Journée mondiale des zones humides -- France

Bonjour à tous, ci-après un communiqué de presse de l'Association Aruana à l'occasion de la journée mondiale des zones humides (Convention de Ramsar). Elle concerne les peuples indigènes, le développement du Centre du Brésil (et de l'Amazonie) et... le soja. bien amicalement.

Communiqué de Presse_______________ Strasbourg, Orléans, Plaisir , 01.02.2002_____

Journée mondiale des Zones Humides : 02.02.2002

Peuples Indigènes et Fleuves : une symbiose menacée par le soja importé en Europe ?

La Convention de Ramsar (adoptée en 1971) pour la protection des Zones humides dans le monde a choisi pour thème en 2002 celui du patrimoine culturel lié à ces milieux naturels, souvent largement détruits.

Ces zones comme le rappelle la Convention sont des lieux où « le patrimoine archéologique et culturel de la planète est bien souvent étroitement associé au patrimoine naturel des zones humides. Les premières grandes civilisations se sont développées le long des grands fleuves et dans les zones humides tributaires et, de nos jours, de nombreuses populations dépendent encore des ressources d'eau, des aliments et autres produits des zones humides ainsi que de leurs nombreuses fonctions vitales pour le bien-être de l'humanité. »

Le Rhin, largement chanté par des poètes et des philosophes avant son aménagement, a produit des richesses culturelles comptant parmi les plus importantes en Europe. La Loire n'est pas en reste. Connue mondialement, elle n'a dû sa survie que grâce à une forte mobilisation populaire.

Loin de nous, des peuples indigènes vivent encore au rythme saisonnier du fleuve au bord duquel ils sont établis depuis la nuit des temps. Mais le développement économique et les programmes nationaux d'infrastructures et de mise en culture de terres baptisées incultes les rejoignent rapidement. C'est le sort que 15 peuples indigènes du Brésil central s'apprêtent à subir. Nés du fleuve selon leur mythologie, nomades le long de 2000 km des fleuves Araguaia et Tocantins (entre l'Amazonie et Brasilia), installés depuis aussi longtemps que la datation archéologique a pu le mesurer, décimés par les incursions de colons et de leurs armées, par les maladies introduites par les Blancs, ces peuples ne comptent plus guère qu'environ 20.000 personnes.

Diversité culturelle et naturelle menacée

Le développement du Brésil - en partie pour rembourser la dette financière des emprunts contractés - prévoit la construction de centrales hydroélectriques et de voies navigables pour exporter le soja vers l'Europe. 1,5 millions de km2 de savanes, non encore utilisées intensivement, sont en voie d'être transformés, en monoculture de soja essentiellement. Le mode d'occupation des terres déjà en place prive les peuples autochtones d'une grande partie de leurs ressources naturelles. Les quelques réserves mises en place sont trop petites pour être viables à long terme. Les barrages et les voies navigables suppriment les fonctions naturelles du fleuve et réduisent considérablement la faune aquatique (poissons, dauphins fluviatiles, tortues, loutres, etc.) ainsi que les oiseaux d'eau, les mammifères, reptiles, insectes qui ont besoin de ces milieux humides. Les indigènes se nourrissent de poisson pêché quotidiennement , de farine de manioc et des fruits divers pendant la saison. Leur artisanat repose sur les matières premières fournies par la plaine fluviale. Les matériaux de construction ainsi que les plantes médicinales également. Leur vie tout entière est en symbiose avec le fleuve et leurs traditions culturelles le reflètent entièrement. Chants, danses, légendes, tout tourne autour du fleuve.

Le développement pour qui ?

Cette culture, ce mode de vie sont appelés à disparaître dans les prochains mois. La fourniture d'électricité pour les grandes villes (les villages indigènes n'ont aucun équipement) ainsi que la culture et le transport de soja pour l'Europe (80% de la production) vont venir à bout de cultures ancestrales et de richesses naturelles dont on est encore loin de tout connaître (il n'existe à ce jour aucun inventaire des espèces de plantes ou d'animaux dans cette vaste région appelé le Cerrado mais on estime sa biodiversité à 5% du total mondial).

Un appel au secours est lancé au monde et spécialement à l'Europe pour questionner la nécessité de consommer du soja importé de régions riches en biodiversité et pauvres en densité humaine. Et pour demander à quoi sert le développement annoncé s'il ne sert que des intérêts éloignés des habitants locaux ?

Pour plus d'information, veuillez contacter l'association Aruana pour le soutien à la culture et à l'environnement des peuples autochtones du Brésil central :
Par téléphone / Fax : Nathalie Pétesch : 02 38 91 17 10 Courriel : Franel@netcourrier.com

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