Mission consultative Ramsar: Rapport No 41, Ichkeul, Tunisie (2000)

09/09/2000

[English version]


Rapport sur une mission au Parc National d’Ichkeul, Tunisie

du 28 février au 4 mars 2000

Lotfi Baccar, Mike Smart, Anada Tiéga et Patrick Triplet

worldheritage.jpg (12792 bytes)

ramsar1.gif (11407 bytes)

iucn.gif (4347 bytes)

Objectifs de la mission

1. Les auteurs du présent rapport étaient chargés par le Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, par l’UICN et par le Bureau de la Convention de Ramsar d’étudier la situation du Parc National de l’Ichkeul afin:

  • d’évaluer l’état actuel de conservation du Parc National de l’Ichkeul, inscrit (avec l’accord des autorités tunisiennes) sur la Liste du Patrimoine Mondial en Péril, et sur le Registre de Montreux de la Convention de Ramsar;
  • d’évaluer les programmes de suivi des écosystèmes du Parc, que les autorités tunisiennes sont en train d’exécuter, ainsi que la gestion du Parc;
  • de fournir des conseils aux autorités tunisiennes, à l'UNESCO, à l'UICN et au Bureau de la Convention de Ramsar sur les paramètres de contrôle scientifique à inclure dans le programme de surveillance, de suivi de l'évolution et de restauration du site;
  • de présenter des recommandations aux autorités tunisiennes, à l'UNESCO, à l'UICN et au Bureau de la Convention de Ramsar, sur toute autre mesure susceptible d'améliorer la conservation du site.

Programme de la mission

2. Le programme de la mission fut le suivant:

Dimanche 27 février 2000 Arrivée en Tunisie de M. Smart.
Lundi 28 février 2000:

Visite de M. Smart à la Direction Générale des Forêts du Ministère de l’Agriculture, et au Ministère de l’Environnement.

Visite de M. Baccar à l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement (ANPE).

Arrivée de MM. Tiéga et Triplet, et prise de contact avec l’ANPE et les autres membres de la mission.

Mardi 29 février 2000: Séance de travail à l’ANPE.
Mercredi 1 mars 2000:

Visite du Parc National de l’Ichkeul et discussions avec les responsables du Parc.

Jeudi 2 mars 2000:

Visite de la pêcherie de Tinja et du barrage de Sejenane.

Séance de travail avec M. le Commissaire Régional au Développement Agricole, Bizerte.

Vendredi 3 mars 2000:

Réunion avec M. Ali El Hili, Président du Comité MAB tunisien.

Séance de travail finale à l’ANPE pour la mise au point des grandes lignes du rapport et des conclusions essentielles.

Entrevue avec M. Béchir Ben Mansour, PDG de l’ANPE.

Samedi 4 mars 2000:

Visite de MM. Baccar, Tiéga et Triplet à la Direction Générale des Forêts.

Brève description du Parc National de l’Ichkeul

3. Le Parc National de l'Ichkeul est constitué de trois entités paysagères principales, à savoir:

  • Un lac peu profond (environ 1 m en moyenne) d’une superficie de 89 km2. Ce lac est connu par la variabilité saisonnière de sa profondeur et de la salinité des eaux, qui fluctue entre moins de 5 g/l en hiver et plus de 30 g/l en été. Cette alternance est influencée par les apports d'eau douce du bassin versant en hiver, et par les entrées d'eau marine en été à travers le canal de Tinja, en provenance du Lac de Bizerte par inversion des écoulements du Lac de Bizerte vers le lac Ichkeul. La faible salinité de l'hiver favorise le développement de la végétation aquatique (et notamment Potamogeton pectinatus) qui, dans son extension optimale, couvre une superficie atteignant 35 km2. Cette végétation constitue la principale nourriture des quelques 200 000 individus d'oiseaux d'eau migrateurs hivernants.
  • Des marais temporairement inondables couvrant environ 30 km2. Ces marais sont connus par l'importante végétation de scirpes Scirpus lacustris et S. maritimus qui constitue la principale nourriture des oies cendrées et les quelques 2000 têtes de bétail des habitants du parc. Cette végétation exige, pour son développement, une période d'inondation de quelques mois à faible salinité des eaux.
  • Un jebel (montagne), constituant un pointement isolé bordant le lac dans sa partie méridionale et contribuant fortement à la beauté du paysage du site.

