26e réunion du Comité permanent - Fonds daffectation spéciale Ramsar pour financer le FPS
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| Point 14.3 (ii) de lordre du jour | DOC. SC26-12 |
Proposition de création dun Fonds daffectation spéciale Ramsar pour financer le FPS
1. La Résolution VII.5 de la COP7 de Ramsar, relative au Fonds Ramsar de petites subventions pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (FPS), entre autres:
«9. EXPRIME sa conviction que lévaluation critique soumise à la COP7 de Ramsar sur les neuf premières années dexploitation du Fonds Ramsar de petites subventions pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides (FPS Ramsar) démontre que ce mécanisme est extrêmement utile à lapplication de la Convention dans les pays en développement et pays en transition;
10. RÉAFFIRME sa conviction, exprimée dans les Résolutions 5.8 et VI.6, selon laquelle les ressources mises à la disposition du FPS Ramsar devraient être augmentées pour atteindre au moins USD1 million par an;
11. APPELLE à la mise en place dun mécanisme pour recevoir des engagements de contributions au FPS, si possible pour chaque période triennale, et DEMANDE aux Parties contractantes qui présideront le Comité permanent et le Sous-groupe des finances du Comité permanent durant la prochaine période triennale de chercher à mettre en uvre ce mécanisme avec laide du Bureau Ramsar et du Comité permanent dans son ensemble.»
2. Le Conseiller principal, environnement et développement, du Bureau Ramsar sest efforcé, avec une énergie et un soin particuliers, de définir un mécanisme susceptible de financer le FPS, conformément au vu de la COP exprimé dans la Résolution citée ci-dessus. Il a principalement fait porter son attention sur les organismes bilatéraux daide au développement perçus comme les principales sources de fonds pour le type de projets financés par le FPS.
3. Il a cependant conclu que, par sa nature et son modus operandi, (de très petits projets selon les normes des organismes daide bilatéraux, des projets qui nont pas toujours un objectif clair dallègement de la pauvreté, et un mécanisme ouvert à tous les pays de la Liste CAD/OCDE) le FPS nest pas très intéressant pour la communauté daide au développement qui ne semble pas prête à sengager à fournir des ressources financières de manière régulière et à plus ou moins long terme.
4. Parallèlement, Wetlands International a évalué lintérêt du monde des affaires pour les travaux relatifs à la conservation des zones humides en consultant quelque 30 grandes entreprises multinationales et en organisant un atelier présidé par le PDG des Eaux Minérales dÉvian. Il en est ressorti quen général, du moins pour le moment, les entreprises ne perçoivent pas les zones humides comme un thème porteur auquel elles seraient prêtes à consacrer un financement considérable.
5. Le Bureau Ramsar est, en conséquence, parvenu à la conclusion que la création dun Fonds daffectation spéciale Ramsar serait, à lheure actuelle, la meilleure solution pour le financement du FPS au niveau prévu par la Conférence des Parties (USD1 million disponible pour décaissement chaque année).
6. Pour atteindre cet objectif, le Fonds daffectation spéciale devrait recevoir des dons permettant de constituer un capital denviron USD/euros 10 millions qui, correctement investis, pourrait générer un million dintérêts/bénéfices, chaque année, pour le FPS. Dix millions de dollars, cela peut sembler un montant considérable mais cest aussi une somme dérisoire au regard des milliards de dollars consacrés chaque année à lenvironnement et au développement dans les pays en développement et en transition économique (pas toujours avec le degré defficacité démontré par le mécanisme du FPS Ramsar!).
7. Le Bureau a communiqué un texte de travail sur le Fonds daffectation spéciale Ramsar à un très grand nombre dorganismes et de particuliers du monde entier qui ont lexpérience de la mise en place et du fonctionnement de Fonds daffectation spéciale aux formes et aux objectifs les plus divers. Globalement, lidée a été bien reçue et plusieurs commentaires utiles sur le modus operandi nous sont parvenus.
8. Ci-joint se trouve la proposition préparée par le Bureau qui comprend, à la fin, un projet de règlement provisoire pour le fonctionnement du Fonds.
