Déclaration du 25e anniversaire de la Convention

02/06/2000
Sixième Session de la Conférence des Parties contractantes
Brisbane, Australie
19 au 27 mars 1996
 
1. La Convention relative aux zones humides a été adoptée le 2 février 1971 dans la ville iranienne de Ramsar sur les bords de la mer Caspienne. Vingt-cinq ans plus tard, à Brisbane, Australie, les participants à la 6e Session de la Conférence des Parties contractantes, représentant 121 nations, institutions intergouvernementales et de nombreuses organisations non gouverne-mentales internationales et nationales saisissent l’occasion qui leur est offerte pour dresser un bilan des résultats de la Convention dans le secteur de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides et pour décider de son devenir.
 
2. Au cours des 25 dernières années:
 
(a) Les gouvernements, les ONG, le secteur privé et le grand public ont mieux pris conscience de la valeur des zones humides qui, de par leur grande productivité et leurs fonctions naturelles, fournissent des biens et services précieux aux sociétés humaines et contribuent à la richesse de la diversité biologique.
 
(b) Le concept d’"utilisation rationnelle" énoncé dans le traité a été considérablement renforcé et est aujourd’hui synonyme d’"utilisation durable". Plusieurs gouvernements ont entrepris de renforcer leurs politiques en matière de conservation et d’utilisation rationnelle des zones humides et/ou de traiter de questions relatives aux zones humides dans les plans de développement national. Les débats de cette Conférence qui a marqué le 25e anniversaire de la Convention ont révélé les progrès encourageants réalisés par des pays de différentes régions et jouissant d’un niveau de développement économique inégal.
 
(c) Les Parties contractantes ont inscrit 776 sites représentant une superficie supérieure à un demi million de kilomètres carrés sur la Liste Ramsar des zones humides d’importance internationale. La Convention a en outre adopté toute une série de mesures techniques destinées à aider les Parties contractantes à conserver les caractéristiques écologiques des sites inscrits et des autres zones humides situées sur leur territoire.
 
(d) Plusieurs exemples de coopération réussie en ce qui concerne les systèmes et les espèces partagés, y compris le jumelage de sites, ont été notés. La création d’un Fonds de conservation des zones humides a également contribué à renforcer la coopération internationale dans le cadre de la Convention.
 
3. Les participants à la Conférence de Brisbane ont conscience qu’il convient de mieux comprendre les fonctions, la valeur et les pratiques de gestion des zones humides et de partager rapidement les connaissances à ce sujet; ils recommandent donc la mise au point de programmes mieux adaptés afin de fournir éducation, formation, matériels d’information et mécanismes visant à sensibiliser davantage le public et à renforcer les capacités en matière de conservation et d’utilisation rationnelle des zones humides.
 
4. Cette Conférence marque le 25e anniversaire de la Convention en adoptant, pour la première fois, un Plan stratégique pour les années 1997-2002. L’orientation technique de Ramsar est maintenue mais l’objectif du plan est d’améliorer l’application des mécanismes existants. Il identifie un certain nombre de facteurs essentiels qui permettront à la Convention de relever les défis du 21e siècle et qui guideront les efforts de Ramsar au cours des deux périodes triennales à venir, notamment:
 
(a) la nécessité de s’assurer de la viabilité de la gestion de tous les sites Ramsar et, le cas échéant, d’appliquer des mesures de redressement dans le cadre de la Procédure consultative sur la gestion;
 
(b) l’importance de faire figurer le concept d’utilisation rationnelle et de conservation dans les programmes d’éducation et de faire connaître les valeurs et les fonctions des zones humides dans le monde entier et à tous les niveaux;
 
(c) la nécessité de renforcer les capacités des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des communautés locales et du secteur privé de conserver et d’utiliser rationnellement les zones humides;
 
(d) la nécessité de veiller à l’utilisation rationnelle des zones humides en les intégrant totalement au processus de planification et de prises de décisions, en donnant dès le départ aux communautés locales la capacité d’intervenir et en insistant sur la participation de toutes les parties prenantes, tout en reconnaissant que les zones humides favorisent un développement multi-sectoriel et durable;
 