ichkeul1.jpg (29330 bytes)

Historique de la conservation de l’Ichkeul

4. Le lac et les marais de l’Ichkeul sont depuis longtemps reconnus (avec Doñana en Espagne, la Camargue en France et la région d’El Kala en Algérie) comme une des quatre principales zones humides du bassin occidental de la Méditerranée. Le Parc National de l'Ichkeul (d’une superficie de 12 000 hectares) est l'un des rares sites au monde inscrit dans trois conventions internationales: (i) Réserve de la Biosphère en 1977, (ii) Elément du Patrimoine Mondial en 1979 et (iii) Zone humide d'importance internationale en 1980 (Convention de Ramsar). Les documents d’inscription notaient que la construction de barrages sur les rivières qui alimentent en eau le lac et les marais, prévue dans le cadre du Plan Directeur des Eaux du Nord de la Tunisie, risquaient d’avoir un impact sur le maintien des caractéristiques écologiques du site.


Annexe I: Résumé des recommandations

(a) Suivi

1. Maintenir l'actuel programme de suivi mené par l'ANPE de la qualité et de la quantité des eaux (paragraphe 27).

2. Suivre l'évolution bathymétrique (paragraphe 28).

3. Maintenir l'actuel programme de suivi de l'ANPE de la végétation immergée, et le développer davantage en renforçant l'équipe par un personnel pluridisciplinaire spécialisé (paragraphe 29).

4. Entamer un programme de suivi de la végétation des marais (paragraphe 30).

5. Améliorer le suivi des populations d'oiseaux (paragraphe 31).

6. Créer une institution capable de rassembler, de stocker, d'analyser et de vérifier les données ornithologiques, et former le personnel nécessaire (paragraphe 31).

7. Suivre l'état de la faune et de la végétation de la montagne (paragraphe 32).

(b) Gestion du Parc national d'Ichkeul

8. Actualiser et mettre en application le plan de gestion intégrée du Parc et de ses alentours, en utilisant les Lignes directrices sur la gestion des zones humides de la Convention de Ramsar (paragraphes 37-38).

9. Etablir une structure institutionnelle dotée des moyens et des pouvoirs nécessaires à la mise en oeuvre de ce plan de gestion (paragraphes 39-41).

(c) Mesures d'urgence

10. Restaurer le marais de Joumine (paragraphe 44).

11. Etudier l'envasement du lac (paragraphe 45).

12. Envisager des lâchées d'eau des barrages au printemps 2000 (paragraphe 46).

(d) Mesures administratives

13. Envoyer le présent rapport aux autorités tunisiennes (paragraphe 47).

14. Maintenir Ichkeul sur la Liste du Patrimoine en Péril et sur le Registre de Montreux en attendant les résultats du programme de restauration (paragraphe 48).

15. Envisager le retrait d'Ichkeul de la Liste du Patrimoine mondial en cas de non-réussite du plan de restauration (paragraphe 50).

16. En cas de réussite du programme de restauration, retirer Ichkeul de la Liste du Patrimoine Mondial en Péril et du Registre de Montreux, et féliciter le gouvernement tunisen pour ses efforts de conservation qui auront conduit à maintenir Ichkeul comme site du Patrimoine Mondial et comme Zone humide d’importance internationale (paragraphe 50).

(e) Publication scientifique

17. Publier dans un journal scientifique international un résumé de l’Etude pour la Sauvegarde du Parc National de l’Ichkeul (paragraphe 35).

Back to top
Suivez-nous sur :      
Ramsar online photo gallery

La Convention aujourd'hui

Nombre de » Parties contractantes : 168 Sites sur la » Liste des zones humides d'importance internationale : 2181 Surface totale des sites désignés (hectares) : 208.545.658

Secrétariat de Ramsar

Rue Mauverney 28
CH-1196 Gland, Suisse
Tel.: +41 22 999 0170
Fax: +41 22 999 0169
E-Mail : ramsar@ramsar.org
Carte : cliquez ici

Devenez membre du Forum Ramsar