Proposition de création dun Fonds daffectation spéciale Ramsar pour financer les mécanismes de petites subventions de la Convention pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides
Le Fonds de petites subventions (FPS): historique
1. Le FPS a été créé par la Conférence des Parties (COP) à la Convention de Ramsar, à sa 4e Session (1990), sous le nom de «Fonds pour la conservation des zones humides», pour aider les pays en développement à mettre en uvre la Convention et encourager la conservation et lutilisation rationnelle des ressources des zones humides. La COP de Ramsar, à sa 6e Session en 1996, a adopté le nom actuel du Fonds dans la Résolution VI.6 et a décidé que les pays en transition économique seraient également éligibles au financement. Le FPS apporte aujourdhui, à de petits projets, des ressources financières dont le montant maximal est fixé à CHF 40 000.
2. Les projets éligibles au financement par le FPS sont:
a) des activités qui contribuent clairement à la mise en uvre du plan de travail triennal de la Convention adopté à chaque COP;
b) des mesures durgence prises dans des sites Ramsar;
c) une aide aux pays qui ne sont pas encore Parties contractantes pour quils préparent linscription de leur premier site Ramsar en vue de leur adhésion à la Convention.
3. Lutilisation rationnelle des zones humides, qui tient compte de lallègement de la pauvreté, est une très grande priorité de la Convention. Cette dernière a joué un rôle pionnier en introduisant le concept d«utilisation rationnelle» dans son texte: lArticle 3.1 stipule en effet que les Parties contractantes «élaborent et appliquent leurs plans d'aménagement de façon à favoriser la conservation des zones humides inscrites sur la Liste et, autant que possible, l'utilisation rationnelle des zones humides de leur territoire.»
4. La COP3 de Ramsar (Canada, 1987) a donné la définition suivante du concept dutilisation rationnelle:
«Lutilisation rationnelle des zones humides consiste en leur utilisation durable au bénéfice de lhumanité dune manière qui soit compatible avec le maintien des propriétés naturelles de lécosystème. »
Le concept dutilisation rationnelle, ou dutilisation durable, est donc fondamental pour la Convention. Malheureusement, il est difficile à mettre en pratique et il reste encore beaucoup à faire pour convaincre les décideurs que la conservation des zones humides est aussi un instrument qui contribue à lallègement de la pauvreté et au développement économique durable. Le FPS est un instrument modeste, certes, mais très important pour la promotion de ce type de projets pilotes de développement durable.
5. Le Bureau Ramsar, sous lautorité du Comité permanent, administre le FPS qui est financé par des contributions volontaires et des ressources additionnelles que reçoit le Bureau. La gestion financière applique les Dispositions relatives à l'administration financière de la Convention adoptées dans la Résolution V.2, en 1993.
6. Le cycle des projets est régi par les Principes opérationnels du FPS adoptés par le Comité permanent à chaque nouvelle période triennale. Les Principes comprennent le formulaire de demande de subvention; le formulaire dévaluation des propositions de projets; la présentation du rapport intérimaire; la présentation du rapport final; et le formulaire dévaluation des projets terminés. Le Comité permanent révise périodiquement ces procédures et les modifie au besoin.
Réalisations
7. Depuis sa création (en 1991) jusquà 2000, le FPS a reçu des fonds pour un montant total de CHF 5 080 880 (environ USD/euros 3 millions) et financé 137 projets. Pour tous les projets, un versement initial de 80% de la subvention totale a été effectué à la signature du contrat. Le solde de 20% est retenu jusquà la remise dun rapport final acceptable qui doit comprendre un état des dépenses pour les fonds versés.
8. À la demande de la COP6, le Bureau Ramsar a réalisé une évaluation approfondie du fonctionnement et de la pertinence du FPS qui a été approuvée par le Comité permanent, en octobre 1998, et soumise à la COP7, en mai 1999. À la suite de ce rapport, la COP a exprimé sa conviction que «lévaluation critique soumise démontre que ce mécanisme est extrêmement utile à lapplication de la Convention dans les pays en développement et pays en transition.» La COP a également demandé « la mise en place dun mécanisme pour recevoir des engagements de contributions au FPS, si possible pour chaque période triennale».
9. Lévaluation de 1998 souligne que le FPS a financé une vaste gamme de projets dans un nombre croissant de pays. Au fil des ans, la qualité des projets et le rapport coût-efficacité du programme se sont considérablement améliorés. Le FPS sest révélé être un instrument particulièrement précieux pour la mise en uvre de la Convention au moyen de petits projets traitant dune diversité de problèmes de gestion des zones humides et tenant compte de la diversité des régions et des pays (voir, en annexe 1, la liste des projets financés).
