Prix Ramsar pour la conservation des zones humides, 1999

05/11/1998

Prix Ramsar pour la conservation des zones humides

COP7Les Prix Ramsar pour la conservation des zones humides ont été créés en 1996, par la Résolution VI.18 adoptée par la 6e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) dans le but de récompenser et d’honorer des personnes, organisations et gouvernements du monde entier qui font progresser la conservation et l’utilisation durable des zones humides.

Les trois Prix de 1999 ont été décernés par le Président de la République du Costa Rica lors de la cérémonie d’ouverture de la 7e Session de la CdP, à San José, Costa Rica, en mai 1999. Ces Prix étaient accompagnés du Prix spécial Evian d’un montant de USD 10.000, généreusement offert par le groupe Danone (France).

Pour 1999, le Comité permanent Ramsar a décidé d’attribuer les Prix des catégories « individuelle » et « ONG » à des colauréats. L’annonce officielle, accompagnée d’entretiens, de photographies et de citations a été faite le 2 février 1999, Journée mondiale des zones humides. Ci-dessous, nous présentons un résumé de la contribution pour laquelle ces personnes ou groupes ont été choisis.


 Catégorie individuelle, colauréat: M. Victor Pulido, Pérou

Professeur Vitaly G. Krivenko, Fédération de Russie

Le Prix Ramsar pour la conservation des zones humides est attribué pour l’ensemble de sa carrière au professeur Krivenko qui a lutté inlassablement en dépit de moyens très limités et dans des circonstances difficiles pour la conservation des zones humides et des oiseaux d’eau.

Les importants travaux de recherche scientifique menés par le professeur Krivenko sur les oiseaux d’eau et la migration ont servi de base à la législation de protection de la nature et à la création de nombreuses aires de conservation de la nature dont les 35 zones humides d’importance internationale inscrites par la Fédération de Russie. Il s’est, depuis, consacré à la mise en place de structures de gestion pour ces sites et à la coordination des études, à l’échelle du pays, dans le but d’identifier rapidement de nouveaux sites. Ses travaux scientifiques sur la succession écologique ont servi de base à la gestion de la succession écologique dans les zones humides. Il a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration d’une théorie des conditions climatiques et hydrologiques continentales dans l’hémisphère nord qui a permis d’élaborer des stratégies de conservation.

Le professeur Krivenko est aussi un enseignant dévoué. Il a créé sa propre école où la formation est dispensée dans une optique pluridisciplinaire associant hydrologie, climatologie, zoologie et économie de la conservation. [Photo]


Catégorie individuelle, colauréat: professeur Vitaly G. Krivenko, Fédération de Russie

Victor Pulido, Pérou

Chef de file de la conservation des zones humides au Pérou, Victor Pulido ne ménage pas ses efforts, depuis 15 ans - d’abord en tant que fonctionnaire puis comme simple citoyen - en faveur de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides. Le prix est décerné à M. Pulido pour son dévouement à la cause de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides en dépit de grandes difficultés économiques et d’un contexte social difficile.

Le travail technique de Victor Pulido a permis l’inscription de sites Ramsar péruviens. Alors qu’il était Directeur des aires protégées, dans les années 80, il a obtenu la protection de nombreux sites dont le site Ramsar des lagunes de Mejía.

Malgré la situation économique et sociale, M. Pulido a obtenu le financement du programme du Pérou pour les zones humides, modèle de coopération entre les secteurs public et privé et l’Université et modèle de cogestion pluridisciplinaire des zones humides. Le Comité national Ramsar du Pérou, issu de ce programme et placé sous sa direction depuis 1992, a fait faire de grands progrès à la conservation des zones humides péruviennes notamment en conduisant à l’élaboration d’une Stratégie nationale pour les zones humides. [Photos]


Catégorie ONG, colauréat: Société pour la protection de Prespa, Grèce

Lake Naivasha Riparian Association (LNRA), Kenya

La LNRA (Association des riverains du lac Naivasha) offre l’exemple pionnier d’une communauté locale qui a pris l’initiative de lancer d’importantes actions et obtenu des résultats concrets pour la conservation à long terme et l’utilisation rationnelle d’une zone humide. La LNRA a démontré de manière éclatante comment appliquer deux grands objectifs de la Convention de Ramsar: la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides dans l’intérêt des populations locales en forgeant un consensus sur les questions importantes et en renforçant l’engagement vis-à-vis des mesures qui incombent aux différentes parties prenantes.

Le lac Naivasha se trouve dans la vallée du Rift à environ 1880 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le système de zones humides, devenu site Ramsar en 1995, a une superficie de 30 000 hectares et comprend un lac d’eau douce peu profond et un lac de cratère plus profond. L’un des rares lacs d’eau douce d’Afrique de l’Est, c’est une source d’eau précieuse pour la population.

Formée en 1926, la LNRA portait à l’origine le nom d’Association des propriétaires riverains du lac Naivasha. Le mot «propriétaires» fut par la suite abandonné pour reconnaître que les propriétaires ne sont pas les seules parties prenantes. Les membres de l’Association sont extrêmement variés : propriétaires de petits lopins de terre, grands horticulteurs, fermes laitières et d’élevage, hôtels, pasteurs, pêcheurs mais aussi la Kenya Power Company (Compagnie d’électricité du Kenya), le Service kényen de la faune, le Conseil municipal de Naivasha, le ministère des Ressources en eau, le secrétariat national à l’Environnement, le département de la Pêche et le ministère de l’Agriculture.

