les pays en transition, des technologies et de l’expertise en matière de développement durable et de restauration des tourbières.

8.4 Élaborer des lignes directrices nationales sur la gestion des tourbières d’après la recherche et les compétences acquises dans les pays qui ont depuis longtemps des industries horticoles, énergétiques et forestières dépendant des tourbières, comme expérience et exemple pour d’autres pays qui envisagent des programmes d’exploitation de la tourbe au niveau national.

8.5 Élaborer un consensus international et national pour des programmes de recherche sur les tourbières, applicables aux priorités convenues en coopération avec les gouvernements, l’université, l’industrie et organisations non gouvernementales.

Références

Lappalainen, E. (editor). 1996. Global Peat Resources. International Peat Society and Geological Survey of Finland. Jyskä, Finland. 358 p. and appendices.

Lindsay, R. 1995. Concluding Comments on the Sixth IMCG Conference pp. 307-317 in Regional Variation and Conservation of Mire Ecosystems. Edited by A. Moen. Gunneria 70, 2 volumes. Trondheim, Norway.

Lofröth, M. and A. Moen (editors). In preparation. European Mires: Distribution and Conservation Situation. International Mire Conservation Group and University of Trondheim. Trondheim, Norway.

Maltby, E. 1995. Peatlands: the Science Case for Conservation and Management. Chapter 14 in Conserving Peatlands. Edited by L. Parkyn, R.E. Stoneman and H.A.P. Ingram. CAB International. Oxon, United Kingdom.

Moen, A. (editor). 1995. Regional Variation and Conservation of Mire Ecosystems. (Proceedings of the International Symposium on Peatlands, Sixth Meeting of the International Mire Conservation Group. Gunneria 70, 2 volumes. Trondheim, Norway.

Parkyn, L., R.E. Stoneman, and H.A.P. Ingram. 1997. Conserving Peatlands. (Proceedings of the International Peatland Convention). CAB International. Oxon, United Kingdom.

Rubec, C.D.A. (compiler). 1996. Global Mire and Peatland Conservation: Proceedings of an International Workshop. Report No. 96-2. North American Wetlands Conservation Council (Canada). Ottawa, Ontario.

Rubec, C.D.A. 1997. Summary of Joint Meeting on Global Peatland Issues, IPS and IMCG. Surwold, Germany November 7-9, 1997. Report of Workshop Facilitator to the International Mire Conservation Group and the International Peat Society. Environment Canada. Ottawa, Ontario. Unpublished.

Safford, L. and E. Maltby (editors). 1998. Guidelines for Integrated Planning and management of Tropical Lowland Peatlands, with Special Reference to Southeast Asia. IUCN Commission on Ecosystem Management, Tropical Peatland Expert Group. IUCN, Gland Switzerland and Cambridge, United Kingdom.

Stoneman, R.E. 1997. The Scottish Raised Bog Conservation Strategy. Chapter 45 in Conserving Peatlands. Edited by L. Parkyn, R.E. Stoneman and H.A.P. Ingram. CAB International. Oxon, United Kingdom.

Wetlands International and the Ramsar Bureau. 1997. Peatland Conservation and Management in Central and Eastern Europe. Project Proposal. Wageningen, The Netherlands. Unpublished.

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