10. Le tableau suivant résume le fonctionnement du FPS en 10 années dexistence.
Tableau 1: RÉSUMÉ DES PROJETS FINANCÉS, 1991-2000
| Année | Nb de projets soumis | Nb de pays ayant soumis des projets | Projets jugés éligibles au financement | Projets financés | Nb de pays qui ont reçu un financement | Montant total attribué en CHF, y compris 10% de frais administratifs |
| 1991 | 17 | 17 | 17 | 7 | 7 | 200 025 |
| 1992 | 29 | 24 | 27 | 12 | 11 | 280 566 |
| 1993 | 35 | 24 | 28 | 15 | 14 | 469 880 |
| 1994 | 24 | 18 | 20 | 10 | 9 | 371 360 |
| 1995 | 30 | 22 | 25 | 11 | 14 | 346 530 |
| 1996 | 27 | 21 | 15 | 12 | 12 | 403 150 |
| 1997 | 83 | 40 | 55 | 28 | 28 | 1 064 840 |
| 1998 | 67 | 42 | 48 | 18 | 18 | 679 470 |
| 1999 | 86 | 39 | 16 | 16 | 16 | 600 208 |
| 2000 | 47 | 38 | 15 | 8 | 8 | 302 420 |
| Totaux | 445 | 266 | 137 | 4 718 449 |
Tableau 2: PROJETS ÉLIGIBLES MAIS NON FINANCÉS PAR MANQUE DE RESSOURCES DANS LE FPS, 1991-2000
| Année | Nombre de projets NON financés | Année | Nombre de projets NON financés |
| 1991 1992 1993 1994 1995 | 10 (sur 17) 15 (sur 27) 13 (sur 28) 10 (sur 20) 14 (sur 25) | 1996 1997 1998 1999 2000 | 3 (sur 15) 27 (sur 55) 30 (sur 48) 70 (sur 86) 39 (sur 47) 231 (sur 368) |
11. Le tableau suivant indique le nombre de rapports intérimaires et de rapports finals reçus ainsi que de rapports qui nont pas encore été remis pour des projets financés par le FPS. Il convient de noter quà partir de 1999, le Bureau Ramsar, sur instruction de la COP et du Comité permanent, a accordé davantage dattention à la question des rapports et quaucun nouveau projet nest désormais financé dans un pays qui na pas remis les rapports finals de projets précédents dans les délais convenus.
Tableau 3: RAPPORTS FINALS REÇUS
| Projets financés | Rapports remis | Rapports non remis |
| 7 en 1991 | 5 finals | 2 finals (sur 7) |
| 12 en 1992 | 9 finals | 3 finals (sur 12) |
| 15 en 1993 | 10 finals | 5 finals (sur 15) |
| 10 en 1994 | 7 finals | 3 finals (sur 10) |
| 11 en 1995 | 7 finals | 4 finals (sur 11) |
| 12 en 1996 | 5 finals | 7 finals (sur 12) |
| 28 en 1997 | 16 finals | 12 finals (sur 28) |
| 18 en 1998 | 2 finals | 16 finals (sur 18) |
| 16 en 1999 | 1 final | 15 finals (sur 16) |
| 8 en 2000 | - | Les premiers rapports intérimaires sont dus en 2001 |
12. Les institutions et partenaires bénéficiaires apprécient particulièrement le FPS pour sa souplesse et, notamment, sa capacité de fournir une «aide durgence», ainsi que pour ses procédures de demande de subvention relativement simples.
13. La conclusion générale de lexercice dévaluation est que le FPS reste un mécanisme extrêmement efficace. Malgré cela, le fonctionnement et lutilisation optimaux du FPS sont entravés par plusieurs points faibles.
Points faibles et améliorations nécessaires
14. La capacité de financement du FPS, le financement irrégulier et les fonds affectés: la Conférence des Parties à la Convention de Ramsar, à ses 5e, 6e et 7e sessions, a établi et confirmé lobjectif de USD 1 million par an à distribuer entre les différentes régions de la Convention. Cet objectif na jamais été atteint et les fonds disponibles varient considérablement dannée en année (voir tableau ci-dessus). Cela soulève la question des coûts de substitution pour la gestion du Fonds. Vaut-il vraiment la peine dinvestir tant de temps du personnel pour (certaines années) si peu dargent?
