Partager nos zones humides – une nécessité vitale

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En quelques mots

Il est extrêmement difficile de gérer l’eau douce lorsque les zones humides et leurs bassins versants s’étendent de part et d’autre de frontières nationales. À l’échelon mondial, 145 pays – où vit plus de 40% de la population mondiale – partagent des bassins hydrographiques avec un autre pays au moins. Pour certains pays, les enjeux sont élevés – p. ex., le majestueux Danube, en Europe, n’arrose pas moins de 18 pays tandis que le Mékong, le Nil et d’autres sont partagés par plus de 10 pays. Deux cent soixante bassins hydrographiques internationaux fournissent 60% des flux d’eau douce du monde, d’où l’intérêt de « partager » les processus et d’améliorer nos compétences à cet égard.

Ce que fait la Convention

Ramsar souligne la nécessité de gérer les zones humides au niveau du bassin versant parce que cela se justifie du point de vue hydrologique et écologique et la Convention apporte aux pays les outils nécessaires pour y parvenir. Ramsar incite aussi les pays qui « partagent » des sites Ramsar à en faire des sites Ramsar transfrontières, gérés conjointement et de manière coordonnée. Aujourd’hui, Ramsar a 13 sites transfrontières et bien d’autres sont à l’étude. 

Que faut-il faire encore?

La liste actuelle des sites Ramsar transfrontières, comprenant des lacs et des rivières, des zones côtières, des tourbières et des aquifères karstiques (voir Liste ici) peut facilement s’allonger car les avantages d’un travail en plus étroite coopération dans ces sites et bassins versants du monde entier sont de mieux en mieux compris et l’expérience pratique des processus transfrontières s’enrichit chaque jour.

Forêt inondée de Dyje en République tchèque. Elle fait partie du site Ramsar trilatéral des plaines d'inondation du confluent Morava-Dyje-Danube.

Photo: Tobias Salathé, Ramsar

Beaucoup de zones humides sont des systèmes internationaux qui chevauchent les frontières entre deux pays ou plus, ou qui font partie de bassins hydrographiques s’étendant sur plus d’un État. La santé de ces zones humides dépend de la qualité et de la quantité de l’eau des rivières, des cours d’eau, des lacs ou des aquifères souterrains transfrontières. Sans cadre de discussion et de coopération international, conçu pour obtenir des avantages mutuels, les meilleures intentions des pays situés de part et d’autre de ces frontières peuvent rester lettre morte.

L’enrichissement de la biodiversité et l’amélioration de la conservation des ressources naturelles sont les résultats de la bonne gestion des ressources d’eau transfrontières. Beaucoup d’animaux des zones humides, notamment quelques poissons, oiseaux d’eau, insectes comme les papillons et les libellules et mammifères comme les loutres sont des espèces migratrices dont la conservation et la gestion ont besoin de coopération internationale.


Problèmes et possibilités

La première étape consiste à déterminer les problèmes qui se posent en matière de gestion des zones humides transfrontières. Dans un contexte transfrontière, la pollution, les changements climatiques, les conflits liés à l’utilisation de l’eau et à la quantité d’eau, le drainage constant et la surexploitation des ressources posent des problèmes complexes dont la solution nécessite des stratégies réfléchies de gestion intégrée de l’eau. Une fois que les problèmes sont élucidés, la gestion des solutions dans le temps est la prochaine étape et c’est pourquoi la « coopération transfrontière est cruciale lorsque les unités fonctionnelles des écosystèmes de zones humides s’étendent au‑delà des frontières nationales (ou administratives). » (CEE/ONU deuxième évaluation). La gestion des zones humides transfrontières partagées est vitale pour maintenir la qualité et la santé des écosystèmes de ces zones humides. 

Pour déterminer les possibilités de gestion des ressources d’eau transfrontières, Ramsar collabore avec de nombreux partenaires et organisations de gestion des zones humides transfrontières. À l’occasion de la 7e Réunion régionale européenne, en septembre 2011, le Conseiller principal Ramsar pour l’Europe, Tobias Salathé, a dirigé un groupe de discussion sur la création récente de Sites Ramsar transfrontières. Ce forum a rassemblé des administrateurs de zones humides transfrontières qui ont traité de points opérationnels clés et échangé leur expérience sur les meilleurs moyens de gérer des bassins versants et des aires protégées partagés. Des représentants du confluent Morava-Dyie-Danube, du bassin versant de la forêt boréale de Pasvik, de la plaine d’inondation du Haut-Rhin, des tourbières de Livonie du Nord, des Sites Ramsar côtiers transfrontières et des lacs de Prespa ont contribué au dialogue. 


Présentations de Ramsar Réunion régionale européenne, Septembre 2011:

Les plaines d'inondation du site trilatérale Ramsar sur la Morava-Dyje-Danube Confluence - La coopération trilatérale par Libuše Vlasakova, ministère de l'Environnement, en République tchèque  [PDF] 

> En savoir plus sur la Morava-Dyje plaines inondables, Le Prix Ramsar pour la conservation des terres humides et du Prix spécial Evian - 2002

Livonie septentrionale site Ramsar transfrontière (Estonie-Lettonie): en Urtans Andris et Juris Jatnieks, Conservation de la Nature de l'Agence, la Lettonie et Agu Leivits, de l'environnement Conseil, en Estonie  [PDF]

> En savoir plus sur North Livonie (NorBalWet 2007)

La coopération, c’est la clé.

