Convention
sur les zones humides
Ramsar et les petits États insulaires en développement
La Convention sur les zones humides
(Ramsar, Iran, 1971)Publication spéciale à lintention des petits États insulaires en développement
Quest-ce que la Convention sur les zones humides?
En 1971, les représentants de 18 pays se sont réunis dans la petite ville de Ramsar, en Iran, pour signer la Convention sur les zones humides, plus généralement connue sous le nom de Convention de Ramsar. Les architectes de la Convention ont eu la présence desprit de reconnaître que les zones humides jouent un rôle important car elles sont un élément essentiel des cours deau intérieurs et des systèmes côtiers. Ils ont aussi reconnu les nombreux services, fonctions et avantages que procurent les zones humides et formulé le concept d«utilisation rationnelle» avec lequel la Convention est aujourdhui synonyme. En mai 1998, 108 pays avaient signé la Convention.
Ramsar prône une conception intégrée de la gestion des systèmes de zones humides pour que lhomme puisse utiliser ces régions tout en conservant leur «capital» naturel pour les générations futures. Cest cela «lutilisation rationnelle» et Ramsar est aujourdhui le porte-parole de lapplication de ce principe à léchelle mondiale.
Un des éléments les plus connus, peut-être, de la Convention de Ramsar est la Liste des zones humides dimportance internationale, ou «Liste de Ramsar» où sont inscrits des sites qui, selon les pays concernés, satisfont aux critères Ramsar didentification des sites d«importance internationale». Ce sont des sites qui, à léchelle mondiale, régionale ou nationale, contribuent au maintien de la diversité biologique et des fonctions naturelles de nos écosystèmes aquatiques précieux.
La Convention de Ramsar encourage et aide ses membres à élaborer et appliquer des politiques nationales et des cadres législatifs, des programmes déducation et de sensibilisation, ainsi que des projets dinventaire, de recherche et de formation. La coopération entre les pays, pour la gestion des systèmes de zones humides ou des espèces quils ont en commun, est aussi une priorité pour Ramsar.
Quest-ce quune zone humide?
La Convention de Ramsar donne une définition large des «zones humides». Ce sont des «étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou deaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où leau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues deau marine dont la profondeur à marée basse nexcède pas six mètres». La Convention précise en outre que les zones humides peuvent «inclure des zones de rives ou de côtes adjacentes à la zone humide et des îles ou des étendues deau marine dune profondeur supérieure à six mètres à marée basse, entourées par la zone humide». Les zones humides selon Ramsar sont donc partout et il est peut-être plus simple de penser que la Convention sintéresse à la gestion de tous les écosystèmes aquatiques (quils soient permanents ou temporaires) en dehors des eaux marines profondes.
Pourquoi adhérer à la Convention de Ramsar?
Les raisons sont nombreuses, mais voici quelques-unes des plus importantes:
1. Pour sauvegarder les ressources que sont les zones humides
Dabord et avant tout, un pays adhère à la Convention de Ramsar pour garantir le maintien des services, fonctions et avantages vitaux que procurent ses zones humides. Appartenir à Ramsar donne à chaque pays un point focal et une direction pour agir de manière à garantir que ces éléments vitaux de lenvironnement au sens large sont protégés et gérés dans un but de pérennité.
2. Meilleur accès aux connaissances spécialisées et aux possibilités de formation
Adhérer à Ramsar donne la possibilité dobtenir laide et lappui dexperts. La Convention elle-même a mis au point plusieurs «outils» pour aider les pays à répondre aux enjeux modernes de la conservation des zones humides. Ramsar a quatre «organisations partenaires» officielles (BirdLife International, Fonds mondial pour la nature - WWF, UICN Union mondiale pour la nature et Wetlands International) et, grâce aux vastes réseaux de ces organisations et du Bureau de la Convention, les signataires ont accès à une grande communauté internationale dexperts de la conservation et de lutilisation rationnelle des zones humides.
De plus en plus, la communauté des bailleurs de fonds et le secteur privé soutiennent les signataires de la Convention de Ramsar dans les mesures quils prennent pour améliorer la gestion des zones humides. Cette tendance devrait perdurer car le Bureau renforce ses contacts et partenariats avec la Banque mondiale, les banques régionales de développement, le Fonds pour lenvironnement mondial et les organismes daide bilatéraux. Ramsar dispose aussi de son propre Fonds de petites subventions qui, tous les ans, finance des projets en rapport avec lapplication de la Convention dans des pays en développement.