15. Le versement irrégulier de contributions pose également de sérieux problèmes de planification. Pour garantir la transparence du fonctionnement du FPS, le personnel du Bureau procède à un appel public à propositions mais ne sait jamais à lavance combien dargent sera disponible. Pour les institutions qui soumettent de bonnes propositions, sur invitation du Bureau, et qui voient par la suite leurs propositions rejetées par manque de ressources, cest une grande déception.
16. Éligibilité des pays et sources de financement: du point de vue de certains donateurs, il est difficile de savoir si le FPS est un fonds de coopération au développement ou un fonds pour lenvironnement. Les Autorités administratives Ramsar (en général des organismes de conservation de la nature) qui sont prêtes à verser des fonds éprouvent parfois une certaine réticence car elles ne sont pas censées financer la coopération au développement qui relève dautres institutions. De leur côté, les organismes de coopération au développement hésitent parfois à verser des fonds à la «protection de lenvironnement» parce que leur mission est clairement liée à lallègement de la pauvreté. Certains organismes de coopération au développement souhaitent, en outre, faire porter leurs efforts sur les «pays les moins développés» ou ont une liste de pays ou de régions prioritaires et ne veulent donc pas verser des fonds non affectés qui pourraient servir à des pays plus riches.
17. Le processus dapprobation des projets et le rôle du Comité permanent: les propositions de projets sont soigneusement filtrées par le personnel du Bureau et classées selon un système de notation très objectif. Après avoir été approuvées par le personnel technique du Bureau, elles sont soumises au Comité permanent pour adoption définitive.
18. Suivi des projets et processus dapprentissage: étant donné la taille des projets (maximum CHF 40 000) et le peu de temps dont dispose le personnel du Bureau Ramsar, il nest pas facile dassurer un suivi étroit de tous les projets et, partant, de faire dûment rapport aux donateurs. Le suivi a lieu lorsque les Coordonnateurs régionaux Ramsar visitent des pays où sont mis en uvre des projets ou lorsque les Organisations internationales partenaires de Ramsar ont loccasion de le faire, au nom du Bureau Ramsar.
19. Compte tenu du coût dun suivi in situ systématique, exercer ce suivi pour tous les projets reviendrait trop cher. La même chose vaut pour le processus dapprentissage à partir des projets et de communication des enseignements à dautres États membres. Le Bureau Ramsar fait de sérieux efforts pour suivre et évaluer le plus de projets possible. Cependant, comme énoncé dans la Résolution VII.5 (1999), dautres moyens doivent également être recherchés pour consacrer le temps nécessaire afin daméliorer la surveillance et le suivi des projets, notamment par une meilleure participation des Partenaires de Ramsar, des Autorités administratives Ramsar, du Groupe dévaluation scientifique et technique et du Comité permanent Ramsar. Il serait bon de réserver une attribution financière spéciale à cet objectif.
Un FPS reconstitué et financièrement durable : options
20. Un nombre considérable de Parties contractantes considèrent que le Fonds Ramsar de petites subventions est un des instruments les plus importants de la Convention. Le Comité permanent, à sa réunion doctobre 2000, a insisté sur le fait que tout devait être fait pour améliorer fortement lefficacité du Fonds en tant quinstrument aidant les pays en développement et les pays en transition économique à appliquer la Convention.
21. Le Bureau Ramsar a été prié daccorder la priorité à létablissement dun mécanisme de financement plus fiable et plus durable pour le FPS. Pour ce faire, il est nécessaire de remanier le fonctionnement et la capitalisation du Fonds. Le Bureau Ramsar a donc préparé la proposition suivante pour remédier à chacun des points faibles mentionnés plus haut.
22. Il existe deux moyens de se prémunir contre la nature irrégulière de la capitalisation du FPS: 1) négocier des accords de subventions réguliers (accords-cadres) pour le FPS avec les bailleurs de fonds intéressés, tant du secteur privé que public et 2) créer un fonds de dotation (endowment fund en anglais). Les deux possibilités ont des avantages et des inconvénients.