(e) l’importance d’inscrire sur la Liste Ramsar de nouvelles zones humides qui répondent aux critères de la Convention, en particulier les types de zones humides qui sont encore sous-représentés (notamment les récifs coraliens, les mangroves, les herbiers marins et les tourbières);
 
(f) la nécessité de renforcer la coopération internationale et d’encourager le partenariat entre les conventions et les agences, tant gouvernementales que non gouvernementales, afin de favoriser l’échange d’informations et de compétences, de créer des réseaux, de conclure des accords de gestion des voies de migration, d’adopter des stratégies de conservation et de mettre en œuvre des projets locaux en faveur de la conservation et de l’utilisation rationnelles des zones humides;
 
(g) le renforcement du rôle de catalyseur de la Convention en réunissant des fonds pour les zones humides dans les pays en développement et dans les Etats à économie en transition;
 
(h) la participation de toutes les nations de la planète à la promotion des objectifs de la Convention.
 
5. Le 25e anniversaire est une occasion unique pour la Convention de se montrer ambitieuse et de se tourner résolument vers l’avenir; elle pourra ainsi jouer un rôle véritablement utile et relever les principaux défis écologiques auxquels nous sommes et serons confrontés. Au cours des 25 prochaines années et au-delà, la difficulté pour les planificateurs et les décideurs consistera à satisfaire les divers besoins, notamment en eau, d’une population mondiale en pleine expansion, tout en conservant la diversité biologique des écosystèmes des zones humides. Les décisions relatives aux zones humides auront un impact sur leurs ressources et notamment sur la disponibilité et la qualité de l’eau. La Convention relative aux zones humides devra s’assurer que les décisions prises tiendront compte des valeurs naturelles et des fonctions des zones humides, de leur productivité élevée et de leur diversité biologique, de façon à satisfaire la demande en ressources, et notamment en eau, de manière écologiquement durable.
 
6. Il faut tirer les leçons du passé pour pouvoir aborder l’avenir avec efficacité. Le 25e anniversaire de la Convention et les suivants offrent des occasions uniques de se pencher sur son histoire, son statut et ses besoins futurs. Le succès des mesures et stratégies de conservation, de gestion et de restauration des zones humides doit être évalué et leurs résultats divulgués dans le cadre d’une évaluation périodique.
 
7. La Convention doit également accorder une attention renouvelée aux zones marines et côtières qui répondent à la large définition que Ramsar a donné des zones humides. Compte tenu de la dégradation de plusieurs zones côtières de la planète par les activités humaines, la Convention doit accorder davantage d’attention aux récifs coraliens, aux herbiers marins et aux mangroves, des types de zones humides importants bien que largement sous-représentés dans les travaux de la Convention.
 
8. La Convention relative aux zones humides est prête à renforcer ses relations de travail avec d’autres organisations axées sur l’utilisation rationnelle et la conservation des zones humides, aux fins de créer une synergie. Ces organes sont entre autres la Convention sur la diversité biologique, la Convention-cadre sur les changements climatiques, la Convention sur les espèces migratrices; des liens étroits ont déjà été tressés avec les principales ONG partenaires: BirdLife International, l’UICN-Union Mondiale pour la Nature, Wetlands International et le Fonds mondial pour la nature (WWF); des efforts de collaboration ont en outre été entrepris avec d’autres ONG et réseaux de conservation de la nature du monde entier. La coopération doit être établie tant sur le terrain que sur le plan politique et aux niveaux local, national, régional et international, de façon à assurer une utilisation efficace et rationnelle des ressources disponibles.
 
9. La Convention doit continuer à catalyser la coopération dans toutes les couches de la société pour éviter d’autres pertes et dégradations des zones humides et garantir leur utilisation rationnelle afin de conserver, restaurer et renforcer le cas échéant leurs fonctions et leur diversité biologique.
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La Convention aujourd'hui

Nombre de » Parties contractantes : 168 Sites sur la » Liste des zones humides d'importance internationale : 2181 Surface totale des sites désignés (hectares) : 208.545.658

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