En 1998, le Bureau de la Convention sur les zones humides prépare un catalogue de cours de formation pour les administrateurs et planificateurs des zones humides on y trouvera les centres de formation et cours disponibles dans le monde entier. À loccasion de la Journée mondiale des zones humides (2 février) 1998, le Bureau a inauguré son «Centre de ressources sur lutilisation rationnelle». Celui-ci comprend une base de données de près de 400 experts des zones humides que lon peut consulter ainsi quune bibliothèque en expansion douvrages sur la gestion des zones humides et autres documents de référence pour aider ceux qui travaillent sur le terrain et qui sont confrontés, dans la réalité, aux problèmes et questions de gestion.
3. Une place sur la scène internationale
Les pays signataires de la Convention de Ramsar sont mieux armés pour faire part à la communauté mondiale de leurs préoccupations et de leurs problèmes. Il importe, pour lavenir à long terme des petits États insulaires en développement, que les questions des zones humides telles que la protection des récifs coralliens, des herbiers marins et des mangroves qui protègent les littoraux contre les tempêtes soient portées à lattention du monde entier et trouvent la place qui leur revient dans les programmes de planification et dappui à lenvironnement au niveau mondial.
4. Solidarité régionale et coopération
Lexpression «lunion fait la force» sapplique tout naturellement à Ramsar. Actuellement, seuls quelques petits États insulaires en développement sont membres de la Convention de Ramsar. Une des forces de la Convention réside dans le dialogue et la coopération à léchelle régionale instaurés dans toutes les régions. À mesure que de nouveaux petits États insulaires en développement rejoindront Ramsar, la Convention élaborera de nouveaux «outils» pour les écosystèmes et les problèmes particuliers de leurs zones humides.
5. Synergie avec dautres Conventions
La Convention sur les zones humides reconnaît et encourage vigoureusement le partenariat avec dautres conventions sur lenvironnement, internationales ou régionales. Ce point est repris ci-après.
Malentendus communs sur ladhésion à la Convention de Ramsar
1. Nous navons pas de zones humides!
Cest la réaction de certains petits États insulaires en développement. MAIS si, les petits États insulaires ont des zones humides en abondance. Comme indiqué précédemment (voir Quest-ce quune zone humide?), Ramsar adopte une définition très large du terme «zone humide» qui suppose de promouvoir la gestion de systèmes aquatiques entiers, y compris les littoraux des milieux côtiers. Selon le système de classification des zones humides adopté par la Convention, Ramsar reconnaît des types tels que «herbiers marins, récifs coralliens, côtes marines rocheuses, plages de sable, ou de galets, estuaires, vasières intertidales, marais salants et marécages à mangroves». En dautres termes, des écosystèmes qui caractérisent les pays insulaires.
2. Ramsar ne sintéresse quà la conservation des habitats doiseaux deau migrateurs ce qui nest pas dimportance primordiale pour les petits États insulaires en développement.
Ramsar sest toujours intéressé de près à la protection des habitats des oiseaux migrateurs, mais dès les premiers mots du texte de la Convention, reconnaît les nombreuses valeurs et fonctions des zones humides et encourage l«utilisation rationnelle» de ces régions par la population humaine. Lélaboration des Lignes directrices sur lutilisation rationnelle, lajout des critères sur les habitats des poissons pour identifier les zones humides dimportance internationale et les efforts visant à encourager linscription de sites contenant des mangroves, des herbiers marins et des récifs coralliens sont des signes qui indiquent clairement que la Convention sur les zones humides sintéresse à tous les types de zones humides et, en particulier, à ceux que lon trouve en abondance dans les petits États insulaires en développement.
3. Si nous adhérons à Ramsar, ce sont des gens qui se trouvent en Suisse qui vont nous dire comment gérer nos zones humides.
Faux. Certes, en devenant signataire de la Convention de Ramsar chaque pays accepte de prendre certaines mesures inscrites dans le texte de la Convention (voir ci-après) mais ces obligations naffaiblissent ou ne supplantent pas les droits souverains exclusifs des États membres. Le Bureau de la Convention sur les zones humides, basé en Suisse, est un organe consultatif et dappui qui na aucun pouvoir exécutif.
Le texte de la Convention énonce cinq obligations principales pour les signataires:
inscrire et promouvoir la conservation dau moins un site Ramsar (bien que les membres soient encouragés à inscrire tous leurs sites d«importance internationale»);
formuler et appliquer des plans dutilisation rationnelle de toutes les zones humides situées sur leur territoire;
établir des zones de conservation et promouvoir la formation en matière de recherche et de gestion des zones humides;
coopérer au niveau international en ce qui concerne les zones humides transfrontières, les espèces des zones humides partagées et laide au développement pour les projets concernant les zones humides; et
contribuer au budget de la Convention.
Depuis bientôt 30 ans que la Convention fonctionne, il y a eu six conférences des Parties contractantes au cours desquelles ces obligations ont été affinées par les États membres. Les Lignes directrices permettant dinterpréter le texte de la Convention nimposent pas d«obligations» supplémentaires, elles fournissent des informations détaillées sur les moyens par lesquels les pays peuvent appliquer plus efficacement la Convention.