23. Après avoir consulté, pendant plusieurs mois, des experts, des représentants des bailleurs de fonds, des membres du Comité permanent et des institutions financières, le Bureau Ramsar est parvenu à la conclusion que le mieux consiste à créer un «Fonds daffectation spéciale Ramsar pour financer les mécanismes de petites subventions de la Convention pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides» (Note: le nom proposé entraînera le changement de «FPS» en «MPS», pour éviter dutiliser deux fois le mot «Fonds» dans le nom du Fonds daffectation spéciale.)
24. Le Fonds daffectation spéciale aurait deux «guichets»: un guichet « fonds courant» et un guichet «fonds de dotation» (« endowment fund » en anglais).
25. Le guichet «fonds courant» (les ressources reçues ne sont pas investies mais utilisées immédiatement pour financer des projets) fonctionnera de la même manière que le FPS actuel, avec des subventions affectées à une année particulière et/ou un projet particulier et restera le principal guichet jusquà ce que le guichet «fonds de dotation» ait reçu suffisamment de contributions pour pouvoir générer des bénéfices et alimenter le FPS.
26. Le guichet «fonds de dotation» contiendra les fonds qui ne servent pas à financer des projets mais sont placés dans un compte porteur dintérêts ou investis judicieusement dune autre manière. Ce nest pas le capital mais seulement son rendement les intérêts produits ou le produit de linvestissement qui servira à financer les projets. Il faudra sans doute un certain temps pour que ce guichet atteigne le niveau de capitalisation suffisant à moins que lon nobtienne rapidement une ou deux subventions importantes. Ce guichet pourrait constituer un mécanisme intéressant pour les legs, par exemple.
27. Le guichet «fonds de dotation» présente lavantage dêtre un instrument de financement à long terme et sûr, et de fournir une estimation relativement bonne du montant disponible pour les projets chaque année.
28. Un des inconvénients est quau début, avant que la masse critique de capital ait été atteinte, ce mécanisme risque dabsorber des subventions qui pourraient servir à financer immédiatement des projets (par le guichet «fonds courant»). Cet inconvénient est atténué par le fait que le Fonds daffectation spéciale proposé pourrait être suffisamment intéressant pour réunir, en peu de temps, la masse minimale de capital. Pour bénéficier des frais de gestion institutionnels les plus favorables quoffrent les institutions financières il faut disposer dun minimum de USD 3,5 millions ou euros 4 millions.
29. Il importe donc de tout faire pour atteindre ce minimum dans les plus brefs délais.
Sources de financement et éligibilité des pays
30. Les sources de capitalisation du Fonds daffectation spéciale seront probablement multiples et variées et comprendront des donations destinées spécifiquement à cet objectif ainsi que dautres sources de revenu non affecté. Ceci nous amène à poser dimportantes questions concernant le fonctionnement efficace du mécanisme: il faudra accepter certaines conditions mais trop de conditions pourraient rendre le mécanisme difficile à gérer et peut-être moins intéressant pour les bénéficiaires et même les contributeurs potentiels. Il faudra trouver un bon équilibre entre une subordination exagérée aux vux des donateurs et une attention insuffisante portée à ces mêmes donateurs.
31. Il faudra aussi veiller à maintenir la visibilité du point de vue des contributeurs et ceci est particulièrement important, aussi bien pour ceux du secteur privé que pour ceux du secteur public.
Secteur privé
32. Actuellement, il semble que les possibilités de voir de grandes entreprises soutenir les travaux relatifs aux zones humides soient encore très limitées mais il ne faut pas perdre de vue que, pour attirer les subventions privées, la motivation est essentielle. Les entreprises ne subventionnent des activités que si elles en retirent des avantages directs ou indirects. Soutenir la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides présente de nombreux avantages directs pour différentes entreprises privées dont le plus évident est laccès à une eau naturelle propre pour lindustrie: entreprises qui commercialisent de leau potable, entreprises qui produisent des boissons non alcoolisées, conserveries, entreprises alimentaires, etc. Pour elles, la dégradation des zones humides entraîne un coût économique additionnel considérable sous forme de traitement de leau. Le partenariat Ramsar/Danone-Évian en est une bonne illustration. Le même raisonnement peut sappliquer à de nombreux autres secteurs: tourisme, agriculture, électricité, transports, pêche, etc.
