"Un traité mondial sur l’eau existe déjà… depuis 40 ans"
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Par Jorge E. Vinuales professeur de droit international à l’Institut de hautes études internationales et du développement.
"La plus importante des ressources naturelles semble dépourvue d’une juridiction mondiale visant à sa préservation et à sa juste distribution. Et pourtant, la Convention de Ramsar sur les zones humides, signée en 1971, pourrait parfaitement faire l’affaire, à condition d’être dépoussiérée.
La protection des ressources en eau douce est actuellement (et depuis déjà de nombreuses années) l’une des principales questions de l’agenda environnemental international. Cela s’explique aisément. L’eau est nécessaire à la vie et n’a pas (contrairement à d’autres ressources, tel le pétrole) de substitut connu. Par ailleurs, avec la croissance démographique considérable prévue pour les prochaines décennies, la demande en eau ne cessera d’augmenter, alors que les sources disponibles sont distribuées inégalement parmi les Etats et les populations. Il convient de rappeler, aussi, que l’eau douce ne représente qu’une partie infime (2,5%) de toute l’eau de la planète, et qu’elle est très largement «bloquée» sous forme de glaces polaires difficilement exploitables (1,7%). Cela ne laisse, pour satisfaire les besoins croissants en eau, que les fleuves, les lacs et, surtout, les eaux souterraines ou, en d’autres termes, des ressources souvent situées dans le territoire de plusieurs Etats à la fois."
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