4. La Convention de Ramsar ne concerne que la gestion des aires protégées dont on soccupe déjà dans notre pays.
La Convention de Ramsar reconnaît les fonctions et services intrinsèques que les zones humides procurent aux populations humaines et encourage leur «utilisation rationnelle». Certes, de nombreux sites inscrits sur la Liste de Ramsar sont également des aires protégées, mais beaucoup nen sont pas et la Convention accorde une priorité élevée à la mise au point de pratiques de gestion consultatives et intégrées pour ces sites. Le but de Ramsar est également de fournir des «outils» qui permettent de faire participer la population locale et les parties prenantes à lélaboration de plans de gestion pour les zones humides, quelles soient inscrites ou non à la Convention.
5. Nous navons pas besoin dadhérer à Ramsar parce que nous sommes membres de la Convention sur la diversité biologique, de la Convention-cadre sur les changements climatiques, etc.
Certes, la Convention sur la diversité biologique (CDB) dispose dune vaste charte qui inclut également les écosystèmes de zone humide, mais les deux conventions coopèrent aujourdhui étroitement à de nombreuses questions dans le cadre dun Protocole de coopération signé entre les deux Secrétariats. Les deux conventions préparent un plan de travail conjoint dans le cadre duquel Ramsar devrait adopter un rôle de chef de file pour encourager lapplication des mesures à prendre pour les écosystèmes de zones humides.
De même, le Bureau Ramsar cherche actuellement à mener des activités en collaboration tant avec la Convention-cadre sur les changements climatiques quavec la Convention sur la lutte contre la désertification. Un Protocole daccord a également été signé avec le Secrétariat de la Convention sur les espèces migratrices. Ramsar est un partenaire naturel de ces conventions et cherche à garantir que les différentes activités ne font pas double emploi afin déviter un poids administratif supplémentaire pour les États signataires.
6. Nous devrons contribuer aux frais de fonctionnement annuels de la Convention et ce nest pas dans nos moyens.
Oui, votre pays devra contribuer au budget annuel de fonctionnement de la Convention, mais la contribution, pour la plupart des petits États insulaires en développement, est actuellement de lordre de USD 300 par an. Le barème annuel des contributions est fixé par les pays signataires pour les périodes de trois ans qui séparent deux conférences des Parties contractantes, daprès le barème des contributions des Nations Unies.
7. La procédure dadhésion est trop compliquée.
Non, la procédure dadhésion à Ramsar est relativement simple. Comme pour tous les traités internationaux, Ramsar demande quil y ait dans le pays une consultation générale pour que la Convention soit généralement acceptée et pour que les mesures que le pays est supposé prendre après avoir adhéré soit bien comprises.
Pour adhérer à Ramsar, il suffit denvoyer une lettre brève à lUNESCO, signée par le Chef de lÉtat ou le Ministre des Affaires étrangères, déclarant que son gouvernement appliquera pleinement la Convention. (Pour certains pays, le parlement doit avoir ratifié la Convention au préalable.) Cette lettre doit être accompagnée des documents nécessaires pour inscrire au moins une zone humide sur la Liste des zones humides dimportance internationale selon les critères adoptés. Pour désigner un site, il convient de préparer une description de site («Fiche descriptive Ramsar ») et une carte respectant les lignes directrices préparées par la Convention. Ce nest pas une tâche trop lourde, notamment sil existe déjà une description du site dans le registre national ou régional des zones humides importantes. Si le site proposé pour inscription comprend des régions placées sous propriété coutumière ou privée, il est recommandé dobtenir laccord des propriétaires. La formation de comités de gestion de sites dans les communautés locales est souhaitable et encouragée par la Convention de Ramsar.
Pour tout autre renseignement, veuillez contacter:
Le Secrétaire général, Convention de Ramsar sur les zones humides, Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél: +41-22-999 0170, Télec.: +41-22-999 0169, Courriel: ramsar@hq.iucn.org, Toile Internet: http://iucn.org/themes/ramsar/)
ou le bureau le plus proche dune des «organisations partenaires» de Ramsar:
- BirdLife International
- Fonds mondial pour la nature (WWF)
- UICN - Union mondiale pour la nature
- Wetlands International
Voir aussi Implementation of the Ramsar Convention in Trinidad & Tobago.
Pour
plus d'information, veuillez prendre contact avec: le Bureau de la Convention
de Ramsar, Rue Mauverney 28, CH-1196 Gland, Suisse (Tél. +41 22 999
0170, Fax: +41 22 999 0169, E-mail: ramsar@ramsar.org).
Publié le 17 juin 1998, Dwight Peck, Ramsar.