33. Lavantage indirect va de pair avec limportance croissante attachée à la responsabilité des entreprises privées dans le domaine social et en matière denvironnement, quil sagisse du secteur des biens ou des services. Une entreprise privée jouissant dune bonne réputation en matière denvironnement ou dans le domaine social possède par-là même dimportants atouts de marketing. De nos jours, même les institutions financières et les banques sont influencées par le nombre croissant dinvestisseurs «verts». Néanmoins, il ne faut pas surestimer lintérêt du secteur privé.
Secteur public
34. La raison pour laquelle le secteur public devrait trouver intérêt à investir dans le Fonds daffectation spéciale Ramsar est double: 1) cest à lui quil incombe dappuyer le développement durable et la conservation de lenvironnement dans les pays en développement et les pays en transition économique et 2) il est dans son intérêt de soutenir des politiques et des activités qui atténuent les effets négatifs, aux plans local et mondial, de la destruction des zones humides.
35. Les organismes bilatéraux daide au développement imposeront sans doute des restrictions à lutilisation de leurs fonds et la plupart donneront certainement la priorité à lallègement de la pauvreté. Cet élément devrait occuper une place importante dans le programme de Ramsar et il conviendrait den tenir compte dans lévaluation des propositions de projets soumises au Bureau. Cependant, accepter dautres formes de restriction, pour chaque bailleur de fonds potentiel, compliquerait fortement la gestion du Fonds daffectation spéciale et létablissement des rapports sur lutilisation des fonds. Lorsquun donateur souhaite apporter des fonds liés par certaines conditions, ceux-ci devraient être placés dans le guichet «fonds courant».
36. Il faut tenir compte dun autre élément important: lorigine des fonds publics. Jusquà présent, la plupart des contributions volontaires au FPS ont été versées par des ministères ou des institutions chargés de lenvironnement qui ont pour mandat de protéger la nature et non de promouvoir le développement dans les pays en développement. Le financement des activités de coopération au développement incombe aux institutions ou ministères chargés du développement international.
37. Il est donc très important que le Fonds daffectation Ramsar soit présenté à la fois comme un Fonds daffectation pour lenvironnement et un mécanisme de coopération financière au développement durable.
Proposition au Comité permanent
38. Le Bureau invite le Comité permanent à créer officiellement le «Fonds daffectation spéciale Ramsar pour financer les mécanismes de petites subventions de la Convention pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides», si nécessaire sous réserve de ratification par la Conférence des Parties, à sa session de novembre 2002. Si le Comité permanent décide de créer le Fonds daffectation spéciale, près dune année sera gagnée dans le processus dappels de fonds pour la capitalisation du Fonds.
39. Le Bureau invite également le Comité permanent à examiner et approuver, avec les amendements qui peuvent être apportés, le règlement provisoire ci-joint du Fonds daffectation spéciale.
Projet
Décision du Comité permanent de la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) à sa 26e Réunion, à Gland, Suisse, du 3 au 7 décembre 2001
Création du Fonds daffectation spéciale Ramsar pour financer les mécanismes de petites subventions de la Convention pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides
Règlement provisoire
1. Le Comité permanent de la Convention, conformément à la Résolution VI.6 de la Conférence des Parties qui «autorise le Comité permanent à examiner le fonctionnement du Fonds [de petites subventions], y compris les mécanismes dattribution de subventions et à introduire tous les changements quil estimera nécessaires »; et à la Résolution VII.5, qui «réaffirme sa conviction, exprimée dans les Résolutions 5.8 et VI.6, selon laquelle les ressources mises à la disposition du FPS Ramsar devraient être augmentées pour atteindre au moins USD1 million par an» et «appelle à la mise en place dun mécanisme pour recevoir des engagements de contributions au FPS», décide de créer, sous réserve de ratification par la Conférence des Parties contractantes à sa prochaine session qui aura lieu à Valence, Espagne, du 18 au 26 novembre 2002, le Fonds daffectation spéciale Ramsar pour financer les mécanismes de petites subventions de la Convention pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides, ci-après dénommé Fonds daffectation spéciale Ramsar ou FAR.
