Journée mondiale des zones humides -- Senegal

30/01/2002

Ababakar Sadikh Thiam, Programme Associatif D'Education et de Culture (padec@hotmail.com), in Dakar, writes: "Le Programme Associatif D'Education et de Culture est une association à but non lucratif basée à Dakar, Sénégal. Elle est a été créée en Mai 1988 et à pour vocation de promouvoir l'éducation des jeunes pour leur assurer de meilleurs lendemains. En effet, depuis deux ans notre association a initié un programme d'éducation à l'environnement des populations. C'est ainsi que nous avons pu monter un club des sciences de la nature avec les élèves des classes de quatrième et troisième âgés de 14 à 16 ans. Ces derniers ont montré un regain d'intérêt quant à la préservation de leur environnement en général et zones humides en particulier (voir site Web: http://padec.ifrance.com). Par ailleurs, depuis 1999, en collaboration avec Wetlands International, nous avons pu célébrer la journée mondiale des Zones Humides (voir fichier attaché - article publié dans le journal Fadama de Wetlands International) et cette année nous voulons mieux sensibiliser les écoles, les populations, la presse, les autorités pour une meilleure approche participative à la gestion des zones humides. Dans cette perspective, pour la journée mondiale des zones humides célébrée le samedi 02 février 2002, nous venons solliciter auprès de vous un soutien matériel: ·Nous vous enverrons un compte rendu du déroulement de cette activité."

Les Niayes : problématique et enjeu !

On sait aujourd'hui que les zones humides, au même titre que les terres agricoles et les forêts, sont parmi les principaux systèmes entretenant la vie sur notre planète. On sait aussi que dans maints pays du tiers monde, principalement d'Afrique, les zones humides, de par leur richesse faunistique et floristique, constituent des ressources potentielles et peuvent devenir de puissants facteurs de développement et d'économie.

A l'occasion de la commémoration de la journée mondiale des zones humides, le PADEC (Programme Associatif d'Education et de Culture), à travers son club de l'environnement, a voulu célébrer à sa façon cette journée du 2 février et a décidé d'organiser une excursion en prenant comme site de référence la zone des Niayes qui jouxte l'environnement péri-urbain de Dakar. Ce choix est surtout motivé par le rôle important qu'elle joue aussi bien sur le plan écologique que socio-économique.

Ce milieu naturel recèle en fait une grande diversité d'espèces végétales et animales. Cette richesse de biodiversité constitue d'ailleurs un facteur de stabilité de l'écosystème et permet en même temps son fonctionnement normal. D'autre part, il est intéressant de souligner que ce milieu naturel offre aussi de réels potentiels pour la promotion de l'éco-tourisme par ses multiples parcours naturels et lieux de détente. Cet intérêt écologique milite donc en faveur d'actions concertées qui devront permettre de renforcer l'intégrité naturelle et durable de ce site. Sur le plan socio-économique, il faut noter qu'environ 90% de la production maraîchère (légumes et fruits) de la région du Cap-Vert proviennent de ce site qui utilise une grande partie des paysans migrants Sérères et Wolofs réputés être des ethnies rompues au savoir-faire des pratiques culturelles et de gestion de terres agricoles

Malheureusement, force est de constater que ce bijou vert est aujourd'hui en voie de dégradation avancée et gravement menacé de disparition. Il est alarmant de constater que la détérioration de l'environnement de la zone tient surtout du phénomène de l'urbanisation accélérée de la banlieue de Dakar par les sociétés immobilières avides d'espaces à bâtir et qui mènent sans ménagement leurs actions de lotissement et de remblais des cuvettes maraîchères. Ces pratiques entraînent d'ailleurs non seulement la disparition de ce poumon vert , mais posent ainsi un problème de sécurité alimentaire.

Cette urbanisation est le reflet d'une augmentation galopante de la population liée à un contexte de contrainte climatique que vit le pays depuis quelques années. Aussi est-il important de souligner que face à la sécheresse et la désertification qui ont sévi ces dernières décennies dans la plupart des régions centres à grande vocation agricole (phénomène surtout ressenti au niveau du bassin arachidier), les populations rurales ont de plus en plus tendance à migrer vers les agglomérations urbaines. On connaît dès lors les difficiles problèmes qu'une telle urbanisation peut poser dans les villes (problème d'assainissement et d'hygiène publique, manque de logement adéquat, problème d'emploi, chômage, déséquilibre sociaux, etc). Or la zone des Niayes est en grande partie victime de ce phénomène d'urbanisation accélérée résultant, à notre avis, d'une politique incohérente des autorités administratives dans leurs stratégies conjuguées de développement rural et urbain.

Un impact négatif non moins redoutable constitue le phénomène de pollution qui émane en grande partie de la mauvaise gestion des ordures ménagères, du rejet des eaux usées et des eaux de ruissellement du en partie à la détérioration des égouts et à l'absence de système de collecte des eaux de ruissellement et des déchets déchargés sans traitement à Mbeubeuss. Cette pollution par les métaux lourds atteint directement la nappe phréatique. Un constat : Il suffit de se promener dans les environs des quartiers de la Patte d'Oie, des cités des impôts et Domaines ou de la cité Soprim pour remarquer qu'une grande partie des déchets ménagers sont déversés directement en aval des dunes de sable qui bordent les zones de maraîchage. De même, les polluants organiques, issus du mauvais fonctionnement de la station d'épuration des eaux usées de la Patte d'Oie Builders ont pour effet l'asphyxie et la mort des arbres sur pieds. Ceci peut conduire à la longue à l'extinction des espèces végétales et animales (disparition des palmiers, des oiseaux, des poissons, des serpents, etc.) sources de richesse et de diversité génétique.

Au niveau des impacts sanitaires sur les populations riveraines, les principaux risques encourus sont d'une part les risques biologiques dus aux organismes pathogènes présents dans les excréta humains contenus dans les eaux usées domestiques, et d'autres part par les risques chimiques causées par la présence de métaux lourds cités plus haut. On note depuis quelques périodes une récidive de certaines maladies telles que les parasitoses et nématoses intestinaux tant chez les consommateurs que chez les exploitants agricoles, la persistance du paludisme, l'apparition de la typhoïde et la recrudescence de la choléra. Le plus inquiétant face à ces fléaux est que les autorités administratives et locales n'ont encore pris aucune décision allant dans le sens de solutionner ce problème malgré les interpellations répétées des populations riveraines.

Notre association qui s'est toujours battu pour la préservation et la gestion des ressources naturelles en vue de l'amélioration du cadre de vie des populations a décidé après diagnostic du problème de vous informer sur cette situation alarmante. Il nous semble qu'il ressort de l'état de promouvoir dès à présent des mesures visant à enrayer la destruction de cette patrimoine et encourager son remise en état, tout en préservant son intégrité et en veillant à ce que la jouissance et l'utilisation économique de ses ressources soient durables.

Massata Ndao et Alpha Thiam
P.A.D.E.C.

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