Le Secrétariat de la Convention CEE/ONU sur l’eau


La Convention sur l’eau de la CEE/ONU a lancé la deuxième évaluation des cours d’eau, lacs et eaux souterraines transfrontières à l’occasion de la 7e Conférence ministérielle « Un environnement pour l’Europe » le 21 septembre 2011. Les correspondants Ramsar ont apporté des informations sur les services rendus par un certain nombre d’écosystèmes de zones humides transfrontières dans les principaux bassins hydrographiques paneuropéens.

La deuxième évaluation fournit une vue d’ensemble complète sur l’état des cours d’eau transfrontières dans les secteurs européen et asiatique de la région CEE/ONU, couvrant plus de 140 rivières transfrontières, 25 lacs transfrontières et environ 200 systèmes d’eaux souterraines transfrontières ainsi que 25 Sites Ramsar ou autres zones humides importantes dans un contexte transfrontière.

Ramsar et la CEE/ONU travaillent ensemble depuis de nombreuses années, en étroite coopération. La nécessité d’adopter une approche intégrée ainsi que le rôle des écosystèmes dans la gestion de l’eau sont de plus en plus reconnus mais la mise en pratique de cette théorie, par des mesures concrètes, est un exercice complexe et très difficile pour chaque pays.

Le Ministère de l’environnement de la République slovaque et l’Agence slovaque pour l’environnement


Latorica. Photo: M. Balla, Enviromagazín

De Slovaquie, le pays hôte de la 7e Réunion régionale européenne, nous avons reçu un rapport très complet sur les Sites Ramsar et les travaux réalisés en Slovaquie. Dans le rapport, cette section offre de bonnes orientations sur la manière de faire progresser les projets et la gestion transfrontières. Le numéro intégral d’ENVIROMAGAZÍN peut être lu ici. [PDF]

Enviromagazín – un magazine sur la protection de l’environnement, vol. XVI, édition spéciale 2011, publié par le Ministère de l’environnement de la République slovaque et l’Agence slovaque pour l’environnement, www.enviromagazin.sk

L’état actuel, les avantages et les problèmes d’avenir
Les principaux obstacles à une déclaration officielle de coopération transfrontière, dans de nombreux Sites Ramsar d’Europe, sont sans doute le manque de capacité en personnel (p. ex., en raison du travail lié à Natura 2000 et à d’autres obligations de l’agenda de l’UE), le manque d’expérience et de savoir‑faire et la crainte de certaines Parties contractantes d’être entraînées dans des conflits politiques transfrontières. D’autres Parties ne savent peut-être pas qui devrait signer les déclarations officielles de coopération (les plus hauts représentants ministériels, les juristes d’un ministère, ou la province, ou encore l’organe de gestion d’une aire protégée?). En outre, certains pays peuvent rencontrer des difficultés lorsque différentes langues et différents systèmes juridiques sont concernés.

Mais une déclaration officielle de coopération a aussi des avantages. Ceux-ci ont tout particulièrement trait à l’amélioration de l’image internationale des Sites Ramsar ou à la possibilité de sensibiliser et de promouvoir la région en question. Une telle mesure crée une meilleure base pour la coopération future à d’autres questions de gestion et facilite l’accord sur des mesures communes et le lancement de nouveaux projets (p. ex., pour obtenir un financement de l’UE). Une déclaration officielle renforce l’engagement de la Partie contractante vis-à-vis de l’Article 5 de la Convention. Enfin, les raisons les plus importantes sont liées à l’amélioration des conditions de coopération sur certains aspects de la gestion du site.

Comment progresser? D’après notre expérience de la mise sur pied d’initiatives transfrontières, nous pouvons recommander l’approche progressive suivante :  

  • Déterminer les secteurs de gestion ayant besoin d’une coordination transfrontière (p. ex., chasse, pêche, etc.).
  • Déterminer le bon forum pour cela (commission fluviale, commission de parc national ou nouveau groupe d’étude Ramsar).
  • Création d’un groupe de travail transfrontière.
  • Adoption d’objectifs communs (p. ex., dans le cadre d’un protocole d’accord) et de principes.
  • Définition de domaines de travail clés pour les groupes de travail transfrontières en vue d’appliquer les principes communs.
  • Préparation d’activités de gestion harmonisées dans les domaines ayant besoin de coordination.
  • Préparation de la déclaration officielle d’aires protégées transfrontières, p. ex., un Site Ramsar bilatéral.
  • Harmonisation du nom du nouveau site et Fiche descriptive Ramsar. 
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La Convention aujourd'hui

Nombre de » Parties contractantes : 168 Sites sur la » Liste des zones humides d'importance internationale : 2181 Surface totale des sites désignés (hectares) : 208.545.658

Secrétariat de Ramsar

Rue Mauverney 28
CH-1196 Gland, Suisse
Tel.: +41 22 999 0170
Fax: +41 22 999 0169
E-Mail : ramsar@ramsar.org
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