Le principal objectif de l’Association est de garantir une gestion écologiquement avisée des ressources du lac. Elle prône les meilleures pratiques et met en place les mécanismes d’application de la politique, de la législation et des règlements relatifs à l’environnement avec chaque membre, groupe de membres et les secteurs gouvernementaux et non gouvernementaux pertinents.

Voici quelques grandes réalisations de l’Association:

  • Inscription des Zones humides du lac Naivasha sur la Liste de Ramsar ; élaboration d’un plan de gestion pour le site Ramsar (1996) avec l’objectif d’élargir le plan à l’ensemble du bassin versant dans une période de 5 ans;
  • Création d’un Comité d’application du plan de gestion (1997);
  • Élaboration de codes de conduite, en annexe au plan de gestion, pour différentes parties prenantes (floriculteurs, agents de tourisme, producteurs de viande et de produits laitiers, promoteurs immobiliers, producteurs d’énergie géothermique).

La LNRA est un exemple d’initiative communautaire et démontre qu’il est possible, en Afrique, de conserver les zones humides et de les utiliser rationnellement. [Photos]


Catégorie ONG, colauréat: Lake Naivasha Riparian Association (LNRA), Kenya

Société pour la protection de Prespa, Grèce

Les activités de la Société pour la protection de Prespa sont un exemple exceptionnel de conception pionnière de la gestion des zones humides et de la coopération aux niveaux local, national et international pour la gestion durable d’un site Ramsar - dont la situation a été suffisamment grave pour justifier son inscription au Registre de Montreux.

Prespa se trouve dans le nord-ouest de la Grèce, à la frontière avec l’Albanie et d’ex-République yougoslave de Macédoine. Le site comprend deux lacs : Mikri Prespa et Megali Prespa ainsi que les pentes boisées environnantes. Il est connu pour sa beauté naturelle, la richesse de sa diversité biologique et ses populations d’oiseaux d’eau rares mais il est aussi remarquable pour ses valeurs culturelles : ses monuments byzantins et ses exemples d’architecture traditionnelle. Le site Ramsar de Mikri Prespa a une superficie de 5000 hectares environ. Il a été inscrit parmi les premiers sur la Liste des zones humides d’importance internationale, en 1975.

Fondée en 1991, la Société pour la protection de Prespa est une fédération de sept organisations grecques de l’environnement et de trois autres groupes européens. Elle a pour mission de conserver le patrimoine naturel et culturel de Prespa et de promouvoir le développement durable. Les activités sont menées sous la responsabilité de scientifiques qui vivent sur place et de résidents de la région qui ont été formés par la Société.

Réalisations de la Société à ce jour:

  • Activités de conservation pour sauver une population de pélicans frisés et plan d’action pour une espèce de poisson endémique en association avec des campagnes d’information et des projets d’activités économiques de substitution présentés aux communautés locales touchées par des restrictions découlant des efforts de conservation.
  • La Société a obtenu la participation et l’engagement de tous les secteurs de la communauté locale (1300 personnes en 12 villages) pour préparer l’avenir de Prespa. La Société conseille et aide les communautés locales à réaliser la gestion durable des ressources locales ; c’est ainsi qu’une assistance technique a été fournie aux agriculteurs pour qu’ils puissent obtenir la certification biologique pour leurs produits et pour promouvoir leurs produits et leur artisanat.
  • L’accent est mis sur la sensibilisation et l’éducation. Un premier centre d’information et d’accueil du public, en particulier des écoliers, a été ouvert en 1992 et un deuxième a suivi, en 1995, consacré à la pêche et aux poissons de Prespa. Dans les deux centres, il y a des programmes d’éducation et de formation et l’on produit des publications.
  • Prise de contact avec l’Albanie et le FYROM pour promouvoir une gestion intégrée du bassin versant de ce site transfrontière.   [Photos]

Catégorie Coalitions gouvernementales/non gouvernementales

Pacific Estuary Conservation Program, Canada

Depuis sa fondation, en 1987, le Pacific Estuary Conservation Program s’est attaché avec la plus grande compétence à conserver et à veiller à l’utilisation durable des habitats estuariens du littoral de Colombie-Britannique, au Canada.

Bien qu’ils n’occupent que 3% de tout le littoral de Colombie-Britannique, les estuaires sont utilisés par 80% de toute la faune côtière. Ils comprennent des zones d’importance nationale et internationale et sont des sites de repos et de nourrissage cruciaux, le long de la voie de migration du Pacifique. Leur conservation et leur utilisation durable sont compromises par le fait qu’ils se trouvent dans la région du Canada qui connaît la plus forte croissance socio-économique.

Le Pacific Estuary Conservation Program est une coalition de sept agences gouvernementales et trois organisations de conservation non gouvernementales dont l’objectif est de sauvegarder les habitats des estuaires par l’acquisition d’espace, la création de réserves naturelles et la préservation de terrains privés. En coordonnant les efforts déployés par ses membres, en concentrant leurs énergies et en rassemblant des ressources techniques et financières, le Programme a acquis 1515 hectares et initié le classement pour la conservation de 45 000 hectares d’habitats estuariens et d’habitats intertidaux adjacents. Par l’adoption de méthodes à caractère communautaire et de stratégies originales qui sont des modèles pour tous ceux qui ont des activités semblables, le Programme a réussi à sauvegarder des habitats et l’intégrité de leur diversité biologique. [Photos]

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La Convention aujourd'hui

Nombre de » Parties contractantes : 168 Sites sur la » Liste des zones humides d'importance internationale : 2187 Surface totale des sites désignés (hectares) : 208.608.257

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