2. Le FAR a deux guichets: un guichet «fonds courant» et un guichet «fonds de dotation».
3. Le guichet «fonds courant» sert à administrer les fonds versés pour financer des projets soumis par les Parties contractantes, conformément aux Principes adoptés par le Comité permanent à chaque période triennale.
4. Le guichet «fonds de dotation» reçoit des fonds qui sont déposés dans un compte porteur dintérêts et/ou investis dune autre manière. Le guichet «fonds de dotation» cherche à constituer un capital de euros 10 millions.
5. Dès que le guichet «fonds de dotation» aura atteint la masse critique de euros 4 millions, les bénéfices issus du capital de dotation seront reversés, chaque année, au guichet «fonds courant» pour financer les projets soumis par les Parties contractantes.
6. Le FAR est administré, au nom du Comité permanent de la Convention, par un Conseil du Fonds daffectation spéciale Ramsar composé de neuf membres représentant une vaste gamme de compétences dans les domaines de la finance, de lenvironnement, du développement, de ladministration, des appels de fonds et du marketing. Les membres du Conseil du FAR comprennent: des représentants de trois Parties contractantes à la Convention; un membre du personnel du Bureau Ramsar; trois représentants des Organisations internationales partenaires de Ramsar; deux représentants de la communauté des bailleurs de fonds et le Secrétaire général de Ramsar en tant que membre de droit.
7. Les membres du FAR sont nommés par le Président du Comité permanent, en consultation avec le Comité.
8. Le FAR fonctionne indépendamment dautres organes mais dans les limites établies par le présent règlement. Deux fois par an, le FAR soumet des rapports au Comité permanent sur tous les aspects du fonctionnement du Fonds.
9. Le Conseil prend toutes les mesures nécessaires pour obtenir des contributions au FAR pour le guichet «fonds de dotation» et/ou le guichet «fonds courant», de manière à atteindre lobjectif établi par la Conférence des Parties contractantes à la Convention, à savoir USD 1 million par an consacré au financement de petits projets pour la conservation et lutilisation rationnelle des zones humides dans les pays en développement et les pays en transition économique.
10. Le Secrétaire général de la Convention, en sa capacité de membre de droit du FAR, est habilité à signer tous les documents officiels relatifs au Fonds, conformément aux règles et règlements financiers existants du Bureau Ramsar et selon instruction du Conseil.
11. Les membres du Conseil siègent à titre personnel pour une période de trois ans. Pour assurer une continuité indispensable aux travaux du Conseil, un mécanisme est mis en place par lequel environ la moitié des membres nommés est renouvelée tous les trois ans en tenant compte dun roulement équitable entre les régions Ramsar.
12. Aucun membre ne siège plus de deux fois au Conseil.
13. Le Conseil se réunit deux fois par an au moins, soit en personne, soit par téléconférence ou vidéoconférence.
14. À sa première réunion, le Conseil élit le Président et le Vice-président et assigne des responsabilités à chacun de ses membres.
15. Le règlement intérieur de la Conférence des Parties sapplique, mutatis mutandi, aux travaux du Conseil.
16. Le Conseil adopte un plan de travail triennal qui comprend une stratégie dappel de fonds et de marketing.
17. Le Conseil décide, dans les plus brefs délais, douvrir un compte pour le Fonds daffectation spéciale Ramsar dans une banque située dans lun des pays de lUnion européenne.
18. Le Conseil adopte une stratégie dinvestissement des ressources du fonds de dotation et prend des décisions concernant la masse critique minimale de capital requise avant de commencer à verser le revenu du guichet «fonds de dotation» au guichet «fonds courant» du FAR.
19. Le Conseil veille à ce que les fonds du guichet «fonds de dotation» ne soient pas investis dans des institutions qui pourraient financer des activités ayant des incidences négatives sur lenvironnement et/ou toute autre sorte dactivités illégales ou non éthiques.
20. Selon les recommandations du Bureau Ramsar et les critères objectifs établis dans les Principes opérationnels adoptés par le Comité permanent, le Conseil approuve les projets soumis par les Parties contractantes deux fois par an.
21. Les Principes opérationnels actuels du Fonds Ramsar de petites subventions sappliquent au décaissement des fonds. Le Conseil soumet au Comité permanent des Principes révisés pour le décaissement de fonds, pour examen et approbation à la première réunion qui suit chaque session de la Conférence des Parties.

